LUnion pour la démocratie française (UDF) est un parti politique français regroupant plusieurs partis de centre droit et de droite non-gaullistes et d'inspiration démocrate-chrétienne, libérale, europhile, ainsi que radicale dans une moindre mesure.
Fondée en vue des élections législatives de 1978 pour soutenir le président de la République en fonction Valéry Giscard d'Estaing, cette confédération est à nouveau au pouvoir de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1997, en alliance avec le Rassemblement pour la République (RPR).
Dans les années 2000, sous l'impulsion de François Bayrou, l'UDF s'éloigne clairement de la droite. À partir de 2007, avec la création du Mouvement démocrate (MoDem), dont elle est le principal membre fondateur, elle ne conserve qu'une existence légale.
Histoire Origines : mouvements centristes et libéraux français (1901-1978) Sur cette chronologie, les barres orange représentent l'adhésion à l'UDF.
Sous Jean Lecanuet et Valéry Giscard d'Estaing (1978-1996) vignette|redresse|Valéry Giscard d'Estaing, président de la République française de 1974 à 1981, à l’origine de la fondation de l’UDF.
Création en vue des législatives de 1978 Soucieux de rajeunir son parti, dont la notoriété et la popularité sont faibles, Valéry Giscard d'Estaing soutient la transformation, en , de la FNRI en Parti républicain (PR), dont Jean-Pierre Soisson devient le secrétaire général.
Le , alors que les sondages prédisent une victoire de la gauche aux élections législatives à venir, Valéry Giscard d'Estaing prononce un discours, à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire), dans lequel il appelle les Français à faire et les met en garde contre les blocages politiques et les conséquences économiques (hausse du chômage, aggravation du déficit budgétaire, baisse de la valeur de la monnaie) que provoquerait une victoire de la gauche aux élections législatives du mois de mars« La République et le suffrage universel – Valéry Giscard d'Estaing – Allocution prononcée à Verdun-sur-le-Doubs, 27 janvier 1978 », sur le site de l'Assemblée nationale, assemblee-nationale.fr, consulté le ..
L'UDF est fondée le par Michel Poniatowski sur l'idée de Jean Lecanuet et de Jean-Jacques Servan-Schreiber pour aider le président Valéry Giscard d'Estaing à disposer d'un parti le soutenant en vue des élections législatives de 1978, qui s'annoncent difficiles pour la droite.
Pour le journaliste Laurent de Boissieu, l'objectif de l'UDF à sa création est de .. Une liste de candidats pouvant se réclamer de l'appartenance à l'Union pour la démocratie française est publiée le . Le nom de l'UDF provient du titre du livre de VGE, Démocratie française, vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires.
L'UDF regroupe les différentes composantes centristes et giscardiennes de la majorité (Parti républicain, Centre des démocrates sociaux, Parti radical, Centre national des indépendants et paysans, Mouvement démocrate socialiste de France) et permet ainsi de limiter les candidatures à droite lors du scrutin législatif. Le nouveau parti présente pour . Elle réunit six composantes, du centre et de la droite non-gaulliste, qui demeurent chacune des partis politiques indépendants : le Parti républicain (PR), héritier de la Fédération nationale des républicains indépendants (FNRI), le parti d'origine de Valéry Giscard d'Estaing ; le Centre des démocrates sociaux (CDS), qui trouve son origine au MRP, parti démocrate-chrétien attaché aux valeurs de la démocratie et s'inspirant de la doctrine sociale de l'Église catholique ; le CDS devient Force démocrate (FD) en 1995 ; le Parti radical « valoisien » (PRV ou RAD), issu des rangs des républicains du et présidé par Jean-Jacques Servan-Schreiber ; le Mouvement démocrate socialiste de France (MDSF) puis Parti social-démocrate (PSD), fusionné dans Force démocrate (FD) en 1995 ; la Fédération nationale des clubs Perspectives et Réalités (CPR), devenue Parti populaire pour la démocratie française (PPDF) ; les Adhérents directs de l'UDF (UDF-AD), non-membres de l'un de ces mouvements.
Le , l'UDF se dote d'une structure provisoire : Michel Pinton (Parti républicain) en devient délégué général et un comité exécutif et un conseil national, composés de personnalités issues des différentes mouvances, sont créés.
Selon les termes de Laurent de Boissieu, l'UDF regroupe .
L'UDF connaît un succès aux législatives de mars 1978, avec 21,4 % des voix au premier tour et à l'issue du second tour. Elle permet au troisième gouvernement Barre d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale, le RPR étant le partenaire de cette coalition. Les élections européennes de 1979 sont un nouveau succès pour l'UDF, qui arrive en tête avec 27,6 % des voix, devant le PS, le PC et le RPR. vignette|Simone Veil présidant une séance du Parlement européen .
Dans l'opposition face à François Mitterrand L'UDF passe dans l'opposition en , à la suite de la défaite de Valéry Giscard d'Estaing, battu par François Mitterrand lors de l'élection présidentielle, et de la défaite aux législatives de 1981, où elle obtient 19,2 % des voix.
Dirigée par Jean Lecanuet (jusqu'en 1988), l'UDF apparaît surtout comme un « syndicat » d'élus locaux et de notables... Le parti ne compte en 1981 plus que (presque deux fois moins qu’en 1978-1981), n’a pas de dirigeant naturel (son président, Jean Lecanuet, peine à s'imposer, tandis que Raymond Barre reste impopulaire) et ses différentes composantes (Parti républicain, Centre des démocrates sociaux, Parti radical) sont tentées de reprendre leur indépendance. En , Olivier Stirn, cadre de l'UDF, estime que celle-ci .
Dès les cantonales de mars 1982 où la coalition UDF-RPR-divers droite dépasse de nouveau la coalition PS-PC-MRG.
Après les législatives de 1981, Jacques Chirac à la tête du RPR s’est affirmé comme le véritable dirigeant de l’opposition en s’appuyant sur un parti puissant et en ne cachant pas sa volonté de rompre avec le septennat précédant. Au sein de l'UDF, la volonté de reconquête de Giscard d'Estaing se heurte également à la prise de contrôle du Parti républicain par de jeunes élus. Jean-Claude Gaudin s’est ainsi imposé à la tête du groupe de l’Assemblée nationale au détriment de Christian Bonnet, tandis que François Léotard, devenu secrétaire général du parti en 1982, exprime sa volonté d'indépendance par rapport à Giscard d'Estaing. Ce phénomène de « dégiscardisation » semble alors toucher l’ensemble de l’UDF..
Simone Veil dirige aux européennes de juin 1984 une liste UDF-RPR qui obtient 43,01 % des voix et sur 81.
Retour au pouvoir après les législatives de 1986 Sur le plan national, et faute sans doute d'un dirigeant d'envergure malgré le retour progressif à la vie politique de Valéry Giscard d'Estaing qui en prend la présidence en 1988 (il la conserve jusqu'en 1996), l'UDF laisse au RPR et à Jacques Chirac la direction de la coalition de droite et de centre droit aux législatives de mars 1986, où le scrutin proportionnel départemental impose un certain nombre de listes d'union.. Avec à l'Assemblée nationale et 17 apparentés, l'UDF est alors le partenaire minoritaire du Chirac auquel participent notamment André Giraud, François Léotard, Alain Madelin, Pierre Méhaignerie ou René Monory.
L'UDF/RPR défend le principe d'une libéralisation de l'économie, la privatisation des entreprises nationalisées par François Mitterrand en 1981 et la réduction des déficits et de la dette publique.
Candidat à la présidence de l’UDF en 1988, Giscard d'Estaing est élu et succède à Jean Lecanuet, qui était à la tête du parti depuis sa création.. Il tente alors de restructurer la formation et de concilier ses différentes tendances.
Au sein de l'UDF est marquée par la montée en puissance des , de jeunes personnalités (François Léotard, Charles Millon, Dominique Baudis, François Bayrou, Philippe de Villiers) qui contestent son autorité et prônent le renouvellement de la droite., p. 133..
Aux élections européennes de 1989, la liste conduite par Valéry Giscard d'Estaing arrive largement en tête.
Candidature présidentielle de Raymond Barre en 1988 vignette|redresse|Raymond Barre, Premier ministre sous Valéry Giscard d'Estaing et candidat à l’élection présidentielle de 1988 avec le soutien de l’UDF.
Pressenti pour être candidat à l'élection présidentielle de 1988, Giscard d'Estaing y renonce le , déclarant : .. Après le refus de Valéry Giscard d'Estaing, les différentes composantes de l'UDF se prononcent en faveur de la candidature de Raymond Barre. Celui-ci n'est pourtant pas membre de l'UDF, souhaitant rester un « homme au-dessus des partis » et s'estimant « inclassable. ». Il se déclare candidat le , au palais des congrès de Lyon.
Les sondages donnent longtemps présent Raymond Barre au second tour, devant Jacques Chirac et le RPR, et certains le donnent même vainqueur face à François MitterrandJean-Jérôme Bertolus, Frédérique Bredin, Tir à vue - la folle histoire des présidentielles, éditions Fayard, 2011, 155... Mais lors de l'élection présidentielle de 1988, Raymond Barre, candidat officiel de l'UDF, obtient 16,55 % des suffrages exprimés, derrière François Mitterrand et Jacques Chirac.. En vue du second tour, Barre apporte sans enthousiasme son soutien à Chirac face à François Mitterrand..
À la suite de la réélection de François Mitterrand, c'est Valéry Giscard d'Estaing qui mène la campagne nationale de la droite aux élections législatives anticipées de 1988, qui voient le Parti socialiste l'emporter sans majorité absolue. Pour la première fois, les centristes (groupe de l’Union du centre) obtiennent plus d'élus que le RPR.
Privé d'une majorité absolue, Mitterrand mène une politique d'« ouverture » qui permet au gouvernement Rocard, puis aux gouvernements Cresson et Bérégovoy d'obtenir le soutien ponctuel d'un groupe centriste spécifique à l'Assemblée nationale (Union du centre) et la participation de plusieurs membres historiques de l'UDF, notamment Jean-Pierre Soisson..
PS et centristes de la « majorité présidentielle » sont également alliés lors des élections cantonales et régionales de , le plus souvent face à des listes d'union RPR-UDF qui globalement remportent le scrutin..
Au tournant de la décennie 1980-1990, après le deuxième échec de Jacques Chirac dans la course à l’Élysée et malgré les divisions centristes, Giscard d'Estaing est largement pressenti pour représenter la droite à l'élection présidentielle de 1995.
L'UDF est l'alliée du RPR aux élections législatives de 1993, au sein de l'Union pour la France, et participe aux gouvernements d'Édouard Balladur (1993-1995)Balladur. puis d'Alain Juppé (1995-1997)Juppé I, II.. En 1995, l'ancien Premier ministre Raymond Barre devient maire et président de la communauté urbaine de la deuxième agglomération de France, Lyon.
Après les scrutins de 1988 et l’élection présidentielle de 1995 vignette|redresse|Le Premier ministre Édouard Balladur, issu du RPR et soutenu par une majorité de cadres de l’UDF à l’élection présidentielle de 1995.
L'UDF commence à se désagréger avec la perte d'influence de son fondateur qui ne réussit plus à surmonter les divergences des courants de pensée au sein du mouvement.. Il n'y eut d'ailleurs pas de candidat UDF aux présidentielles de 1988 et 1995 : Raymond Barre, candidat en 1988, n'est qu'apparenté, et l'UDF -comme d'ailleurs le RPR- se déchire en 1995 entre partisans d'Édouard Balladur (CDS et une partie du PR) et de Jacques Chirac (comme Alain Madelin, Charles Millon, et l'ensemble du PPDF derrière Hervé de Charette).