L'église Saint-Pierre-ès-Liens est une église catholique paroissiale située à Vaux-sur-Seine, dans les Yvelines, en France.

De la première église paroissiale, fondée en 1154, reste le portail occidental roman. À partir de la fin du , l'ancienne chapelle remaniée lors de l'érection de la paroisse est successivement remplacée par l'édifice gothique actuel. Le chantier démarre par l'abside, caractérisée par un chevet en hémicycle, et se termine par la nef, qui est initialement accostée de deux collatéraux voûtés à la même hauteur. C'est là aussi une particularité de l'église de Vaux. Sa grande homogénéité stylistique, abstraction faite des remaniements ultérieurs, et le soin apporté à sa décoration, sont tout à fait remarquables.

Mais l'église subit apparemment d'importants dégâts pendant la guerre de Cent Ans. Son collatéral sud est démoli, son clocher est réparé de manière simplifiée, et la nef et son collatéral nord sont revoûtés vers le milieu du ou peu après. Les anciens supports sont endommagés ou remplacés par de nouveaux piliers engagés, et les nouvelles voûtes s'accordent mal avec l'architecture d'origine. Plus dommageable encore pour l'esthétique de l'église est la reprise en sous-œuvre de la pile nord-est de la croisée du transept, qui est remplacée par un volumineux massif de maçonnerie, et rompt l'harmonie des parties orientales.

Restaurée en 1970, l'église Saint-Pierre conserve toutefois assez d'éléments authentiques pour que l'on puisse se faire une idée de ce qu'elle fut au , et son chevet notamment est de grand intérêt. L'inscription au titre des monuments historiques par arrêté du . souligne sa valeur patrimoniale. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse de Meulan, et accueille des messes dominicales anticipées un samedi sur deux à 18 h 30, ainsi que des célébrations particulières.

Situation thumb|left|Approche par l'est. L'église Saint-Pierre-ès-Liens de Vaux-sur-Seine est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français, près de la rive droite de la Seine, sur la commune de Vaux-sur-Seine, chemin du Château.

Elle est bâtie à l'écart du village, à flanc du coteau qui descend du massif de l'Hautil, au sud du château qui la domine, parallèlement à la ligne de Paris-Saint-Lazare à Mantes-Station par Conflans-Sainte-Honorine.

L'élévation septentrionale est partiellement enterrée en raison de l'important dénivelé de terrain.

En montant depuis le village, la rue passe sous la voie ferrée par un passage inférieur, et arrive au sud de l'abside, puis dévie vers l'ouest, et longe l'élévation méridionale. À peu de distance de la façade, elle commence un mouvement en lacets, et contourne l'église par le nord, dessert le château, et continue son ascension vers le carrefour près du cimetière. Un parking se trouve en face de l'église, de l'autre côté de la rue. L'édifice est entièrement dégagé de constructions mitoyennes, et occupe un emplacement pittoresque.

Histoire thumb|left|Vue depuis le sud.

D'après l'abbé Vital Jean Gautier, la paroisse de Vaux-sur-Seine aurait été fondée en 1154. Son patron est saint Pierre, Apôtre et premier pape de la Chrétienté. Le vocable particulier de Saint-Pierre-aux-Liens fait référence à l'emprisonnement de saint Pierre sur l'ordre du roi Hérode Agrippa en l'an 44 à Jérusalem.

Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'archevêque de Rouen.. thumb|Vue depuis le sud-est. thumb|Vue depuis le nord-est.

Du temps de la fondation de la paroisse subsiste le portail occidental de la nef, qui est encore de style roman. Le reste de l'église est d'au moins une quarantaine d'années plus tardif, et remplace certainement une chapelle plus ancienne, embellie par un nouveau portail au moment de l'érection de la paroisse. Abstraction faite de la plupart des voûtes et de certains remaniements ne modifiant pas la structure ou le plan de l'édifice, toutes les autres parties sont à un tel point homogène, qu'il faut conclure à une exécution rapide du chantier, dans un délai compris entre dix et vingt ans. L'on ne trouve pas l'habituelle rupture entre nef et transept, qui s'explique par le fait que la nef soit à la charge des paroissiens sous l'Ancien Régime, dont les moyens financiers sont plus limités que ceux des gros décimateurs, responsables de la construction et de l'entretien du sanctuaire. Cela dit, l'on conçoit mal pour quelle raison Bernard Duhamel imagine que les fenêtres de l'abside auraient été reconstruites au , car les chapiteaux de leurs colonnettes décoratives sont du même style que les autres, et il n'y a pas la moindre différence de style. Il y a des similitudes avec les absides d'Avernes et Vétheuil, qui sont de la même époque. Au , sinon à la seconde moitié du , se rattachent les profils toriques amincis des nervures des voûtes de la croisée du transept et du croisillon sud..

Sous la guerre de Cent Ans (1337-1453), l'église souffre d'importants dégâts et se trouve pratiquement en ruine à la fin de la guerre, ce qui explique la disparition du collatéral sud, sans doute de l'étage de beffroi du clocher, et la réfection des voûtes de la nef et du bas-côté nord. Bernard Duhamel situe ces travaux au , et les attribue à la famille de Vion, arrivé au château de Vaux en 1479, dont les armes (de gueules, à trois aigles d'argent éployées, onglées et becquées d'or) figureraient sur les clés de voûte. Contrairement à ce qu'affirme l'auteur, les écussons des clés de voûte sont vierges, et les voûtes du transept ne sont pas concernées par cette campagne reconstruction, mais comme déjà évoqué, deux ont bien été refaites à une époque antérieure. L'hypothèse de l'effondrement du clocher pendant la guerre de Cent Ans peut ainsi difficilement être maintenue. Toujours selon Bernard Duhamel, la voûte de l'abside aurait elle aussi été refaite au , mais en conservant les nervures d'origine, sans que l'on sache sur quel constat se fonde cette affirmation. Bien qu'ayant perdu une partie de son caractère par les travaux du , menés sans considérations esthétiques, l'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .

En 1970, elle a bénéficié d'une restauration intelligente, mais perdu une partie de son authenticité. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse de Meulan ou secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées un samedi sur deux à 18 h 30..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église Saint-Pierre-aux-Liens répond à l'origine a un plan cruciforme, et se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux collatéraux ; d'un transept non débordant ; et d'une profonde abside, qui est à sept pans à l'intérieur, mais présente un chevet en hémicycle à l'extérieur. Comme particularité, il n'y a pas de différence de hauteur entre nef et bas-côtés. Le bas-côté sud a été démoli, et les arcades le reliant à la nef et au croisillon sud ont été bouchées. Le clocher en bâtière s'élève au-dessus de la croisée du transept. Une tourelle d'escalier flanque le croisillon nord à son angle nord-ouest, à l'intersection avec le bas-côté nord. La sacristie occupe l'angle entre croisillon nord et abside. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. Les voûtes de la nef et du bas-côté ont été refaites à la période flamboyante. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par une petite porte à l'ouest du croisillon sud. Un ancien portail existe à l'est du même croisillon. Nef et bas-côté sont recouverts ensemble par une toiture à deux rampants, avec un pignon en façade. En continuité avec cette toiture, le croisillon nord est muni d'un toit en appentis prenant appui au clocher. La sacristie est également pourvu d'un toit en appentis, et apparaît à l'extérieur comme une chapelle latérale. Le croisillon sud possède un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, et le toit de l'abside se termine par une section conique.

Intérieur Nef et collatéral nord thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Collatéral, vue vers l'est. thumb|upright|Collatéral, vue vers l'ouest.

L'église Saint-Pierre-aux-Liens de Vaux-sur-Seine pourrait être un édifice remarquable à tous les égards, si elle n'avait pas connu de si importantes mutilations. D'une grande rareté en Île-de-France est la triple nef de la première période gothique, avec ses trois vaisseaux voûtés à la même hauteur, réduite à une double nef par démolition du bas-côté sud. Dans les environs, l'église de Limay, qui date de la même époque, était également à triple nef, et d'un style similaire. Elle a connu un sort comparable à l'église de Vaux, et ses deux vaisseaux ont en partie été revoûtés à la période flamboyante, mais son vaisseau sud était roman. Toujours dans le Vexin, il s'impose le rapprochement avec la double nef de Genainville, elle aussi revoûtée à la période flamboyante. Un revoûtement n'est pas toujours dommageable à l'esthétique, mais le point faible est en l'occurrence que les arcades vers le collatéral nord et la croisée du transept, qui étaient initialement à double rouleau, ont été reconstruites avec un simple rang de claveaux, et qu'une partie des colonnettes à chapiteaux reste sans emploi, et restent là pour rappeler une réparation au rabais. De surcroît, le chapiteau du deuxième pilier libre des grandes arcades a perdu sa sculpture, et au sud, les piliers engagés sont modernes, sauf à l'entrée du transept. Bien entendu, les fenêtres en arc brisé aménagées dans les murs qui bouchent les grandes arcades du sud sont d'une nature purement fonctionnelle, et sont loin des ambitions de l'édifice dans son état d'origine. Le parement du mur occidental a été refait lors d'une restauration, et en comparant avec l'extérieur, l'appareil est beaucoup trop régulier pour paraître authentique. Au nord, les grandes arcades n'ont pas seulement perdu leur rouleau supérieur, mais aussi leur mouluration.