vignette|250px|page=4|redresse|Déclaration conjointe du département de la Sécurité intérieure (DHS) et du cabinet du directeur du renseignement national (DNI) sur la sécurité de l'élection.
Les ingérences de la Russie dans les élections américaines de 2016 sont rendues publiques dès par la communauté du renseignement des États-Unis, avant le vote des citoyens américains qui s'est déroulé en . En , le gouvernement américain accuse le gouvernement russe de s'être immiscé dans les élections présidentielles, donnant naissance à l'affaire du Russiagate et effectue à l'encontre de la Russie les représailles diplomatiques les plus importantes depuis la guerre froide.
Le , le cabinet du directeur du renseignement national (DNI), qui représente dix-sept services de renseignement, déclare dans une lettre commune avec le département de la Sécurité intérieure (DHS), que la Russie interfère dans l'élection présidentielle américaine de 2016. Le DNI et le DHS déclarent que la communauté du renseignement considère comme probable que la Russie ait commandité le piratage des ordinateurs du Comité national démocrate (DNC) et la publication de documents confidentiels. Selon le rapport, ces agissements auraient été menés dans le but de peser sur les résultats de l'élection présidentielle... La Russie nie son implication.
De hauts dirigeants ainsi que les services de renseignement américains ont déclaré considérer comme fiables les indices selon lesquels la Russie a aidé WikiLeaks à obtenir les courriels qui ont fuité de la DNC et du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, pour peser sur l'élection et faire élire Donald Trump. Un officiel américain a décrit comme consensuelles les conclusions des différentes agences., fondées sur un faisceau de preuves circonstancielles remontant à avant les élections. WikiLeaks dément que les documents du Parti démocrate qu'il a divulgués proviennent des Russes.
Par ailleurs, les soupçons d'ingérence portent également sur une offensive massive sur les réseaux sociaux à l'aide de « fermes de trolls » multipliant les comptes pour diffuser une propagande pro-Trump et discréditer Hillary Clinton, à travers fausses nouvelles et autres techniques.
En 2019, l'enquête du procureur spécial Robert Mueller confirme que l' mais indique que son enquête n’a pas recueilli de preuves suffisantes pour établir une entre la Russie et l'équipe de Donald Trump.
En 2022, l'existence d'ingérence russes dans les élections américaines est admise par Evgueni Prigojine, homme d'affaires russe proche de Vladimir Poutine et fondateur de l'Internet Research Agency et du Groupe Wagner.
Chronologie
: les responsables du parti démocrate découvrent des logiciels malveillants sur leurs ordinateurs. Ils font appel à la société de sécurité informatique CrowdStrike, qui détecte alors sur leur réseau informatique des traces laissées par deux groupes de hackers connus pour leurs liens avec le gouvernement russe.. : le parti démocrate reconnaît publiquement avoir été piraté et The Washington Post relaie que des hackers liés au pouvoir russe se sont infiltrés dans le réseau du Comité national démocrate (DNC).. : WikiLeaks publie une première série de courriels... : Robby Mook accuse le site WikiLeaks d’avoir révélé des documents « fournis par les Russes pour aider Donald Trump ».. Dès , la CIA avertit le président Barack Obama que les piratages du Parti démocrate ont été ordonnés par Vladimir Poutine dans le but de nuire à Hillary Clinton et d’aider Donald Trump.. : le patron de la CIA, John O. Brennan, avertit le patron du FSB, Alexandre Bortnikov. : Hillary Clinton dénonce Donald Trump comme le commanditaire du piratage informatique, déclarant : les 17 agences américaines de renseignement affirment que le piratage a été organisé à partir de la Russie. : troisième série d’e-mails publiée par Wikileaks.. : le Washington Post rapporte que l'agence du renseignement intérieur « a identifié des individus, ayant des connexions avec le gouvernement russe, qui ont transmis à WikiLeaks des milliers de courriels hackés du parti démocrate et du directeur de campagne d'Hillary Clinton.. » : le FBI et le département de la Sécurité intérieure (DHS) publient un document démontrant techniquement l’implication de la Russie dans les piratages des serveurs du Parti démocrate. : le FBI, la CIA et la NSA publient un rapport commun sur le piratage russe. Le , Reality Winner est arrêtée, soupçonnée d'avoir livré des informations sur la fuite à The Intercept.. Le , alors que Donald Trump nie toujours avoir été en contact avec les Russes pendant sa campagne électorale, son ancien avocat Michael Cohen avoue avoir menti au Congrès sur un projet immobilier en Russie qui impliquerait le conglomérat de Donald Trump...
Moyens Les trolls vignette|redresse|Vers la fin de l'année 2015, Adrian Chen remarque que des comptes pro-russes se mettent à soutenir Trump. vignette|Une de propagande russe est localisée à Saint-Pétersbourg. À partir de l'automne 2014, du New Yorker enquête durant six mois sur la propagande russe en ligne menée par une « usine à trolls »troll farm en anglais de basée à Saint-Pétersbourg fondée, selon les médias russes, par Evgueni Prigojine, oligarque russe allié de Poutine, et qui se fait appeler Internet Research Agency.. Le terme usine à trolls qualifie une entreprise de propagande qui contrôle de nombreux comptes utilisateurs en ligne dans le but de simuler des mouvements de masse.. Selon Adrian Chen, l'usage de trolls sur Internet est une tactique développée par le gouvernement russe depuis 2011, une époque où il tentait de contrer d'énormes manifestations anti-Poutine sur les médias sociaux (contestation des élections législatives russes de 2011). Adrian Chen recueille les témoignages de militants russes de l'opposition, qui estiment que la tactique gouvernementale vise à détruire la possibilité qu'internet devienne un espace démocratique, d'une part en le submergeant d'informations fausses semant la paranoïa, et d'autre part en créant une atmosphère haineuse et irrespirable repoussant les gens « normaux ». Vers la fin de l'année 2015, Adrian Chen observe sur les réseaux sociaux que des comptes russes de Internet Research Agency se mettent à soutenir Donald Trump lors de la campagne pour l'élection présidentielle américaine..
En , The Guardian signale que beaucoup des soutiens de Donald Trump les plus fervents sur Internet étaient en réalité des propagandistes russes salariés.. L'article estime à plusieurs milliers le nombre de trolls impliqués dans cette opération. Toujours en , BuzzFeed News affirme que « des trolls professionnels, soutenus par l'État russe, ont admis avoir créé et diffusé des articles de fausses nouvelles qui renforcent Trump et dénoncent Hillary ». L'entreprise de sécurité informatique FireEye (sous contrat avec le Parti démocrate) conclut que la Russie utilise les médias sociaux comme une arme en vue d'influencer l'élection américaine.
D'après Jeune Afrique, l'ingérence russe pendant les élections présidentielles a été une étape importante dans la massification sur internet de la propagande via des fake news. Selon le magazine, les trolls russes créaient des comptes appartenant à de faux américains, comme celui de Melvin Redick démasqué par le New York Times, dont la photo était celle d'un commerçant brésilien, et qui vilipendait sans cesse Hillary Clinton. Les trolls russes soutenaient que Hillary Clinton et les démocrates avaient une politique laxiste envers les islamistes : ils diffusaient par exemple une vidéo prétendant que l'état du Michigan autorisait les prestations sociales pour les musulmans ayant quatre femmes, ou bien encore une photo d'un vétéran américain SDF au visage défait tandis que légende de la photo déclarait que le parti démocrate désirait accueillir 620 000 réfugiés aux États-Unis. Jeune Afrique rapporte le résultat d'une étude américaine publiée en , selon laquelle « 64 % des Américains ont eu le sentiment que ces fake news avaient semé une grande confusion dans leur esprit pendant la campagne ». Les dirigeants de Facebook ont déclaré devant le Sénat américain que l'Internet Research Agency a partagé messages sur Facebook entre et , qui ont atteint 126 millions d'américainsLes messages ont atteint 29 millions de personnes, et ces personnes ont ensuite partagé le contenu avec d'autres personnes et donc des dizaines de millions de personnes supplémentaires ont été atteintes , soit plus de la moitié du corps électoral. Et selon les dirigeants de Twitter, plus de comptes automatisés et sous contrôle russe « ont publié 1,4 million de tweets relatifs à l’élection, vus 288 millions de fois entre le et le ».
Mathew Ingram du magazine Fortune, déclare que « relier des centaines de comptes Twitter à un dark Web d’agents contrôlés par les Russes, avec une liste de sites créée à la va-vite, ressemble plus à une théorie du complot qu’à une analyse scientifique du problème »..
De plus, Donald Trump était soutenu par la Trump's Troll Army., un groupe d'internautes favorables à Donald Trump, qu’ils appellent le Dieu-EmpereurLes trolls de 4chan sont persuadés d'avoir fait élire Donald Trump Slate du 17 novembre 2016, dans le but de le faire élire, en trollant Hillary Clinton, harcelant ses détracteurs, piratant des lignes téléphoniques utilisées par les Démocrates et créant de puissants mèmes, durant l'élection présidentielle américaine de 2016.
Selon le Washington Post, le site d'information et d'opinion de gauche CounterPunch a été victime d'un « fantassin de l'armée de trolls dirigée par le Kremlin », qui s'est infiltré parmi les rédacteurs en se présentant comme un journaliste indépendant débutant et a d'abord publié au moins 10 articles non politiques. Puis, à l'approche des élections présidentielles de 2016, le « troll » a peu à peu tenu un discours de mécontentement à l'encontre d'Hillary Clinton et a fait une publicité racoleuse pour WikiLeaks, considéré par les responsables américains comme un véhicule de l'influence russe sur les élections présidentielles américaines. Le Washington Post rapporte que le « troll » déclare notamment que l'on ne peut dénier l'authenticité des emails volés au parti démocrate, et que pourtant pratiquement personne n'en analyse le contenu qui met à nu Hillary Clinton.
Une enquête interne de Facebook a découvert que 470 comptes « vraisemblablement opérés à partir de la Russie » ont dépensé au total près de entre et pour publier 3000 annonces qui «portaient sur des sujets comme les droits des LGBT, les questions raciales ou le port d’armes». Le journal Le Monde indique que « l’impact réel de ces campagnes publicitaires reste cependant sujet à caution. Si les différentes publicités ont été « vues » par plusieurs millions d’Américains, selon les estimations de Facebook, leur budget estimé était de — une somme faible à l’échelle du pays ».
Les manipulations