Le secteur de l'énergie en Irak est vital pour le pays : le pétrole fournissait en 2016 la moitié du PIB irakien et 90 % des recettes publiques.

Les réserves prouvées de pétrole de l'Irak sont classées en 2022 au mondial, représentant 7,8 % des réserves mondiales. Dix ans après le renversement de Saddam Hussein, la production a dépassé en 2016 son record historique de 1990 ; en 2024, elle se classe au mondial (4,7 % de la production mondiale). Ses exportations ont dépassé en 2016 leur niveau atteint avant l'invasion du Koweït en 1991 ; en 2024, elles se classent au mondial avec 8,3 % des exportations mondiales, derrière l'Arabie Saoudite, la Russie et le Canada.

Les réserves de gaz naturel de l'Irak sont plus modestes : elles se classent au mondial avec 1,8 % des réserves mondiales. La production progresse, mais ne représente encore que 0,3 % de la production mondiale en 2024 ; elle couvre 60 % de la consommation du pays.

Malgré ces progrès, l'Irak souffre encore de graves pénuries d'électricité ; une large part du gaz naturel associé au pétrole extrait des champs pétroliers supergéants du sud est encore torché et les centrales utilisent encore massivement le pétrole brut comme combustible : 46,7 % de la production d'électricité en 2023 (62 % en 2017) contre 52,3 % de gaz naturel et 1 % d'hydroélectricité. De plus, 4,5 % des besoins d'électricité ont été importés d'Iran et de Turquie. L'électricité couvre 17,4 % de la consommation finale d'énergie en 2023, taux probablement sous-estimé du fait des vols d'électricité.

Les émissions de liées à l'énergie par habitant de l'Irak était en 2023 inférieures de 4 % à la moyenne mondiale et de 49 % à celles de l'Iran, mais supérieure de 8 % à celle de la France. Les émissions de dues au torchage du gaz naturel sont estimées à 10,9 % du total mondial en 2024, au mondial derrière la Russie (18,0 %) et l'Iran (13,0 %).

Ressources en énergie primaire La production d'énergie primaire de l'Irak en 2023 s'élevait à (Pétajoules), répartis en 96,2 % de pétrole, 3,7 % de gaz naturel, 0,05 % d'hydroélectricité, 0,02 % de biomasse et 0,002 % de solaire.

Pétrole Le pétrole fournit en 2016 la moitié du PIB de l'Irak et 90 % des recettes publiques.

Classements internationaux Dans les classements de l'Energy Institute, l'Irak apparait comme : mondial de pétrole en 2024 (4,7 % du total mondial), derrière les États-Unis (18,9 %), la Russie (11,6 %), l'Arabie saoudite (11,2 %), le Canada (6,4 %) et l'Iran (5,2 %)22 ; net mondial de pétrole brut (8,3 % du total mondial), derrière l'Arabie saoudite, la Russie et le Canada33.

L'Irak était en 2015 le second producteur de brut de l'OPEP après l'Arabie saoudite et ses réserves prouvées sont au mondial Country analysis : Iraq, U.S. Energy Information Administration, 28 avril 2016..

Réserves de pétrole

Les réserves prouvées de pétrole de l'Irak étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de tonnes) fin 2022, soit 7,8 % du total mondial, au mondial derrière le Vénézuela (18,7 %), l'Arabie saoudite (15,3 %), l'Iran (11,2 %) et le Canada (10,2 %)80. Elles représentaient 89 années de production au rythme de 2022 : 81. Elles ont été réévaluées en hausse de 1,3 % depuis 2010 Kurzstudie Reserven, Ressourcen und Verfügbarkeit von Energierohstoffen 2011 (pages 43, 53, 61, 69), Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR), 8 décembre 2011.. Les ressources supplémentaires, non encore prouvées, sont estimées à , dont de pétrole conventionnel et de pétrole de schiste79.

Les gisements irakiens sont tous terrestres (onshore), situés dans la région chiite du sud et dans la région kurde du nord ; la minorité sunnite n'a que peu de ressources pétrolières ; cinq gisements « supergéants » (> ), situés au sud, totalisent 60 % des réserves prouvés du pays, et 17 % sont dans le nord, près de Kirkouk, Mossoul et Khanaqin ; les plus grands gisements, ceux du sud, ont des coûts d'extraction assez bas grâce à leur géologie peu compliquée, à leur taille « supergéante », à la faible densité de population, à l'absence de relief et à la proximité des ports côtiers.

Le gisement pétrolier de Kirkouk, situé près de Kirkouk dans le Kurdistan irakien, découvert le , a été le plus grand gisement mondial jusqu'à la découverte de Ghawar en Arabie saoudite en 1948. Sa notoriété historique provient aussi du « feu éternel » situé au centre du gisement, à Baba Gurgur, déjà décrit en leur temps par Hérodote et Plutarque.

Le gisement de Rumaila, situé à la frontière du Koweït, est l'un des principaux gisements irakiens. Son caractère transfrontalier a été à l'origine de contestations : l'Irak accusa le Koweït de forer dans ses réserves, ce qui fut l'une des causes de la deuxième guerre du Golfe.

Production de pétrole

En 2024, selon l'Energy Institute, l'Irak a produit (millions de barils par jour)21, soit (millions de tonnes) de pétrole, en hausse de 0,9 % par rapport à 2023 et de 36 % depuis 2014. Elle se classe au mondial avec 4,7 % de la production mondiale, derrière les États-Unis (18,9 %), la Russie (11,6 %), l'Arabie saoudite (11,2 %), le Canada (6,4 %) et l'Iran (5,2 %), et devant la Chine (, 4,7 %) et le Brésil (4,0 %)22.

Dix ans après le renversement de Saddam Hussein, la production a dépassé son record historique de 1990 grâce aux prospections de firmes occidentales, russes et asiatiques dans le Sud. Elle a atteint (millions de barils par jour) en moyenne en 2016, au quatrième rang mondial derrière les États-Unis, la Russie et l'Arabie saoudite, avec des exportations records de en , alors que la production ne dépassait pas avant l'invasion de 2003 et même avant l'invasion du Koweït en 1991Dix ans après Saddam, l’Irak redevient un géant du pétrole, 29 décembre 2016..

L'Irak re-développe ses ressources pétrolières après des années de sanctions et de guerres : la production de brut a progressé de en 2011 à près de en 2015, dont dans le sud et au Kurdistan, sous le contrôle du gouvernement semi-autonome kurde. La progression la plus forte a été acquise en 2015 : +.

L'État islamique a conquis en avril 2014 plusieurs petits champs pétroliers dans le nord, dont ceux d'Ajeel, Hamrin, Qayara, Balad, Ain Zalah, Batma et Najma, mais a perdu le contrôle de plusieurs de ces champs à la suite des frappes aériennes américaines à partir d', en particulier celui d'Ajeel () qui a été brièvement l'une des principales ressources de Daesh, mais a été bombardé en .

Le gouvernement irakien, qui entend pratiquement doubler la production d'ici à 2027, à 8 millions de barils, signe le 5 septembre 2021 avec TotalEnergies une série de contrats dans le secteur de l'énergie : TotalEnergies prévoit d'investir au total quelque 10 milliards de dollars pour la construction d'une centrale électrique photovoltaïque d'un gigawatt, d'une usine de traitement de l'eau de mer qui sera injectée dans les puits de pétrole afin de maintenir la pression dans le sous-sol et faciliter l'extraction, d'équipements de récupération du gaz qui est associé à la production de trois champs pétroliers, le traiter et l'acheminer afin d'alimenter les centrales électriques du sud du pays, permettant de produire trois gigawatts, et d'optimiser le rendement d'un champ pétrolier et gazier en construisant de nouvelles capacitésPourquoi Total mise 10 milliards sur l'Irak, Les Échos, 7 septembre 2021.. Après diverses vicissitudes, un accord est finalement trouvé en avril 2023 sur son application : Basrah Oil Company, propriété de l'État, prendra 30 % de l'ensemble, TotalEnergies conservant 45 % et QatarEnergy aura 25 %. La production du champ pétrolier d'Artawi, dans le sud du pays, sera portée de actuellement à . L'entreprise saoudienne ACWA participera à la construction de la centrale solaire qui alimentera le réseau électrique de la région de BassorahTotalEnergies trouve enfin un accord avec l'Etat irakien pour son méga-contrat, Les Échos, 5 avril 2023..

La production de pétrole du pays a atteint en 2022, alors elle ne dépassait guère les sous Saddam Hussein. Le pétrole produit plus de 60 % des richesses du pays. Le gouvernement veut faire passer les capacités de production de à en 2027. Les deux tiers de la production et 34 % des réserves irakiennes seraient désormais sous contrôle chinois, selon S&P Global, et 35 % du brut irakien est exporté vers la ChinePétrole : l'Irak lancé dans une course aux barils incertaine, Les Échos, 28 mars 2024..

Consommation de pétrole En 2024, l'Irak a consommé (millions de barils par jour)26, soit (exajoules) de pétrole, en progression de 2,3 % en 2024 et de 34 % depuis 2014. Il représente 1,0 % de la consommation mondiale27. Sa consommation absorbe seulement 21 % de sa production.

Exportations de pétrole

En 2024, l'Irak a exporté (millions de tonnes) de pétrole brut et de produits pétroliers, et importé de produits pétroliers. Il se classe au mondial des exportateurs de brut avec 8,3 % du total mondial, derrière l'Arabie saoudite (), la Russie () et le Canada ()33. Ses exportations de brut sont destinées surtout à la Chine pour 35,5 %, à l'Inde pour 27,9 %, à l'Europe pour 21,3 %, aux États-Unis pour 5,5 %, à divers pays d'Asie pour 9,5 %34.

En 2023, l'Irak a exporté de pétrole brut, soit 74,3 % de sa production.

Les exportations se font surtout par les ports de Bassorah et Khor al-Amaya sur le golfe Persique, dont les capacités ont été accrues en 2015 et 2016. La plupart des oléoducs du nord ont été endommagés par le conflit en cours, en particulier l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan qui a cessé de fonctionner en ; le gouvernement du Kurdistan et ses partenaires internationaux ont installé deux oléoducs raccordés à l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan pour exporter vers la Turquie.

L'agence étatique State Oil Marketing Organization, rattachée au ministère du Pétrole de l'Irak, est chargé de la commercialisation du pétrole irakien.

Trois oléoducs se sont succédé pour l'acheminement du pétrole irakien vers l'Occident : L'oléoduc de Mossoul à Haïfa a fonctionné de 1935 à 1948. L'oléoduc Kirkouk-Baniyas, reliant sur le gisement pétrolier de Kirkouk au port de Baniyas en Syrie, a été ouvert en 1952 ; il a été fermé en 1976 à la suite d'un désaccord sur le tarif du transit entre les régimes baasistes d'Irak et de Syrie"La presse dénonce la mise en service de l'oléoduc Irak-Turquie", Le Monde, 11 juin 1977. Rouvert entre 1978 et 1981, puis de nouveau fermé pendant la guerre Iran-Irak et encore rouvert après 1990 pour la consommation syrienne, il est mis hors service par les bombardements américains en 2003 pendant la guerre d'Irak. En , l'Irak et la Syrie s'entendent pour le reconstruire avec l'aide d'une filiale du groupe russe Gazprom, mais ce contrat est annulé en 2009. L'oléoduc Kirkouk-Ceyhan relie sur Kirkouk à Ceyhan en Turquie. Il a été mis en service en 1977 pour remplacer l'oléoduc Kirkouk-Baniyas.

Raffineries La capacité nominale des raffineries irakiennes dépasse , mais nombre d'entre elles ont une capacité réduite par les dégâts de la guerre ou par manque d'entretien ; depuis l'attaque de l'État islamique en , qui a gravement endommagé la raffinerie de Baïji, la plus grande du pays avec une capacité nominale de , la capacité effective totale est inférieure à . La plupart des seize raffineries irakiennes ont une capacité inférieure ou égale à ; les plus grandes, après la raffinerie de Baïji, sont celles de Daura ( de capacité nominale, de capacité effective), celle de Bassorah ( de capacité nominale, de capacité effective) et celle de Kalak près d'Erbil dans le Kurdistan (, projet d'extension de ( pour 2018).