Albert Ouzoulias, dit « colonel André », né le à Contrevoz et mort le à Créteil, est un militant communiste et résistant français.

Biographie Origine Albert Ouzoulias vient d'une famille originaire de Neuvic (Corrèze), installée dans l’Ain. Son père, sabotier, est tué pendant la Première Guerre mondiale. Avec son frère Marcel Ouzoulias, adopté par la Nation le , il fut placé en pensionnat à Palisse.

Débuts Albert Ouzoulias répond en 1932, sans appartenance politique, à l'appel d'Henri Barbusse, de Romain Rolland, de Heinrich Mann, Maxime Gorki, Albert Einstein et John Dos Passos pour le Congrès mondial d'Amsterdam contre la guerre.. Il s'installe en 1935 à Paris comme délégué national chargé de la propagande. vignette|gauche|Plaque au rue du Général-Niox( arrondissement de Paris). Il devint, en , employé au tri postal à la gare de Bourg-en-Bresse. Il adhère en 1933 au Parti communiste français (PCF), puis devient membre de la Jeunesse communiste en 1934 et en secrétaire du comité antifasciste de Virieu-le-Grand. Licencié des PTT, il devient manœuvre aux abattoirs de Bellegarde-sur-Valserine.

Seconde Guerre mondiale Albert Ouzoulias est muté au d’artillerie coloniale d’Agen au début de la Seconde Guerre mondiale, avant d'épouser le Cécile Romagon, secrétaire de l’Aube des Jeunes filles de France et future agent de liaison de la Résistance. Il rejoint alors son unité, avant d'être fait prisonnier le . Il est interné dans un stalag.

Albert Ouzoulias parvient ensuite à s'évader d'Autriche le Claude Pennetier, Marcel Rivollier, Charles Sowerwine, « Ouzoulias Albert, Georges, Raymond, Martial. Pseudonyme : Colonel André », sur Le Maitron, 30 novembre 2010, dernière modification le 6 septembre 2022., et prend la direction des Bataillons de la Jeunesse, groupes de combat créés par la Jeunesse communiste, le .

Il est alors secondé par Pierre Georges (le colonel Fabien). Ouzoulias est nommé commissaire politique adjoint à Eugène Hénaff fin 1941, alors que se constitue le premier Comité militaire national et que fusionnent l’Organisation spéciale (OS), les Bataillons de la jeunesse et des groupes spéciaux de la Main d'Œuvre Immigrée-MOI.

Charles Tillon unifie en les trois organisations d'obédience communiste (les Bataillons de la Jeunesse, l'Organisation spéciale et la Main d'Œuvre Immigrée-MOI) dans les Francs-tireurs et partisans (FTP), ouverts à tous les résistants.

Sous le pseudonyme de « colonel André », Albert Ouzoulias est nommé en commissaire militaire national, chargé des opérations. Avec Robert Deloche, il pousse Roger Belbéoch à infiltrer la policeRosa Moussaoui, « Roger Belbéoch, un juste dans la gueule du loup », L'Humanité, 18 janvier 2007.. Chargé fin par la direction du PCF de la coordination de l'action militaire en région parisienne, il rencontre alors régulièrement le colonel Henri Rol-Tanguy, responsable des FTPF de l’Île-de-France, et, dans la nuit du , est l’un des signataires de l’affiche appelant à l’insurrection générale. Albert Ouzoulias est reçu, avec la direction des FTP et des FFI, le par le général de Gaulle. Il organise le le départ pour l’Allemagne de la Brigade de Paris, placée sous le commandement du colonel Fabien, qui deviendra le d’infanterie, avant d'être chargé de l’intégration des unités de la Résistance dans l’armée.

Albert Ouzoulias est élu conseiller municipal de Paris (s'investissant notamment sur le sujet du logement) et conseiller général de la Seine après-guerre, tandis qu'il devient membre de la présidence collective de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance. Il est maire de la commune de Palisse (Corrèze) de 1971 jusqu'à son décès.

Famille Son fils, André Ouzoulias, est psychopédagogue et formateur d'enseignantsLuc Cédelle, « André Ouzoulias (1951-2014), psychopédagogue et formateur d'enseignants », Le Monde, 21 février 2014..

Son petit-fils, Pierre Ouzoulias, est lui-même un homme politique, membre du Parti communiste français. Conseiller départemental des Hauts-de-Seine, élu dans le canton de Bagneux, il devient sénateur en . Il est élu vice-président du Sénat lors du renouvellement de 2023.

Décorations

(1946)

(décret du )

Hommages Une plaque commémorative a été apposée le sur l’immeuble où a vécu Albert Ouzoulias, au 9 rue du Général-Niox, dans le . Depuis , une allée du bois de Boulogne, face au monument commémorant le massacre du 16 aout 1944, porte son nom« Une allée pour le « colonel André » dans le Bois de Boulogne (16e) », paris.fr, 11 décembre 2025..

Dans la fiction

Dans le docu-fiction La Résistance réalisé en 2007 par Félix Olivier, avec Tchéky Karyo comme récitant, son rôle est joué par Marc Sollogoub.

Œuvres La Vie héroïque du Colonel Fabien, Les Éditions sociales, 1945

Les Fils de la nuit, Grasset, 1975 ; rééd. Grasset, 1994

Notes et références

Liens externes

Albert Ouzoulias par Axel Porin (in DVD-ROM La Résistance en Île-de-France, AERI, 2004), museedelaresistanceenligne.org Albert Ouzoulias, une âme enchantée engagée dans la Résistance. La Croix, 24 aout 2024.

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