L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située au hameau de Noël-Saint-Martin, à Villeneuve-sur-Verberie, dans l'Oise, en France. Elle fait partie de la dotation initiale du prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris en 1096, puis est transmise à sa filiale, le prieuré de Saint-Nicolas-d'Acy, dix ans plus tard. L'église est toutefois de fondation beaucoup plus ancienne, car sa nef est datable de la seconde moitié du , et son clocher du dernier quart du même siècle. La nef, qui était initialement dépourvue de bas-côtés et n'a jamais été voûtée, est la seule sur la rive gauche de l'Oise qui présente un petit appareil régulier en silex, comme fréquemment dans le Beauvaisis. Le clocher, dont l'étage supérieur s'est effondré vers 1660/62, semble copié sur son proche voisin de Rhuis. En tant qu'église de l'une des paroisses les plus petites de l'ancien diocèse de Soissons, qui n'est plus qu'un hameau depuis 1825, l'édifice est de très modestes dimensions. Avec son chœur roman tardif des années 1120/1135, elle possède toutefois une pièce d'architecture remarquable, tant pour ses deux voûtes d'ogives archaïques, qui comptent parmi les plus anciennes du département, et l'une des premières apparitions des arcs formerets, que pour la qualité exceptionnelle de sa sculpture. Ce sont, à l'extérieur, des frises et des corniches extrêmement fouillées, et à l'intérieur, des chapiteaux de feuilles d'acanthe d'un niveau qui n'est ordinairement atteint que dans les cathédrales. Une vingtaine d'années après sa construction, la première travée du chœur est transformée en croisée du transept par l'adjonction d'un croisillon au nord, qui est d'un style gothique primitif sobre mais recherché. Il communiquait à l'ouest avec un bas-côté, contemporain ou plus récent, dont l'on sait seulement que son voûtement d'ogives fut entamé après coup, et qui a disparu depuis une époque indéterminée. Bien que des grandes arcades bouchées existent aussi au sud de la nef, l'existence ancienne d'un bas-côté sud n'a pas pu être démontrée par les fouilles des années 1974/1976. Après la guerre de Cent Ans, la base du clocher, qui occupe l'emplacement du croisillon sud, est revoûtée dans le style gothique flamboyant, et le portail est refait dans le même style. Si le nombre d'habitants remonte au , il chute à partir du , et le culte n'est pas rétabli après la Révolution française. Abandonnée et délaissée, l'église est sauvée grâce à son classement aux monuments historiques par arrêté du ., et bénéficie épisodiquement de quelques travaux de restauration. Mais ce n'est qu'à partir des années 1980 que, grâce à l'initiative privée, que les travaux aillent suffisamment loin pour permettre le rétablissement du culte, au début des années 1990. Depuis 1996, l'église Saint-Martin est affiliée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis, et accueille sporadiquement des célébrations particulières, et une messe dominicale une fois par an tout au plus.
Localisation L'église Saint-Martin se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, sur le territoire de la commune de Villeneuve-sur-Verberie, au hameau de Noël-Saint-Martin, rue de l'Église, au milieu de son ancien cimetière enclos par un mur. La maison en face est l'ancien cimetière. Derrière, le plateau sur le rebord duquel l'église est bâtie chute vers la vallée du Rouanne naissante, dans laquelle se situe la rue principale du hameau, la rue des Sources. Il n'y a pas d'autres maisons à proximité de l'église. L'ancien cimetière est entouré de champs de trois côtés, et la rue se termine en cul-de-sac peu après l'église.
Historique L'histoire de la paroisse thumb|left|Vue depuis le sud.
Sous l'Ancien Régime, Noël-Saint-Martin relève du doyenné de Béthisy-Saint-Martin, de l'archidiaconé de la Rivière, et du diocèse de Soissons.. Près du hameau se situait la crois des Trois-Évêques, où se rencontraient les diocèses de Beauvais, Senlis et Soissons. Parmi les églises voisines, Villeneuve-sur-Verberie et Roberval (anciennement Noël-Saint-Rémi) dépendent du diocèse de Beauvais ; Raray du diocèse de Senlis. Il semble que Noël-Saint-Martin et Noël-Saint-Rémi constituent, jusqu'au , une unique paroisse, qui appartient au diocèse de Soissons. L'évêque de Beauvais convoite la nouvelle paroisse de Noël-Saint-Rémi, et une dispute éclate entre lui et l'évêque de Soissons. Elle est abritée en 872 par Charles II le Chauve, qui menace de raser les deux églises si les évêques ne parviennent pas à un accord. L'évêque de Soissons cède ainsi Noël-Saint-Rémi à son rival.. En 1096, l'évêque de Soissons donne son église au prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris.. En 1106, est confirmée la fondation du nouveau prieuré clunisien de Saint-Nicolas-d'Acy, près de Senlis, en tant que filiale de Saint-Martin-des-Champs. Dorénavant, le prieur de Saint-Nicolas-d'Acy présente à la cure, mais assez curieusement, la nomination à la cure est du ressort du chapitre de Soissons. C'est la donation au prieuré qui engendre l'usage de l'épithète Saint-Martin au : appelé encore simplement Noacum dans la bulle de confirmation du pape Urbain II en 1097, il devient Noa Sancti Martini. Le toponyme connaît de nombreuses variantes, comme il est fréquent pour les très petits villages qui manquent de notoriété. Dans le contexte du présent article, il est utile à rappeler que Noël ne fait pas référence à la fête de la Nativité de Jésus, mais vient de noa, noue, terme approprié pour désigner la partie basse du hameau.. (rue des Sources). La dîme de Noël-Saint-Martin n'arrive dans le temporel du prieuré qu'avec la donation de Guillaume Le Bouteiller, seigneur de Brasseuse, par une charte de 1214. C'est donc la famille des Bouteiller qui est, jusque-là, le décimateur du village..
Noël-Saint-Martin est une paroisse de très faible importance. En 1362, elle est la paroisse la plus faiblement imposée du diocèse, avec Saint-Sauveur (alors Géromesnil), localité aujourd'hui considérable. L'on ignore presque tout de son histoire jusqu'au milieu du . Les quelques mentions dans les documents d'archives ne concernent le plus souvent que les terres et les taxes et impôts. La déclaration du temporel du prieuré de Saint-Nicolas de septembre 1444 constate que plus personne n'habite le village, ce qui permet d'imaginer l'impact de la guerre de Cent Ans, des épidémies et des disettes sur la population. À partir de 1562, quand Catherine de Médicis commence à user de son droit de douaire dans le comté de Valois, son entourage organise des sabbats dans les fonds de Noé et dans des fermes isolées. Selon Marc Durand, Noël-Saint-Martin connaît à cette époque une notoriété douteuse. Pour cet auteur, les belles dalles funéraires à effigies gravées conservées dans l'église donnent à penser qu'il y a des retombées économiques pour la population. À compter de 1595, l'on connaît les fondations de messes obituaires faites dans la paroisse. Elles sont au nombre de dix-neuf jusqu'à la fin du , dont quatorze concernent la seconde moitié du siècle. Aucune de ces fondations ne concerne la période comprise entre 1649 et 1662, en raison de la Fronde et de l'inaction du prieuré de Saint-Nicolas-d'Acy en tant que collateur de la cure, qui ne s'occupe plus de l'entretien de l'église. En 1659, les habitants engagent une action de justice à son encontre, afin d'obtenir la réparation du clocher et éviter sa ruine, sans succès. Mis à sac en 1652, le prieuré rencontre de graves difficultés financières. Les habitants obtiennent une nouvelle sentence en 1662, désormais pour sommer le collateur de la cure de rebâtir le clocher qui s'était effondré entretemps. Mais l'on n'a pas connaissance d'une restauration avant 1707, date gravée sur la tourelle d'escalier. Le jeudi , l'évêque François de Fitz-James effectue une visite pastorale à Noël-Saint-Martin. Il est bien accueilli, mais est scandalisé par l'état de l'église et des objets du culte, et impose des mesures d'urgence par son ordonnance du , sous menace d'interdire l'église au culte. Les problèmes sont bien sûr la conséquence du recul du nombre des habitants. Si le nombre de feux est encore de vingt-cinq en 1694, il tombe à dix-neuf jusqu'en 1784, et à seize ou dix-sept en 1804, car plusieurs fermes sont abandonnées et leurs terres exploitées par des laboureurs des paroisses voisines. Les comptes de la fabrique, qui sont conservés à compter de 1728, sont toutefois équilibrés. En raison de l'inflation importante tout le long du , les dépenses annuelles passent de livres tournois en 1728 à tournois en 1788, mais les honoraires du curé reculent même légèrement..
Cette perte de pouvoir d'achat motive sans doute le curé Brunet-Brun de prendre le parti de la Révolution française en 1789. Il est le premier maire élu de la commune et prête serment à la constitution civile du clergé dès le , soit plus de trois mois avant la promulgation de la loi du qui instaure cette obligation. Noël-Saint-Martin est rattaché au diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses du département. En mai 1791, quelques habitants se plaignent au directoire du département des exactions commises par leur curé contre les paroissiens, mais l'instance les renvoie devant leurs propres responsabilités. Noël-Saint-Martin compte encore soixante-douze habitants en cette année. L'église ne connaît pas l'interdiction du culte au mois de novembre 1793, car le curé a déjà quitté sa paroisse pour Beauvais, pour fuir une maladie épidémique selon ses dires. Il peine de récupérer ses biens laissés sur place et invoque, dans une lettre adressée au directoire de Crépy-en-Valois, l'entêtement et la méchanceté des habitants. L'inventaire des biens meubles de la paroisse est dressé le . Y sont mentionnés une armoire, un porte-manteau et un vieux coffre dans la sacristie, dont il n'y a actuellement plus trace, mais dont les fondations ont été retrouvées en 1974 à l'ouest de la base du clocher. Le concordat de 1801 n'a aucun effet sur Noël-Saint-Martin, et plus aucun prêtre n'est plus nommé à sa cure. En , l'ancien maire Charles Dubarle propose au préfet de se porter acquéreur de l'église et du cimetière qui l'entoure. Il exagère le mauvais état de l'édifice afin d'obtenir un prix très bas.. L'ordonnance royale du réunit Noël-Saint-Martin et Yvillers à Villeneuve-sur-Verberie. Toujours propriété communale, l'église est entourée de ronces et de buissons qui en empêchent l'accès. Sans être utilisée pour le culte, à moins que sporadiquement, elle ne fait jamais l'objet d'une désacralisation. Le hameau est affilié à la succursale de Villeneuve-sur-Verberie, selon la terminologie alors en vigueur. La dernière inhumation au cimetière de Noël-Saint-Martin a lieu en 1917, mais le service funéraire n'est certainement pas célébré dans l'église Saint-Martin, que le capitaine Longuet dit désaffectée depuis longtemps dans une lettre de septembre 1918.. Dans l'après-guerre, Villeneuve perd son curé, et les églises du voisinage sont regroupées dans la paroisse de Villers-Saint-Frambourg. Son dernier curé, l'abbé Joseph Kuchcinski, œuvre pour la restauration de l'église Saint-Martin (voir ci-dessous) et y célèbre de nouveau une messe au début des années 1990. Désormais, l'église est quelquefois utilisée pour les célébrations particulières, baptêmes, mariages et obsèques, et accueille encore plus rarement une messe dominicale, guère plus souvent qu'une fois par an. Officiellement en 1996., et dans les faits avec la mort de l'abbé Kuchcinski le à l'âge de ., Noël-Saint-Martin est affilié à la paroisse Saint-Rieul de Senlis.
Les campagnes de construction de l'église