Le Welsh A (, , soit « poney gallois des montagnes » ou « poney des montagnes galloises ») est le plus petit et le plus léger des quatre types du poney gallois. Mentionné depuis l'époque romaine, c'est également le seul poney gallois qui vit encore à l'état semi-sauvage, et appartient donc aux races britanniques de poneys des montagnes et des landes. Au cours de sa longue histoire, il est présumé avoir reçu l'influence du Pur-sang et surtout celle de l'Arabe, notamment à travers les étalons fondateurs Merlin et Dyoll Starlight.

Poney de petite taille considéré comme élégant, le Welsh A présente un profil de tête concave, de petites oreilles pointues et une robe souvent grise. Réputé pour la qualité de son trot, il forme un excellent poney de selle et d'attelage, en particulier pour l'apprentissage des enfants à l'équitation. Souvent croisé avec d'autres races, le Welsh A est à l'origine de tous les poneys gallois ainsi que de nombreux poneys de sport. Toujours présent dans sa région d'origine à l'état sauvage, il a été largement exporté vers l'Europe continentale et l'Amérique du Nord.

Dénomination et sources Le nom originel de la race en anglais est Welsh Mountain Pony, ce qui se traduit en français par ou par . « Welsh » est en effet le mot en anglais qui désigne ce qui est gallois.

Il arrive fréquemment que le nom anglais de cette race soit utilisé dans des sources en français, ou bien avec un mélange de français et d'anglais (« Welsh Mountain Poney »). Le nom « Welsh Mountain » est aussi conservé dans des publications en allemand. Le registre généalogique du poney gallois (Welsh) est divisé en quatre sections identifiées par des lettres, la section A étant celle des poneys les plus petits..

Un ouvrage de référence a été publié en 1993 par le Wynnes Davies, un expert reconnu des poneys gallois, à propos de cette race : The Welsh Mountain Pony..

Histoire vignette|Poney Welsh A en liberté.|alt=Poney de couleur claire vu de loin dans un paysage de collines. Probable descendant du poney celte, le poney gallois est vraisemblablement présent dans les collines du pays de Galles avant l'arrivée des Romains, et vit dans ce biotope sur plusieurs siècles. Le journaliste autrichien Martin Haller estime que ses ancêtres sont arrivés depuis des régions orientales avec les Celtes, vers Les conditions climatiques et le terrain entraînent une sélection naturelle.

La présence de petits chevaux sur le territoire de l'actuel pays de Galles est mentionnée dès l'époque romaine. Une légende (présentée comme une vérité dans divers ouvrages de vulgarisation) voudrait que Jules César ait encouragé leur croisement avec le cheval oriental ou l'Arabe, en fondant un haras au lac Bala, dans le comté de Merioneth. La journaliste britannique Caroline Silver explique cette erreur par l'apparence du poney gallois et par une confusion dans la notion de cheval oriental, la race Arabe n'existant pas et n'étant pas mentionnée à l'époque romaine. Pour Haller, ce sont plutôt des chevaux berbères qui ont été introduits à cette époque. Quoi qu'il en soit, le poney gallois a été croisé avec l'Arabe au cours de son histoire, mais vraisemblablement bien plus tard qu'à l'époque romaine.

Une autre légende à son sujet fait intervenir deux juments arabes importées qui se seraient enfuies pour se mêler aux poneys gallois sauvages, d'autres sources évoquent des chevaux arabes ramenés après les croisades. La race a failli disparaître au , quand un édit du roi Henri VIII exige l'abattage de toutes les juments qui ne dépassent pas , au profit de l'élevage de chevaux de guerre. Les poneys réfugiés dans les montagnes galloises échappent à cet abattage. L'anthropologue Samantha Hurn souligne l'existence d'une légende locale faisant intervenir un étalon arabe relâché dans les montagnes galloises pour lui permettre d'échapper à ce décret d'abattage de Henri VIII, et dont les poneys gallois auraient hérité leur robe de couleur grise. Elle note aussi que, malgré l'influence du nationalisme gallois, l'origine arabe du poney gallois est acceptée localement comme une vérité qui ne remet pas en cause la gallitude (welshness) de ces poneys, cette origine arabe étant attribuée à la totalité des races de chevaux modernes.

Du au vignette|L'étalon Dyoll Starlight, fondateur de la race.|alt=Poney gris clair. Historiquement, ce poney est monté en équitation de travail, pour le gardiennage des moutons, et même mis au travail dans les mines. Les premiers écrits relatifs aux pratiques d'élevage chevalin du pays de Galles datent du . Le poney gallois est croisé au avec le Pur-sang et l'Arabe. Il descend notamment du chef de race Merlin, un petit Pur-sang du , lui-même descendant du Darley Arabian. Cependant, d'après Judith Dutson, l'influence de Merlin est surtout palpable chez le Welsh de section B, encore parfois appelé « Merlin ». Apricot, décrit comme un croisement entre un étalon Arabe-Barbe et une jument galloise, est un autre chef de race. Enfin, le véritable du poney gallois est l'étalon Dyoll StarlightVoir l'élément Wikidata de ., élevé par Meuric Lloyd et né en 1894 d'une mère d'origine arabe, nommée MoonlightVoir l'élément Wikidata de .. Cette dernière aurait pour père Crawshay Baily ArabVoir l'élément Wikidata de ., un étalon qui se serait reproduit avec des poneys gallois pendant les années 1850. Le fait que le père de Dyoll Starlight, Glassalt, soit castré en 1893, a donné naissance à une rumeur qui a fait de Dyoll Starlight le fils d'un étalon arabe.. La fille de Meuric Lloyd publie une lettre à destination de la presse pour mettre un terme à cette rumeur, affirmant que l'origine arabe de Dyoll Starlight provient de sa mère.

Il est possible que la race ait reçu aussi l'influence de chevaux cob, du Hackney et de l'Andalou.

En 1874, cette race de poneys est étudiée par les vétérinaires de Becon Cobbold et Mr Rees Lloyd, dans le cadre d'une due au parasitage par des vers..

Depuis le début du vignette|Welsh A de robe grise attelé à un buggy, lors d'un évènement privé.|alt=Poney gris qui trotte en tirant un véhicule hippomobile. La reconnaissance séparée de la race date de la fondation du registre généalogique en 1902, quand les poneys gallois sont séparés entre quatre sections : le Welsh A, le Welsh B, le Welsh C et le Welsh D. Le Welsh A, ou poney gallois des montagnes, est à l'origine des trois autres types du poney gallois (Welsh). À partir de cette création du stud-book, une sélection se met en place pour obtenir des poneys plus raffinés.

Dyoll Starlight devient le père de nombreux poneys britanniques de show réputés, dont Greylight, vendu en Australie pour la somme importante de .. L'influence de l'étalon Coed Coch GlyndwrVoir l'élément Wikidata de . (né en 1935), dont la mère est l'arrière-petite fille de Starlight, est également déterminante.

Cependant, les poneys semi-sauvages sont longtemps considérés comme n'ayant que peu de valeur. D'après Silver, en 1948, il est possible d'acheter un Welsh A non-débourré pour douze shillings. La montée en popularité de la race attire peu à peu de nombreux acheteurs européens pendant la capture annuelle des sujets semi-sauvages en vue de leur marquage et de la vente des individus surnuméraires, notamment durant les années 1970.

En 2006, le countryside council for Wales commande une étude sur l'état de conservation de la race, notamment en libre pâture.. Une autre étude sur les populations de ce poney, menée en 2012, permet de conclure que les populations semi-férales et férales du Welsh A constituent une race unique. Cependant, une étude plus approfondie est publiée en 2013 et conclut que la lignée de Carneddau, jusqu'alors incluse au Welsh A, constitue plutôt une race à part.. Le microbiome des populations semi-férales est étudié en 2018, avec en conclusion des niveaux élevés de variation intra-individuelles dans la composition de ce microbiome..

En , un éleveur important du Nord du pays de Galles décède subitement, la récupération de son troupeau de quarante poneys étant prise en charge par l'association World Horse Welfare..

Description vignette|gauche|Welsh A au trot.|alt=vue d'un poney gris au trot de profil.

De tous les poneys gallois, le Welsh de section A est à la fois le plus petit et le plus proche de la souche du poney celte d'origine. Il a cependant beaucoup évolué depuis ses origines, le poney actuel étant beaucoup plus raffiné que la souche rustique dont il est issu. Il appartient au groupe des poneys des montagnes et des landes des îles britanniques.

Taille et poids

Sa taille est obligatoirement inférieure à . Il n'est généralement pas beaucoup plus petit qu', cette valeur étant considérée par l'auteur anglais Nicola Jane Swinney comme sa taille moyenne. Parmi un échantillon de 37 Welsh A originaires de la Tchéquie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, une hauteur moyenne de a été déterminée.

Le poids médian de ce poney est de .

Morphologie

Le type est médioligne. L'apparence du Welsh A est très distinctive, caractérisée par une perception de beauté et de raffinement. Son modèle s'éloigne radicalement du stéréotype du poney lourd. Il est souvent qualifié de en raison de son apparence distinguée et de sa ressemblance évidente avec l'Arabe. L'autrice tchèque Helena Kholová le considère comme le poney gallois le mieux conformé parmi les quatre types existants. Il est souvent considéré comme le plus beau de tous les poneys d'origine britannique, voire comme le plus beau poney du monde.

Tête La tête est de profil rectiligne ou légèrement concave. Le profil de tête concave est un héritage des croisements avec l'Arabe, l'apparence de la tête rappelant celle de cette dernière race. Le front est large, la joue bien dessinée et le museau fin. La forme de ce dernier doit toujours être concave, une forme convexe ou rectiligne étant un critère disqualifiant. Les naseaux sont larges et proéminents.

La tête est petite et dotée de grands yeux expressifs, surmontée de petites oreilles pointues. L'apparence des oreilles est un critère essentiel dans l'identification de la race. La tête est bien attachée à l'encolure.

Corps et arrière-main L'encolure est relativement longue, légèrement incurvée, bien attachée et bien sortie, recouverte d'une crinière flottante.

Le garrot est bien défini et sorti. La poitrine est large et profonde. L'épaule est longue, inclinée et bien marquée. La forme de l'épaule et son inclinaison sont particulièrement surveillés parce qu'elles déterminent la capacité d'allongement des allures.

Le dos est droit et court, musclé et solide, la ligne dorso-lombaire droite. Le passage de sangle est profond. La cage thoracique est arrondie et le corps compact. L'arrière-main est solide, longue et fine, les reins sont courts, larges et puissants. La croupe est légèrement inclinée, avec une queue attachée haut.

Membres Les jambes sont droites, minces et dures. Elles disposent de solides articulations. Les avant-bras sont longs et les canons courts. L'humérus est droit. Le paturon est de longueur moyenne. Les sabots sont ronds et solides.

Robes vignette|Tête d'un Welsh A de robe alezan.|alt=Tête d'un poney roux avec une grande marque blanche

Les robes les plus communes sont le gris, l'alezan, le bai et le bai-brun, mais toutes les couleurs sont autorisées, sauf le pie et le tacheté. Le gris est la couleur de robe la plus fréquente, avant l'alezan. Cette fréquence est notamment due aux étalons fondateurs Dyoll Starlight, Coed Coch Glyndwr et Clan Pip, qui ont largement répandu le gène du gris parmi la race.. La plupart des experts estiment que c'est Dyoll Starlight qui est responsable de l'introduction du gène Gris parmi la race, les poneys gallois étant à cette époque habituellement bais, bai-bruns, noirs ou porteurs du gène Dun.

Le noir est possible, comme l'illustre le chef de race GlassaltVoir l'élément Wikidata de ., père de Dyoll Starlight, dont le père Flower of WalesVoir l'élément Wikidata de . était gris.