Alan Smithee (on rencontre aussi les formes Allen Smithee, Alan Smythee et Adam Smithee) est « né » à Hollywood en 1955 : c'est un pseudonyme utilisé aux États-Unis par les réalisateurs mécontents de leur film, généralement à la suite de différends avec la production et d'interférences au niveau du montage final. Bien qu'il apparaisse encore dans des crédits de films, ce pseudonyme n'est plus officiellement utilisé depuis 2000, essentiellement à la suite de la sortie du film An Alan Smithee Film (1997) qui a largement popularisé l'idée que les films d'Alan Smithee sont des ratés cinématographiques.
Origine Dans un pays où l'Oscar du meilleur film est souvent attribué à son producteur (qui a également le dernier mot sur le montage final), la DGA (Directors Guild of America, le syndicat des réalisateurs) s'est battue pendant des années pour imposer le réalisateur comme l'auteur du film. A contrario, elle n'autorise pas un réalisateur à utiliser un pseudonyme ou à demander le retrait de son nom du générique. Un réalisateur estimant que son travail a été bafoué par son producteur peut néanmoins saisir la DGA ; si sa requête est acceptée, celle-ci l'autorise à signer son film « Alan Smithee ».
Le nom apparaît pour la première fois en 1955 dans le film de télévision The Indiscret Mrs. Jarvis. Le premier film de cinéma signé Alan Smithee est Une poignée de plombs (Death of a Gunfighter) réalisé en 1967 par Don Siegel et Robert Totten : à la suite d'un différend avec l'acteur principal Richard Widmark, Totten a été remplacé par Siegel à un stade avancé de la production, si bien qu'une proportion à peu près égale de plans des deux réalisateurs figurent au montage final, et ni l'un ni l'autre ne tenait à être crédité comme seul réalisateur. La DGA a statué qu'en effet le résultat final ne reflétait la vision d'aucun des deux, et a donc proposé l'utilisation exceptionnelle d'un pseudonyme. Le pseudonyme initialement proposé était « Al Smith », mais un nom aussi commun risquait de créer des confusions par la suite, c'est pourquoi la graphie atypique Allen Smithee puis « Alan Smithee » a été préférée, car suffisamment distincte pour éviter les confusions tout en étant suffisamment passe-partout pour éviter d'attirer l'attention. Une rumeur prétend que ce nom a été choisi car étant une anagramme ironique de The Alias Men (« les hommes au nom d'emprunt »), mais il s'agit d'un hasard et cette origine est apocryphe.
À cause de la publicité négative générée autour de ce nom par le film An Alan Smithee Film: Burn Hollywood Burn (sorti en 1997 et cuisant échec tant critique que commercial), la DGA a cessé d'en faire usage ; pour le film Supernova (2000), le réalisateur insatisfait Walter Hill a été crédité en tant que « Thomas Lee ». Néanmoins le pseudonyme a continué à être utilisé, plus sporadiquement, en dehors du milieu cinématographique, ou pour des films sortis hors de la supervision de la DGA, ou hors des États-Unis.
Dans le même registre, la traduction du roman Code source de William Gibson est signée « Alain Smissi ».
Filmographie Comme réalisateur
comme scénariste 1989 : Dune dans sa version TV (David Lynch, réalisateur du film, a en fait utilisé le pseudonyme de « Judas Booth » pour signifier qu'il considérait que le studio l'avait trahi et avait tué le film : Judas étant le prénom de l'apôtre qui aurait trahi Jésus de Nazareth, et Booth le nom de l'assassin d'Abraham Lincoln)page « trivia » du film . 2000 : 2 G's & a Key (vidéo) : Warren 2000 : The Tony Blair Witch Project 2000 : The Frozen Inferno (vidéo) 2002 : An Enraged New World 2003 : Grønne slagtere – en virkelig god marinade, De (TV) 2005 : Snowed
comme acteur 1989 : Panique sur le green (Blades) : Engineer 1993 : Flynn : Man in Black 1995 : Destination Vegas : Cop #3 2000 : : Carl's voice (Version anglaise) 2000 : 2 G's & a Key : Warren 2007 : Eternal Sonata : Additional voices 2010 : Sasha : Der Gleichgültige
comme producteur 1998 : Wadd: The Life and Times of John C. Holmes 2004 : Alan Smithee Presents 'The Andy Griffith Show' (vidéo) comme directeur de la photographie 2003 : Grønne slagtere - en virkelig god marinade, De (TV) 2003 : Wash Dry and Spin Out comme compositeur 1994 : Killing Mom comme monteur 1992 : Elenya comme assistant réalisateur 2019 : American Froggies Movie
Séries télévisées
L'épisode 58 de la saison 5 de Plus belle la vie a pour directeur artistique Alan Smithee. Dans l'épisode Hippie Hip Hourra des Simpson (saison 10), on peut voir que la publicité réalisée par Monsieur Burns est signée Alan Smithee. Les épisodes 1 et 5 de la première saison de MacGyver ont pour réalisateur Alan Smithee. Le segment Gardien de l'univers de l'épisode 7 de la première saison de La Cinquième Dimension crédite Alan Smithee comme réalisateur.
Jeux vidéo
Le générique de fin du jeu Equinox de la Super Nintendo sorti en 1993 indique Alan Smithee comme chef de projet ; on ignore si c'est une plaisanterie de la part des développeurs ou bien son nom réel. Le générique de fin du jeu Winx Club : Ton Univers Magique de la Nintendo DS, sorti en 2009, indique également "Alan Smithee" comme programmeur en chef.
Avis et critiques En 1969 et à propos du film Death of a Gunfighter, le critique de films Roger Ebert écrit « le réalisateur Allen Smith, un nom qui ne m'est pas familier, permet à son histoire de se dérouler naturellement. Il ne fait pas la morale, et il ne s'attarde pas sur ce qui est évident » (). Le DGA Magazine le qualifie de « l'inconnu le plus connu d'Hollywood » ().
Références
Voir aussi Articles connexes John Doe Ed Wood
Liens externes
Portrait d'Alan Smithee sur Film de culte (version archivée).
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