Saint-Dié-des-Vosges (appelée Saint-Dié jusqu'en 1999, , en vosgien de la montagne ) est une commune française, chef-lieu du pays de la Déodatie et chef-lieu d’arrondissement du département des Vosges. Située dans la région historique et culturelle de Lorraine, la commune fait maintenant partie de la région administrative Grand Est. Ses habitants sont appelés les Déodatiens.
Chef-lieu d’un ban mérovingien sur un coude remarquable de la vallée de la Meurthe, la ville de Saint-Dié-des-Vosges s’est pérennisée par de prestigieux monastères et sanctuaires chrétiens, accueillant pèlerins et malades. Si au , l’église Saint-Dié, érigée en chapitre et ses chanoines essaient de fonder une ville autour de leur collégiale et commencent à l’entourer de murailles et de tours, c’est au siècle suivant que la ville basse-lorraine naît véritablement par une association entre le duc de Lorraine et la collégiale.
C’est à Saint-Dié, au sein du gymnase vosgien, que fut publié en 1507 le planisphère de Waldseemüller qui contient la première mention du mot « America » (francisé en Amérique), nom donné en l’honneur de l’explorateur Amerigo Vespucci, sur une carte intitulée « Universalis Cosmographia ».. C’est ainsi que la ville s’honore encore du titre de Marraine de l’Amérique.
Après l’incendie du au centre-ville, la grand’rue est reconstruite sous Stanislas, duc de Lorraine à titre viager. Un urbanisme français rectiligne promeut artères et pontsLes 4 fontaines du pont de la république., ainsi la rue Stanislas, la rue des Trois-Villes, le Grand Pont… La ville se développe avec la route des autorités françaises. Centre de subdélégation, elle rassemble administrations forestières, justices et surtout évêché érigé en 1777.
La commune a connu un essor industriel entre 1830 et 1890. Elle est connue pour sa braderie à la fin septembre, héritière de ses foires d’automne. Le Festival international de géographie a été fondé en 1989 par une association privée, présidée par le maire. Il s’agit de fêter début octobre la discipline « géographie » avec salons, conférences, manifestations et des prix de reconnaissance, en particulier le prix Vautrin-Lud couronnant une carrière de chercheur et des classements de participation à l’exposition des posters scientifiques.
La ville tient son nom du chrétien saint Dié, fondateur de ban et moine chorévêque de rite colombanien (de saint Colomban, moine irlandais), dénommé en latin , en français Déodat ou Dieudonné, abrégé par l’usage en Dié. La base latine persiste dans le gentilé. Longtemps dénommée Saint-DiéSaint Dié, Patron du Diocèse., la commune a pris officiellement son nom actuel de Saint-Dié-des-Vosges, parfois abrégé par l’acronyme SDDV, à compter du Publication au Journal officiel. Elle reprend une dénomination ancienne, notamment dans le plus ancien diplôme authentique portant le monogramme de Charlemagne, alors roi des Francs, signé le à Aix-la-Chapelle. Le monastère de Saint-Dié était alors mentionné à Saint-Dié « infra Vosgago Sylva » (soit dans une vallée de la forêt des Vosges), dans la charte aujourd'hui aux Archives Nationales de France, au Musée des Documents Français (cote AE2 pièce 36). Cette nouvelle dénomination de Saint-Dié-des-Vosges était couramment employée depuis le , notamment dans les guides touristiques et plus récemment, en janvier 1961, fut adoptée par l'historien local, Georges Baumont dans son ouvrage SAINT-DIÉ des Vosges, origines et développement. Pour motiver le changement, des arguments complémentaires insistent alors davantage sur les confusions fréquentes avec Saint-Dizier qu'avec Saint-Dier-d'Auvergne, le village de Saint-Dyé-sur-Loire ou la ville de Die.. L’ancien nom, plus court, est encore employé. On peut aussi faire remonter l'appellation du toponyme de Saint-Dié avec les Vosges, à la plus ancienne charte de Charlemagne, rédigée à Aix-la-Chapelle le , dans laquelle le toponyme de Saint-Dié en latin est suivi de la mention infra Vosago silva(ANF, K5, pièce )..
Géographie Localisation
La ville de Saint-Dié-des-Vosges se situe dans la vallée alluviale de la MeurtheLorraine transversale – ponts, canaux, écluses, vannes, barrages et autres biefs : Vanne de Pierre à Saint Dié.La Passerelle de la Vanne de Pierre., entre Sainte-Marguerite en amont et en aval Saint-Michel-sur-Meurthe en rive gauche, La Voivre en rive droite.
La ville s’est développée entre les jonctions de la Meurthe en amont avec la rivière de la Fave, venant de Remomeix et en aval, avec le Taintroué, ruisseau de la vallée de Taintrux passant par RougivilleListe des masses d'eau superficielles et des masses d'eau souterraine sur la commune..
Sur les premières collines de l’Ormont la commune jouxte Nayemont-les-Fosses puis, au-delà de la chaîne de l’Ormont, Ban-de-Sapt et Saint-Jean-d'Ormont et, encore plus à l’ouest, Denipaire et Hurbache.
Aux sommets de la Madeleine, elle rejoint la forêt de Mortagne.
Le Kemberg et ses abords sont partagés avec Taintrux et Saulcy-sur-Meurthe.
Communes limitrophes
Géologie et relief
vignette|Coupe géologique du massif de la Madeleine et de l'Ormont. vignette|Carte géologique du bassin de Saint-Dié-des-Vosges. La commune de Saint-Dié-des-Vosges, d’une superficie de plus de carrés, s’étend principalement sur un bassin géologique permien, composée en alternance de couches de grès rouges -rotliegende sandstein des anciens géologues allemands- et de nappes d'argiles avec parfois de fines couches de dolomie, exceptionnellement de la fluorine. Ce sont plus souvent des roches détritiques à base calcaire, caractéristiques d’une transgression qui se remarquentCes formations de concrétions souvent affleurantes sont communément appelées « la crasse » lorsqu'elles sont poreuses et friables sous le pied. Selon Marc Durand, géologue spécialiste des étages permo-triasiques, les transgressions sont plutôt des expansions momentanées de zones lacustres continentales. Mais ces eaux continentales, remplissant les failles et les profondes dépressions, possèdent des teneurs élevées en sels minéraux typiques de lac salé ou de mer intérieure, en milieu torride de très forte évaporation.. Les sommets au-delà d'altitudes variables suivant les massifs, de au nord-est à moins de au sud-ouest, appartiennent à l’époque triasique, c’est-à-dire au début de l’ère secondaire. La dépression est ainsi entourée de reliefs en grès rose chapeauté par du conglomérat sur l’Ormont et des couches compactes de grès bigarré, en haut des buttes massives du Kemberg au sud et de la Madeleine à l’ouest.
centre|450px|Panorama depuis la Roche Saint-Martin.
Espaces naturelsBiodiversité. : Deux espaces protégés Natura 2000 : Gîtes à chauves-souris autour de Saint-DiéGîtes à chauves-souris autour de Saint-Dié., Massif vosgienMassif vosgien. Cinq zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) : Massif vosgienMassif vosgien., Prairies de la Meurthe à Saint-Michel-sur-MeurthePrairies de la Meurthe à Saint-Michel-sur-MeurthePrairies de la Meurthe à Saint-Michel-sur-Meurthe., La Madeleine à Saint-Dié-des-Vosges et le Bois de la famille à TaintruxLa Madeleine à Saint-Dié-des-Vosges et le Bois de la famille à Taintrux., Vallée de la Meurthe de la source à NancyVallée de la Meurthe de la source à Nancy., Forêt domaniale de MortagneForêt domaniale de Mortagne..
vignette|center|redresse=3.5|Panorama vu des hauteurs du Kemberg. Au nord, derrière l’Ortimont et son sommet en grès vosgien à , une ligne de crête vers le nord-ouest d'abord plus basse surplombe un moutonnement de collines des couches permiennes entre Marzelay et Robache avant de s'élever sur le grès vosgien du Rittempierre culminant à et d'atteindre la roche des Corbeaux à . Ici, entre le col de la Crenée et le col du Bon Dieu est atteinte une ligne de crête différente et orientée en grès vosgien. À l'ouest s’évase la profonde cuvette du Bois de la Bure, formée en fer-à-cheval entre le Rittempierre et le petit plateau de la Bure se terminant par la Tête du Villé à , surplombant au sud la Pêcherie et à l'ouest le VilléL'entrée du camp de la Bure au nord-ouest est partagée avec la commune d’Hurbache.. Un massif plus haut à l’est, aux formes ramifiées et effilées s’oriente au-delà du col des Raids de Robache et de l'Ortimont, promontoire arrondi de d'altitude. C’est l’Ormont dont la partie occidentale s'étend massive et haute avant de s'échancrer entre le Haut des Molières vers , la Roche du Chapeau à et la Roche des Fées à , points de vue de plus en plus au sud et ouverts. L'Ormont occidental et ses prolongements vers les anciens hauts fermages forment le pittoresque versant de la vallée du Robache et barrent la vue au nord-est de la ville de Saint-Dié. Le territoire communal s’échelonne de en fond de vallée à d’altitude., le point culminant sur l’Ormont sur la roche du Sapin Sec en conglomérat.
La géologie du bassin permien ne permet nullement de comprendre à la fois les grandes cassures tectoniques qui orientent le relief depuis l'ère tertiaire, dans les grandes lignes soit parallèlement soit perpendiculairement au graben ou fossé d'effondrement alsacien. Le bassin de Saint-Dié est une zone de subsidence importante qui a attiré depuis le Permien les flux d'eau temporaires ou permanents. Ses zones basses sont surtout caractérisées aujourd'hui par les apports alluviaux de la Meurthe et de la Fave, actuellement rivières modestes, mais aux puissants flots il y a plus de huit mille ans pendant les phases ou saisons de déglaciation des hauteurs vosgiennes. Les matériaux fluvio-glaciaires charriés et délaissés en terrasses successives ont été accumulés sur des hauteurs impressionnantes avant d'être déblayés ou érodés, ainsi il en reste les reliques que sont le Haut d'Anould au-dessus de Richardville, le soubassement de l'habitat de la Roche des Fées, le dessus de la côte Callot menant sous le quartier de l'Orme, le haut de la côte de l'hôpital et du bois de Grattain culminant au-dessus de l'héliport de l'hôpital à d'altitude, soit au-dessus de la Meurthe actuelle en contrebas.
La forêt communale était encore dans les années 1950 une des plus grandes de FranceLe domaine forestier de Saint-Dié, Jean Gazin, Bulletin SPV, , 1957, .. Les sentiers balisés par le Club vosgien peuvent suivre les sommets aux roches sculptées par l’érosion à mi-pente ou rester sur la ligne de faîte. De nombreux points de vue sont accessibles. Un belvédère aménagé, notamment visible de la gare, est celui de la roche Saint-Martin au début du massif du Kemberg.
vignette|La Meurthe a vu se contraindre son capricieux parcours.
Hydrographie La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Meurthe, la Fave, le ruisseau le Taintroue, le ruisseau de Robache, la goutte Morelle, le ruisseau de Foucharupt, le ruisseau de Herbaville, le ruisseau de la Cense de Grandrupt, le ruisseau des Trois Scieries et le ruisseau du Bois de la Burre...
La Meurthe, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune du Valtin et se jette dans la Moselle à Pompey, après avoir traversé ..
La Fave, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Lubine et se jette dans la Meurthe sur la commune, après avoir traversé ..
Le Taintroué, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Saint-Léonard et se jette dans la Meurthe sur la commune, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Saint-Dié-des-Vosges.
La qualité des eaux des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat