Altan Khan (1502-1582) ( : Khan d'Or ; , ce qui donne également Helatan Khan), dont le nom de naissance était Anda ( ; ), était le chef de l'Aile droite (dzoungars) des Mongols et contrôla l'ensemble de la Mongolie. Il rétablit la paix avec les Ming ainsi que les liens avec le Tibet tout en initiant la seconde vague de conversion au Bouddhisme.

Biographie

Il est le second fils du Jinong Bars Bolud et le petit-fils de Dayan Khan, qui avait réunifié les nobles mongols dans l'espoir de recouvrer la gloire du temps de la dynastie Yuan. Durant les premières années de sa vie, Altan Khan et sa sœur sont réfugiés chez des locaux afin d'être à l'abri des révoltes Ordos que combat leur grand-père. Après avoir succédé à Dayan, le père d'Altan Bars Bolud meurt et Altan Khan devient le dirigeant des Toumètes et son frère aîné Gün Bilig (), les Ordos.

Dès 1524, il entame des raids contre les territoires de la dynastie Ming ainsi que contre les Uriankhai. Dès 1529, il ravage la région de Dadong. En 1530 il envahit le Gansu (ou Kan sou) et saccage la frontière. Il accompagne Bodi Alag Khagan dans l'offensive totale contre ces derniers en 1538. Après la mort de Gün Bilig en 1542, Altan devint le chef de facto de l'aile Droite mongole et reçoit le titre de Tösheetü Sechen Khan. En 1542, il vainc une armée des Ming et fait de nombreux prisonniers.

Lorsque Bodi Alagh Khan, le seigneur légitime des Mongols Chakhar, meurt en 1547, Altan force le successeur de Bodi Alagh, Daraisung Guden Khan (ou Darayisung Qüdeng Qagan), à s'enfuir à l'est. En 1550, Altan Khan continue son offensive contre la dynastie Ming et encercle Pékin. En 1551 Daraisung accepte un compromis avec Altan et reçoit le titre de Gegeen Khan. Il combat également les Oïrats (ou Kalmouks), qu'il chasse de Karakoroum en 1552, provoquant le départ de plusieurs de leurs princes vers l'ouest.

En 1558, il dirige ses armées contre les Oïrats afin de les soumettre à une alliance matrimoniale et afin qu'ils le reconnaissent comme leur Khan. Il entreprend également de nouer des relations avec les dirigeants djaghataïdes du Mogholistan.

Les deux premières femmes d'Altan Khan sont peu connues. En 1568, il épouse sa petite-fille Sanniangzi () alors qu'elle est promise à un tayiji qui décident de faire défection vers les Ming. L'officier tente d'exploiter ce conflit pour amener Altan Khan à négocier une paix avec l'Empereur de Chine. En 1570, ces négociations aboutissent par l'octroi du titre de prince de Shunyi ainsi que d'un tribut annuel. Cette paix permet l'ouverture des frontières et met un terme aux raids frontaliers, intégrant le système tributaire de la Chine.

À partir de cette date, Altan Khan et sa femme sont instruits aux enseignements du Bouddhisme sous l'influence du Tibet avec lesquels il établit des liens. Il invite Sonam Gyatso, alors abbé de Drépung et de sa lignée de réincarnation, qui le rencontra le près de la frontière mongolo-tibétaine à Tsavchaal (mongol : ) dans le Qinghai (ou Khökh nuur), au monastère de Thegchen Chonkhor. Il donna à Sonam Gyatso le titre de dalaï-lama lors de cette rencontre. Le terme gyatso est la traduction tibétaine du terme mongol (signifiant océan). Ce titre est dérivé du titre mongol de Dalaiyin-qan . Altan Khan choisit ce terme car il impliquait que Sonam Gyatso était le chef de toutes les écoles du bouddhisme tibétain. Il souhaitait ainsi que son propre projet politique soit poursuivi par Sonam Gyatso. En retour, le dalaï-lama conféra à Altan Khan le titre de Chakravartin, roi du Dharma. Sonam Gyatso avait accepté de rencontrer Altan Khan dans le but de le persuader de mettre fin à ses attaques du Tibet et des Ming, lesquels le lui avaient demandé L. Chuluunbaatar, Political, economic and religious relations between Mongolia and Tibet, in Tibet and Her Neighbours : A History. McKay Alex (éd.), 2003, Londres, Edition Hansjörg Mayer, p. 151-153.

Altan Khan contribue à une renaissance qui a un impact religieux et culturel considérable sur les Yuan du Nord. Les deux principes religieux qu'il édicte dans son code permet de placer le Bouddhisme en religion d'État des Mongols, initiant une seconde phase de conversion. Cette étape a également une influence profonde sur la société mongole ultérieure, sur sa littérature et son historiographie.

Altan Khai et sa femme établissent une ville en 1581 (à l'origine un monastère fortifié) et la nomment Hohhot, ce qui veut dire « ville bleue » en Mongol, d'après la couleur des murs du temple construits en briques bleues. La ville qui s'appelle aussi « Sanniangzi », est aujourd'hui la capitale de la Mongolie-Intérieure.

À la mort soudaine d'Altan Khan, son fils Sengge Düüreng poursuivit la politique de son père. En 1582, il informa le dalaï-lama qui se trouvait au monastère de Kumbum, lui demandant de faire réaliser les obsèques. Le dalaï-lama se rendit en 1586 en Mongolie où il est mort en 1588, alors qu'il rentrait au Tibet.

Après la mort d'Altan, Sengge Düüreng lui succède comme Khan. Son empire qui s'étend du Kokonor à la Grande Muraille ne tarde pas à se désintégrer en domaines féodaux rivaux. L'absence de marchés et d'échanges entre les différents territoires ainsi que la politique de la dynastie Ming, qui s'efforcent de diviser les féodaux mongols, explique pour une part l'échec de la restauration de l'empire mongol.

Code d'Altan Khan Le Code d’Altan Khan constitue l’un des plus anciens corpus conservés du droit mongol. Il évoque tout d'abord une préfase religieuse invoquant deux coutumes : et . Les pratiques et coutumes mongoles, comme les sacrifices, ne font pas partie du texte. Les éléments incompatibles avec le bouddhisme en sont extraits. La suite du texte présente des cas juridiques ordinaires de la vie sociale et administrative : homicides, blessures, vols, ruptures, violences conjugales, gestion des maladies, des défunts, du bétail, de la chasse, etc. Certaines sections révèlent une attention particulière à la protection des prérogatives du pouvoir.

La majorité des infractions est sanctionnée par des amendes en bétail en unité de neuf ou de cinq. Dans les cas les plus graves, des châtiments corporels sont applicables. Dans le cas des esclaves, notamment chinois, ceux-ci ont une valeur juridique inférieure et peuvent être punis de mort en cas de vol. Ce code présente des similitudes avec les codes du .

Famille On lui connait 3 épouses et 9 fils :

Tikehatun; Sengge Düüreng, (1522 - 1586), premier fils; Buyan Taiji, (v.1524 - ?), deuxième fils; Bingtu Yilden, (v.1528 - 1558), quatrième fils; Balin Taiji, (v.1530 - 1578), cinquième fils; Golig Taiji, (v.1532 - ?), sixième fils; Mulun Khatun, ancienne épouse de son père, il l'épouse en 1519; Tiebei Taiji, (v.1526 - 1557), troisième fils; Bahan Naji, (1553 - 1583) Sanniangzi, (1550 - 24/6/1612) Buddhašri, (1568 - 1597), septième fils; Shachixingtaiji, (v.1570 - 1595), huitième fils; Xuntaiji, (v.1572 - 1588), neuvième fils;

Ont lui connait de plus un fils adoptif, Qataiji, (v.1545 - 1591).

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Article connexe Temple de Maitreya fondé sous son règne en 1575

Liens externes

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