Le siège d'Ath de 1745, se place dans le cadre de la guerre de Succession d'Autriche et des opérations des armées françaises sur le territoire des Pays-Bas autrichiens.
Cette invasion des Pays-Bas autrichiens par la France est la conséquence de la déclaration de guerre du Roi de France, en date du , du traité de Worms, traité d'alliance de l'Autriche, la Grande-Bretagne, la Saxe, le Hanovre et le Piémont français et faisant suite, en outre, à la crise constitutionnelle causée par un Les Hautes puissantes contractantes et garantes s'étaient engagées à respecter le texte et l'ordre prévu par la pragmatique sanction. À la mort de Charles VI, La France, la Russie, la Saxe et la Bavière « dénoncèrent » la pragmatique sanction. Marie-Thérèse sera néanmoins couronnée comme reine de Hongrie en 1743, inaugurée comme souveraine des Pays-Bas , le 4 mai 1744, son mari sera appelé à la dignité de Roi des romains comme futur empereur, septembre 1745, après le décès de l'empereur de la maison de Bavière. d'avaliser laEt aussi par voie de conséquence électorale, celle du Saint-Empire. Durant la guerre de succession, la Bavière (maison de Wittelsbach) s'est ainsi fait élire à la tête du St Empire Romain, rompant avec la tradition constitutionnelle quasiment ininterrompue de l'élection d'un Habsbourg depuis le . , en la personne de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.
Dans le cadre de la guerre de succession d'Autriche, l'armée française est placée sous la direction du maréchal De Noailles. Maurice de Saxe est élevé en 1743 au rang de Maréchal de France. Après Tournai et Fontenoy, la campagne militaire française de 1745, dans les Pays-Bas autrichiens continue notamment vers Gand, Audenarde, Ostende et Nieuport. Le dernier épisode de cette campagne est la prise d'Ath.
Le siège de la ville commence le pour se terminer le , par une victoire française.
Siège d'Ath dans la guerre de succession d'Autriche
Invasion française des Pays-Bas autrichiens et des Provinces-Unies Épargnés dans un premier temps, les Pays-Bas sont (à la suite du traité de Worms signé durant la guerre de succession d'Autriche), d'entrer dans la lutte, le . L'armée française — placés sous le commandement de Maurice de Saxe — conquiert l'ensemble des provinces, Gueldre et Luxembourg exceptés, au bout de trois campagnes successives. La frontière est franchie fin . Les places de la Barrière, mal entretenues et faiblement défendues, résistent fort peu de temps.
Le Roi de France, Louis XV, accompagné du dauphin, partit de Paris le et arriva le 6 à Douai, où il rencontra l’état-major en campagne chargé de diriger les opérations de cette campagne.
Préparatifs du siège Le jugeant que l'armée adverse était bien retranchée derrière le canal de Vilvorde, le roi de France chargea le maréchal de Saxe, commandant général de son armée, de déployer ses forces sur la rive gauche de la Dendre, de Ninove à Termonde et d'entreprendre le siège d'Ath, selon le journal du duc d'Aumale en date de l'année 1747.
Dès le début du mois de septembre le Comte de Clermont-GallerandeSur l'identité de Pierre-Gaspard de Clermont-Gallerande, voyez déjà Gaspard de Clermont-Tonnerre, cité comme militaire français pour le siège de la bataille de Fontenoy, élevé à la dignité de duc par Louis 16, mort en 1781, il avait déjà participé à la guerre de succession d'Espagne dans les Pays-Bas ou son fils qui participe au siège d'Ath, mais celui-ci s'appelle Jules, Charles, Henri, Mestre de camp du régiment royal infanterie, ayant participé à la guerre de succession d'Autriche à Prague et Dettingen, il devient à la suite de cette guerre, brigadier des armées du Roi… ou plutôt les marquis ou comte de Gallerande (1682-1756), fils du marquis Charles Leonor de Clermont-Gallerande, ayant épousé Gabrielle Françoise d'O., qui avait reçu du Maréchal de Saxe l'ordre de commander, était déjà au château d'Attre (ou Arbre), où deux échevins d'Ath vinrent lui faire des représentations au nom des bourgeois de cette ville.
Malgré cette avancée diplomatique du corps civil de la ville, le magistrat publiera quelques jours plus tard, le , un ban politique, ordonnant aux habitants d'illuminer leurs maisons et de faire des feux de joie devant leurs portes, de sept à huit heures du soir, à l'occasion de l'élection en qualité de Roi des Romains et de futur empereur, le , du co-régent, François, époux de Marie-Thérèse, qui fut couronné le .
Devant l'imminence du siège, le comte de Wurmbrand ordonna aux habitants de faire des provisions pour deux mois et fit abattre les arbres… Des mesures furent prises par ban politique des édiles de la Ville afin de lutter contre tout incendie (vases d'eau…), interdiction fut faite aux habitants de sortir la nuit avec d'autres luminaires qu'une lanterne allumée, de se promener sur les remparts, de s'approcher des troupes cantonnées sur l'Esplanade, de parler du service de Sa Majesté, de faire courir des bruits faux et indiscrets, d'acheter aucune munition de guerreAVA, Registre des bans politiques, , 557, 558, 560, 570. D'après Fourdin, 1873, ..
Divers projets de réquisition ou diverses réquisitions militaires en faveur de la garnison furent consignées dans le registre des bans politiques. Dès 1743 et jusqu'en 1745, diverses mesures furent prises pour le logement de troupes supplémentaires, à l'origine les troupes campent sur l'Esplanade, des logements à louer sont réclamés, des réquisitions de logement réalisées, les exemptions ordinaires accordées (clergé) sur pied coutumier, à la condition qu'il n'y ait pénurie, et finalement, la veille de la capitulation, une réquisition de chevaux est promulguée sous la menace de pillage.
Le , les casernes étaient remplies de blessés, diverses décisions furent prises ; après la reddition de Tournai, le gouverneur militaire commandant la place ordonna de former l'inondation et d'abattre les haies et arbres.
Les Français et leur chef de Clermont-Gallerande brûleront les faubourgs de la ville d'Ath, investie le , si l'on en croit l'historien Gilles Joseph de Boussu. Quant à Jean Dugnoille, celui-ci affirme que ce n'est que le que le commandant militaire se résolut à incendier les maisons des faubourgs qui pouvaient servir d'abris aux assaillants.
Prévoyant l'issue du siège, le Conseil de ville examina dès le les conditions d'une capitulation.
Chronologie du siège Épargnés dans un premier temps, les Pays-Bas sont contraints d'entrer dans la guerre le .
Le comte d'Estrées se porta à Enghien le et le comte de Clermont- Gallerande forma le premier investissement d'Ath avec huit bataillons et 26 escadrons le 26, qui furent complétés le 28 par 22 bataillons et une brigade de cavalerie, ce qui faisait au total 30 bataillons.
L'investissement de la place d'Ath débute le dimanche , en fin de journée. Faiblement protégée, la place fortifiée par Vauban, dans la seconde moitié du , n'est défendue que par de garnison — et (régiment de Sempill), sans compter un détachement de 314 autrichiens — placés sous le commandement du gouverneur militaire, le comte (1680–1749), général d'artillerie. Selon O. Leleu, le gouverneur militaire aurait été à la tête de
Jean Dugnoille parle aussi d'une garnison athoise de hommes. Outre le commandant militaire, le comte Von Wurmbrand Stuppach, l'ingénieur commandant l'artillerie était l'athois Robert Spalart. Il était aidé par les sous-lieutenants ingénieurs, Plon et Deville. Le Contrôleur des fortifications d'Ath, Louis Lebori, prit de larges responsabilités dans la défense, tandis que le munitionnaire Philippart assurait le ravitaillement régulier des troupes en munition et en vivres.
Les assiégés n'étaient pas restés inactifs. Dès le , ils firent porter l'inondation à son niveau le plus élevé.
L'artillerie est répartie en sept batteries, 44 pièces de bronze, 12 de fer et quelques mortiers montés sur les bastions, seulement desservie par 17 canonniers, secondés de soixante volontaires, ces pièces furent réparties en sept batteries sur les bastions et n'assurent, somme toute qu'une puissance de feu, assez limitée. Ils disposèrent sur les ouvrages extérieurs, 438 hommes qui constituaient un cordon de surveillance, appuyé par des patrouilles continuelles sur les chemins couverts.
Menés par le marquis Pierre Gaspard de Clermont-GallerandeNé en 1682. Fils de Charles Léonor, époux de Gabrielle Françoise d'O. Mestre de camp du régiment de Clermont-Dragons, puis du régiment de royal cavalerie, capitaine des gardes du duc de Berry, du Duc de Chartres (fils du régent), premier écuyer du duc Louis d'Orléans en 1723, mestre de camp du régiment Orléans-infanterie, maréchal de camp en 1734, lieutenant-général en 1738, pris une part importante aux opérations de la guerre de succession d'Autriche (Fontenoy, Roucour, Lauffeld), signataire des articles de la capitulation d'Ath, le , reçu un brevet de lieutenant-général d'Aunis et Saintonge, mort le . , les assaillants s'imposent sans peine du fait de leur nette supériorité numérique. Trente bataillons et demi d'infanterie, 28 escadrons de cavalerie, cinq de dragons, le corps de Gassin (sic) — plus de — cantonnent aux abords immédiats de la cité. Le quartier général loge à Arbre, les quatre brigades d'ingénieur, à MaffleCertains régiments peuvent être identifiés grâce à l'ordre de bataille de Fontenoy, il est regrettable que l'ensemble des ordres de bataille ne soit pas encore disponible sur le Net, nous disposons dans les archives locales des citations mentionnées dans les registres de décès pour l'ensemble des sièges des campagnes de la guerre de succession d'Autriche..
Concentrés dans la zone d'attaque, 36 canons et 24 mortiers sont, progressivement, déployés et pointés sur les fortifications de Vauban. vignette|droite|Fortifications d'Ath, 1707. L'offensive débute le soir du vendredi du côté du mont Féron, d'Irchonwelz et de Maffle ; dans la nuit du 2 au , durant la nuit aidés de trois bataillons de grenadiers réussissent à réaliser une première parallèle longue de plus d'un kilomètre, à moins de parfois des saillants du chemin couvert.
Surpris par la célérité de la manœuvre, les assiégés réagissent peu. À l'aube du , ils ne peuvent constater que l'inévitable. les français ont atteint la demi-lune de St Roch. En ce jour achevé, la sape reprend avec l'établissement de deux demi-parallèles. La nuit du 4 au 5, le terrassement confine au glacis. D'un côté, deux rameaux en zigzag progressent vers la demi-lune de Mons. D'autre part, on observe une progression vers la Flèche, ouvrage détaché protégeant le ravelin Saint Roch. des emplacements sont aménagés en toute hâte pour l'artillerie, deux batteries de six gros mortiers sont déjà opérationnelles. avec l'important dispositif en place au mont Féron, elles permettront un pilonnage intensif des défenses. vignette|droite|Parallèles de Vauban. Au soir du , les travaux d'approche avoisinent le couvre-face protégeant le flanc est de la demi-lune de Mons. Ils touchent aux saillants du chemin couvert assurant les dehors du ravelin Saint Roch. Les positions de tir sont renforcées ou plutôt fortement rapprochées , significativement vers l'inondation de Maffle, mais aussi vers la porte de Tournai et de Mons. L'avancée entraîne l'abandon subséquent des ouvrages extérieurs.
Selon le témoignage du comte de Wurmbrand, la ville commence à souffrir des bombardements des 20 mortiers en batterie, dont il faisait feu sans relâche .
Le mouvement reprend inexorablement à la tombée du jour. Passant à mi-glacis par devant la contre-garde du Hainaut, une communication peut enfin s'établir entre les deux sapes qui dorénavant progressent rapidement l'une vers l'autre. Sur l'ensemble des ouvrages encerclés, les positions sont consolidées.