est un quotidien italien publié à Milan, fondé en juin 1974 par le journaliste Indro Montanelli sous le titre .
Le titre s'impose à l'échelle nationale sur une ligne politique d'orientation libérale modérée. À la fin des années 1970, Silvio Berlusconi en devient l'actionnaire majoritaire ; après l'adoption de la loi Mammì de 1990, qui limite la concentration entre chaînes de télévision et quotidiens, il en cède la propriété à son frère .
En , à la veille des élections auxquelles Silvio Berlusconi se présente à la tête de Forza Italia, Montanelli quitte la direction pour divergences avec la propriété et fonde le quotidien . Vittorio Feltri lui succède et infléchit la ligne du journal, qui devient un soutien des droites italiennes. Neuf directions se succèdent en trente ans.
Le quotidien atteint au milieu des années 2010 une diffusion proche de cent mille exemplaires et un lectorat estimé à plus de cinq cent mille personnes, avant de connaître le recul qui affecte l'ensemble de la presse quotidienne italienne. En 2023, la famille Berlusconi cède la majorité du capital au groupe de l'entrepreneur Antonio Angelucci, également propriétaire de et d, opération qui donne naissance au principal pôle de presse de droite en Italie.
Histoire
Fondation
Le journal est fondé en juin 1974 par Indro Montanelli, qui venait de quitter le Corriere della Sera. Il paraît d'abord sous le titre .
Montanelli en assure la direction pendant vingt ans. Le titre s'affirme au plan national sur une ligne libérale modérée.
Entrée des Berlusconi
À la fin des années 1970, Silvio Berlusconi devient actionnaire majoritaire de la société éditrice, l'acquisition intervenant en 1977.
L'adoption en 1990 de la loi Mammì, qui pose des limites à la détention simultanée de réseaux de télévision et de quotidiens, conduit Berlusconi à céder le titre à son frère Paolo.
Départ de Montanelli
En , à l'approche des élections législatives auxquelles Silvio Berlusconi participe avec le mouvement Forza Italia, Montanelli quitte la direction du journal pour divergences survenues avec la propriété, et fonde le quotidien .
Selon l'''Encyclopédie italienne, Montanelli, journaliste d'idées libérales et modérées, ne se reconnaissait pas dans la droite dont Berlusconi était devenu le porte-drapeau, composée de Forza Italia et d'Alliance nationale.
paraît à Milan à la veille des élections que Berlusconi et ses alliés remportent nettement. Le titre atteint dans les premiers mois un niveau de ventes satisfaisant, mais le succès est de courte durée : les lecteurs modérés, traditionnellement fidèles à Montanelli, se tournent vers Berlusconi. N'ayant pas réuni les soutiens financiers escomptés pour constituer un actionnariat diffus, Montanelli doit renoncer.
Cet épisode est présenté par la presse italienne comme le point de rencontre entre l'ascension politique de Berlusconi et le déclin journalistique de Montanelli.
Direction de Vittorio Feltri
La direction du journal est confiée en 1994 à Vittorio Feltri, décrit par lEncyclopédie italienne comme le protagoniste d'un journalisme partisan et vigoureux au soutien des droites. Cette manière, plus offensive, contribue au relancement du titre.
Feltri dirige le quotidien jusqu'en 1997, puis de nouveau en 2009 et 2010. Six directions se succèdent entre son premier départ et le retour d'Alessandro Sallusti en 2023.
Cession au groupe Angelucci
En , la famille Berlusconi engage des négociations en vue de la cession du titre. L'offre du groupe Angelucci l'emporte sur celle présentée par John Elkann.
L'opération est conclue en : le groupe acquiert 70 % du capital, les 30 % restants demeurant à Paolo Berlusconi. Le rapport annuel du mentionne cette cession parmi les évolutions marquantes du paysage médiatique italien.
Le groupe consolide sa participation en .
Ligne éditoriale
Le quotidien est présenté par les répertoires de presse européens comme un titre de sensibilité conservatrice. Fondé sur une ligne libérale modérée, il devient à partir de 1994 un soutien des droites italiennes.
Le journal s'inscrit dans un paysage médiatique italien marqué par l'imbrication entre propriété des médias et activité politique, question analysée dès 2003 par Reporters sans frontières dans un rapport consacré à ce qu'il désignait comme une anomalie italienne.
Propriété
Groupe Angelucci
Le titre appartient au groupe de l'entrepreneur Antonio Angelucci, dont les intérêts s'étendent au secteur de la santé privée.
Concentration de la presse de droite
Le groupe détient également et , ensemble qui constitue le principal pôle de presse conservatrice du pays.
Ce regroupement, présenté par ses promoteurs comme une réponse aux difficultés financières de la presse quotidienne italienne, a suscité des appréciations contrastées. Certains commentateurs y voient la constitution d'un réseau médiatique de droite comparable à des modèles étrangers, tandis que Vittorio Feltri, l'un des anciens directeurs du titre, a publiquement écarté l'idée d'un quotidien unique de droite.
Diffusion et lectorat
Au milieu des années 2010, le quotidien diffusait près de cent mille exemplaires par jour et son lectorat était estimé par à plus de , ce qui le plaçait parmi les principaux titres nationaux.
Selon les relevés d' (ADS), la diffusion s'établit à exemplaires en , en recul de 12 % sur un an. Le repli se poursuit en , avec une baisse de 12,5 % des ventes en kiosque.
Le titre présente une structure de vente atypique parmi les quotidiens nationaux : selon l'analyste des médias Lelio Simi, la vente en kiosque y représente 94 % du total, proportion la plus élevée du secteur.
Au moment de la cession de 2023, l'ensemble des titres réunis par le groupe Angelucci représentait une diffusion supérieure à exemplaires quotidiens, papier et numérique confondus.
Controverses
Supplément de 2016
En , le journal propose à ses lecteurs, en supplément gratuit à l'achat du quotidien, une édition de Mein Kampf. L'initiative provoque des réactions de la classe politique, le président du Conseil Matteo Renzi la qualifiant d'ignoble, ainsi que de l'Union des communautés juives italiennes.
Campagne contre Dino Boffo
En , alors dirigé par Vittorio Feltri, le journal publie une série d'articles mettant en cause Dino Boffo, directeur du quotidien catholique '', après des prises de position de ce dernier sur les affaires privées du président du Conseil. Boffo démissionne le .
L'épisode donne lieu à un débat sur les rapports entre l'Église italienne et le pouvoir politique et connaît un écho international.
Procédures judiciaires
En , le juge des enquêtes préliminaires de Milan ordonne la mise en accusation d'Alessandro Sallusti et de Vittorio Feltri dans une procédure pour diffamation ouverte à la suite de propos visant Silvia Romano.
Conflits sociaux
Sous la nouvelle propriété, des tensions internes à la rédaction se manifestent. En , la presse spécialisée fait état du premier mouvement de grève dans l'histoire du journal depuis sa fondation en 1974.
Héritage de Montanelli
La figure du fondateur demeure débattue. Sa statue milanaise a fait l'objet d'une controverse publique en 2020, relayée par la presse internationale.
Son rôle dans l'histoire du journalisme italien a par ailleurs fait l'objet de publications, notamment en France.
Directeurs
+ Directeurs successifs Période Directeur 1974-1994 Indro Montanelli 1994-1997 Vittorio Feltri 1997-2000 Mario Cervi 2000-2007 2007-2009 2009-2010 Vittorio Feltri 2010-2021 Alessandro Sallusti 2021-2023 Augusto Minzolini depuis 2023 Alessandro Sallusti
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
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Liens externes
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