L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique paroissiale située à Évecquemont, dans les Yvelines, en France. C'est un édifice de dimensions généreuses, mais d'une architecture peu soignée, excepté le porche Renaissance bâti vers 1565 sous l'architecte Nicolas Le Mercier ; le bas-côté nord Renaissance de la même époque, mais défiguré par une campagne de réparation en 1738 ; et le chœur de style gothique rayonnant de la seconde moitié du . Il se compose d'une travée droite flanquée de deux chapelles, et d'une abside à cinq pans. Cette partie de l'église est la mieux conservée, et d'une valeur artistique certaine. L'église Notre-Dame a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse de Meulan, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h.

Localisation L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français, sur la rive droite de la Seine, au centre de la commune d'Évecquemont, qui est implantée sur un site escarpé à la chute du massif de l'Hautil vers la vallée de la Seine, en haut d'un coteau. L'élévation septentrionale de l'église est alignée sur la rue d'Adhémar, qu'elle domine légèrement grâce à un mur de soutènement, et fait face à la mairie. L'on atteint le portail par une rampe d'accès et un court escalier. Le chevet donne sur un petit parking. Le mur occidental et l'élévation méridionale sont enclavés dans le parc d'une propriété privée fermée par un haut mur d'enceinte, et ne sont pas visibles depuis le domaine public. Il n'y a, de ce fait, pas de façade occidentale à proprement parler.

Historique Évecquemont aurait été érigé en paroisse vers 990 selon l'abbé Vital Jean Gautier. En cette année, Richard Sans Peur, né à Fécamp, fonde une collégiale sur les ruines de l'abbaye de la Trinité de Fécamp, dévastée par les Vikings en 841. Douze villages du diocèse de Rouen forment la dotation initiale, dont Évecquemont. Le chapitre de Fécamp devient ainsi le collateur de la cure, puis la nouvelle abbaye bénédictine qui vient se substituer au chapitre en 1001. Il en reste ainsi sous tout l'Ancien Régime. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, Évecquemont relève du doyenné de Meulan, et de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise. Le patron de son église est la Sainte-Vierge, sous le vocable particulier de l'Assomption.. — Rattaché au diocèse de Versailles depuis la Révolution française, Évecquemont est aujourd'hui affilié à la paroisse de Meulan ou secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h.. thumb|left|Inscription sur le bas-côté nord - 1738, date d'une restauration.

Le chœur et ses deux chapelles latérales constituent les parties les plus anciennes de l'église, et en même temps les plus élégantes. Ils sont de style gothique rayonnant, et datent de la seconde moitié du . La nef, la base du clocher et le croisillon nord sont sans style particulier, et sans âge comme le dit Bernard Duhamel, mais témoignent néanmoins d'influences néo-classiques. Ils datent du , mais englobent peut-être des structures plus anciennes. On peut leur assigner la date de 1738, qui est gravée sur le mur extérieur du bas-côté nord. L'on voit mal pourquoi Bernard Duhamel s'étonne que le mur du bas-côté ait été construit en cette année seulement.. Pour cette partie de l'église, la date ne correspond pas à la construction, mais seulement à une restauration paupérisante. En effet, le mur et le porche sont de style Renaissance, et Louis Régnier les attribue au maître-maçon pontoisien Nicolas Le Mercier (1541-1637) par analogie avec le porche de Marines, qui a été bâti entre 1562 et 1570.. On peut cependant souscrire au propos de Bernard Duhamel, qu'il est difficile de démêler le vrai du faux du fait des profonds remaniements. L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Dans les années 1970, le porche, le bas-côté nord, le chœur et les chapelles latérales présentent de profondes lézardes. Des importants travaux de restauration sont entrepris sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques Eugène Delaunay en 1977 / 1978 .. Ils omettent toutefois l'intérieur du bas-côté nord, et ne suppriment pas l'étrésillon en bois qui défigure la voûte de la première travée. Bernard Duhamel retient surtout la restauration du chœur.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique avec un vaisseau central et un bas-côté du côté nord. Elle se compose d'une nef non voûtée de quatre travées, accompagnée d'un bas-côté nord voûté d'ogives ; d'une base de clocher simplement plafonnée dans l'axe de la nef ; d'un croisillon simplement plafonné au nord de la base du clocher ; d'un chœur composé d'une travée droite et d'une courte abside à cinq pans, les deux voûtées d'ogives ; et de deux chapelles latérales au nord et au sud de la travée droite du chœur. Celle du nord, dédiée à la Visitation de la Vierge Marie, est voûtée d'ogives. Celle du sud est si peu profonde qu'elle s'apparente à une niche, et est voûtée en berceau brisé. L'ensemble de l'église est à un unique niveau d'élévation. Une tourelle d'escalier flanque l'angle nord-ouest du croisillon, et une sacristie jouxte la chapelle latérale sud. L'on accède à l'église par le portail latéral au nord de la première travée du bas-côté, qui est abrité sous un porche Renaissance. Le portail latéral au sud de la dernière travée de la nef donne sur une propriété privée. Le porche est muni d'un toit en pavillon. Nef et bas-côté sont pourvus d'une toiture commune à deux rampants. Le clocher est coiffé d'une pyramide de charpente couverte d'ardoise. Le croisillon nord possède un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec un pignon du côté nord. Le toit en appentis des chapelles latérales prennent appui contre les murs du chœur, dont le toit est à croupes multiples.

Intérieur Nef thumb|Nef, vue vers l'est.

La nef est une vaste salle rectangulaire, qui, avec le bas-côté, est en mesure d'accueillir une bonne partie des cinq cents habitants que compte le village au milieu des années 1970. L'architecture est très sobre, et d'une certaine lourdeur. Seul le plafond a bénéficié d'un soin décoratif. Il est en bois, mais entièrement enduit de plâtre. Les compartiments délimités par les poutres sont traités à la manière d'un plafond à caissons, et entourés d'une succession de moulures. Les deux élévations latérales sont très différentes. Le mur méridional, entièrement nu, est ajouré de trois fenêtres en plein cintre sans ébrasement, et sans remplage, mais avec des ferrures anciennes. Au premier regard, ce mur paraît homogène, mais les fenêtres sont irrégulièrement espacées. C'est aussi le cas des contreforts à l'extérieur. La première travée n'a pas de fenêtre, mais présente les traces d'un portail bouché en arc brisé. La fenêtre de la quatrième travée est désaxée par rapport à la grande arcade. Le mur occidental est percé de deux fenêtres analogues. Ici, rien n'indique l'existence ancienne d'un portail. Le mur septentrional est entièrement occupé par les grandes arcades, qui sont en plein cintre à l'instar des fenêtres. L'absence de toute mouluration met en exergue leur grande épaisseur, et donne, avec les piliers carrés entièrement frustes, cette impression de lourdeur propre aux édifices néo-classiques rustiques. Il y a des impostes sous la forme d'un boudin sur le côté nord des piliers uniquement. Ce sont certainement des vestiges de l'architecture de la nef avant sa reconstruction au milieu du . Mais ce qui frappe surtout sur les grandes arcades, est le fait que leur partie supérieure soit bouchée par les voûtes du bas-côté. Au début du projet de reconstruction, il était apparemment prévu de rebâtir le bas-côté. Finalement, on s'est contenté de le réparer.

Bas-côté thumb|upright|Vue vers l'est.

Dans le bas-côté nord, la première travée se démarque des travées suivantes par sa voûte plus élevée, et son niveau du sol plus bas. Il faut franchir deux marches d'escalier pour accéder à la nef ou aux travées suivantes. En plus, cette travée n'est éclairée par aucune fenêtre. Le portail en plein cintre à double vantail, du côté nord, n'a pas non plus de tympan ajouré. L'ensemble du bas-côté paraît mal construit. Les voûtes notamment sont sommaires et approximatives. Les arcs-doubleaux perpendiculaires et les ogives accusent un tracé irrégulier, et sont fortement déformés. À l'instar des grandes arcades, ils sont simplement de section carrée, et non moulurés. Même les premières voûtes d'ogives de la première moitié du sont plus évoluées. Les formerets font défaut. Les clés de voûte sont décorées de petits motifs sculptés de facture naïve. L'on identifie encore un calice, une tête d'ange, et une figure de saint auréolé. Une épaisse de couche de plâtre recouvre les nervures et les voûtains, et l'ensemble est pourvu d'un décor peint en faux-appareil. Cet état date certainement de 1738, et Nicolas Le Mercier n'a pas pu fournir un édifice aussi rustique, même s'il doit certainement se faire reprocher de la malfaçon, car autrement, le bas-côté n'aurait pas pu être proche de la ruine moins de deux siècles après sa construction. À l'origine, l'architecture était plus recherchée. Au nord, les voûtes retombent toujours sur des sections d'entablement qui reposent sur les chapiteaux corinthiens de belle facture, portés par des colonnes engagées. Dans la troisième travée, l'on voit, au-dessus des tailloirs, des départs d'ogives à coin émoussé. Ils sont actuellement englobés dans les doubleaux perpendiculaires, tandis que les ogives actuelles se fondent dans les murs. Des modillons sculptés apparaissent à la plupart des retombées. Puisque les ogives ne sont apparemment plus celles de la Renaissance, ces modillons n'occupent pas leur emplacement actuel. Parmi les motifs, l'on recense la salamandre de François I, dans l'angle sud-ouest de la quatrième travée, ce qui n'aurait aucun sens au , mais représente aussi un anachronisme du temps de l'activité de l'architecte Nicolas Le Mercier. Les autres motifs sont des têtes humaines, qui sont souvent abîmées, et ne reflètent plus aucun courant stylistique particulier. Il y a aussi un homme vert. Restent à signaler les trois fenêtres, qui sont en plein cintre, et arborent le remplage Renaissance standard, avec deux formes en plein cintre surmontées d'un oculus. Leur modénature est soignée, et le rattachement à l'époque du porche ne fait ici aucun doute.

Transept thumb|upright|Croisée du transept (base du clocher), vue vers l'est.