Georges Édouard Lemarchand, dit Dorival ou Georges Dorival, né le à Orival-lès-ElbeufArchives de la Seine-Maritime, commune d'Orival, acte de naissance , année 1871 (avec mention marginale de décès) (vue 97/103)). et mort en son domicile au 33 boulevard de Clichy dans le de Paris le Archives de Paris , acte de décès , année 1939 (page 6/31)., est un comédien français d'origine normande., peintre et collectionneur d'œuvres d'art.

Membre de la troupe de l'Odéon (1896-1914), il est engagé à la Comédie-Française (1917), dont il devient le doyen des pensionnairesDoyen des pensionnaires. Archives de la Comédie Française jusqu'à sa mort en 1939. Promoteur des tournées de théâtre en plein air, il jouera entre autres, aux arènes de Béziers., de Nîmes et d'Arles comme au théâtre antique d'Orange, etc. Il fera des tournées triomphales jouant Chantecler d'Edmond Rostand. Accessoirement, il jouera également dans de nombreux courts-métrages et quelques films d'importance de 1909 à 1938.

Figure du Paris de l'entre-deux-guerres, peintre lui-même dans sa jeunesse (sur faïence), passionné de peinture, il réunit une belle collection de peintures des années 1920-30. Il est le premier à acheter des œuvres à Maurice Utrillo et le mécène de Pierre Dumont. alt=|vignette|482x482px|Portrait de Madame Dorival, un des deux portraits de Blanche Dorival, peint en 1916 par Amédée Modigliani. À sa mort en 1939, il laisse à son épouse Blanche Antonia Dorival, née James le à Philadelphie, États-Unis, comédienne, mariée à Dorival le , portraiturée deux fois par A. Modigliani en 1916L’un des deux portraits déposé au Kunstmuseum de Bâle par la Fondation Im Obersteg a été exposé au musée du Luxembourg (2002) pour l'exposition Modigliani, l'ange au visage grave (Le portrait de Blanche Dorival est reproduit sous le aux pages 250-251 du catalogue édité par Skira/seuil, 2002. Le même portrait a été exposé à la Fondation Gianadda (Martigny, 2013) pour l'exposition Modigliani. Blanche Dorival y apparaît avec un port de tête très distingué légèrement penché au cou allongé ; le visage est couvert d'une voilette à point noir, la base du cou cernée par un ruban rouge auquel est accroché un bijou en forme de cœur de couleur rouge corail sur un vêtement noir. Il existe un deuxième portrait de Blanche Dorival par Modigliani dans une collection privée en Amérique du Nord., une collection de toiles de maîtres modernes : Ed. Manet, A. Renoir, A. Modigliani, K. Van Dongen, A. Lhote, P. Hodé, M. Utrillo, Max Jacob, J. Metzinger, P. Dumont, E. Tirvert. Il est l'ami de Raoul Dufy et de Robert Delaunay. Le couple est représenté avec leur fille par le peintre normand Eugène Tirvert. Les petits enfants des Dorival deviendront de grands familiers du boulevard de Clichy et entre autres le peintre Gen Paul, ami de Dorival, fera leurs portraits, souvent en petits musiciens.

Biographie Années de jeunesse : la peinture sur faïence gauche|vignette|Ce plat de faïence de Montereau a été peint à Rouen par le tout jeune apprenti G. Lemarchand à l'âge de . Il est signé Lemarchand 82 Rouen et non Dorival qui sera plus tard son nom de scène.|alt= Georges Dorival est né à Orival le lendemain de Noël 1871, dans ce village de la Seine-Maritime à au sud de Rouen où son père Ferdinand Hyacinthe Lemarchand était chef d'équipe aux chemins de fer et de Prudence Victoire Denesle, affectée comme garde-barrière. La famille était installée dans une petite maison cubique caractéristique du paysage français de l'époque, jouxtant la voie ferrée et les barrières que le père était chargé d'actionner avant l'arrivée des trains. Il a un frère aîné, Achille (1861-1884), qui mourra lors de la guerre au Tonkin. En 1880, alors que Georges a , la famille déménage : son père est affecté comme aiguilleur de la côte Sainte-Catherine à Rouen. À au sortir de l'école primaire du Vert-BuissonAujourd'hui école Théodore-Bachelet., Georges passe avec succès son certificat d'études. Le dessin étant chose aisée pour lui, son père le place chez le père Leclerc, un des derniers peintres sur faïence de Rouen, car le métier s'en va, remplacé par la mécanisation des reproductions. Il peint alors sur des plats de faïence estampillés Montereau, mais notés au pinceau Rouen vers 82, de charmantes compositions de rameaux de fleurs avec oisillons dans un style mi-impressionniste très aéré qu'il signe discrètement Lemarchand en petites lettres capitales (il a en 1882). Plus tard, il aura l'occasion de rencontrer le peintre Auguste Renoir, qui lui-même a débuté comme peintre sur porcelaine et avec lequel il se lie d'une longue amitié, bien que Dorival soit de son cadet« L'acteur Dorival et sa charmante femme, dans leur maison aux murs couverts de tableaux qui font de leur logis un beau jardin enchanté, où le printemps dure toujours, parlent souvent de Renoir, dont ils furent les intimes amis. En les écoutant nous avons revu le maître de Cagnes. » André Warnod « Quelques traits de la vie de Renoir », dans L'avenir (Anecdotes et souvenirs).. Le lieu et les circonstances exactes de la rencontre entre les deux hommes ne sont pas connus à ce jour. Mais nous avons le témoignage de cette amitié lorsqu'en 1912, Dorival lui fera authentifier La Partie de croquet qu'il vient de découvrir, comme étant bien de Manet (voir ci-dessous).

Rendu à Paris et y travaillant (il a entre 16 et ), il fréquente les théâtres et les Caf'conc et, provoquant le hasard, le jour de l'exposition universelle de 1889, il rencontre Talbot qui donnait des cours de diction. Il se présente à l'audition, et, sa voix étant déjà puissante et posée, il réussit l'épreuve et est embauché immédiatement pour une tournée en province. Il a . Deux ans plus tard en 1891, il met au second plan la peinture sur céramique et entre au Conservatoire d'art dramatique de Paris dans la classe de Daubant et de SylvainFeuillet Dorival tapé à ma machine aux Archives de la Comédie Française.. En 1891, il est domicilié rue des Marais. Pendant ses études au Conservatoire de Paris, sous le nom de Denel, il joue entre autres à l'Ambigu, au Châtelet. Il décroche un deuxième prix de tragédie en 1896 en jouant dans Les Érinnyes de Leconte de Lisle, et entre à l'Odéon qui est pour peu de temps sous la direction d'Antoine (en 1897, André Antoine fonde le théâtre Antoine et ses mises en scène modernes, puis dirigera à nouveau l'Odéon à partir de 1906 en revenant aux classiques : Corneille, Racine, Shakespeare… tout en soutenant les jeunes créateurs)André Antoine. Dorival a et fait du théâtre depuis déjà . Il effectue son service militaire dans l'infanterie de 1896 à 1898Archives départementales de la Seine-Maritime, registres matricules Rouen Nord 1891, 1R2916.. En 1899, il épouse une Américaine de , Blanche Antonia JamesSelon l'acte , dans l'état-civil de la ville de Paris , mariage de 1899..

Théâtre Au Théâtre de l'Odéon à partir de 1896 alt=|vignette|Georges Dorival, jeune acteur de théâtre, à l'Odéon et Porte Saint-Martin en 1908, en « Une » de la couverture de La Vedette, revue théâtrale artistique et littéraire avec programme des spectacles du . Photo Henri Manuel. Il prendra définitivement son nom de scène, Dorival, du nom de son village de naissance Orival. Avec la troupe de l'Odéon, il participe aux tournées européennes avec la grande actrice Réjane (qui a triomphé en Amérique en 1895 avec Sans Gène de Victorien Sardou). Mais ce n'est pas pour autant qu'il abandonnera la peinture et l'aquarelle comme divertissement« À l'Odéon, M. Albert Lambert père fait de la culture sur bois et M. Dorival de l'aquarelle et de la peinture à l'huile. Le conservatoire enleva M. Dorival à Clément Massier le célèbre émailleur du golfe Juan. Elève de Philippe Zacharie, lauréat médaillé de la ville de Rouen, les ravissantes vues qu'il en a faites, sont fort goûtées de tous les amateurs d'art. Faut-il parler de ses fantaisies ? Il peint dans sa loge à l'Odéon une ronde bizarre que lui a inspiré La Rabouilleuse ; L'Absent est représenté par la pochade reproduite ici. » « Quelques comédiens peintres et sculpteurs » de Petrus Durel, dans L'Art du théâtre Revue mensuelle 1904-01 Gallica. et comme collectionneur.

Toujours avec cette même troupe de l'Odéon, il contribue au succès du théâtre en plein air dans le Midi de la France. Le public très nombreux (jusqu'à ) assiste aux grandes productions de tragédies modernes inspirées de l’Antique avec chœurs () et orchestres (jusqu'à ) dirigés par de grands chefs ou compositeurs comme Camille Saint-Saëns (Béziers), Gabriel Fauré (Prométhée, Béziers), décors à l'antique (de Marcel Jambon de l'Opéra de Paris sur ), ballet jusqu'à et danseuses, nombreux figurants et chars tirés par des chevaux, au théâtre antique d'Orange, à Arles, à Nîmes, surtout aux arènes de Béziers où il joue, sous la direction de mise en scène du régisseur de l'Odéon, M. Dherbilly, le rôle titre d'Hercule dans Dejanire de Louis Gallet en 1898, musique direction d'orchestre Camille Saint-Saëns (28-), et Arthaxerxes dans Parysatis de Jane Dieulafoy toujours aux arènes de Béziers en 1902 (17-), (musique de Camille Saint-Saëns), il joue aussi, toujours à Béziers en 1909 le roi Elpénor dans La Fille du Soleil suivant le poème de Maurice Magre. Mais on le retrouve aussi dans La Fille de la terre, Esclarmonde, dans La Victoire, Hélène, Cynthia au théâtre d'Orange, dans Carmen, dans Antigone, dans Semiramis de Josephin Pelladan à Nîmes en 1904 (il y joue le rôle de Zakir-Iddin).« M. Dorival incarna vigoureusement [les vétérans], leur fanatisme farouche pour leur reine et leur propre gloire. Sa voix puissante criant l'amour des légions pour la reine et leur haine pour le vaincu qui leur ravit le cœur de Sémiramis, résonnait, contrastant avec la douce parole du prince d'Égypte et son geste violent, énergique, soulignait la grâce du pharaon joueur de cythare ».« Après Sémiramis Nîmes n'a rien à envier à Orange non plus qu'à Béziers ».

C......., 1904 in réf 11… À cette occasion, de nombreuses cartes postales sont éditées le représentant dans ses rôles...

Enfin c'est à cette époque, peu après la création de la pièce au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1910, qu'il fera de grandes tournées en jouant dans la pièce d'Edmond Rostand : Chantecler. Pour la création le , avec L. Guitry, J. Coquelin, F. Galipaux, Simone Le Bargy, il jouera le Grand Duc et lors de la tournée, il prendra le rôle titre du coq Chantecler lui-même comme à Cannes..« Annonçons que « Chantecler » sera joué mardi 22 et vendredi 25 courant au Casino Municipal. Nous avons dit que les décors, costumes et accessoires sont la réplique exacte de ceux que l'on admire à Paris. […] M. Dorival jouera « Chantecler » ; c'est un acteur de grand style qui fera claironner sa belle voix dans un rôle convenant à son talent. » Nouvelles théâtrales à Cannes 18 février 1910. ayant ainsi joué les deux rôles principaux de la pièce. La pièce partira en tournée à l'étranger.. vignette|Le coq de Chantecler, poterie vernissée et peinte, vendue en « produit dérivé » lors de la représentation de la pièce d'Edmond Rostand Chantecler en 1910.|alt= Liste non exhaustive des pièces dans lesquelles Dorival joue de 1896 à 1914.. 1898 : Déjanire de Louis Gallet, musique et direction d'orchestre de Camille Saint-Saëns, dans le rôle d'Hercule à Béziers (repris à l'Odéon la même année, également en 1899 à Béziers (sous la dir de G. Fauré) et au Capitole de Toulouse en 1902). 1902 : Parysiatis de Jane Dieulafoy, musique de Camille Saint-Saëns dans le rôle d'Arthaxerxes à Béziers 1904 : La Dette de Paul Gavault 1904 : Semiramis de Joséphin Péladan, dans le rôle de Zakir-Iddin à Nîmes. 1904 : Cynthia de M. Meunier avec les danses de Jane Avril et Dorival dans le rôle d'Anthocharis au théâtre d'Orange"M. Dorival dont on connaissait la fougue a montré qu'il n'ignorait l'art d'aucune douceur et nous a révélé une voix chaude musicale et tendre" du Magasin pittoresque 1904 Gallica 1905 : Les Ventres dorés d'Émile Fabre