Ornans est une commune française située dans le département du Doubs, en Franche-Comté, dans la région administrative Bourgogne-Franche-Comté. Elle est le chef-lieu du canton d'Ornans et le siège de la communauté de communes Loue-Lison. Au dernier recensement de 2018, elle comptait appelés Ornanais. La commune nouvelle créée le est issue de la fusion de deux communes : l'ancienne commune d'Ornans et Bonnevaux-le-PrieuréArrêté préfectoral du 6 novembre 2015.

Ornans est un centre culturel et touristique situé au cœur du premier plateau du massif du Jura, dans la vallée de la Loue. La ville offre aux touristes une large gamme d'activités en plein air grâce à la présence de la rivière et des falaises environnantes, permettant la pratique des sports en eaux vives, de la pêche, de la randonnée, de l'escalade et du cyclisme. Ville natale du peintre Gustave Courbet à qui elle a inspiré de nombreux tableaux dont le célèbre Un enterrement à Ornans, elle abrite un musée consacré à l'homme et à ses œuvres qui accueille des dizaines de milliers de visiteurs chaque année. La ville bénéficie également d'un patrimoine riche avec douze monuments historiques inscrits ou classés, de nombreux hôtels particuliers et ses maisons dont les façades baignées par la rivière lui valent le surnom de « petite Venise comtoise ».

La ville d'Ornans est également un pôle économique d'importance régionale, notamment du fait de la présence d'un site industriel du groupe Alstom Transport spécialisé dans la construction de moteurs pour le transport ferroviaire (dont le TGV) et les bus de ville et de l'entreprise Guillin Emballages.

Géographie Situation La commune d'Ornans est située en Franche-Comté, au centre du département du Doubs, à à vol d'oiseau au sud-est de Besançon. et à à vol d'oiseau au nord-ouest de Pontarlier..

Communes limitrophes

Géologie, relief et hydrographie Ornans se trouve au centre d'un plateau du massif du Jura auquel il a donné son nom, le plateau d'Ornans. Un mince faisceau, le pli-faille de Mamirolle, sépare en deux ce plateau : le sous-plateau de Saône-Bouclans () et celui d'Ornans-Vercel-Sancey (Au Belmont à l'est de Pierrefontaine-les-varans).

Le plateau d'Ornans est un plateau calcaire de moyenne montagne de type karstique couvrant . L'altitude minimale de la commune est de à l'endroit où la Loue quitte le territoire communal et l'altitude maximale est de à la limite sud-est de la commune. Le principal cours d'eau qui traverse la commune est la Loue, rivière de qui a creusé la vallée au fond de laquelle se trouve la ville. De multiples cours d'eau s'écoulent sur le territoire communal des hauteurs du plateau vers le fond de la vallée pour se jeter dans la Loue : d'amont en aval, il s'agit du ruisseau de Cornebouche (). ; le Ruisseau de l'Eugney (). et ses deux affluents que sont le ruisseau de Vau Narbey (). et le ruisseau de Nuet (). ; le ruisseau de Désillot (). ; le ruisseau de Bonneille. () et son affluent le ruisseau de Bonnecreau. ().

vignette|redresse=3|center|Vue générale de la ville depuis le rocher d'Ully

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Éternoz à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communications et transports vignette|Nouvelle voie urbaine en construction en décembre 2016. vignette|L'ancien viaduc de Mambouc réaménagé en voie urbaine. La ville d'Ornans est desservie par un axe routier principal, la route départementale 67, ancienne route nationale déclassée en 1973 au profit de la route nationale 57 qui rejoint depuis lors Besançon à la Suisse via Pontarlier en évitant le tracé sinueux de la vallée de la Loue. Le trajet par la route entre le centre d'Ornans et l'entrée de Besançon est long de et s'effectue en . Les accès autoroutiers les plus proches sont les sorties et de l'A36, situées toutes deux à environ au nord-ouest d'Ornans.

Depuis le , afin de désengorger le centre-ville, une nouvelle voie urbaine de sur 6 mètres de large a été aménagée sur la plateforme de l'ancienne ligne de L'Hôpital-du-Grosbois à Lods en réhabilitant et élargissant le viaduc de Mambouc.. Elle constitue désormais la RD 67 prioritaire sur toute sa longueur.

Un service régulier de bus, la ligne Mobigo LR 204., assure plusieurs fois par jour la liaison entre les gares de Besançon et Pontarlier via Ornans. De 1888 à 1932, la commune était desservie par des trains voyageurs puis uniquement par des trains de marchandises jusqu'en 1988, utilisant un embranchement de la ligne de chemin de fer Besançon - Le Locle. Actuellement, les gares les plus proches sont celles d'Étalans (à par la route), de L'Hôpital-du-Grosbois (à ) et de Saône (à ).

L'aéroport le plus proche est celui de Dole-Jura ( par la route) tandis que les aéroports internationaux situés dans un rayon de sont l'aéroport de Genève () et l'aéroport de Bâle-Mulhouse ().

Urbanisme Typologie Au , Ornans est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'Ornans, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Besançon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ornens en 1092, Ornanco en 1211, Ornans en 1246, Hournan en 1303, Hournens en 1330 et Ournans en 1462.

L'origine de la terminaison -ans a été établie par les toponymistes depuis les travaux d'Auguste Longnon, c'est pourquoi pour Albert Dauzat la terminaison -ans, jadis -ens, représente l'évolution locale du suffixe germanique -ing. Ce suffixe est par ailleurs fréquent en Franche-Comté par opposition avec la Bourgogne voisine. D'ailleurs Dauzat explique aussi Onans (Ornans 1134) de la même manière. Il cite les travaux de Théophile Perrenot sur la toponymie burgondeThéophile Perrenot, La Toponymie burgonde, Paris, Payot, 1942. I. Pour expliquer le premier élément, il suit l'hypothèse de Perrenot qui propose le nom de personne germanique Aur-win. Ernest Nègre quant-à-lui suggère le même type de formation avec le suffixe -ing, qu'il latinise en -ingos pour expliquer le -s final, précédé du nom de personne germanique Orranus cité par Marie-Thérèse MorletErnest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume II : formations non romanes, formations dialectales, Librairie Droz, Genève, 1991, p. 785, n° 13619 (lire en ligne sur Google Livres) .

Histoire La maison de Châlon vignette|droite|160px| Borne d'octroi à l'entrée du Grand Pont. En 1151, le nom d'Ornans apparaît pour la première fois sur une charte, sous la forme Honnans et Hounans, sur la Loue. C'était une ville importante du comté de Warasch que le roi des Burgondes Sigismond compta dans sa donation au monastère d'Agaune en 515Histoire des villes de France. Possession des ducs de Bourgogne elle passa dans la maison de Chalon en 1237 qui remettait aux habitants leurs lettres de franchise et une charte de commune en 1254.

En 1576 Philippe II d'Espagne, en qualité de comte de Bourgogne, leur octroyait un conseil de ville avec juridiction de mairie sur la demande du cardinal Antoine Perrenot de Granvelle ; c'est ainsi que la ville élisait deux échevins, six jurés et cinq notables pour l'administration de ses biens. La prévôté d'Ornans comptait alors quatre prieurés, trente sept cures et cent vingt deux villages si bien que le prévôt tenait le neuvième rang aux états de la province et avait le droit de juger les étrangers résidant à Besançon de même que les habitants de cette ville dans le cas où ils se déclaraient « hommes du comté » ceci pour échapper à leurs juges habituels.

Révolte des seigneurs comtois (1295-1300) À la fin du siècle, Ornans fut touchée par la révolte des seigneurs comtois, menée par Othon IV de Bourgogne contre Philippe IV le Bel, à la suite de la convention de Vincennes (1295). Cette révolte, visant à préserver l’autonomie du comté de Bourgogne, entraîna des destructions, notamment celle de l’église romane du siècle, remplacée au siècle par l’église Saint-Laurent grâce à Nicolas Perrenot de Granvelle.

Les écorcheurs et la guerre de Dix ans vignette|droite|150px| La pierre d'asile (XVIè - XVIIè). La ville devait subir plusieurs destructions au cours des siècles. Après la guerre entre Philippe le Bel et les barons comtois en 1300 Ornans voyait fondre sur elle les écorcheurs vers le milieu du . Après la mort de Charles le Téméraire ce sont les Français qui rançonnaient la ville et la dévastèrent.

Pendant la guerre de dix ans, Weimar, furieux d'avoir échoué à plusieurs reprises devant Ornans et Sainte-Anne mettait toute la prévôté à feu et à sang : « Nous voyons de jour, dit Girardot de Beauchemin, la fumée en beaucoup d'endroits, et de nuit, la lueur de plusieurs centaines de villages et habitations isolées, brûlant à la fois et répandant autant de clarté que le soleil » ; à la même époque sévissait la peste qui poussa les habitants à se réfugier dans les bois alentour. En 1668, lors de la conquête française de Louis XIV, Ornans se rendait de même que Sainte-Anne.

Conquête française de Louis XIV (1668-1678) En 1668, lors de la première conquête de la Franche-Comté par Louis XIV, Ornans se rendit aux côtés de Sainte-Anne. Le rattachement définitif à la France, acté par le traité de Nimègue en 1678, transforma l’administration de la prévôté. Ce passage sous l’autorité française favorisa, au siècle, des travaux d’embellissement, comme le pavage des rues (1735) et la construction de l’Hôtel de Ville (1739).

La Petite Vendée comtoise (1793) En 1793, alors qu’Ornans était chef-lieu de district (1790-1795), la commune fut touchée par la « Petite Vendée », une insurrection populaire et catholique contre les mesures de la Révolution française. Cette révolte, marquée par l’opposition aux réformes laïques et à la levée en masse, refléta les tensions dans la Franche-Comté rurale.

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