L'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais est une église catholique paroissiale située à Vaudancourt, dans le département de l'Oise, en France. C'est un petit édifice de style majoritairement gothique flamboyant, construit à la première moitié du sur la base d'un édifice de plan cruciforme du début du . Seul le croisillon nord et le clocher en bâtière, qui constitue en même temps l'élément le plus remarquable de l'église, ont été laissés en place. Même la base du clocher, en même temps croisée du transept, a été entièrement reprise en sous-œuvre, et paraît entièrement flamboyante à l'intérieur. Une chapelle a été ajoutée dans l'angle entre nef et croisillon nord, et la nef a été dédoublée par la construction d'un collatéral du côté sud. Ces travaux ont probablement été achevés en 1544. Puis la nef a été voûtée d'ogives. Sa largeur considérable alliée à une faible hauteur motivèrent la soustraction d'un étroit couloir à la superficie de la nef du côté nord. C'est là l'une des particularités de l'église de Vaudancourt, avec la faible profondeur de l'abside quadrangulaire, et l'enfilade de quatre pignons au sud. L'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais a été inscrite monument historique par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin avec siège à Chaumont-en-Vexin, qui a suspendu la célébration des messes dominicales en 2018.
Localisation thumb|left|Mairie et clocher.
L'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Vexin français, dans la commune de Vaudancourt, au centre du village, à l'intersection de la Grand-Rue et de la rue de la vieille Côte qui constitue le prolongement de la première, près du carrefour avec la route de Montjavoult, qui part en direction de l'est. Le chevet donne immédiatement sur la rue de la vieille Côte, et l'église est bâtie perpendiculairement à celle-ci. Au sud, l'église est flanquée de l'étroit jardin de la mairie, qui est clos par des murs, et délimitée au sud par le bâtiment de la mairie. De ce fait, il n'est guère possible d'apprécier l'élévation méridionale de l'église dans son ensemble. Il en va de même de la façade occidentale, qui est desservie par une ruelle reliant la place de la mairie à la rue du Château, et donne presque immédiatement sur le mur d'une maison voisine et de son annexe. Seule l'élévation septentrionale est bien dégagée. Elle est bordée par l'ancien cimetière, et visible depuis la rue de la vieille Côte ainsi que depuis la rue du Château, qui aboutit sur la première en arrivant depuis l'ouest. Du fait du dénivelé important de la rue de la vieille Côte, qui descend vers le nord, l'ancien cimetière domine largement les deux rues, et la différence de niveau donne lieu à un mur de soutènement. En arrivant par la rue du Château, il faut gravir un escalier pour accéder à la ruelle qui dessert le portail dans la façade occidentale, mais un accès de plain-pied est possible par la place de la mairie.
Historique thumb|left|Vue depuis le nord-ouest.
Les premières mentions du village apparaissent dans les textes à la fin du et au début du .. La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. Ses saints patrons sont saint Gervais et saint Protais.. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen.. Le collateur de la cure est le chapitre de la collégiale royale Saint-Mellon de Pontoise, comme pour la collégiale de Gisors et l'église voisine de Saint-Gervais. Sous la Révolution française, les hiérarchies ecclésiastiques sont bouleversées, et le Vexin français est partagé entre le nouveau diocèse de Versailles et le diocèse de Beauvais. Vaudancourt est rattaché à ce dernier, dont le territoire correspond désormais au département de l'Oise. Dans le cadre de la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, motivée par le manque de prêtres, Vaudancourt est rattaché à la paroisse Vexin-Sud. Au début de l'année 2015, les trois paroisses de Vexin-Nord, Chaumont-en-Vexin et Vexin-Sud fusionnent pour former la nouvelle paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin, qui s'étend sur quarante-huit communes... Les messes dominicales ont été arrêtées en 2018, mais l'église accueille néanmoins quelques célébrations particulièresPour le calendrier des célébrations, cf. ..
L'église comporte des éléments de deux principales époques, et est issue d'au moins quatre campagnes de construction, sans tenir compte de celles dont ne reste plus aucun élément visible en élévation. Le clocher en bâtière central et le croisillon nord du transept constituent les parties les plus anciennes. Elles sont de style gothique, et datables du début du . La base du clocher, en même temps croisée du transept, a été reprise en sous-œuvre à la période flamboyante, pendant la première moitié du , et le croisillon sud ainsi que l'abside ont été entièrement rebâtis à cette occasion. Toujours pendant la première moitié du , la nef a été dotée d'un collatéral du côté sud, et d'une chapelle qui accompagne seulement sa dernière travée du côté nord. La date inscrite sur les fonts baptismaux placés au début du collatéral, 1544, peut être considérée comme la date d'achèvement approximative. La large nef non voûtée qui existe à cette époque est enfin remplacée par la construction actuelle voûtée d'ogives. Son importante largeur oblige à soustraire à la nef un étroit couloir du côté nord, qui peut être considéré comme l'amorce d'un deuxième bas-côté. Ces travaux ont lieu vers le milieu du , quand l'influence de la Renaissance se fait ressentir.. En 1928, l'un des piliers du clocher fléchit, et la voûte de la base du clocher, qui menace ruine, doit être consolidée. En 1975, l'un des piliers du clocher s'effondre en partie, et l'église doit être fermée au public. Pour sauver l'église, le carré du transept bénéficie tout d'abord d'une restauration en 1977/1979. Les travaux sont dirigés par l'architecte en chef des monuments historiques, Maurice Legendre .. Les autres parties de l'église sont restaurées par la suite, et l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais se présente aujourd'hui dans un état satisfaisant. Elle est inscrite monument historique par arrêté du .
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan dissymétrique. Elle se compose d'une nef de trois travées flanqué d'un bas-côté au sud, et d'un étroit couloir au nord ; d'un transept dont le croisillon nord est plus ancien que les deux autres travées ; d'une chapelle d'une travée dans l'angle entre le couloir et le croisillon nord ; et d'une abside rectangulaire très peu profonde. Une sacristie occupe l'angle entre croisillon sud et abside. La croisée du transept sert de base au clocher en bâtière. L'ensemble de l'église est voûtée d'ogives, et à un unique niveau d'élévation. Seules les travées du couloir sont sommairement voûtées en berceau perpendiculairement à l'axe de l'édifice. Le portail occidental constitue l'unique accès. Le vaisseau central est muni d'une toiture à deux rampants interrompue par le clocher, avec un pignon en façade et un autre au chevet. Les travées du collatéral sud et du croisillon sud sont recouvertes individuellement par des toits en bâtière perpendiculaires à l'axe de l'édifice, avec donc une enfilade de quatre travées au sud. La chapelle et le croisillon nord possèdent un toit en bâtière parallèle à l'axe de l'édifice.
Intérieur Collatéral sud et chapelle nord thumb|upright|Collatéral sud, travée, vue vers l'est. thumb|upright|Collatéral sud, travée, vue vers l'ouest. thumb|upright|Chapelle nord, vue vers le nord.
Il convient d'évoquer le collatéral sud avant la nef, car il est antérieur à cette dernière (dans la forme qu'elle reçut vers le milieu du ), et forme une entité avec les grandes arcades du sud. Pour désigner ce vaisseau, le terme de bas-côté n'est pas tout à fait approprié, car il n'y a pas de différence de hauteur entre nef et collatéral. Monique Richard-Rivoire écrit à ce propos : .. Il n'est pas sans intérêt d'observer qu'à Arthies, Boury-en-Vexin, Jambville, Oinville-sur-Montcient, Lierville et Pressagny-l'Orgueilleux, l'on ajouta également un unique bas-côté flamboyant à côté d'une nef unique plus ancienne, dont on prévoyait le voûtement en même temps.. En l'occurrence, un collatéral nord a bien été entamé, mais est resté limité à une seule travée. Rien n'indique par ailleurs que son prolongement vers l'ouest était concrètement projeté. — Contrairement à certaines églises, que l'on peut qualifier d'église-halle ou à double vaisseau, il n'y a à Vaudancourt pas de risque de confusion entre nef et collatéral, car le portail ainsi que le sanctuaire se situent dans l'axe de la nef, et le collatéral est moins large. Pendant quelque temps, le collatéral a possédé lui aussi son portail occidental. Il était rectangulaire, et visiblement de style néo-classique. Après son bouchage en 1849, il n'a pas été remplacé par une fenêtre.
La construction de toutes pièces de grandes arcades lors de l'adjonction d'un collatéral n'est pas systématique, mais pratiquement la règle à la période flamboyante, contrairement au Moyen Âge ; par défaut, les grandes arcades plus anciennes sont retaillées. À Vaudancourt, c'est le cas des arcades faisant communiquer le la chapelle latérale nord avec la nef et le croisillon adjacent. Le profil de ces arcades retaillées se compose généralement de plusieurs facettes concaves et d'un intrados méplat. C'est aussi le cas à Vaudancourt. D'autres exemples sont la croisée du transept de Berville, le chœur de Magny-en-Vexin, les arcades sous le clocher de Précy-sur-Oise, les grandes arcades de La Roche-Guyon, les grandes arcades du sud de Saint-Clair-sur-Epte, la croisée du transept de Vétheuil ; etc. En comparaison avec ces trois arcades, les grandes arcades du sud, de même celles qui entourent la croisée du transept, affichent un gros boudin en forme de double doucine entre deux fines moulures concaves. Bordée d'un nombre variable de rainures ou de gorges plus ou moins larges, ce boudin apparaît sur la plupart des grandes arcades de la première moitié du dans le Vexin qui ne sont pas concernés par le profil précédemment décrit. Les profils beaucoup plus complexes et très variés mis au point au ne parviennent finalement pas à s'imposer.. En raison des toits en bâtière indépendants à chaque travée., les deux arc-doubleaux perpendiculaires sont analogues aux grandes arcades, alors qu'ils adoptent généralement le profil des ogives à la période flamboyante. Ce parti confère une certaine lourdeur à l'architecture, et le tracé surbaissé des arcades et doubleaux va dans le même sens. Le premier doubleau intermédiaire et les deux premières grandes arcades sont même en plein cintre, de même que les voûtains des deux premières travées, ce qui donne à penser que la construction progressa d'est en ouest, et que ce furent les influences de la Renaissance qui motivèrent le recours au plein cintre.