Véra de Bénardaky, née vers à Taganrog et morte le à Paris, est une aristocrate et une salonnière d'origine russe.
Fille de Dimitri Benardaky , mariée en 1862 au baron de Talleyrand-Périgord (1821-1896), elle tient un salon parisien à la fin du , en son hôtel de l'avenue Montaigne. Son époux et le frère puîné de celui-ci n'ayant pas eu de descendance mâle, elle est la dernière à porter le titre de baronne de Talleyrand-Périgord.
Biographie
Famille (1799-1870)Né Démétrios Bernardakis, il est le fils de Georgios Bernardakis et Maria Ilinitchna Alferaki, d'une famille grecque de Mystra en Laconie. Sa famille fuit la Grèce pour s'installer à Smyrne dans un premier temps avant de gagner la Russie pour s'installer à Taganrog, où il grandit. On ne connaît pas son lieu exact de naissance. Son nom a été russifié en Dimitri Georgevitch (ou Igorovitch) Bénardaky., issu d'une famille d'origine crétoise nommée , épouse en 1824, Anna Igorovna Kapourova (1807-1846)Fille orpheline d'Igor Kapour (parfois Kipour), issue de la communauté grecque de Néjine en Ukraine.. Industriel, fournisseur de l'armée impériale russe et fermier général, il a été anobliPar décisions du Sénat russe des 28 novembre 1850 et 6 septembre 1861, Dimitri Bénardaki a obtenu la noblesse héréditaire avec ses fils et ses filles. et nommé maître des cérémonies de la cour impériale russe. Il s'illustre aussi comme auteur dramatique. Il a eu comme enfants : - Léonid de Bénardaky - Nicolas de Bénardaky (1838-), conseiller d'État de Russie, officier de la Légion d'Honneur, se marie avec Esther Maria Pavlovna (de) LeybrockLa sœur de son épouse, Olga (de) Leybrock, est elle-même mariée à l'amiral Skrydloff, héros de la guerre russo-turque, commandant en chef de la Flotte et des ports de la mer Noire. (1855-1913). Nicolas et Marie de Bénardaky tiennent salon dans leur hôtel à Paris au 65 de l'ancienne rue de Chaillot, où Tchaïkovsky se produit à plusieurs reprises. Ils ont trois enfants : Marie de Bénardaky (1874-1949), qui épouse en 1898 le prince Michel Radziwill (1870-1955), mariage annulé en 1915. Marie de Bénardaky fait partie de l'entourage de Marcel Proust dont elle est en 1887 une des compagnes de jeux et qu'il présente plus tard comme « l'ivresse et le désespoir de son enfance »Elle prête ses traits successivement, à Marie Kossichef, dans Jean Santeuil, puis à Gilberte Swann, dans À la recherche du temps perdu. Le cousin de son époux, Léon Radziwill, inspire à Marcel Proust certains traits du personnage de Robert de Saint-Loup dans À la recherche du temps perdu. ; Hélène, dite Nelly (1875- ), qui se marie avec Antoine vicomte de Contades ; Dimitri, engagé volontaire et tué dans les rangs de l'armée française durant la Première Guerre mondiale. - Constantin de Bénardaky - Catherine de Bénardaky - Alexandra de Bénardaky ( -1912), qui épouse le comte Alexandre Abaza (1821-1895), ministre des finances de l'Empire russe - Ludmila de Bénardaky - Véra de Bénardaky (1842-1919) : née à Taganrog vers 1839Acte de décès , , Paris , Archives de Paris, elle épouse le le baron de Talleyrand-Périgord (1821-1896), diplomate, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg. Ils ont deux enfants : Marie Marguerite de Talleyrand-Périgord (- ?), qui épouse Marie Ferdinand François Adhémar comte de Brotty d'Antioche (, Berlin - ) une autre fille née en 1867 - Elisabeth qui épouse l'ambassadeur Armand Nisard (1841-1925), qui est en poste à l'ambassade de France près le Saint-Siège au moment de la séparation des Églises et de l'État en 1905, (ils demeurent à Paris au 7, avenue Franklin-D.-Roosevelt).
Vie, œuvre et citations La vie parisienne de Véra de Talleyrand-Périgord est d'abord celle d'une salonnière, comme nombre de femmes de son époque et de son milieu aristocratique et familial. Elle tient salon dans son hôtel du 3, avenue MontaigneAndré Becq de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens. Vol. 1, Paris, Pierre Horay, 1953, . Le cousin de son époux, Boni de Castellane, en fait dans ses Mémoires, ce portrait :
André de Fouquières évoque l'atmosphère de son salon du 3 avenue Montaigne, en ces termes :
En 1912, les mémoires de Véra de Talleyrand-Périgord paraissent sous le titre Pensées nouvelles et souvenirs anciens, à Paris chez l'imprimeur éditeur L. Maretheux. On en cite parfois les trois passages suivants, témoins de l'esprit du temps et de l'auteur :
Véra de Bénardaky meurt, veuve, en 1919 à Paris .
Notes et références
Notes
Références
Catégorie:Personnalité féminine du XIXe siècle Catégorie:Famille de Talleyrand-Périgord Catégorie:Baronne française du XIXe siècle Catégorie:Baronne française du XXe siècle Catégorie:Salonnière française Catégorie:Écrivaine française du XIXe siècle Catégorie:Écrivaine française du XXe siècle Catégorie:Naissance en 1839 Catégorie:Naissance à Taganrog Catégorie:Décès en décembre 1919 Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 80 ans