La maison d'Aquino, francisé en d'Aquin, fut l'une des plus influentes maisons nobles du royaume de Sicile puis du royaume de Naples. Elle faisait partie des Sept sérénissimes grandes maisons du royaume de Naples.

Attestée dès le IXè siècle, la maison d'Aquino donna plusieurs lignées princières et ducales, notamment des princes de Castiglione Marittimo, des princes de Feroleto, des princes de Pietrelcina, des princes du Saint-Empire, des grands d'Espagne, des ducs de Gaète, de Bisceglie, de Nicastro ou encore des marquis de Corato et de Pescara.

La maison d'Aquino est principalement connue pour avoir donné naissance à saint Thomas d'Aquin, théologien et philosophe dominicain du XIIIe siècle, reconnu comme docteur de l'Église et figure majeure de la scolastique médiévale.

Héritière de la dynastie princière des Landulfides, la maison d'Aquino s'allia par le mariage avec de nombreuses maisons nobles européennes comme les Médicis, Hohenstaufen, Carafa, Caracciolo, Pignatelli, Gonzague, Orsini, della Rovere, Colonna, Spinelli, Della Marra, Sanseverino.

Histoire et branches Autrefois appelée « Sommucula », la famille Aquino portait le titre comtal depuis le début du Moyen-Age. Le fondateur de la famille, Rodoaldo d'Aquino, était dès le IXe siècle, seigneur d'Aquino. Dès vers 970, les sources mentionnent un certain Adenolfo, comte d’Aquino et de Pontecorvo, tandis qu’un autre Adenolfo accéda au duché de Gaète en 1038. La figure la plus célèbre de cette lignée demeure Saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Église. Aux côtés des familles Acquaviva, del Balzo, Celano, Molise, Ruffo et Sanseverino, les Aquino comptaient parmi les sept grandes maisons du royaume de Naples, jouant un rôle majeur dans l’histoire de l’Italie méridionale grâce aux nombreuses personnalités qui exercèrent les plus hautes charges civiles, militaires et ecclésiastiques.

La région de mont Cassin constitua le premier centre d’action et de rayonnement de la famille d’Aquino, tandis que la principauté voisine de Capoue revêtait une importance comparable. Comptant parmi les principaux seigneurs féodaux de ces territoires, les d’Aquino se distinguèrent par leur habileté politique et stratégique, tirant parti de leur position géographique et manœuvrant avec adresse entre les équilibres du nord et du sud. Ils prirent ainsi part aux grands conflits de leur temps, notamment à la lutte séculaire opposant la papauté à l’Empire, puis aux affrontements entre Normands, papauté et Souabes. Les alliances de Marie de Gaète, fille de Pandolf IV de Capoue, prince de Capoue avec , duc de Gaète et entre Thomas II d'Aquin et Margherite de Souabe, fille de l'empereur Frédéric II consolidèrent encore la puissance de la famille d'Aquino.

Au cours des siècles, la lignée se ramifia en plusieurs branches. La branche aînée s’éteignit dans la lignée masculine avec Francesco Antonio d’Aquino, fils de Berardo Gaspare, marquis de Pescara, et de Béatrice Gaetani, elle-même fille de Giacomo, seigneur de Sermoneta. L’unique héritière fut sa sœur Antonella d’Aquino, qui transmit en dot à son époux, , les titres de marquis de Pescara ainsi que ceux de comtesse de Loreto et de Monteodorisio. Du mariage entre et Antonella sont issus sept enfants dont Costanza d'Avalos, Alfonso II d'Avalos (père de Fernando de Ávalos) et Innico II d'Avalos, ce dernier est père de Alfonso de Ávalos). Certains princes et princesses issus de ce mariage ont conservé le nom d'Aquino accolé à celui d'Avalos, du fait du prestige de la famille d'Aquino. Ainsi, Alfonso de Ávalos a pour nom de naissance d'Avalos d'Aquino. D'ailleurs, un certain nombre de souverains et souveraines descendent des d'Avalos d'Aquino citons Marie-Thérèse d'Autriche-Este, Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine-Este, Marie-Béatrice de Savoie, François , Charles III, Robert Ier de Bourbon-Parme, Boris III de Bulgarie ou encore Jean de Luxembourg.

Une branche cadette de la famille, issue du comte (mort vers 1245), donna naissance à la lignée des comtes de Belcastro. Son petit-fils , fils d’Adenolfo, reçut en 1293 l’investiture du fief de Belcastro, dont son propre fils et successeur, Tommaso II, obtint ensuite le titre comtal. Le dernier représentant des d’Aquino à porter le titre de comte de Belcastro fut Tommaso III, surnommé Tommasello, petit-fils de Tommaso II. Fils d’Adenolfo — décédé avant son père — il s’éteignit en 1375 sans laisser de descendance. Parmi les autres fils de figurait également le prêtre et théologien saint Thomas d’Aquin. Des descendants de cette branche sont encore mentionnés dans les sources jusqu’au .thumb|200px|Armes de la famille d'Aquino D’une autre branche cadette de la famille, issue d’, seigneur de Grottaminarda, se développèrent plusieurs lignées secondaires. , second fils de d’Albeto et frère d’Adenolfon II — père de , dont la descendance forma la branche principale des Aquino, éteinte avec Antonella d’Aquin mentionnée plus haut — mourut vers 1210. Il devint seigneur de Grottaminarda et épousa Maria Gesualdo.

Par la lignée de son fils aîné, Landolfon II, son descendant Ladislas II accéda à d’importantes dignités : il fut investi du titre de marquis de Corato en 1514, puis de celui de duc de Bisceglie en 1526. Ces titres lui furent toutefois confisqués en 1528 à la suite de sa rébellion contre Charles Quint. Contraint à l’exil, il se réfugia en France avec son fils aîné Antonio, où il mourut en 1560. Antonio d’Aquino, reconnu prince de Castiglione Marittimo par , épousa Isabella Caracciolo, fille du maréchal de France, Sergianni Caracciolo, IIᵉ prince de Melfi et lui aussi partisan du camp français durant les guerres d’Italie. Décédé en 1555, Antonio laissa de cette union trois filles : Claudia, mariée à Thibaut de Nogent(d'où les Nogent d'Aquin); Margherita, épouse de Charles de Louviers ; et Vittoria, unie à Antoine de Cardaillac(d'où entre autres Pierre d'Almeïda Portugal et Marcos de Noronha e Brito, vice-roi du Brésil) . La fille de Ladislas II et soeur d'Antonio, Eleonora, qui compte dans sa descendance entre autres Charles Marie Raymond d'Arenberg, les Bourbon-Parme ou encore l'impératrice Elisabeth de Wittelsbach dite Sissi, éteignit avec son frère la branche principale de la famille.

Un autre fils de Ladislas II, Francesco, baron de Roccabascerana — mort dans la première décennie du — épousa Béatrice di Guevara, fille de Guevara, seigneur de Savignano, et de Delfina Loffredo. De cette union naquit notamment le cardinal Ladislao d’Aquino. À Francesco succéda son fils Ottavio, puis le fils unique de ce dernier, Tommaso. Cette branche masculine de la famille s’éteignit avec Francesco Tommaso, sixième fils de Tommaso, prêtre théatin et évêque de Sessa Aurunca depuis 1670, décédé en 1705. Par la lignée féminine, la dernière représentante fut Caterina d’Aquino, qui épousa Marcello Lottieri, prince de Pietrastornina. Leur fils Antonio reçut l’autorisation d’accoler le nom maternel au sien, donnant naissance à la lignée des Lottieri d’Aquino.

Un autre fils d’, Adenolfo III, fut à l’origine de trois branches de la famille qui se constituèrent au cours du . La première donna naissance à la lignée des princes de Castiglione, issue de Louis II, mort en 1529. La seconde correspond à la branche patricienne de Tropea, également connue comme celle des barons de Messinara et de Plutino, fondée par Christophe II d’Aquino, décédé dans la seconde moitié du . Enfin, la troisième branche, patricienne de Cosenza et seigneuriale de Venere, prit son origine avec , mort dans la première moitié du .

En clair, les lignées anciennes suivantes ont vu le jour :

branche des princes de Castiglione Marittimo ; branche des marquis de Corato et des barons de Castiglione Marittimo ; branche des comtes d’Acerra et de Loreto Aprutino ; branche des comtes de Belcastro ; branche des seigneurs de Venere et des patriciens de Cosenza ; éteinte au branche des patriciens de Tropea. Eteinte au milieu du

En 1894, Carolina d'Aquino, membre de la branche d'Aquino de Tropea, épousa Giuseppe Adilardi. Sous le royaume d'Italie, la famille Adilardi d'Aquino fut inscrite dans le Livre d'or de la noblesse italienne (Libro d'Oro), aujourd'hui conservé aux Archives centrales de l'État. La branche de Tropea s'éteignit au milieu du .

Titres et honneurs Grand d'Espagne de première classe Prince du Saint-Empire à partir du 10 novembre 1626 Prince de Castiglione Marittimo Prince de Feroleto Antico Prince de San Mango Pieomonte Prince de Pietrelcina Prince de Pesco Sannita Duc de Gaète Duc de Bisceglie Duc de Nicastro Marquis de Corato Marquis de Pescara Comte de Acerra Comte de Belcastro Comte de Loreto Aprutino Baron par le roi de Naples Joachim Murat Seigneur de Roccasecca Seigneur de Marigliano Seigneur de Ottaviano Seigneur de Giugliano Seigneur de Sarno Seigneur de Cosenza Seigneur de Tropea La maison d'Aquino possède également de nombreux autres fiefs essentiellement dans l'ancien royaume de Naples.

Portraits

Personnalités Rodoaldo d'Aquino, seigneur d'Aquino au IXe siècle Adenolfo d'Aquino, comte d'Aquino et de Pontecorvo dès 970 Adenolfo d'Aquino, duc de Gaète dès 1038 Aténolf Ier d'Aquino, duc de Gaète, beau-fils du prince de Capoue Pandolf IV Richard d'Aquino dit Richard d'Acerra, comte d'Acerra, beau-frère de Tancrède (roi de Sicile)vignette|Saint Thomas d'Aquin par Sandro Botticelli , comte d'Acerra, nommé par l'empereur Frédéric II capitaine et justicier de Terra di Lavoro, vice-roi du royaume de Sicile en 1232, puis podestat de Crémone. Grâce à ses nombreux voyages en Orient, il apprit à utiliser la poudre à canon, qu'il importa en grande quantité en Italie ce qui changea la manière dont les guerres étaient menées Thomas II d'Aquino, comte d'Acerra et Loreto Aprutino et seigneur de Marigliano, Ottaviano et Sarno, qui épousa en 1247 Marguerite de Souabe, fille naturelle de l'empereur Frédéric II. Laslislas II, duc de Bisceglie est issu de cette union. Saint Thomas d'Aquin, docteur de l'Eglise, père spirituel de l'Eglise, une des personnes les plus importantes toutes périodes confondues Marguerite d'Aquino, maîtresse de (roi de Naples) Antonella d'Aquino, épouse en 1452 . D'où les d'Avalos d'Aquino Lasdislao d'Aquino, gouverneur de Pérouse, évêque de Venafro, nonce apostolitique en Suisse, nonce apostolitique en Savoie, cardinal Tommaso d'Aquino né en 1669, prince de Feroleto et Castiglione, époux de de la princesse Fulvia Pico della Mirandola, petite-fille du duc de Modène et de Reggio Alphonse III d'Este et de la princesse Isabelle de Savoie

Hommages De nombreux lieux, édifices religieux, établissements d'enseignement et voies publiques portent le nom de saint Thomas d'Aquin, membre le plus célèbre de la maison d'Aquino. Citons notamment:

Eglise Saint-Thomas-d'Aquin située à Paris Eglise Saint-Thomas-d'Aquin située à Québec Eglise Saint-Thomas-d'Aquin située à Berlin Quartier Saint-Thomas-d'Aquin situé dans le 7e arrondissement de Paris Rue Saint-Thomas d'Aquin dans le 7e arrondissement de Paris Place Saint-Thomas-d'Aquin dans le 7e arrondissement de Paris Université Saint-Thomas d'Aquin au Burkina Faso Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin située au Vatican Université de Santo Tomas située à Manille, la plus grande université catholique du monde St. Thomas Aquinas College situé à New York Via Tommaso d'Aquino à Naples Piazza Tommaso d'Aquino située à Aquino Via San Tommaso d'Aquino située à Rome Calle de San Tomás d'Aquino située à Madrid Rue Saint Thomas d'Aquin à Bruxelles Carrera Santo Tomás de Aquino en Colombie St. Thomas Aquinas way à New York Aquinas Street en Californie De nombreuses statues ou encore représentations de saint Thomas d'Aquin existent aussi à travers le monde

Possessions de la maison d'Aquino La maison a possédé de nombreux palais et châteaux principalement en Italie : dei Conti d'Aquino, de Roccasecca, d'Aquino situé à Aquino, palazzo d'Aquino