thumb|225px|Gravure présentant le "mob football" ou "football de masse", un sous-genre du football médiéval. Football médiéval est un terme parfois utilisé au pour désigner un large éventail de sous-genres du football inventés et popularisés en Europe pendant le Moyen Âge. On utilise également les termes folk football, mob football (qui signifient tous deux « football de masse ») ou encore Shrovetide football. Ces jeux sont probablement à l'origine des codes du football moderne.

Les jeux pratiqués tous les ans pendant la Septuagésime, les jours précédant le Carême, à travers toute l'Europe et plus particulièrement en Angleterre, ont vu leur popularité exploser au Moyen Âge. Les jeux populaires en Angleterre à cette époque auraient pu être importés pendant l'occupation romaine mais peu de preuves étayent cette théorie. En effet, il est certain que les Romains jouaient à des jeux de balle, notamment au Harpastum. Il a déjà été fait référence également à la popularité de certains jeux de balle dans le Sud de l'Angleterre avant la conquête normande de l'Angleterre. Au , dans son Historia Brittonum, Nennius décrit un groupe de garçons jouant à la balle (pilae ludus)Magoun, Francis Peabody (1929). "Football in Medieval England and Middle-English literature." The American Historical Review, vol 35, No. 1. ; son récit tire son origine du sud de l'Angleterre ou du le pays de Galles. C'est au qu'apparaissent des allusions à un jeu de balle joué dans le nord de la France connu sous le nom de « soule » ou « choule », qui consistait à déplacer la balle avec les mains, les pieds ou des bâtonsJusserand, Jean-Jules. (1901). Le sport et les jeux d'exercice dans l'ancienne France. Retrieved 11 January 2008, from http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Football--Le_sport_et_les_jeux_dexercice_dans_lancienne_France__La_soule_par_Jean-Jules_Jusserand .

Ces formes archaïques de football étaient souvent classées dans la catégorie de football de masse. On y jouait entre villes et villages voisins, sans limiter le nombre de joueurs dans chaque équipe, qui s'affrontaient alors au sein d'une masse compacte, lutant pour transporter une balle faite d'une vessie de porc jusqu'aux balises situées à chaque extrémité de la ville. D'après les dires de cette époque, on pouvait en fait utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour parvenir à ses fins, les seules limites étant de ne pas tuer, volontairement ou non. Parfois, il n'y avait pas de balises et les équipes devaient tenter d'envoyer la vessie sur le balcon de l'église du village adverse. , c'est un plus ancien rituel sanglant consistant à donner des coups de pied dans une tête de Danois qui serait à l'origine de ces jeux en Angleterre, mais c'est assez peu probable. Ces jeux obsolètes voient leur popularité sérieusement décroitre au lorsque le est adopté, interdisant de jouer au football sur les voies publiques. Malgré tout, on a continué de pratiquer certains de ces jeux dans certaines régions de l'Angleterre et même encore aujourd'hui dans quelques villes. C'est notamment le cas du Ba game, pratiqué à Noël et au Nouvel An à Kirkwall situé dans Les Orcades (archipel au nord de l'Écosse), Uppies and Downies à Pâques à Workington dans le comté de Cumbria, ainsi que le Royal Shrovetide Football dont les matchs ont lieu à Mardi gras et au Mercredi des Cendres à Ashbourne dans le comté du Derbyshire en Angleterre.

Il existe peu de gravures représentant le football au Moyen Âge. L'une d'entre elles présente dans la cathédrale de Gloucester en Angleterre, et datant du début du , dépeint clairement deux jeunes hommes qui courent activement l'un vers l'autre, une balle suspendue dans les airs entre eux. On pourrait alors penser que les joueurs utilisent leurs mains pour frapper la balle. Une deuxième gravure du Moyen Âge exposée au British Museum à Londres représente distinctement un groupe d'hommes ainsi qu'une grosse balle sur le sol. On peut voir la couture sur la balle, là où les morceaux de cuir ont été cousus entre eux. Il est difficile de savoir ce qui se passe exactement dans cette série de trois gravures, bien que la dernière d'entre elles représente un homme avec le bras cassé. Cette représentation met probablement en évidence les dangers de certains types de football pratiqués au Moyen ÂgeMarples, Morris (1954). A History of Football, Secker and Warburg, Londres.

Dans les plus anciennes allusions à cette activité, on parle la plupart du temps de « jeu de balle » ou de « jouer à la balle ». Ceci appuie l'idée qu'à l'époque, on ne frappait pas forcément la balle dans ces jeux.

Histoire

s Historia Brittonum, rédigé par Nennius au , est le premier récit à décrire des jeux de balles pratiqués en Europe (après l'occupation romaine). Le texte, rédigé dans ce qui est aujourd'hui le nord du pays de Galles, mentionne un groupe de garçons « qui joue à la balle » (pilae ludus).

En France, la première allusion prouvant l'existence de jeux de balles (probablement la soule) est apparue en 1147. Elle fait référence à des joueurs se faisant passer « sept ballons de grande dimension » à la main. Quelque temps auparavant, entre 1174 et 1183, avait décrit un jeu de balles, probablement le football, pratiqué en Angleterre. Il raconte les activités de la jeunesse de Londres pendant le festival annuel de Mardi gras :

La plus ancienne confirmation de l'existence de tels jeux en Angleterre, incluant un jeu aux pieds, provient d'un vers à propos de Saint Hugues de Lincoln aussi appelé Hugues d'Avalon. Probablement rédigé au par Matthieu Paris, la date exacte reste cependant incertaine : « Quatre et vingt beaux garçons jouaient à la balle... il donna un coup avec son pied droit dans la balle ».

Vers 1200, le mot ball est mentionné par le poète anglais Layamon, de Worcestershire, en référence à l'un des jeux pratiqués par les chevaliers du roi Arthur, dans son adaptation du Roman de Brut. C'est la plus ancienne référence à ce terme dans la langue anglaise. Layamon déclare que « certains conduisent des balles au-delà des champs ». Des documents datant de 1280 évoquent un jeu pratiqué à Ulgham près de Ashington dans le comté de Northumberland, pendant lequel un joueur fut tué après s'être rué sur un joueur adverse, alors armé d'un poignard. Ce récit est intéressant puisqu'il s'agit de la première référence à un jeu de balle anglais incluant vraiment des coups de pied dans la balle. Cela laisse penser que cette méthode était également utilisée dans les jeux pratiqués auparavant en Angleterre. En 1283, en Cornouailles, les plea rolls n. 111 (parchemins enregistrant les détails concernant les poursuites judiciaires ou actions en justice d'une cour de justice en Angleterre) font mention d'un homme prénommé Robert qui fut accusé d'avoir, pendant un match, frappé un autre joueur avec une pierre provoquant ainsi sa mort.

C'est en 1303 qu'est faite la première référence à des jeux de balles pratiqués par les étudiants à l'université lorsque « Thomas de Salisbury, étudiant à l'université d'Oxford, trouve le cadavre de son frère Adam et qu'on prouve qu'il a été tué par des étudiants irlandais pendant un match entre High Street et Eastgate ».

En 1314, on parle pour la première fois du football lorsque Nicholas de Farndone, Lord-maire de la ville de Londres, fait passer un décret au nom du roi Édouard II interdisant le football. Il est rédigé en français, utilisé à l'époque par les classes sociales supérieures anglaises. Voici un extrait de la traduction : « Puisque l'agitation des jeux de balles pratiqués dans des champs publics pourrait faire naître de nombreux maux, ce que Dieu interdit, et qu'elle provoque un immense vacarme au sein de la ville [« rageries de grosses pelotes de pee »] au nom du roi, nous déclarons l'interdiction de tels jeux dans la ville à l'avenir, sous peine d'emprisonnement. »

En 1321, un autre ancien récit est rédigé concernant les jeux de balles au pied en Angleterre. Il s'agit d'une dérogation émanant du pape Jean XXII qui s'adresse à William de Spalding de Shouldham :

On commence à interdire les jeux de balles (probablement le jeu qu'on appelle La soule) en 1331 en France, sous Philippe V.

right|thumb|Jeunes gens jouant à la balle, gravure sur une miséricorde de la cathédrale de Gloucester. Au milieu du , une miséricorde de la cathédrale Gloucester en Angleterre, dépeint deux jeunes hommes jouant à un jeu de balle. Il semblerait que les joueurs utilisent leurs mains pour jouer, bien que les coups de pied ne soient certainement pas exclus. Il faut signaler que la plupart des autres représentations de jeux de balle en Angleterre montrent de grandes balles. Cette gravure démontre clairement que des petites balles étaient également utilisées.

Le roi Édouard III d'Angleterre rédige une déclaration du même genre en 1363 : « De plus, nous ordonnons d'interdire pour tout le monde, sous peine d'emprisonnement, le lancer de pierre, pièces de bois ou de métal ; le handball, football ou hockey ; la course et les combats de coqs ainsi que tout autre jeux vain de ce genre. » Il faut préciser qu'à cette époque, en Angleterre, on fait déjà la différence entre football et handball, ce qui insinue une évolution des règles de base. Entre 1314 et 1667, le football est officiellement interdit en Angleterre seulement, par plus de royales et locales.

De même, Geoffrey Chaucer propose une description de la façon dont le football contemporain était joué au en Angleterre. Dans Les Contes de Canterbury (rédigé un peu après 1380), il écrit ceci : « elle roule sous le pied comme une balle ».

Le théologien anglais John Wycliffe (1320-1384) fait référence au football dans l'un de ses sermons : « ces derniers cloutent leurs chaussures comme s'ils jouaient au football » . Certaines des œuvres de Wycliff ont été publiées en Angleterre, mais la langue utilisée par l'auteur pour parler du football reste plutôt indéterminée. Il se peut, par conséquent, qu'il s'agisse de la première occurrence du terme football en anglais.

Le football apparaît au début du siècle à l'ouest de l'Angleterre, mentionné dans le Laud Troy book : « Hedes reled aboute overal As men playe at the fote-ball ».

On fait référence au football à deux reprises, dans le Sussex en 1403 et à Selmeston et à Chidham en 1404, à l'occasion de baptêmes. À chaque fois, le joueur s'était cassé la jambeA History of Football, Secker and Warburg, Londres, .

C'est le roi Henry IV d'Angleterre qui utilisa le mot « football » pour la première fois dans un document écrit, lorsqu'il publia une proclamation interdisant le prélèvement d'argent pour le foteball en 1409.

Le , huit hommes sont contraints de donner au chambellan de la ville de Londres pour leur bonne conduite envers « les bons et aimables hommes de la mystérieuse Cordwainers » (Cordwainers Street) pour ne pas avoir entrepris de collecte d'argent pour un football (pro pila pedali).

En 1410, le roi Henry IV d'Angleterre considère qu'il est nécessaire d'imposer une amende de au maires et aux huissiers des villes où des délits, comme le football, sont commis. Cela montre que le football n'était pas limité au secteur de Londres.

Entre 1421 et 1423, les récits de la Worshipful Company of Brewersllang (La Respectueuse Compagnie des brasseurs) concernant la location de leur salle comprennent des références à « by the "footeballepleyers" twice... 20 pence » classé en anglais sous le tire de Arts et fraternités. Cette référence sous-entend que les décrets d'interdiction de ce sport ont tous été des échecs et que la liste des joueurs de football, alors considéré comme une « fraternité », est la plus vieille allusion à ce qui pourrait être considéré comme un club de football.

C'est en 1424 qu'on fait référence au football ou aux jeux de balle au pied pour la première fois en Écosse lorsque le roi James d'Écosse tente également d'interdire le « fute-ball ».