L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Montjavoult, dans le département de l'Oise, en France. Bâtie sur le sommet d'une butte, à d'altitude, elle marque le paysage à plusieurs kilomètres à la ronde, et représente l'un des principaux monuments de l'ancien canton de Chaumont-en-Vexin. Son grand portail Renaissance, bâti vers 1565 par Jean Grappin, de Gisors, constitue son élément le plus remarquable. À l'instar du volumineux clocher de la même époque qui le jouxte à l'ouest, il serait digne d'une grande église de ville. À l'intérieur, le collatéral sud voûté à la même hauteur que le vaisseau central, forme avec la nef un vaste volume unifié de proportions élancées, inattendu dans un village aujourd'hui sans importance. Son style flamboyant tardif intègre quelques éléments Renaissance. Le reste de l'église est beaucoup plus modeste, et a été édifié majoritairement entre la fin du et le premier quart du dans le style gothique flamboyant, en reprenant en partie des structures plus anciennes, notamment la base d'un clocher central du . Dans la nef tout comme dans le chœur et ses collatéraux, l'on observe des types de piliers atypiques et des manières particulières de faire retomber les voûtes, ce qui permet de conclure à un lien de parenté avec l'église de Parnes. Cependant, une partie subsiste encore de l'église romane du . Il s'agit du bas-côté nord de la nef, qui s'ouvre par trois arcades en plein cintre sans style particulier, mais possède à l'intérieur une voûte en berceau très ancienne renforcée par quatre arcs-doubleaux déformés sous le poids de la voûte. La grande sobriété de l'architecture et la réfection des fenêtres et des contreforts au début du suscitent la confusion avec une construction néo-classique. L'église Saint-Martin a été classée monument historique par arrêté du ., et se présente aujourd'hui dans un bon état de conservation, y compris son intéressant mobilier. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin avec siège à Chaumont-en-Vexin, qui a suspendu la célébration des messes dominicales en 2018.

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-ouest.

L'église Saint-Martin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Vexin français, dans la commune de Montjavoult, sur une butte qui marque le point culminant du village ( d'altitude), au nord de la place centrale, à la limite de la petite agglomération. Son élévation méridionale domine largement le paysage, et est visible de plusieurs kilomètres de distance. Montjavoult constitue en effet le village le plus haut de l'Île-de-France.. Une belle croix de cimetière du milieu du se dresse toujours devant l'église, mais le cimetière a été transféré vers un lieu excentré, au nord-ouest du village. L'édifice est libre de constructions mitoyennes, et on peut en faire le tour, mais ses autres élévations sont beaucoup moins bien visibles par manque de recul. Des jardins clos par des murs se rapprochent de la façade occidentale et du chevet. Ainsi, l'on se rend moins bien compte que l'église soit restée inachevée, et qu'elle ne possède en fait pas de façade occidentale à proprement parler. La grande maison d'allure bourgeoise devant le chevet n'est autre l'ancien presbytère ; il a été réhabilité par la commune et subdivisé en plusieurs logements locatifs. Un alignement d'arbres borde l'emplacement de l'église au nord.

Historique L'histoire de la paroisse thumb|upright|Clocher et portail.

Le saint patron de l'église est saint Martin de Tours. Sa date de fondation n'est pas connue. Son église est donnée à l'abbaye de Saint-Denis en 1157, qui devient ainsi le collateur de la cure. On ne connaît pas de mentions plus anciennes. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen... C'est l'une des paroisses les plus taxées sur le territoire de l'ancien canton de Chaumont-en-Vexin., ce qui traduit sa prospérité. Le village de Montagny-en-Vexin est compris dans la paroisse de Montjavoult, et son église Saint-Jacques-et-Saint-Christophe est desservie par un vicaire rémunéré par le curé de Montjavoult. Ce n'est qu'en 1788 que Montagny-en-Vexin est enfin érigé en paroisse pour tenir compte de l'accroissement de sa population..

À Pâques 1958, l'abbé Louis Coache est nommé curé de Montjavoult. C'est un antagoniste de la réforme liturgique instaurée par le concile Vatican II, et l'un des principaux pourfendeurs de la Tradition, qui participe activement, en hiver 1977, à l'occupation de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet de Paris. Il est suspendu, puis destitué de sa charge curiale par Stéphane Desmazières, évêque de Beauvais, en date du , mais ne quitte le presbytère de Montjavoult qu'après l'échec définitif de ses recours devant les instances canoniales du Vatican, en 1975..

Dans le cadre de la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, motivée par le manque de prêtres, Montjavoult est rattaché à la paroisse Vexin-Sud. Au début de l'année 2015, les trois paroisses de Vexin-Nord, Chaumont-en-Vexin et Vexin-Sud fusionnent pour former la nouvelle paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin, qui s'étend sur quarante-huit communes... La célébration des messes dominicales a été suspendue en 2018. L'église accueille néanmoins un chapelet le samedi à 18 h, ainsi que des célébrations particulièresPour le calendrier des célébrations, cf. ..

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Portail Renaissance.

Aucun document ne précise les principales étapes de construction de l'église. L'analyse stylistique seul peut fournir les clés de compréhension de son évolution. Sa partie la plus ancienne est le bas-côté nord de la nef, qui subsiste seul d'une basilique romane du , et possède la particularité d'être voûté en berceau. Ses fenêtres et ses contreforts sont toutefois datés de 1706 par une source que Bernard Duhamel ne précise pas. Le gros-œuvre de la croisée du transept, initialement base du clocher central probablement démoli au , est également considérée comme romane en raison de sa facture rustique. Elle a été exhaussée vers la fin du ou au premier quart du , dans le cadre de la reconstruction flamboyante faisant suite aux dégradations subies pendant la guerre de Cent Ans. Deux autres parties lourdement remaniées dans le même contexte sont les deux croisillons du transept. Ils se présentent désormais dans un style purement flamboyant, et on ne saura préciser leur période de construction primitive, mais les piédroits à arêtes vives des arcades et la forte saillie par rapport aux collatéraux du chœur traduisent la reprise de structures plus anciennes. Le chœur de deux travées au chevet et ses deux collatéraux semblent en revanche entièrement dater de la fin du ou du premier quart du , et on ne peut identifier aucune trace des précédentes époques, si ce ne sont la physionomie générale avec un étroit vaisseau central dépassant nettement en hauteur les bas-côtés, et les piliers cylindriques au milieu des grandes arcades...

Un peu plus tardive est la nef avec son collatéral sud porté à la même hauteur. Ce complexe d'une architecture ambitieuse est datable du second quart du , par ses fenêtres de style flamboyant tardif, et ses clés de voûte et chapiteaux Renaissance. Le début de cette campagne de travaux coïncide plus ou moins avec l'installation d'Audry Marest dans le Vexin, en 1528, après avoir racheté les seigneuries de Labbeville et Montjavoult. Pour Étienne Hamon, il ne fait guère de doute que ce nouveau seigneur se soit impliqué dans le chantier de l'église. Il n'est toutefois pas bien évident pourquoi cet auteur suppose que les trois clés de voûte affichant un écusson vierge, dans le collatéral nord du chœur et dans le croisillon sud, aurait jadis porté ses armes : Étienne Hamon lui-même insiste sur leur datation plus haute dans un passage ultérieur de son ouvrage.. À l'issue de cette campagne vers le milieu du , l'église est ainsi quasiment achevée. Or, elle ne paraît apparemment pas encore assez prestigieuse aux yeux des habitants, qui, vers 1565, font appel au mâitre-maçon Jean Grappin pour édifier un splendide porche Renaissance devant le portail sud. Grappin venait de reprendre, en 1558, la direction du chantier de l'extension de la collégiale de Gisors des mains de son père Robert. Il avait déjà travaillé avec son père sur l'église de Vétheuil et le portail de Saint-Gervais, et est certainement à l'époque le maître d'œuvre le plus en vue dans cette partie du Vexin, comme Pierre Le Mercier l'est à Pontoise et dans ses environs. Le clocher est probablement édifié après le portail : c'est la dernière partie construite de l'église. Il retient beaucoup moins l'attention des auteurs que le portail. Louis Régnier le classe dans le même groupe que Nucourt et Chaumont-en-Vexin, mais s'il atteste à son voisin de Chaumont une noble simplicité, il affirme que la tour de Montjavoult n'a rien de remarquable. Les trois clochers cités sont probablement des réalisations de l'atelier de Jean Grappin... Selon Bernard Duhamel, la tourelle d'escalier aurait été ajoutée vers 1724. Jusqu'en 1725, le clocher fut coiffé d'une flèche reposant sur quatre piliers. Selon l'abbé Le Blévenec, c'est dans la flèche qu'étaient suspendues les cloches, comme le prouveraient les encoches faites par les cordes. C'est un incendie enclenché par un coup de foudre qui mit fin à l'existence du clocher.. Reste à signaler le projet inabouti du prolongement de la nef d'une travée vers l'ouest, démontré par des départs de voûte sur le mur occidental et une arcade bouchée au nord du clocher.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église répond à un plan cruciforme rendu irrégulier avec l'adjonction du clocher en avant du collatéral sud de la nef, et avec la reconstruction de celui-ci à la même hauteur que la nef, à la Renaissance. Elle se compose d'une nef de trois travées, dont le collatéral sud est plus large que la nef elle-même, et voûtée à la même hauteur, et dont le bas-côté nord constitue la dernière partie encore debout de la précédente église romane ; d'un transept nettement débordant, sauf par rapport au collatéral sud de la nef ; d'un chœur de deux travées terminé par un chevet plat ; et de deux collatéraux du chœur également terminés en chevet plat. La sacristie occupe l'angle entre le croisillon sud et le collatéral sud du chœur. La base du clocher ne communique avec l'intérieur de l'église que par une modeste porte, et sert de débarras. Une tourelle d'escalier flanque l'angle sud-est du clocher, et est mitoyen du porche Renaissance, élevé mais peu profond, qui précède le portail principal au sud de la première travée du collatéral sud de la nef. Il n'y a pas de portail occidental, mais une petite porte existe dans le chevet du collatéral nord du chœur. Le vaisseau central est à deux niveaux d'élévation, mais un étage de murs aveugles s'est substitué à l'étage de fenêtres hautes qui devait exister dans la nef et dans le chœur. Le bas-côté nord est voûtée en berceau. Le reste de l'église est voûté d'ogives. Le clocher est coiffé d'une calotte sphérique. L'église est pourvue d'une large toiture commune aux deux vaisseaux, avec un pignon en façade et un autre au chevet ; cependant, le collatéral sud de la nef et le croisillon sud sont exclus de cette toiture, et possèdent un toit en bâtière longitudinal terminé à l'est par des croupes ; et le croisillon nord conserve quant à lui un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec un petit pignon du côté nord.

Intérieur Nef et collatéral sud thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Collatéral, travée, vue vers le nord. thumb|upright|Collatéral sud, vue diagonale vers le nord-est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest. thumb|upright|Collatéral, vue vers l'ouest.