vignette|La consommation d'alcool a des effets (directs ou indirects, immédiats et différés) sur de nombreux organes et sur tout l'organisme ; elle est impliquée dans plus de répertoriés par l'OMS)).

Les effets de l'alcool sur la santé sont nombreux. La consommation d'alcool (ou éthanol), principalement sous forme de boisson, est impliquée à des degrés divers dans plus de 200 problèmes de santé différents. L'alcool est toxique pour de nombreux organes, dont le cerveau. Il entraîne en outre une dépendance et accroît les risques de lésions traumatiques, de plusieurs troubles neurologiques et psychiatrique, de plusieurs maladies cardiovasculaires et de l'appareil digestif, plusieurs cancers et certaines infections.

Il cause plusieurs millions de morts chaque année dans le monde. La consommation d'alcool peut avoir un rôle bénéfique pour certaines maladies cardiovasculaires, mais une étude ayant porté sur 28 millions de personnes de 1990 à 2016 a conclu que ce rôle est dans tous les cas - et dès le premier verre - contrecarré par ses effets négatifs à moyen et long termesSermondadaz S (2018) L'idée d'une dose d'alcool "inoffensive" serait un mythe, affirme une vaste étude, Sciences et Avenir du 24.08.2018 .

La majorité des effets de l'alcool sur la santé s'aggravent avec la quantité consommée et du mode de consommation. L'épidémiologie des complications de la consommation d'alcool corrèle principalement ses effets néfastes au niveau de consommation mais plusieurs facteurs favorisent ou aggravent ces effets : les âges extrêmes, le sexe féminin, certains antécédents familiaux et un statut socioéconomique bas.

Ces effets peuvent être réduits par des politiques de santé publique et une prise en charge médicale adaptées.

Influence de la consommation vignette|La quantité d'alcool ingérée, quelle que soit son origine, est le principal facteur expliquant les effets immédiats sur la santé, mais selon une méta-analyse de The Lancet ayant porté sur la santé de 28 millions de personnes de 1990 à 2016, il n'y a pas de dose « inoffensive » pour la santé à long terme.

In utero l'alcool est dangereux quelle que soit sa dose. Chez le buveur jeune ou adulte, deux facteurs importants de nocivité sont la dose totale d'alcool consommée, et le mode de consommation (plus que le type d'alcool). Une relation dose-effet est démontrée (c'est-à-dire que le risque augmente avec le niveau de consommation)World Health Organization (Organisation mondiale de la santé), Global status report on alcohol and health - 2014 ed. (Rapport de situation mondial sur l'alcool et la santé 2014), , Luxembourg, 2014, (version imprimée), (version PDF) : chapitre 1 : « Alcohol and public health » (« Alcool et santé publique ») chapitre 3 : « Health consequences » (« Conséquences sur la santé »). C'est la quantité d'alcool pur qui compte ; calculable à partir de la quantité de boissons consommées en tenant compte de leurs proportions respectives en alcool.

Concernant le type d'alcool et le mode de consommation, le vin rouge consommé au cours de repas semble diminuer le risque cardiovasculaire mais en augmentant le risque de cancer. Et les épisodes de consommation massive annulent cet effet protecteur (d'une consommation dite à bas risque). En outre de tels épisodes sont néfastes pour la santé même si la quantité globale consommée dans l'année ou dans la vie reste faible.

Les effets toxiques de l'alcool sont surtout ceux de l'éthanol mais ils peuvent être aggravés par la présence d'autres ingrédients, dont le méthanol, des métaux lourds (plomb notamment, par exemple dérobé à partir de carafes de cristalEstimation of lead intake from crystalware under conditions of consumer use. Food Addit Contam. 2000 Mar;17(3):205-18.Release of lead from crystal decanters under conditions of normal use. Food Chem Toxicol. 1994 Mar;32(3):285-8.Angela M. Fraser, Ph.D., Associate Professor/Food Safety Specialist, and Carolyn J. Lackey, Ph.D., R.D., L.D.N., Professor/Food and Nutrition Specialist, North Carolina State University (2004)) ou des résidus de désinfectants parfois retrouvés dans des alcools artisanaux, illégaux ou frelatés (ou dans des substituts non destinés à la consommation tels qu'alcool à brûler ou alcool médical dénaturé) ; ces autres substances n'expliquent cependant que moins de 1 % des décès liés à la consommation de boissons alcoolisées. L'adjonction de houblon (bières) peut perturber le système endocrinien (à cause de sa teneur en lutéine, une hormone féminisante).

Mécanismes vignette|Coupe schématique d'un cerveau (face interne), avec représentation des circuits de la récompense, qui sont affectés par l'alcool dans la dépendance.

Les effets de l'alcool combinent au moins : un effet toxique sur de nombreux tissus et organes ; une (démontré par les mesure faites par IRMGiorgi, L., & de Timary, P. Exploration de l’évolution de structures anatomiques mesurées par IRM chez des patients alcoolo-dépendants en cours de sevrage et leurs liens avec des variables cognitives, affectives et motivationnelles. ; une intoxication qui altère la coordination, la conscience, la cognition et la perception, et qui affecte le comportement ; une dépendance, caractérisée par la perte de contrôle de la consommation.

L'alcool facilite la survenue de plusieurs maladies, mais aussi sur leur progression, comme pour la cirrhose ou les maladies cardiovasculaires et certains cancers ou l'épilepsie et d'autres troubles neuropsychiques comme la dépression ou les troubles anxieux.

Principaux effets L'alcool a des effets sur la santé du consommateur, mais aussi des conséquences sociales, avec notamment des répercussions sur l'entourage. La consommation d'alcool est en cause, au moins partiellement, dans plus de de santé de la dixième version de la Classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Troubles neuropsychiatriques Les conséquences neuropsychiatriques de l'alcool sont multiples. La toxicité de l'alcool sur le système nerveux central est due au déséquilibre engendré par l'éthanol (et sa transformation en acétaldéhyde) sur les neurotransmetteurs (glutamate et GABA), ainsi qu'à l'effet inflammatoire et à la libération de radicaux libre à long terme. L'éthanol est en fait assez rapidement transformé en acétaldéhyde lui-même neurotoxique.

Effet immédiats Les effets néfastes de l'ivresse sont la conséquences de l'euphorie et de la désinhibition responsable de comportements à risques : violence, conduite automobile, comportement sexuel (agresseur ou consentement sans valeur)… Ces effets sont par ailleurs aggravés par l'ébriété et la maladresse motrice à l'origine de traumatisme. À son état maximal le coma éthylique peut mener au décès. Cet état d'ivresse peut être responsable d'une amnésie de plusieurs heures avec ses conséquences médicolégales.

Effets à long terme À long terme, l'alcool et surtout l'alcoolisme a des effets dévastateurs sur le système nerveux. Plusieurs atteintes différentes sont connues et peuvent souvent s'associer. Pour résumer (voir références);

Le syndrome de Korsakoff est une atteinte de la mémoire et du comportement.

Le syndrome de Gayet-Wernicke provoque des troubles de l'équilibre et de la vue (oculomotricité).

Le syndrome de Marchiafava Bignami est une atrophie du corps calleux aux symptômes très variés, souvent sévères (coma, tremblements, démences).

La neuropathie optique toxique peut rendre aveugle.

Les séquelles d'un traumatisme crânien, d'un AVC, la démence vasculaire sont des conséquences indirectes de l'alcoolisme.

L'atrophie du cervelet est responsable de tremblements et de troubles de la marche.

L'encéphalopathie hépatique est due aux toxines qu'un foie cirrhotique ne peut plus détruire et est responsable de difficultés de concentration, de mémoire puis d'altération de la conscience.

La neuropathie alcoolique est une dégradation des nerfs périphériques essentiellement des pieds et des jambes responsable de douleur, de perte de sensibilité et de difficultés à la marche.

La neuropathie alcoolique, le syndrome de Gayet-Wernicke et le syndrome de Korsakoff, ont en commun d'être dus à la carence en vitamine B1 et B6.

Les conséquences psychosociales dues à l'alcoolisme (anxiété, dépression, désocialisation) ont également un retentissement négatif sur les capacités cérébrales.

La démence alcoolique est un terme un peu générique qui définit une dégradation lente et irréversible des fonctions cognitives de l'alcoolique. Elle est en général la conjonction de plusieurs des dégâts cités plus hauts (syndromes de Korsakoff et Wernicke en particulier). Elle aurait toutefois une cause indépendante correspondant à l'atrophie globale du cerveau constatée chez les alcooliques, mais dont les détails et mécanismes ne sont pas encore bien connus. Selon une étude récente (PLOS Medicine, 2022) consommer plus de trois pintes de bière ou de trois quarts d’une bouteille de vin par semaine cause . On a montré en 2018 qu'une consommation élevée d'alcool (six verres ou plus par jour pour les hommes, quatre pour les femmes) triple le risque de démence et double celui de maladie d'Alzheimerinserm (2018) communiqué Alcoolisme et risque de démences, 21 février, consulté le 7 août 2024..

Statistiquement, au delà de deux unités d'alcool par jour, le risque de démence alcoolique augmente de 17 %.. Les données relatant le possible effet bénéfique de l'alcool sur la santé en dessous de deux unités de consommation ne sont pas suffisamment solides pour le confirmer.

Maladies de l'appareil digestif L'alcool est une source bien connue de cirrhose et de (aiguë ou chronique) et de gastrite, mais aussi de cancers des voies digestives. Le risque est exponentiellement lié au niveau de consommation. La gastrite est elle-même responsable de malabsorption de vitamine B (1,6,12 notamment) qui est en partie responsable des troubles neurologiques.

La goutte La consommation d'alcool est l'un des facteurs de risques de développement de la goutte (maladie caractérisée par l'apparition de cristaux d'urates dans des tissus biologiques, en augmentation dans les pays riches depuis la fin du siècle)Chalès G (2011) De l’hyperuricémie à la goutte : épidémiologie de la goutte. Revue du rhumatisme, 78, S109-S115 (résumé)..

Cancers La consommation d'alcool est une cause possible du cancer du pancréas et une cause prouvée de divers autres cancers, et notamment du cancer de la bouche, du pharynx, du larynx, de l'œsophage, du côlon, du rectum, du foie et du sein. L'alcool est classé comme un cancérigène avéré (groupe 1) du CIRC depuis 1988. 5,8 % des morts mondiales liées à ces cancers seraient dues à la consommation d'alcool, potentiellemnet quel que soit la dose et dès le premier verre, avec un risque qui augmente ensuite avec la quantité d'alcool bueWCRF/AICR. World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research. Diet, nutrition, physical activity and cancer: a global perspective. Continuous Update Project Expert Report. 2018. HHS, The U.S. Surgeon General’s Advisory (2025) Alcohol and Cancer Risk (PDF, 22p) https://www.hhs.gov/surgeongeneral/reports-and-publications/alcohol-cancer/index.html. Le risque est aussi lié à des facteurs génétiques.