Audierne (en breton : Gwaien) est une commune française située dans le département du Finistère, en région Bretagne.
Avec le statut administratif de commune nouvelle, elle est née le de la fusion des deux communes : l'ancienne commune Audierne et Esquibien.. Géographie
Localisation
Audierne est située dans le cap Sizun. La ville se trouve à vol d'oiseau à à l'ouest de Quimper, à à l'ouest de Rennes et à à l'ouest de Paris. vignette|Audierne - Le port. vignette|redresse|Audierne - Le port vu d'en haut de la ville.
Relief
Audierne avant la fusion avec Esquibien
La commune d'Audierne avant la fusion avec Esquibien était de petite superficie () : riveraine au sud de l'océan Atlantique (baie d'Audierne) et à l'est de la ria du Goyen, la commune était limitée au nord et à l'ouest par la seule commune d'Esquibien. Son finage était en pente forte, s'élevant jusqu'à d'altitude dans sa partie nord-est, dans le quartier de Kerivoas, et déjà à une trentaine de mètres à faible distance de la mer et du Goyen, bordés par des falaises pentues assez élevées.
Le port d'Audierne s'est développé initialement dans une anse de la rive droite de l'estuaire du Goyen faisant face à l'est, donc en situation d'abri par rapport aux vents dominants ; mais le port, en raison de l'exiguïté du site, a dû s'étendre progressivement vers l'aval le long de la rive droite en des endroits moins protégés (le port se livre surtout à la pêche de la langouste, du homard et de l'araignée de mer, espèces se développant dans les fonds côtiers de la baie d'Audierne). La ville elle-même s'étend de manière linéaire le long de cette même rive droite et plus difficilement, en raison des pentes et des altitudes, vers l'intérieur le long de petits vallons, principalement le long de l'actuelle D 784.
La partie nord de la commune est restée boisée (bois de Suguensou) ; au sud, la grande plage de sable, qui s'étend à de la localité, en contrebas de Sainte-Evette, appartenait en bonne partie à la commune d'Esquibien.
Audierne depuis la fusion avec Esquibien
La commune nouvelle d'Audierne, depuis la fusion avec Esquibien, est beaucoup plus vaste, s'étendant sur . Certains quartiers du centre-ville sont exposés au risque de submersion marine : par exemple la tempête « Aurore » du a provoqué lors de la marée haute une inondation de la rue Amiral-Guépratte, la rue Manu-Brusq, la rue Lesné, le quai Jean-Jaurès, la place de la Liberté..
La plage de Trescadec-Le Pouldu, à cheval sur les anciennes communes d'Esquibien et Audierne, est victime du recul de son trait de côte, surtout dans les parties formées de dunes basses, l'érosion menaçant certaines maisons riveraines.
Hydrographie La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Goyen et divers autres petits cours d'eau.
Le Goyen, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plonéis et se jette dans l'Océan Atlantique en limite de Plouhinec et d'Audierne, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'AudierneLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'anse de Suguensou ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pluguffan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Audierne est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Plouhinec-Audierne, une agglomération intra-départementale regroupant deux communes dont elle est la commune de banlieue.. La commune est en outre hors attraction des villes...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Toponymie
Déjà connue sous le nom de Trève du Goyen (Trefgoazien, terme utilisé jusqu'au début du ), Audierne est présente dans les annales maritimes bordelaises dès le , dans l'atlas du Vénitien Pétrus Vesconte sous le nom dOdierna en 1321 (nom féminin d'origine germanique) repris plus tard comme second appellatif de Tregoazien (littéralement « village de Goazien »)Ernest Nègre, Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1049. Sur une carte hollandaise de 1580, on trouve l'appellatif Odjern. Le toponyme Audierne vient de cette notation Odierna, nom personnel féminin d'origine germanique..
Le nom breton actuel de la commune est complètement différent de celui utilisé en français puisqu'il s'agit de « Gwaien »Office public de la langue bretonne (tapez "Audierne" ou "Gwaien") et est le même que celui de la rivière, le « Goyen ». Il s'agit d'un hagiotoponyme issu du nom du saint breton Gwaien, contraction de Goazien.
Le le conseil municipal de la commune nouvelle d'Audierne demande officiellement que la commune prenne le nom « Audierne-Esquibien »..
Histoire L'histoire de cette nouvelle commune est celle des deux communes le : l'ancienne commune Audierne et Esquibien..
Préhistoire
Un imposant tumulus d'environ vingt mètres de diamètre se trouvait à Roz Kriben (dénommé aussi « Toul-Korriqued », « le trou des Korrigans »), une colline surplombant le port ; il est exploré en 1882 par Paul du ChâtellierHyacinthe Le Carguet, Notes archéologiques sur le Cap-Sizun avec indication des endroits à explorer, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1883, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075789/f34.image ; arasé depuis, il en subsiste une allée couverte composée de quatre grands dolmens et des traces diverses de maçonnerie qui se terminent par un tertre où subsiste un menhir qui gît à terre. Ce lieu est une ancienne nécropole antique, ce qui a été prouvé par la découverte, à au sud-est, de cercueils de pierre avec ornements et poteries..
Antiquité
Une stèle gauloise, datant probablement du ou du , décrite en 1883 par Hyacinthe Le CarguetHyacinthe Le Carguet, Notes archéologiques sur le Cap-Sizun avec indication des endroits à explorer, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1883, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075789/f35.image, et se trouvant dans le quartier de Kermabon (Mabon est le nom d'une ancienne divinité galloise), dont la trace avait été perdue, a été retrouvée en 2017 dans un talushttps://www.ouest-france.fr/bretagne/audierne-29770/sauvera-t-la-stele-de-kermabon-5469227.
Moyen Âge Audierne, qui était sous l'Ancien Régime une simple trève d'Esquibien, est issue du démembrement de la paroisse de Plogoff.. Le bourg d'Audierne était appelé « Trefgoazien » (la trève de Goazien, un saint breton qui est aussi à l'origine du nom « Goyen ») jusqu'au début du , même si le port était connu sous le nom d'Audierne dès le début du .
Pietro Vesconte, cartographe génois, mentionne dans son « Atlas » publié en 1313 le nom d'''« Odierna ».
En 1482-1483, le registre de la « comptablie », qui perçoit les taxes à l'entrée du port de Bordeaux enregistre 10 navires venant d'AudierneIl enregistre aussi 27 navires venant de Penmarch, 12 de Loctudy, 6 de Quimper, 4 de Bénodet, 2 de Blavet, voir Daniel Tanguy, Le cabotage sur les côtes méridionales de la Bretagne à la fin du , « Bulletin philologique et historique jusqu'à 1610 du Comité des travaux historiques et scientifiques », 1966, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6430324f/f250.image.r=B%C3%A9nodet.langFR.
Le naufrage d'un bateau d'Audierne
Une gwerz rappelle le tragique naufrage d'un bateau d'Audierne, de retour de Bordeaux, devant les Étocs, peut-être au . ; en voici un extrait traduit du breton : Qu'arrive-t-il aux gens de Penmarc'h Qu'ils maintiennent des feux dans leur église ? Chrétien de cœur, qui n'eut pleuré Et eut été près de Penmarc'h En voyant la mer bouillonner À cause des matelots qui se noyaient En voyant la mer devenir toute rouge Du sang des chrétiens qui s'y trouvaient..
Michel Le Nobletz aurait fait la prédiction de ce naufrage en 1617 pour punir les marchands d'Audierne qui seraient sortis de l'église alors qu'il s'apprêtait à prêcherHyacinthe Le Carguet, "Bulletin archéologique du Finistère", tome 26.
Parmi les autres naufrages et accidents de mer survenus à Audierne, l'histoire a par exemple gardé le souvenir du Marie, de Saint-Savinien, échoué à Audierne le ..
Époque moderne
En 1533, 835 bateaux, dont de nombreux audiernais, fréquentaient le port de Sluis en Zélande. En 1536, on note 90 bateaux à Audierne et dans le Cap-Sizun et au des bateaux d'Audierne et des autres ports du Cap-Sizun fréquentent déjà les abords de Terre-Neuve si l'on en croit la toponymie locale (des lieux-dits y sont dénommés "Île d'Audierne", "baie des Trépassés" et "Pointe du Raz")..
En 1596, pendant les troubles de la guerre de la Ligue, Christophe d'ArradonChristophe d'Arradon, quatrième des cinq fils de René d'Arradon, seigneur de Kerdréan, Qinipily, Camors, Botblezven, La Grandville, chevalier du roi et de Claude de Guého, capitaine de d'armes, frère de René d'Arradon et de Georges d'Arradon, surnommé le baron de Camors, à la fois ligueur (il avait par exemple participé à la reprise de Blavet, alors tenue par les huguenots, le ) et brigand, dévaste les ports d'Audierne et de Pont-Croix, puis s'installe au château du Cosquer en Combrit et, de là, opère des raids dans la région de l'embouchure de l'Odet, rançonnant les marchands de Pont-l'Abbé et l'Île-TudyÉtienne Raut et Léon Lallement, La Ligue au Pays de Vannes et les Aradon, "Bulletin de la Société polymathique du Morbihan", 1934, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6561153v/f123.image.r=Tudy.langFR.