L'hydroélectricité en Éthiopie joue un rôle primordial : non seulement elle fournit 96,5 % de l'électricité du pays en 2023, mais elle lui apporte des recettes croissantes grâce aux exportations d'électricité vers les pays voisins : 9 % de sa production en 2023.

L’Éthiopie est en 2024 le producteur africain d'hydroélectricité, avec 12 % du total africain, et cette production progresse rapidement grâce à la construction de nombreux barrages sur l'Omo et le Nil ainsi que leurs affluents tels que le Nil bleu et le Nil blanc et d'autres cours d'eau moins importants. Le projet le plus important est celui du barrage de la Renaissance (), qui suscite une vive opposition des pays situés en aval : Soudan et Égypte ; il a commencé à produire de l'électricité en 2022 grâce à la mise en service de deux unités de chacune, et deux autres ont commencé à produire en 2024. L’Éthiopie se situait au rang africain à la fin 2024 pour la puissance installée de ses centrales hydroélectriques, avec 12,7 % du total africain et 0,4 % du total mondial.

Potentiel hydroélectrique Le potentiel hydroélectrique exploitable de l’Éthiopie est considérable : l'Association internationale de l'hydroélectricité (IHA) l'évalue à , concentré pour l'essentiel sur les deux principaux cours d'eau : le Nil Bleu et l'Omo, qui descendent du haut plateau central 2016 Hydropower Status Report (Rapport 2016 sur l'état de l'hydroélectricité) (voir pages 26 et 49), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juillet 2016..

Production hydroélectrique Selon lInternational Hydropower Association, la production hydroélectrique éthiopienne s'est élevée à en 2024, soit 12 % du total africain et 0,4 % du total mondial, au rang africain, devant le Mozambique ()..

L'hydroélectricité a produit en 2023, soit 96,5 % de la production d'électricité du pays Energy Statistics Data Browser - Electricity generation by source, Ethiopia, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, consulté le 11 octobre 2025., dont , soit 9 % ont été exportés Energy Statistics Data Browser - Electricity imports vs. exports, Ethiopia, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, consulté le 11 octobre 2025..

+ Évolution de la production hydroélectrique de l'Éthiopie Année Production (Gwh) Variation (%) 1990 2000 2010 2011 +27 % 2012 +18 % 2013 +13 % 2014 +8,1 % 2015 +7,3 % 2016 +21,5 % 2017 +7,9 % 2018 +7,7 % 2019 +5,5 % 2020 +3,7 % 2021 -0,4 % 2022 +12,7 % 2023 +18,0 %

La production hydroélectrique s'est élevée à en 2022, soit 9,3 % du total africain et 0,3 % du total mondial, au rang africain, derrière la RDC () et la Zambie (), ex æquo avec l'Égypte et le Mozambique 2023 World Hydropower Outlook (pages 29, 49-55 et 69-70), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2023..

En 2021, les centrales hydroélectriques éthiopiennes produisaient 9,6 % du total africain, au rang africain, derrière le Mozambique et la Zambie 2022 Hydropower Status Report , Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2022.. En 2018, elles produisaient 7 % du total africain et 0,2 % du total mondial, au rang africain, derrière le Mozambique, la Zambie, l'Angola et l'Égypte 2019 Hydropower Status Report (pages 72 et 100), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), ..

Puissance installée La puissance installée des centrales hydroélectriques éthiopiennes s'élevait à à la fin 2024, soit 12,7 % du total africain et 0,4 % du total mondial ; l’Éthiopie se situe au rang africain, devant l'Angola (), l'Afrique du sud (), la République démocratique du Congo () et la Zambie (). En 2024, l’Éthiopie s'est classée au rang mondial pour la puissance des centrales mises en service dans l'année : , grâce en particulier à la mise en service des troisième et quatrième unités du Barrage de la Renaissance, ajoutant au réseau ; la construction de la centrale est proche de son achèvement, qui portera sa puissance à . Ethiopian Electric Power prépare trois autres projets majeurs avec l'aide de la Banque africaine de développement pour les études techniques : Genale Dawa 5 (), Geba étapes 1 et 2 () et Halelle Werabesa étapes 1 et 2 ().

En 2022, l'Éthiopie a mis en service deux turbines du Barrage de la Renaissance, soit ; la deuxième a commencé à produire en août. A son achèvement, il aura 13 turbines, soit .

Le Grand barrage de la renaissance éthiopienne, dont le remplissage a commencé en 2020 et devra durer 4 à 7 ans, sera la plus grande centrale hydroélectrique avec une puissance installée de ; il a commencé à produire de l'électricité en février 2022 grâce à la mise en service de deux unités de chacune.

En février 2020, la centrale Genale-Dawa III () a été mise en service dans le cadre du projet de développement à buts multiples du bassin de Genale Dawa 2021 Hydropower Status Report (pages 6-9, 34-37, 46-47), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), ..

La puissance installée s'élevait à à la fin 2018, soit 10,5 % du total africain et 0,3 % du total mondial ; l’Éthiopie se situait au rang africain, devant l'Afrique du sud (), l'Angola () et l'Égypte ().

Fin 2018, le Grand barrage de la renaissance éthiopienne () est aux deux-tiers achevé. Le chantier ne s'achèvera au mieux qu'en 2022, avec cinq ans de retard sur la date initialeOffres de médiation sur le barrage du Nil bleu, Les Échos, 24 octobre 2019..

Les nouvelles capacités entrées en service en 2015 ont été de , au rang mondial et au rang africain.

Politique énergétique L'Éthiopie s'est fixé l'objectif l'accession de tous ses citoyens à l'électricité en 2025 grâce au passage de sa puissance installée de à .

Principales centrales hydroélectriques thumb|Barrage de Koka, avant son achèvement en 1960.

Aménagement de la rivière Omo L'aménagement de la rivière Omo comprend déjà, en 2016, trois barrages en cascade, et plusieurs autres sont en construction ou en projet : La première centrale, celle du barrage de Gilgel Gibe I, d'une capacité de Les Afriques, « Éthiopie : Inauguration de Gilgel Gibe II de en septembre », 6 août 2009 a été mise en service en 2004. La centrale Gilgel Gibe II (), utilise les eaux issues de Gilgel Gibe I qui sont déviées vers la rivière Omo par un tunnel de pour exploiter une chute d'environ ; le maître d’œuvre italien Salini a commandé en à Voith Siemens Hydro pour (millions de dollars) quatre groupes turbine/générateur et autres équipements, dont la plupart ont été fabriqués au Brésil. La centrale a été mise en service en . Le barrage Gilgel Gibe III, la troisième chute équipée sur la rivière Omo et son affluent Gibe, est l'un des plus hauts du monde : , sa longueur est de . L'équipement hydro-mécanique a été financé à 85 % par Industrial and Commercial Bank of China (ICBC). L'aménagement inclut une ligne de transport à double circuit de pour évacuer la production annuelle d'environ vers le réseau. Cette ligne a été financée pour (millions de dollars) par l'''Export-Import Bank of China. La construction a commencé en et, du fait de l'éloignement du site, l'aménagement incluait un aéroport, un pont de , de nouvelles routes nationales, de routes sur site, plus une cité pour la main-d’œuvre. La première unité a été mise en service comme prévu en et la ligne de transport a été mise sous tension en . Après la mise en service des deux premiers groupes en 2015, les huit autres devraient démarrer en 2016. Le barrage de Koysha (anciennement Gilgel Gibe IV), d'une capacité de , est en construction depuis 2016, et doit être achevé dans les années 2020.

Aménagement du Nil Bleu thumb|Plan du barrage de la Renaissance, avec le barrage principal (main dam), le barrage secondaire (saddle dam) et le déversoir (spillway). En , EEPCo a commencé la construction du projet Grand Renaissance Dam (GRD), connu aussi comme le Grand Millennium Dam, financé principalement par le gouvernement éthiopien par l'émission d'obligation par la National Bank of Ethiopia. Le projet est situé sur le cours inférieur de la rivière Abay (Nil bleu) à environ de la frontière soudanaise. Le barrage principal sera haut de et long de avec un barrage secondaire haut de et long de long pour compléter la retenue du réservoir. La centrale de rive gauche sera équipée de groupes Harbin de et la centrale de rive droite de groupes Alstom de selon un contrat annoncé en . En , la Chine a accordé un prêt de au gouvernement éthiopien pour une ligne de transport à double circuit de longue de liant la centrale à Addis-Abeba. La majorité des fonds viendra de lExport-Import Bank of China''. Le barrage de la Grande Renaissance est une promesse de prospérité pour le pays, dont les besoins en électricité sont en hausse de 30 % par an. À terme, selon les autorités locales, il aura la capacité de produire et permettra au pays d'accroître ses exportations d'électricité vers ses voisins (Soudan, Djibouti, Kenya, Sud-Soudan et Yémen). Les revenus de l'exportation d'électricité qui résulteront des nouveaux projets hydrauliques sont estimés à (millions d'euros) par an à partir de 2017. Une manne qui aidera à réduire le déficit commercial éthiopien qui atteint 9 milliards de dollars, car le pays importe beaucoup. Le projet du barrage de la Grande Renaissance a été réalisé au tiers. Il faudra compter 5 à 7 ans, selon l'organisation « International Rivers » pour remplir le réservoir qui pourra contenir 70 milliards de mètres cubes d'eau. Commencé en 2011, il a été financé par le gouvernement et par le peuple éthiopien comme par la diaspora, qui a souscrit à des obligations « barrage ». Le coût total est évalué à 4,7 milliards de dollarsBarrage de la Grande Renaissance d’Éthiopie : l’Afrique qui gagne, Le Monde économique, 2016..

L'utilisation des eaux du Nil Bleu pour la production d'électricité et surtout pour l'irrigation est source de conflits avec les pays situés en aval : Soudan et Égypte, car le Nil Bleu fournit 59 % des eaux du Nil ; le président égyptien a même menacé l'Éthiopie de guerre lorsqu'elle a lancé les travaux du barrage de la Renaissance. Une étude publiée en 2010 montre pourtant, grâce à la simulation informatique d'un fonctionnement coordonné des réservoirs existants et en projet sur le Nil, qu'un tel fonctionnement pourrait avoir des effets bénéfiques pour l'ensemble des pays concernés en réduisant de (milliards de mètres cubes) l'évaporation sur le réservoir d'Assouan, en augmentant la production d'électricité de , en particulier grâce au stockage, et en étendant de 5,5 % les terres irriguées du SoudanOptimal operation of a multipurpose multireservoir system in the Eastern Nile River Basin, Hydrology and Earth System Sciences (HESS).. En , un accord a été signé entre l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie, portant sur la répartition de l'eau, et plus particulièrement le barrage de la RenaissanceL’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan trouvent un accord sur le partage des eaux du Nil, Le Monde, 23 mars 2015.. Par cet accord, l’Éthiopie s'engage à faire en sorte que le projet Renaissance ne diminuera pas de façon significative la disponibilité de l'eau en aval. L’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte ont choisi deux entreprises françaises pour mener des études d’impact du Grand barrage de la renaissance éthiopienne, à moins d’un an de la fin des travauxDes Français pour évaluer l’impact du futur plus grand barrage d’Afrique, Le Monde, 22 septembre 2016..