Henri Léon Xavier Gautreau, dit H.GMarque de fabrique, enregistrée le sous le numéro 54752 pour les réchauds ; 2) En 1911 avec renouvellement le sous le numéro 238170 pour les articles de ménage., né au 56 rue du FourIl habitera ensuite, toujours avec ses parents, au 18 rue du Bac, Paris , puis au 63 rue Sainte-Anne, Paris où son père y est cité chaudronnier sur lAnnuaire du commerce 1870.</ref>, dans l'ancien arrondissement de Paris, le et décédé en son domicile à Paris , 129 rue Pelleport le Enterré au cimetière du Père-Lachaise, division 81, allée des Thuyas, , est un inventeur, chaudronnier, lampiste, industriel-ferblantier.

Il est l'inventeur-fabricant de plus de 60 brevets, réchauds, fourneaux, lampes et calorifères à gaz d’alcoolAvant 1895, les réchauds à alcool étaient dits à esprit de vin, alcool non dénaturé qui ne contenait pas encore un amérisant non toxique (méthylène) le rendant impropre à la consommation. (de 1889 à 1907) puis d’ustensiles de cuisine et ménage (de 1907 à 1947) estampillés des initiales H.G. Après son décès en 1947, ses fils et petit-fils maintiendront la fabrique jusqu’en janvier 1968, soit une production familiale qui s’étalera sur quatre-vingts années.

Biographie

Chaudronnier à douze ans Henri Gautreau est neveu du rosiériste-obtenteur Victor Étienne Gautreau (1817-1887), de Brie-comte-Robert (Seine-et-Marne), chez qui il fut élevé dès l'âge de 16 mois, et pendant une année, à la suite du décès de sa mère survenu en mai 1860, Paris . Pourtant bon élève il quittera l'école à 12 ans, voulant travailler avec son père Xavier (1826-1905), un chaudronnier-étameur installé à son compte 63 rue Sainte-Anne à Paris . vignette|400x400px|1897- Henri Gautreau et son père Xavier découvrent, au 30 rue des Amandiers, leurs prochains locaux de la fabrique de réchauds à Paris.|alt= gauche|vignette|343x343px|1877 - Futur inventeur de 18 ans, déjà bien initié au métier de chaudronnier - étameur par son père.

Henri Gautreau, extraits de « Principaux faits de ma vie »,

du

« (...) Le maître disait que j'écrivais comme un notaire.

Je ne savais pas devenir un pamphlétaire.

Tous les ans, j'avais le premier prix d'écriture,

Je ne pensais pas faire des paniers à friture (...).

À douze ans je faisais ma première communion,

J'ai quitté l'école pour gagner du picallion,

Ayant appris à boucher les trous des chaudrons,

Je me suis appliqué à faire des inventions (...).

Revenu chez mes parentsAprès son service militaire (1885). Ici il évoque ses parents, sachant qu'il s'agit de la seconde épouse de son père qu'il a toujours considéré comme sa mère. Une vérité sur sa véritable filiation qui lui fut révélée seulement la veille de son départ pour le service militaire en 1880., je travaillais dur

Dans un sous-sol restreint, respirant l'air impur,

Pendant dix-huit heures et bien souvent la nuit,

Malgré ma force, mon courage en était détruit (...) »

Période des réchauds (1889-1927) Quelques mois après sa sortie du service militaire qui dura cinq années (1880-1885), au régiment d'artillerie-pontonnier régiment d'artillerie-pontonnier d'Angers, créé en 1878 et dissout en 1894, remplacé par le Régiment de Génie à Angers, Henri Gautreau convole, en janvier 1886- Mariés le 23 janvier 1886, Paris arr., AD75 cote V4E 5466, vue 25/31 à Paris , avec Marie Raynal (1866-1945). Ils auront sept garçons, nés de 1886 à 1904, dont deux décédés en bas âge. Puis, installé modestement à Paris rue Hérold où il tient une petite boutique en location, Henri Gautreau commence par vendre des articles de ménage, et des irrigateurs dont il effectue les petites réparations en changeant le cuir des pompes.

1889 : créateur des réchauds transparents, de fourneaux, lampes et calorifères à alcool Se spécialisant dans les appareils de chauffe et d'éclairage fonctionnant au gaz d'alcool, Henri Gautreau ajouta l'emploi d'un corps de verre pour le contenant à combustible. D’un aspect esthétique certain et avec des variantes déclinées en deux formes, quatre tailles et sept couleurs, le récipient en verre H.G permettait de faciliter l’entretien et la fonction du réchaud ou du fourneau, mais surtout de pouvoir surveiller le niveau de l’alcool dans le récipient - corps de chauffe habituellement composé de cuivre, de laiton ou de fer-blanc. Les verres très recuits étaient fabriqués chez un verrier de la banlieue et leur qualité testée à haute température pour assurer une chauffe sécurisée dans son utilisation quotidienne. Un verre qui se devait donc d’être plus performant que ceux utilisés habituellement pour les lampes à pétrole

Une annotation mettant en avant cette qualité apparaissait sur la page de couverture de son catalogue 1906 : « La Maison H. Gautreau offre Dix Mille Francs à la personne qui par un usage normal fera exploser un de ses réchauds à alcool muni du Réflecteur-ÉcranBrevet numéro 383 789 du 7 décembre 1898, additif du 22 mars 1902 ».

Les moules en fonte laissaient ressortir en relief au cul des verres l’inscription H.G PARIS Breveté S.G.D.G. Henri Gautreau poussa même l’inspiration jusqu’à concevoir pour ses réchauds des verres carrés et trianglesBrevet numéro 329 498 du 18-02-1903 (forme carrée), puis additif du 05-03-1903 (forme triangulaire) 69 (erreur sur la planche du dessin qui n'est pas en rapport au brevet, vu le 12 novembre 2016) devant permettre un rangement optimisé.

Pour comprendre le choix du verre comme matériau pour ses réchauds gauche|vignette|293x293px|1899 - Carton publicitaire (25x22) du réchaud transparent H.G, affiché aux devantures de boutiques d'articles ménagers. Médaille d'or en 1897 à Paris.|alt= vignette|1901 - Henri Gautreau lors de la mise au point d'un nouveau modèle de réchaud, Paris rue des Amandiers.|alt= Le choix du verre pour le corps des réchauds se fit à la suite d'un évènement traumatisant, quand un début d’incendie se déclara le dans son petit appartement, au sixième étage sous les toits. Un réchaud en fer-blanc rouillé tomba, se perça et mis le feu au grand rideau de la chambre, pièce où se trouvait son épouse Marie alors enceinte. Ce drame provoqua le soir même la naissance prématurée de leur fils aîné. Henri Gautreau se promit que cela ne devait pas recommencer, fini le fer-blanc comme contenant à combustible pour les réchauds. Il lui faudra plus de deux années pour mettre au point son réchaud à corps de verre, finalement breveté en novembre 1889Brevet numéro 202 012 du 18 novembre 1889.

Une entreprise en plein essor, rattrapée par la concurrence gauche|vignette|311x311px|Extrait du catalogue H.G 1903 - Le fourneau à alcool Le Volcan, mettant en ébullition 1 litre d'eau en 4 min, obtient une médaille d'argent au concours de l'alcool 1902. En vente aux Galeries Lafayette et au Bon Marché de 1903 à 1911.|alt= Plusieurs prix dont deux médailles d’or obtenues à Paris en 1897 et 1905 vont encourager Henri Gautreau à élaborer de multiples modèles et variantes de ses modèles. Activité grandissante dans la petite entreprise pour la fabrication puis la vente par les quincailleriesGoulart, quincaillerie, fabrique d'ustensiles de ménage - Album, année 1893, Paris, rue de la Roquette, 35 & 37, 102 p., , modèle H.G à queue en bois fixe et à queue pliante métal ; sur Hauët & Vidal, quincaillerie et Articles de Paris, catalogue mars 1894, Paris, 6 rue Froissard, 798 p., , réchaud en verre H.G manche bois fixe et mobile ; sur Antoine Belpêche, quincaillerie en Gros et Articles de Paris, catalogue , février 1897, Paris, 4 avenue Richerand, 40 p., , réchauds H.G Le Soigné, manche fixe ou mobile, et Le Démontable ; sur Rebattet & Cie, Comptoir Français de Quincaillerie - Catalogue général, année 1904, Paris, 72-74 Boulevard Richard-Lenoir, 764 p., et 574, 16 modèles H.G dont 8 en dessins ; sur Eeckhout & Foubert, Fourneaux d'été et réchauds, février 1908, Paris 95 Boulevard Richard-Lenoir, Paris, 12 p., , 8-9 pour H.G : Le Volcan, le Transparent, L'Intermédiaire, le Triangulaire, les Inséparables, le Facile ; sur E. Leroux, Quincaillerie et Articles de Paris en Gros, catalogue, année 1909, Paris, 6 rue Froissard, modèles H.G dont 14 en dessins ; sur E. Eeckhout, Ustensiles de ménage, catalogue, année 1912, Paris X, 68-70 Quai de Jemmapes et 1-3-5-7 rue Alibert, 170 p., , 123-124 et 126, 6 modèles H.G en dessins : le Volcan, le Triangulaire, les Inséparables, le Facile, L'Intermédiaire, le Transparent ; sur Charles Flachfeld, Quincaillerie en Gros, Articles de ménage, catalogue, juin 1913, Paris, 48 & 65 rue Amelot, 82 p., , Le Réclame, L'Intermédiaire et Le Soigné H.G (plus la bassine à friture H.G ). et les grands-magasinsAux Galeries Lafayette, Porcelaine, Orfèvrerie, Ménage - Catalogue, Paris, année 1906, 70 p., - deux modèles H.G dont le Volcan ; sur Au Bon marché, Maison A. Boucicaut, Articles de ménage - Catalogue, Paris, année 1908, 58 p., et 48 - deux modèles H.G dont le Volcan ; sur Le Louvre, Ustensiles de Ménage - Catalogue général, Paris, année 1910, . parisiens et provinciaux, d’où l’embauche jusqu’à vingt-trois employés (soudeurs, représentants, etc.) avec un apogée de 1904 à 1912. D'où aussi deux déménagements successifs du siège et de l'atelier, d'abord rue Coquillière arr., puis définitivement en 1897 au 30 rue des Amandiers arr., tout du moins pour cette première entreprise. gauche|vignette|556x556px|Trois formes d'estampage sur la ceinture centrale des réchauds transparents à alcool H.G.|alt= Des modèles en verre de concurrents parisiens ne tardant pas à apparaître sur le marché, en 1903 Henri Gautreau joignit alors dans ses catalogues un feuillet avec la mention suivante : vignette|215x215px|Inscription H.G. Paris Bté S.G.D.G. moulée en relief sous le corps de verre. |gauche|alt= 1906 : Georges Bénard, ingénieur, successeur de la fabrique de réchauds H.G Pour des raisons de santé H.Gautreau céda sa fabrique en 1906 à G. Bénard, jeune ingénieur de l’École de Commerce qu’il épaulera pendant deux années selon les conventions en vigueur. Cette période fut couronnée par un succès à l’exposition de Londres en 1908, une médaille d’or, « seule récompense accordée à cette industrie ». Avec G. Bénard la marque H.G pour les réchauds va ainsi perdurer jusque vers la fin des années 1920. La dernière trace connue dans les catalogues date de 1927, l’électricité et le gaz prenant le pas sur l’alcool d’autant que la fabrique n’aura plus vraiment fait évoluer ses modèles dans ses locaux rue des Amandiers. Les modèles et créations H. Gautreau de 1889 à 1906 vignette|Réchaud De Table en verre H.G.|gauche|285x285px|alt= Réchauds : Le Soigné, Le Démontable, Le Riche, de Table, L’Intermédiaire, L’Intermédiaire Riche, L’Unique, Le Réclame, L’Ordinaire, Le-Cent-Pareil, Les Inséparables, Le Parfait Démontable, de Voyage, Le Cuirassé, Le Soigné Triangulaire, Le Soigné Carré, L’intermédiaire Triangulaire, L’Intermédiaire Carré, Chauffe-assiette à alcool Le Parisien. Fourneaux : Le VolcanLe Volcan, modèle déposé le sous le numéro 63557, Le Champion, Le Champion-Jumelle, L’Auxiliaire, L’Auxiliaire-Jumelle. Lampe : Lampe d’éclairage à l’alcool La FavoriteLa Favorite et Le Favori, modèles déposés le sous les numéros 75679-72680 en suspension ou sur pied, Manchon Le Favori, Bec pour lampe à alcool, Verre de lampe H.G. Calorifère : Calorifère mobile à l’alcool L’ÉquateurL'Équateur, modèle déposé le sous le numéro 77924. Poêlons : Poêlon condensateur, Poêlon Riche, Poêlon embouti Unique. Divers : Allumoir spécial, Support pour fer à friser, Bidon de sureté.

Période des ustensiles de cuisine (1907-1968)

S’étant fait dérober une bonne partie de ses économies, et père de cinq fils encore mineurs (deux autres fils étant décédés en bas âge), Henri Gautreau se voit contraint de se relancer rapidement, poursuivant sur Bagnolet dans le domaine du fer-blanc avec des ustensiles pratiques pour la ménagère et à des prix abordables.

1909 : membre de la Société des Petits Fabricants et Inventeurs Français (SPFIF)