Alphonse Dugenne, né le à Pau et mort le au Tonkin, est un colonel de l'armée française.
Il est connu pour avoir été à la tête d'un bataillon lors de l'embuscade de Bac Le au cours de l'expédition du Tonkin. Il obtient les décorations d'officier et chevalier de la Légion d'honneur.
Biographie Alphonse-Jules-Alexandre Dugenne est né le , dans le département des Basses-Pyrénées, fils d'Alexandre-Louis Dugenne, le rédacteur du Mémorial des Pyrénées, et arrière-petit-fils d'Elie-François Dugenne.
Il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1859 et commence une carrière militaire.
Successivement nommé caporal en , sous-lieutenant en au Régiment Étranger, lieutenant en , il passe au au Régiment d'Infanterie de Ligne. Capitaine en , il sert à partir du au Régiment d'Infanterie de Marche et devient le chef de bataillon hors cadre. Garde mobile de la Haute-Loire, il passe le au Régiment Provisoire et est mis en non activité par suppression d'emploi le . Nommé le capitaine, il sert à partir du au Régiment d'Infanterie de Ligne puis à partir du en régiment étranger. Chef de bataillon () au Régiment d'Infanterie, il passe le au Régiment de Zouaves et est nommé le chef de bataillon du Bataillon de Chasseurs à Pied.
Nommé le au Bataillon d'Infanterie Légère d'Afrique, Dugenne arrive au Tonkin en 1884, à la tête du bataillon d'infanterie légère d'Afrique. Au début de juin, il fait éprouver des pertes sanglantes aux bandes de pirates autour du Dong Trien. Il reçoit quatre blessures à Hong-Hoa. Il devient le lieutenant-colonel au Régiment d'Infanterie puis le au Régiment d'Infanterie et le au Régiment d'Infanterie. Le , il sert au Régiment d'Infanterie puis le est nommé colonel au Régiment d'Infanterie puis au Régiment d'Infanterie.
Il meurt en colonne, de la rupture d'un anévrisme, à quelques kilomètres au nord de Tin-Dao sur le territoire de Monkay le . Il est enterré à Phu Lang Thuong.
Embuscade de Bac-Lé en juin 1884 gauche|vignette|Embuscade de Bac Lé. Le bras en écharpe, le , à la tête d'une colonne de 800 hommes de troupes européennes, Dugenne se dirige sur Langson qu'il a ordre d'occuper d'après la Convention de Tien-tsin du .
Il trouve à Bac Lé plusieurs milliers de Chinois qui s'opposent à son passage. Leur chef adresse un parlementaire porteur d'une lettre annonçant que n'ayant pas d'ordre, il demande que le commandant de la colonne française lui en fasse donner par Pékin.
À l'heure dite, il traverse le Song Thuong. Il est reçu sur la rive opposée par une grêle de balles chinoises. Obligé de battre en retraite, il appelle le capitaine Maillard : « Tu vas, avec tes hommes, te tenir à l'arrière-garde. Tu ne me rejoindras que dans deux heures. » À 4 heures, Maillard rejoignit le gros qui avait repassé le fleuve et campait sur la rive droite, ramenant un tiers de ses hommes. Ce fut le combat de Hoa-Hoc.
La nuit venue, sur une table improvisée, à la clarté d'une lanterne, sous une grêle de balles chinoises, Dugenne rédige une dépêche au général en chef ; la dépêche terminée et le repas pris, le colonel prend la lanterne et la pose sous son siège en disant : « Il y a assez longtemps, brigands, que vous tirez à la tête, tirez donc au maintenant. »
Ce fut le lieutenant d'infanterie de marine Bailly, chargé de la télégraphie optique, qui fut chargé d'essayer, d'une colline de la rive gauche, de prévenir Hanoï de la situation de la colonne. Mais la lumière a attiré l'attention des Chinois qui font pleuvoir une grêle de balles sur la colline. Mais des feux de salve leur font croire qu'elle est occupée par des forces importantes ; ils n'attaquent point, ce qui permit aux audacieux volontaires de regagner sains et saufs le gros de la colonne, laquelle put continuer sa retraite sans trop être inquiétée. Elle arriva à Cau-son le .
Les dernières années 1885-1887 Rappelé en France en septembre. Il est envoyé à Formose au commencement de 1885 et revint au Tonkin.
Nommé colonel en , il commandait le régiment de marche de la Légion étrangère et le cercle de la région militaire. Il rentra en France en , passant son commandement au commandant Diguet.
Revenu au Tonkin après un court séjour en France, il mourut lors d'une colonne d'opérations entre le Song Thuong et le Song Cau contre le caï Kinh le .
Son nom dans la région était redoutable aux bandes d'irréguliers chinois et de rebelles annamites.
Distinctions
. Il est fait officier par le général François de Négrier le .
Notes et références
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