Meng Hongwei () est un homme politique chinois, membre du Parti communiste chinois jusqu'à son exclusion. Vice-ministre de la Sécurité publique de Chine à partir du , il est élu président d'Interpol (organisation internationale de police criminelle) le pour un mandat de quatre ans. Il disparaît vers le , et sa démission de cette fonction est annoncée le à la suite de l'annonce de son arrestation en Chine.

Le , l’ex-patron d’Interpol est jugé en Chine pour corruption. Le , il est condamné à 13 ans et six mois de prison.

Biographie Jeunesse et études Meng Hongwei, fils d’instituteurs, né en 1953, est d'ethnie Han et de nationalité chinoise. Il est originaire de la ville de Harbin, province du Heilongjiang. Il commence à travailler en 1972 et rejoint le Parti communiste chinois en 1975. Il est diplômé du département de droit de l'université de Pékin.

Carrière politique en Chine

En 1989, lors des Manifestations de la place Tian'anmen, il est le secrétaire particulier du responsable de la Sécurité de l’époque. Il dirige la Police armée du peuple, utilisée par les autorités chinoises pour maintenir son pouvoirLes dessous de la disparition du président chinois d'Interpol France Culture, 18 janvier 2019.

Il devient vice-ministre du ministère de la Sécurité publique en 2004Biographie officielle de Meng Hongwei., nommé par Zhou YongkangMeng Hongwei, pur produit de l'appareil policier chinois La Croix, octobre 2018. Il est notamment chargé de neutraliser les dissidents et les opposants au régimeJean Chichizola et Cyrille Pluyette, « Le directeur d'Interpol a disparu », Le Figaro, 6-7 octobre 2018, p. 10.. En particulier, il dirige les services anti-terroristes pour éliminer les opposants au régime communiste dans la région du Xinjiang à dominante musulmane.

En , Meng Hongwei occupe le poste de secrétaire adjoint du comité du Parti communiste chinoisLa nouvelle direction du bureau des affaires océaniques dévoilée Ambassade de Chine en France, 19 mars 2013.. En 2014, il prononce un discours à des officiers de police, et ordonne de privilégier Michael Forsythe Interpol Names Chinese Police Official as Its New President New York Times, 10 novembre 2016..

Président d'Interpol de 2016 à 2018 Le , lors de la générale d'Interpol à Bali, Meng Hongwei est élu à la tête de l'Organisation internationale en remplacement de la patronne de la police judiciaire française Mireille Ballestrazzi. C’est le premier Chinois qui prend la direction de l’organisation de coopération policière. Celle-ci est basée à Lyon en FranceCatherine Le Brech Un Chinois à la tête d’Interpol: une nomination qui interpelle Franceinfo : géopolis, 14 novembre 2016.. Meng Hongwei a été élu pour un mandat de quatre ans, avec favorables et pour son concurrent, un NamibienLaurence Defranoux Un haut responsable chinois président d'Interpol, est-ce bien raisonnable ? Libération, 18 novembre 2016..

Des pays membres d'Interpol et des ONG s'inquiètent à la suite de la nomination de Meng Hongwei : Élection controversée d'un Chinois à la tête d'Interpol LCI, 10 novembre 2016.. Il faut toutefois noter que le poste de président d'Interpol est surtout honorifique, sa gestion quotidienne étant assurée par le secrétaire général.

Ainsi, le directeur du bureau Asie de l’Est d'Amnesty International, Nicholas Bequelin, déclare : Meng Hongwei est le nouveau président d’Interpol Amnistie Internationale, 10 novembre 2016..

Disparition en Chine vignette|100x100px|Le dernier message reçu par sa femme. Le , la presse annonce que Meng Hongwei est porté disparu, une enquête est immédiatement ouverte en France.. Il est vu pour la dernière fois au moment de son départ vers la Chine., le . Il envoie alors deux SMS à sa femme, le premier disant « Attends mon appel » et le deuxième ne contenant qu'un émoji représentant un couteau.

Le , Interpol annonce avoir reçu sa démission avec effet immédiat.. Quelques heures plus tôt, la Commission nationale de surveillance a annoncé qu'il faisait l'objet d'une enquête pour corruption.. En Chine, il est assez courant que le régime de Xi Jinping fasse disparaître pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois des hommes politiques, des magnats et des stars de cinéma (la disparition de l'actrice Fan Bingbing a ainsi été médiatisée mondialement plus tôt dans l'année 2018) avant de les faire réapparaître lors de procès. Ceci sert à lutter contre la corruption, mais aussi à éliminer des opposants politiques. Pour Wei Jingsheng, il ne s'agit pas d'une affaire de corruption, mais bien d'une affaire politiqueWei Jingsheng appelle Interpol à la vigilance sur les droits de l’homme Lyon Capitale , 11 octobre 2018. De plus, dans le cas de Meng Hongwei, celui-ci paye peut-être sa proximité avec Zhou Yongkang, un ancien haut responsable de la sécurité du Parti communiste chinois rival de Xi Jinping, condamné à la prison à perpétuité officiellement pour corruption, abus de pouvoir et divulgation de secrets d’État.

En , sa femme, restée en France avec ses deux enfants, est placée sous protection policière, craignant un enlèvement pour être conduite en ChineGrégoire Biseau, Maïté Darnault, Laurence Defranoux et Willy Le Devin Meng Hongwei : le polar chinois d’Interpol Libération, 17 janvier 2019.

Fin mars de la même année, l'ancien président d’Interpol est accusé de , puis exclu du Parti communiste..... Mais Grace Meng, son épouse, ne tarde pas à réagir, dénonçant une accusation infondée. Elle a même récemment déposé plainte à Lyon pour .. Elle obtient l'asile politique en France en , ainsi qu'une protection policière renforcée. En rétorsion, la Chine met fin à sa coopération policière avec la France..

Réapparition et procès Le , l’ex-patron d’Interpol réapparaît pour la première fois en public lors de son procès, pour reconnaître qu’il est coupable de corruption. Il plaide coupable d'avoir accepté 14,46 millions de yuans (1,86 million d’euros) de pots-de-vin.... Le , il est condamné à 13 ans et six mois de prison, ainsi qu'à 2 millions de yuans d'amende«L'ex-président chinois d'Interpol condamné à 13 ans de prison», Le Monde, 21 janvier 2020.

Références

Voir aussi Articles connexes Commission nationale de surveillance Autres victimes de disparitions forcées (provisoires ou permanentes) en République Populaire de Chine : Lu Guang Peng Shuai Ren Zhiqiang Yue Xin Zhao Wei Li Wenliang Fang Bin Chen Qiushi Li Zehua Jack Ma Zhang Zhan Huang Yanling

Liens externes

Le Chinois Meng Hongwei élu à la présidence d’INTERPOL,

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