Reporterre est un magazine francophone lancé en 1989 au format papier et devenu webzine en 2007. Fondé par le journaliste Hervé Kempf, il est sous-titré « le média de l'écologie ». Sa ligne éditoriale est engagée à gauche et écologique.

Le site aborde principalement les thématiques du changement climatique, de l'effondrement de la biodiversité et des limites planétaires, ainsi que de l'environnement au sens large.

Il a publié, dans les années 2010, deux tribunes (dépubliées depuis) portant un point de vue contraire au consensus scientifique, notamment sur des sujets liés aux médecines douces ou aux pseudo-sciences. En 2025, l'un de ses journalistes a reçu le prix du journaliste scientifique de l'année, décerné par l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information (AJSPI).

Fonctionnement Le média est publié en ligne par une association à but non lucratif, la Pile (association pour une presse indépendante, libre et écologique), dont le président est Hervé Kempf, fondateur du média.

Ce média sur internet est en accès libre et sans publicité. Son modèle économique repose essentiellement sur les dons de ses lecteurs. Les ressources de Reporterre dépendent à 98 % des dons de ses lecteurs et pour les 2 % restants de ventes éditoriales (droits notamment).. Le média emploie trente-et-un salariés permanents dont vingt-cinq journalistes professionnels et une quinzaine de collaborateurs réguliers.

Audience En , Reporterre revendique, pour l'année 2024, de visites (données Matomo) pour environ de lecteurs réguliers et un budget annuel d'environ d'euros.

Histoire En 1989, Reporterre est le premier magazine sur l'écologie à paraître depuis Survivre et vivre, La Gueule ouverte et Le Sauvage. Lancé par une équipe animée par Hervé Kempf., le titre vend en moyenne par mois. Il a compté jusqu'à payants. Mais l'équilibre financier n'est pas atteint et le mensuel disparait après un an de parution.

En 2007, Reporterre est relancé par Hervé Kempf sur internet, afin . Selon le fondateur, le déclic vient de la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes. D'abord modeste, le site se développe petit à petit, en commençant à publier des enquêtes ou des entretiens exclusifs. Une maquette plus moderne est mise en place en , à l'occasion de l'adaptation du site au logiciel libre SPIP (Système de publication pour l'Internet). Le site a pris son essor quand Hervé Kempf a quitté le quotidien français Le Monde, en , et s'est consacré totalement au « média de l'écologie ».

En 2025, le média est le plus ancien quotidien d’information français sur l’écologie. La même année, Amélie Mougey succède à Hervé Kempf à la tête de la rédaction, après avoir dirigé La Revue Dessinée pendant huit ans.

Ligne éditoriale et positionnement politique La ligne éditoriale du média peut être définie comme profondément écologiste : selon Libération, . Le magazine Marianne classe le site dans « la galaxie des écolos radicaux ».

Dans un entretien pour Ballast, Hervé Kempf détaille la ligne éditoriale, et la définit comme l'articulation entre journalisme et engagement politique : .

En , Reporterre comme 90 médias français appelle à faire « front commun » contre l’extrême droite, qui selon eux menace la liberté de la presse en France. Il appelle à soutenir la coalition de gauche du Nouveau Front populaire dans le cadre des élections législatives anticipées, afin ..

Thèmes Le site traite principalement des sujets suivants : le changement climatique ; l'effondrement de la biodiversité ; les limites planétaires la politique écologique du gouvernement ; les grands travaux inutiles ; l'agriculture et l'alimentation ; les alternatives (habitat écologique…) ; les pratiques sociales et environnementales portées par le secteur de l'économie sociale et solidaire ; les traités de libre-échange CETA et TAFTA ; les mouvements de lutte zadistes (contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes et le laboratoire de Bure par exemple).

Prix et distinctions

Prix du journaliste scientifique de l’année 2025 Le journaliste de Reporterre Vincent Lucchese est lauréat 2025 du prix AJSPI du journaliste scientifique de l’année. Les articles soumis pour le prix sont : S’opposer aux NGT, les « nouveaux OGM », est-il antiscientifique ?, Forage des glaciers, rideaux sous l’océan : la géoingénierie polaire passe à l’offensive , Météo du futur : les nuages au cœur du changement climatique.

« Le jury a salué la qualité des articles, la clarté des explications, l’originalité des angles. Son travail explore les connaissances fondamentales sans oublier le contexte politique ou socio-économique dans lequel la science se fait, ou les intérêts privés derrière certaines promesses technologiques ».

Prix du journalisme environnemental 2025 La journaliste de Reporterre Hortense Chauvin a reçu le prix 2025 du journalisme environnemental de l’association des Journalistes-écrivains pour la Nature et l’Écologie (JNE) et de l’université Paris Dauphine-PSL.

L'article concerné est Elargir la Seine, ou la mise à mort d’une cathédrale du vivant, écrit pour Reporterre, « saluant ainsi la qualité de son écriture et de son enquête ».

Critiques et controverses Tribunes Soutien à l'anthroposophie En , Reporterre publie une tribune de soutien à l'anthroposophie, un mouvement largement décrié et classé par la Miviludes et l'Unadfi comme un présentant un risque de dérive sectaire.

La tribune a depuis été dépubliée par le média.

Désinformation sur les vaccins Le , l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi publie sur Reporterre une tribune intitulée : « Obligation vaccinale - la guerre est déclarée » s'opposant à l'augmentation annoncée du nombre de vaccins obligatoires en France et reprenant de nombreux arguments des mouvements anti-vaccins. La tribune est analysée par la rubrique Les Décodeurs du journal Le Monde qui constate de nombreux éléments et .. La députée reprend notamment la théorie complotiste affirmant qu'il existe un lien de causalité entre vaccination contre l'hépatite B et apparition de la sclérose en plaques. Elle affirme également que le nouveau calendrier vaccinal consiste en « pas moins de 76 immunisations avant l'âge de », chiffre largement surévalué selon le journal qui comptabilise seulement 10 injections représentant 31 doses vaccinales.

La tribune a depuis été dépubliée par le média.

Diffusion d'une fausse information En , dans le contexte du mouvement étudiant du printemps 2018, Reporterre publie. une information qui s'avérera par la suite être erronée sur un blessé grave lors de l'évacuation de la faculté de Tolbiac. Sur la base de plusieurs témoignages, le site publie un article, vite repris par d'autres médias, affirmant qu'un étudiant a été gravement blessé. et que ce fait a été caché par les autorités.. Après sa propre enquête, intégrant vérifications et démentis officiels, Reporterre conclut qu'aucun étudiant n'a été gravement blessé.. Le rédacteur en chef explique dans l'émission Les décodeurs de la RTBF les incertitudes initiales et comment la vérité a pu être établie..

Confusionnisme et complotisme En , L'Express critique Reporterre, dont plusieurs articles sont qualifiés de confusionnistes, voire de complotistes. Le de la même année, le média répond à ces allégations et dément avoir une approche conspirationniste.

Contributeurs L'équipe comprend, en 2025, 25 journalistes en CDI et une dizaine de pigistes réguliers, parmi lesquels : Marie Astier, journaliste Lorène Lavocat, journaliste Émilie Massemin, journaliste Alexandre-Reza Kokabi, journaliste Charles Dannaud, journaliste Vincent Lucchese, journaliste Emmanuel Clévenot, journaliste Erwan Manac'h, journaliste Moran Kerinec, journaliste Gaspard d'Allens, journaliste Hortense Chauvin, journaliste Justine Guitton-Boussion, journaliste Laury-Anne Cholez, journaliste Jeanne Cassard, journaliste Scandola Graziani, journaliste

Collection d'ouvrages Depuis 2014, Reporterre a développé une collection d'ouvrages en partenariat avec les éditions du Seuil. Une quinzaine de livres ont ainsi été co-édités : Grégoire Souchay et Marc Laimé, Sivens : le barrage de trop, Seuil/Reporterre, 2015. Gaspard d'Allens et Lucile Leclair, Les néo-paysans, Seuil/Reporterre, 2016. Marie Astier, Quel pain voulons-nous ?, Seuil/Reporterre, 2016. Tiffany Blandin, Un monde sans travail ?, Seuil/Reporterre, 2017. Gaspard d'Allens et Andrea Fuori, Bure, la bataille du nucléaire, Seuil/Reporterre, 2017. Élisabeth Schneiter, Les héros de l'environnement, Seuil/Reporterre, 2018. Christine Laurent, Mon jardin sans pétrole, Seuil/Reporterre, 2019. Gaspard d'Allens, Main basse sur nos forêts, Seuil/Reporterre, 2019, . Isabelle Attard, Comment je suis devenue anarchiste, Seuil/Reporterre, 2019, L'écologie au , ouvrage collectifAvec des contributions de Mathieu Amiech, Corinne Morel Darleux, Angélique Huguin, Jade Lindgaard, Claire Nouvian, Fatima Ouassak, Jon Palais, Alessandro Pignocchi, Pierre Rigaux, Juliette Rousseau, François Ruffin et Pablo Servigne. présenté par Hervé Kempf, Seuil/Reporterre, 2020, . Lucile Leclair, Pandémies, une production industrielle, Seuil/Reporterre, 2020, Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin, Pétrole, le déclin est proche, 2021, Lucile Leclair, Hold up sur la terre, 2022, 160 p. Fabien Benoît et Nicolas Celnik, Techno-luttes, enquête sur ceux qui résistent à la technologie, 2022, 224 p. Dorothée Moisan, Les Écoptimistes, remèdes à l’écoanxiété, 2023, 192 p. Multiples auteurs, Ils inventent un monde écologique, 2024, 112 p. Arthur Nazaret, Le prophète qui avait raison, 2024, 240 p. , Laure Noualhat, Le nucléaire va ruiner la France, 2025, 210 p.,

Notes et références

Annexes Articles connexes Écologisme

Liens externes

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