Jean-Pierre Ducolombier, (aussi Du Colombier et Grégoire Du Colombier) né le à Lyon et mort le à MontbrisonFiche de Jean-Pierre Ducolombier sur le site des Archives Nationales, est un haut fonctionnaire français, préfet napoléonien.

Biographie Jean-Pierre Ducolombier est le fils d'un inspecteur de douanes qui descend d'une famille de Valence.

Cette famille du Colombier n’est pas à confondre avec la famille subsistante Bureau du Colombier, originaire du Lyonnais implantée par la suite en Franche-Comté et en Savoie. Cette erreur est parfois faite.

Il est le frère de Caroline Grégoire Du Colombier, qui a été une flirt du lieutenant Napoléon en 1785-1786 pendant son séjour en garnison au régiment de La Fère à Valence Louis Chardigny, L'homme Napoléon, EDI8, 27 févr. 2014Bonaparte et Valence, site de l'association Bonaparte à Valence et qui sera plus tard Dame de compagnie de Madame Mère Letizia Bonaparte.

Il étudie à Paris, puis il entre dans les domaines du roi en 1786. Pendant la Révolution il est successivement receveur (1789), vérificateur (1792) et inspecteur (An VI - 1797) dans l'administration fiscale. Avec une interruption : en 1793, il est parmi les fédéralistes qui s'opposent à la Convention nationale et il est exilé. Il revient en France en 1795. Il se marie en 1798 avec Adelaïde FaiderSelon Pascal Chambon, op.cit. , Adelaïde Faider (1777-1853) serait la sœur du ministre belge Charles Faider (1811-1893), mais elle est la sœur de Charles Joseph Faider (1780-1861), père du ministre. En 1803, il est commissaire dans l'Armée d'Angleterre à Boulogne-sur-MerPascal Chambon, op.cit. .

Le 24 frimaire an XIII (), il est nommé sous-préfet dans les Deux-Sèvres, au moment où la sous-préfecture est transférée de Thouars à Bressuire. Il y arrive dans le temps de la résistance au Concordat de 1801 dont le Bressuirais est un des centres. Le sous-préfet installe des prêtres soumis, mais les paroissiens partent vers une église où il n'y a pas encore de prêtre soumis. Le sous-préfet fait alors dès fermer ces églises veuves, et devant des protestations muettes qui suivent, il fait incarcérer les prêtres les plus réfractairesAuguste Billaud, op.cit. . Dans le Bressuirais circulent cette année des fausses lettres dites de Coucy qui incitent à la rébellion. L’auteur en serait Jean-Charles de Coucy, évêque réfractaire de La Rochelle alors en prison en Espagne ; mais le sous-préfet Du Colombier et son préfet Dupin considèrent l'évêque hors cause, sur quoi Napoléon le met en libertéAuguste Billaud, op.cit. . En , le ministre de la Police Joseph Fouché ordonne au préfet Dupin d'arrêter les prêtres réfractaires. Pour mieux réussir ces arrestations, Du Colombier dirige une organisation de police secrète, approuvée par le préfet. Le résultat est mince : le sous-préfet rapporte le à Fouché que seulement 4 des 16 prêtres cachés ont été arrêtésAuguste Billaud, op.cit. .

Le , Du Colombier est nommé préfet de la Loire à Montbrison. Il fait imprimer un Annuaire statistique du Département de la Loire (Montbrisson, Cheminal, 1809), qui contient les premiers statistiques sur les commerces et les industries du département. Il ouvre à Saint-Étienne un dépôt de mendicité qui peut loger 250 à 300 mendiants. Il se fait de solides relations dans le département. Une de ses sœurs se marie en 1810 avec le sous-préfet de Saint-Étienne, Sauzéa. Les deux beaux-frères, bons vivants et francs-maçons, ont stimulé l'industrie dans la vallée du Gier, mais ont aimé un peu trop l'argent : ils ont participé à des malversations financières, dévoilées en 1816Pascal Chambon, op. cit. .

Le premier , il passe à la préfecture de Marengo mais assiste en 1814 à la prise d’Alexandrie, la ville de préfecture, par la Autrichiens, ce qui lui causa la perte de nombreux biensP. Faure, notice du DBF citée, colonne 1284..

À la Première Restauration, il reste d'abord en service sous Louis XVIII. Il perd ce poste en .

Pendant les Cent-Jours, le , le baron du Colombier est préfet de Saône-et-Loire mais Napoléon le remplace le . À cause de ce poste pendant les Cent-Jours, il est écarté de la préfectorale pendant la Seconde restauration et il se retire à Montbrison.

Honneurs : baron de l'Empire. : chevalier de la Légion d'honneurÉtat général de la Légion d'honneur, depuis son origine, Tome second, 1814, .

Bibliographie Auguste Billaud, La petite église dans la Vendée et les Deux-Sèvres: 1800-1830, Nouvelles Editions Latines, 1982. Pascal Chambon, La Loire et l'aigle: les foréziens face à l'état napoléonien, Université de Saint-Etienne, 2005. P. Faure, « 2. DU COLOMBIER (JEAN-PIERRE) », Roman d’Amat, et R. Limouzin-Lamothe (direction), Dictionnaire de biographie française (DBF), tome 11 (notices de DES PLANCHES à DUGUET), Letouzey et Ané, Paris, 1967, 1528 colonnes, colonnes 1284-1285

Notes et références

Catégorie:Naissance en janvier 1769 Catégorie:Décès en mars 1819 Catégorie:Naissance à Lyon Catégorie:Décès à Montbrison (Loire) Catégorie:Préfet du Consulat ou du Premier Empire Catégorie:Préfet de la Loire Catégorie:Préfet de Saône-et-Loire Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1811 Catégorie:Décès à 50 ans