Timothée Adolphe, né le à Versailles, est un athlète handisport français polyvalent sur les épreuves de sprint d'athlétisme. Aux Jeux paralympiques de Tokyo, il est vice-champion du 100 mètres.

Vice-champion paralympique du 100 mètres et du 400 mètres, champion du monde du 400 mètres et vice-champion du monde du 100 mètres, il est détenteur du record du monde du 60 mètres et du record d'Europe du 200 mètres. Ancien détenteur du record d'Europe du 100 mètres, il concourt dans la catégorie T11 du fait de sa cécité. Il est surnommé le « guépard blanc ».

Il est entraîné par Arthémon Hatungimana de 2011 à 2022, puis par Dimitri Demonière. Il est guidé par Jeffrey Lami, Bruno Naprix, Dérick Ondée, Cedric Felip et Charles Renard.

Biographie Les années 2000

Né à Versailles (Yvelines) le , Timothée découvre l'athlétisme paralympique à l'âge de dix ans. C'est devant sa télévision, alors qu'il regarde une des courses d'Aladji Ba durant les jeux paralympiques d'été de 2000., qu'il prend conscience que le sport de haut niveau est accessible aux déficients visuels.

Il s'adresse alors au club de sa ville, Guyancourt (Yvelines), qui n'a aucune connaissance dans le handicap et dans le sport paralympique, mais qui émet le souhait que le jeune homme puisse pratiquer au même titre que les autres enfants.. Cependant l'aventure ne dure pas plus de trois ans à cause d'un déménagement sur Bois d'Arcy, où il ne retrouve pas de club prenant en charge un handisportif.

2005 - Début en torball

Lorsqu'en 2005 il arrive à Angers pour poursuivre ses études, il découvre un club d'athlétisme possédant une section d'athlétisme handisport. Après l'accord préalable du président du club, l'entraîneur déclare, en découvrant que Timothée Adolphe est très mal-voyant et qu'il a besoin de courir avec un guide, qu'il n'a . Atteint moralement, le jeune adolescent se tourne alors vers d'autres activités, le torball, d'une part, et la musique, d'autre part.

Il intègre en tant que remplaçant l'équipe de torball d'Angers qui évolue en D2. Lors de la saison 2006-2007, après la coupe de France, il gagne une place de titulaire. Lors de l'été 2008, il est présélectionné en Équipe de France mais cette dernière est supprimée quelques mois plus tard, décision due à l'annulation des subventions des sports non paralympiques. Il poursuit malgré tout, voulant faire monter son club en D1. Les performances de la saison ne sont pas à la hauteur des attentes, et malgré plusieurs tournois remportés alors qu'il endosse les rôles de joueur, capitaine et entraîneur, l'équipe ne brille pas en championnat. Il quitte son club en raison des relations tendues avec les dirigeants et une proposition de rejoindre Lisieux qui évolue en D1. Mais l'aventure normande prend fin quelques mois plus tard, et le transfert est donc annulé. Timothée retourne à Angers pour la saison 2009-2010, mais l'équipe, désormais en D3, échoue à une place de la montée en D2. C'est la dernière fois qu'il porte le maillot angevin et il signe alors à Paris. Lassé du monde du torball et dégoûté par la mentalité de sa nouvelle équipe, il quitte l'équipe en pleine saison.

2011 - Début en athlétisme

Il n'arrête pas pour autant le sport, puisqu'en début d'année 2011, il rencontre Arthémon Hatungimana, vice-champion du monde sur aux mondiaux d'athlétisme de 1995 de Göteborg. Ce dernier accepte de l'entraîner au sein du PUC. et de lui trouver un guide. Celui-ci est Thomas Imbert Morales, et le duo qu'il forme avec Timothée Adolphe remporte ses premières médailles aux championnats de France. Au bout de seulement deux mois d'entraînement, ils battent le record de France T11 du détenu par Aladji Ba en .

Présélectionnés pour les jeux paralympiques de 2012 à Londres, ils intensifient leur préparation et augmentent la charge d'entraînement. Mais la saison est parsemée de blessures, et si Timothée Adolphe réalise les minima IPC (Comité international paralympique), il ne sera pas retenu par la fédération. Sa saison se solde alors par une quatrième place au lors des championnats d'Europe de Stadskanaal aux Pays-Bas.

2013 - Première médaille internationale Sentant qu'il ne parvient plus à faire progresser son coéquipier, Thomas Imbert Morales préfère se retirer. Arthémon Hatungimana garde espoir de trouver un guide pour Timothée Adolphe qu'il continue d'entraîner. La préparation est donc adaptée jusqu'en novembre, où lors d'un meeting à Eaubonne, ils rencontrent Cedric Felip qui devient le nouveau guide.

Les regards changent vis-à-vis du licencié du PUC, il devient un candidat sérieux aux podiums nationaux et remporte plusieurs titres de champion de France avec son nouveau guide. La progression est flagrante : incapable de franchir la barrière des lors de la collaboration avec Thomas Imbert Morales, il franchit celle-ci dès sa première sortie avec Cedric Felip en réalisant lors du meeting test Event pour les championnats du monde à Lyon. Le binôme devient champion de France d'abord du en , puis du , partant pourtant au , en . Sur , c'est au meeting international de Montreuil qu'il termine pour la première fois sous les , course où il devance Trésor Makunda, son adversaire depuis plusieurs années, en établissant au passage son record sur en .

Le binôme fait alors partie de la délégation pour les championnats du monde de Lyon 2013. Associé à Felip, Adolphe termine à la cinquième place sur le en , après avoir battu son record en série (). Sur le , ll bat encore une fois son record avec un temps de dès les demi-finales. Finalement, il obtient une médaille de bronze sur cette distance. à la surprise générale en réalisant . C'est à l'issue de ces mondiaux que Timothée Adolphe est surnommé le « guépard blanc ». Son entraîneur, Arthémon Hatungimana, lui attribue celui-ci faisant référence à sa technique de course, sa finesse ( pour à l'époque), et sa couleur de peau : « Demain [la veille de la finale du 400 m], tu ne seras pas un lion, tu n'es pas assez costaud, mais tu seras le guépard blanc. ».

2014 - La confirmation européenne

Pour la préparation des , Timothée Adolphe et son entraîneur font appel à Dérick Ondée, athlète ayant une grande expérience du guidage pour soutenir Cedric Felip dans les séances, de manière que ce dernier puisse s'entraîner également de son côté.

La stratégie mise en place semble payante. Adolphe conserve ses deux titres de champion de France et continue d'améliorer ses performances, réalisant sur au meeting de Talence, sur lors de ce même meeting avec de vent, ce qui le prive d'un record d'Europe pour vent trop élevé. Le « guépard blanc » et son guide remportent à Swansea deux titres de champion d'Europe, sur en et sur en , ainsi qu'une médaille d'argent acquise avec le relais T11-T13. Il échoue toutefois dans sa tentative de réaliser un triplé individuel en raison d'une disqualification de la finale du sur faux-départ alors qu'il était favori après avoir abaissé son record du dès les séries en .

2015 - Doha et TGB s'agrandit La TGB (team du « guépard blanc ») s'agrandit pour la saison 2014-2015, année des championnats du monde de Doha 2015, avec l'arrivée dans un premier temps de Julien Curabet, puis celle de Gautier Simounet. C'est avec ce dernier que le « guépard blanc » fait tomber les records d'Europe T11 du en et du en , alors que celui du tenait depuis 1983.

C'est cependant Fadil Bellaabouss qui est appelé pour venir guider le « guépard blanc » sur lors des mondiaux. C'est la première fois qu'un athlète de haut niveau valide en activité devient guide. Le nouveau binôme voit sa préparation largement tronquée à cause d'une blessure de Timothée Adolphe survenue en entre les meetings de Grosseto et de Berlin, meeting sur lequel, malgré la douleur, il abaissera avec Gautier Simounet de nouveau le record d'Europe, établissant une nouvelle marque référence à . Les différents acteurs du corps médical ne parviennent pas à se mettre d'accord, les avis diffèrent, l'athlète souffre trop et ne peut plus s'entraîner.

Une solution est trouvée fin septembre après la rencontre avec Gilles Reboul et Cedric Lucas. C'est ainsi que le binôme français se rend au Qatar diminué mais pas moins déterminé.

Malgré tout, la progression chronométrique se poursuit, le binôme Adolphe/Bellaabouss faisant tomber le record d'Europe T11 du de Luis Boulido, réalisé en 1998 de , en signant dès les demi-finales.

En finale, après une polémique concernant l'arrivée de deux Brésiliens, les Français sont d'abord quatrièmes puis en bronze, quelques heures en argent avant d'être finalement en bronze de nouveau en .

Malgré tout, le guépard doit subir une intervention chirurgicale à son retour de Doha avant d'entamer les derniers mois de préparation pour les jeux paralympiques de Rio 2016.

2016 - Blessures récurrentes En 2016, le « guépard blanc » devient « chat noir ». En effet, il se blesse aux genoux lors d'un concours de longueur aux interclubs, jour où il abaisse encore une fois avec Gautier Simounet le record d'Europe du en . Son entraîneur, toujours Arthémon Hatungimana, va devoir adapter toute la fin de préparation pour pouvoir se rendre à Rio de Janeiro. À Grosseto, il remporte deux titres de champion d'Europe avec Gautier Simounet sur en et sur en , établissant au passage les records des championnats d'Europe. Mais il perd sa médaille d'argent dans une course T11/T12 sur après avoir été disqualifié à cause d'une petite poussette de son guide, Fadil Bellaabouss, sur la ligne d'arrivée alors qu'ils venaient d'abaisser le record d'Europe en battu quelques semaines plus tôt à Charléty lors des championnats de France en .

Lors des jeux paralympiques de Rio, Timothée Adolphe est associé à Jeffrey John sur , se blesse sérieusement à l'épaule en demi-finale dès sa sortie de starting-block.. Il décide d'aller au bout de la course qu'ils terminent en , éliminé au millième de seconde, après avoir abaissé le record d'Europe le matin même en série en . Il s'aligne malgré tout sur avec Fadil Bellaabouss et court strappé et remporte sa demi-finale alors qu'il est opposé au champion et recordman du monde Daniel Silva, mais une fois encore, le binôme ne voit pas la finale, car disqualifié à cause d'un appui sur la ligne intérieure du couloir..

2017 - La malédiction se poursuit Après avoir été opéré de l'épaule en , le « guépard blanc » décide de continuer sa carrière. Il signe son record sur avec Gautier Simounet dix jours après avoir remis les pointes au meeting de Bercy en . Gêné quelques semaines au tendon d'Achille, il remporte dans un surprenant grand écart aux France indoor à la fois le en et le en .

Jeffrey John retournant courir individuellement pour poursuivre sa carrière personnelle, il est remplacé par Jeffrey Lami au sein de la TGB.

La rentrée estivale initialement prévue sur à Talence le se voit repoussée, en effet les liens entre Timothée et Fadil Bellaabouss étant tendus depuis un long moment, ceux-ci sont rompus le lors d'une fin d'épreuve où le guide ne supporte pas d'être tracté par son athlète.

Jeffrey Lami étant blessé, la participation du au meeting de Maison Alfort est également annulée. Lors des championnats de France Interclubs à Saint-Florentin, Timothée Adolphe fait une première sortie remarquée avec Gautier Simounet. Effectivement, il signe un sur , chrono qui ne pourra pas être homologué comme nouveau record d'Europe, le vent étant légèrement trop favorable. Un peu plus tard dans la journée, il effectue le même chrono sur que la saison passée, à savoir . Sur , le chrono est anecdotique en , où le binôme Adolphe/Simounet ne visait que la première place.