vignette|400 px| Indicateurs solaires égyptiens sous . Le talon porte une représentation de Sothis, la « maîtresse de l'année».Musée du Louvre, Paris
Les heures archaïques sont des essais de division du jour dans les civilisations de la .
Le nom français heure vient du latin hora, lui-même du grec ancien ὥρα, qui remonte au environ. Avant cette époque, l'heure n'existait donc probablement pas. Les. divisions égales du jour dans certaines civilisations anciennes, jusqu'avant le deuxième millénaire av. J.-C., sont appelées souvent « heure », « heures archaïques » (ou primitives).
Ces heures archaïques seront suivies dans l'époque historique de l'Antiquité par de véritables heures : les heures temporaires et les heures équinoxiales qui perdureront au-delà de cette époque.
En Mésopotamie Chez les Assyriens, à la fin du troisième millénaire avant notre ère, l'arithmétique et l'astronomie se développent. On compte en base 60, l'année comporte douze mois de trente jours avec un mois intercalaire qui est introduit quand la différence entre l'année civile et l'année physique est trop importante. Le nycthémère comporte six veilles de jour (donc de durée variable, comme la longueur du jour) et six veilles de nuit - ou trois suivant les auteurs -, les kaspu, dont on ne sait pas grand-choseIl est à remarquer que, pour un nycthémère, six kaspu de jour plus six kapsu de nuit font vingt-quatre de nos heures, donc un kaspu de jour plus un kaspu de nuit égalaient deux de nos heures. . Ces kaspu ou bēru ou danna valaient donc en moyenne deux de nos heures Voir les subdivisions du jour. ; . .
En Égypte Les Égyptiens ont été les premiers à mettre en place un calendrier solaire de et la première mention des heures se situe aux environs de -2350 La notation « -2350 » est la notation astronomique..
L'année antique égyptienne comprend trois saisons de quatre mois de trente jours, plus cinq jours épagomènes, soit . Chaque mois est fait de trente jours regroupés en trois décades. C'est dans ce contexte, dans le milieu mythologique religieux des prêtres astronomes que vont naître les heures.
vignette|centre|Scarabée et disque solaire entourés de babouins hamadryas représentation de Thot.
Heures décanales vignette|gauche|400 px|Sarcophage de Idy, chaque case comporte le nom d'une étoile ; les dieux représentés sont de g. à d. : La Grande Ourse, la Voie Lactée ?, Orion (3 rois) ; Sothis ou Sirius. vignette|350 px|Tableau de distribution des étoiles décanales. Sur le couvercle de sarcophages de hauts dignitaires égyptiens datant d'environ -2150, est peinte une grille calendaire avec, pour chaque décade, une division en douze parties.
Cette représentation correspond au voyage symbolique de l'âme du défunt dans l'au-delà, à travers la voute céleste constellée d'étoiles assimilées à des dieux ; elle peut être expliquée à partir d'un tableau, condensé d'une horloge stellaire égyptienne.
Ce tableau correspond à une des saisons de l'année censée être représentée.
Verticalement, les colonnes , , , représentent les trois mois de la saison. Chaque mois comprend trois colonnes décadaires.
Sur chaque ligne, dans une case se trouve une lettre A, B, C… qui correspond à une étoile représentative de la décade considérée.
Chaque ligne horizontale matérialise des intervalles de temps Δt. Ces Δt ou heures sont au nombre de douze, elles représentent les moments où l'âme du défunt est censée croiser une étoile. Ce sont donc des heures de nuit qui sont représentées. Sur le sarcophage, à chaque case du tableau correspond le nom d'une étoile.
Le trait horizontal blanc situé entre la sixième et la septième heure correspond au milieu de la nuit, instant d'offrandes.
Pour la première décade du premier mois I, l'étoile A correspond au début de la nuit et l'étoile L à la fin de la nuit. Le premier jour du décan est marqué par le lever de l'étoile L avant l'apparition du Soleil à l'est, c'est le lever héliaque de l'étoile. Dix jours plus tard, l'étoile L qui se lève de plus en plus tôt par rapport au Soleil s'enfonce dans la nuit et elle va céder la place à l'étoile M qui marquera par son lever héliaque le deuxième décan du mois. Le développement complet de la description et du fonctionnement de cette horloge décanale se trouve sur la page Horloge stellaire égyptienne.
vignette|centre|400 px|Instant du lever héliaque de Sirius, photo montage.
Ainsi donc, la nuit est divisée théoriquement en douze heures stellaires, quelle que soit la longueur de la nuit. Ces heures sont donc de durée variable en fonction des saisons, mais elles le sont aussi par l'instant du lever héliaque de chaque étoile : l'instant de ce lever, le premier jour d'une décade, peut être situé, entre une demi-heure et une heure avant le lever du Soleil, en fonction de la magnitude de l'étoile considérée, puis ce lever va « avancer » de quatre minutes La durée du jour sidéral est de 23 h 56 min. chaque nuit tout au long de la décade soit quarante minutes au total sur dix jours. L'origine temps de la nuit n'est pas connu ; on peut supposer que c'est l'observation du lever héliaque qui peut être pris en considération Le lever héliaque de référence pour l'année est celui de Sirius ou, en égyptien, Sothis, la « maîtresse de l'année». , à moins qu'il s'agisse du coucher héliaque ou du milieu de la nuit ?
600px|vignette|centre|Schéma de mise en place d'heures décanales.
Comme précisé plus haut, cette division de la nuit est théorique ou plutôt virtuelle. Elle ne concerne pas les vivants ! Seuls le lever ou le coucher héliaques, qui sont des évènements physiques, et éventuellement le repérage du milieu de la nuit où des offrandes sont offertes aux dieux, sont du ressort de l'humainIl ne semble pas exister d'exploitation humaine de ces heures stellaires. Source principale : Karine Gadré, site en ligne.
Heures de gnomon Dans le courant du deuxième millénaire avant notre ère, toujours dans le milieu des prêtres et des pharaons, il y aura diverses tentatives pour passer des heures virtuelles de la nuit à des heures physiques matérialisées par des instruments analogiques tels les indicateurs solaires, les « clepsydres » et les horloges stellaires ramessides.
Dans le domaine des instruments solaires, il semble qu'au Moyen Empire, soit avant -1786, il ait existé des tables d'ombre ; ; voir illustrations : accès en ligne . Les tables d'ombre donnent, en principe, la longueur de l'ombre d'un gnomon en fonction de la date de l'année et de l'heure du jour ; malheureusement, l'information est donnée sans plus de précisions.
vignette|center|400 px|Règle en L d', Musée du Louvre, Paris.
Entre les années -1500 et -1000, apparaissent dans le mobilier funéraire de certaines tombes de pharaons des règles en L, sortes d'indicateurs solaires. Un talon fait office de gnomon et des marques sur la partie tenue horizontale ont vraisemblablement pour fonction d'indiquer des hauteurs du Soleil ou des « heures » quand l'instrument est aligné avec le Soleil.
Sur ces règles en L, le nombre de marques est différent suivant le mobilier découvert ; ces marques sont au nombre de quatre ou cinq (vers - 1279, sous ) Quatre marques physiques, mais les textes précisent deux marques supplémentaires à l'origine ou vers la fin du jour, d'après la description de cette règle. , cinq (vers -1457, sous et vers -1425 sous ) Si ces deux dernières règles ont été employées sur leur lieu de découverte et de résidence de ces deux pharaons, la latitude du lieu fait que la hauteur du Soleil à midi avoisinait à l'époque les 90°, ce qui fait que la sixième marque serait confondue avec le pied du gnomon. ou six (vers -1000) Les dimensions de cette règle ne sont pas connues, mais la latitude du lieu de découverte (vers le delta du Nil) fait que la sixième marque correspondrait à la hauteur du Soleil en ce lieu, vers le solstice d'été.. Diverses hypothèses peuvent être envisagées sur leur fonction :
vignette|centre|300 px|Inscription du cénotaphe de à Abydos.
s'il s'agit d'indications sur la hauteur méridienne du Soleil au cours de l'année, la première et la dernière des marques doivent indiquer les moments des solstices, l'instrument étant orienté vers le Sud comme une méridienne - les marques intermédiaires étant supposées réparties arbitrairement dans l'année. En fonction de la latitude du lieu où ces règles ont été trouvées, il est possible de valider ou non cette hypothèse. Sur la figure donnée ci-après, pour la représentation de la règle d'Amenhotep supposée être utilisée vers Louxor-Karnak, on voit que cette hypothèse est absurde ; on voit d'ailleurs, que la règle n'est pas utilisable pour une grande période de l'hiver, l'ombre de midi tombant dans ce cas dans l'intervalle 4-5.
vignette|centre|300 px|Midi au Soleil, aux solstices, à Louxor.
s'il s'agit d'indications « horaires », pour une même latitude, la hauteur du Soleil variant en fonction des saisons pour une même heure, cette hypothèse doit être, elle aussi, rejetée ;
300px|vignette|centre|Heures solaires égales d'été et d'hiver à Louxor.
il peut peut-être s'agir de la transposition d'une table d'ombre simple, pour une saison donnée comme indiqué ci-dessous, la table d'ombre correspondant aux deux dernières colonnes du tableau. Chaque intervalle correspondrait alors à une « heure de gnomon ». Cette hypothèse est-elle plausible Pour la règle de , la répartition des cinq marques ne suit pas la même progression que pour celle d', probablement au même lieu, Louxor ; les rapports successifs L/h sont de : 6,17 ; 4,14 ; 2,5 ; 1,25 ; 0,4.) ? + Règle en L d', transposition d'une table d'ombre ? Marque Long. Long / h gnomon L f(h gnomon) Long. ombre 1 105 5,25 5 100 2 70 3,5 3,5 ou 7/2 70 3 43 2,15 2 40 4 25 1,25 1 20 5 10 0,5 0,5 ou 1/2 10 6 0 - - -
pour finir, il peut s'agir tout simplement de marquer des instants, instants de dévotions par exemple, ou de définir des intervalles de temps visuels divisant les deux demi-journées grossièrement en quatre, cinq ou six parties.
Ces deux dernières hypothèses (instants ou divisions) sont les plus vraisemblables. Pour finir, après comparaison avec de véritables heures temporaires, on s'aperçoit qu'il n'existe guère de lien avec la réalité physique des heures. Ces marques sont donc considérées aujourd'hui, comme indéterminées et tracées très probablement de façon empirique.
De ces règles en L, on ne peut déduire que : le demi-jour était divisé empiriquement en n parties, de quatre à six (probable) en fonction du mobilier trouvé ; l'origine du jour était possiblement le lever du Soleil à l'horizon impossible à marquer sur une règle horizontale ; il pourrait s'agir plus vraisemblablement de la fin de la nuit marquée par le lever héliaque des étoiles de référence, ceci pour faire le lien jour-nuit dans un nyctémère Le talon de la règle d' comporte une représentation de la déesse Sothis, la « maîtresse de l'année», liée à son lever héliaque. .
600px|vignette|centre|Schéma de mise en place des heures de gnomon.
Plus tard, des instruments plus élaborés, telle la règle pentée étudiée par Ludwig Borchardt et datant d'environ -320 ont été considérés comme horloges solaires : en -320, les premiers cadrans solaires grecs existent et les inscriptions sur l'horloge de Borchardt étant en grec, ce ne serait alors qu'une adaptation à un instrument égyptien d'informations fournies par les cadrans grecs. Une analyse gnomonique du matériel serait néanmoins souhaitable pour infirmer ou confirmer l'hypothèse de Borchardt..
vignette|centre|Règle pentée (-320), d'après Borchardt.
Heures de clepsydre vignette|Extérieur d'une clepsydre, telle celle de Karnak. Les clepsydres égyptiennes, qui sont en fait des horloges hydrauliques primitives, font leur apparition dans la vallée du Nil vers -1500 et la plus ancienne connue, la clepsydre de Karnak est datée de -1350. Elles succèdent aux horloges stellaires du millénaire précédent, et en sont un peu leur transposition.