Le musée du Louvre est un musée parisien situé au sein du palais du Louvre dans le . Il a le statut de musée national en France. Ordonnées en neuf départements, ses collections présentent l'art occidental du Moyen Âge à 1848, celui des civilisations antiques qui l'ont précédé et influencé (orientales, égyptienne, grecque, étrusque et romaine), les arts des premiers chrétiens et ceux de l'islam. Avec de salles et de galeries, il s'agit du plus grand musée d'art du monde devant le musée de l'Ermitage. () en Russie et le musée national de Chine ().
Immense résidence royale de huit cents ans, sur la rive droite de la Seine, le palais du Louvre est étroitement lié aux arts et à leur conservation. Au , en fait l'emblème de la Renaissance en plein Paris. À la suite du départ de pour le château de Versailles à la fin du , sont entreposées une partie des collections royales de tableaux et de sculptures antiques. Pendant un siècle, le palais héberge plusieurs académies dont celle de peinture et de sculpture, ainsi que divers artistes et leurs ateliers logés par le roi. Le projet naît au siècle des Lumières d'y présenter au public les chefs-d'œuvre de la collection de la Couronne. La Révolution accomplit ce dessein en inaugurant le musée en août 1793, à l'occasion de l'anniversaire de la chute de la monarchie. Il sera par la suite enrichi, agrandi et remanié par les régimes ultérieurs.
Depuis la fin du Moyen Âge, les souverains français s'attachaient à passer des commandes aux plus grands artistes européens et à rassembler les chefs-d'œuvre de leur temps et des époques passées. Augmentées à l'ouverture en 1793 par les œuvres confisquées chez des nobles émigrés ou dans des églises, ces collections ne cessent de s'enrichir par des prises de guerre, acquisitions, mécénats, legs, donations, et découvertes archéologiques au cours des deux siècles suivants. En 2019, le Louvre conserve plus de , dont plus de sont exposées. Parmi ses pièces les plus célèbres figurent La Joconde, la Vénus de Milo, Le Scribe accroupi, la Victoire de Samothrace et le Code de Hammurabi..
Avec de visiteurs en 2024, dont trois quarts d'étrangers, le Louvre est le musée d'art le plus visité au monde et le site culturel payant le plus fréquenté de France. Les aménagements des années 1980 l'ont adapté au tourisme de masse. Le palais comprend également le musée des Arts décoratifs et l'École du Louvre. La statue équestre de , dans la cour Napoléon, marque le point de départ de l'axe historique parisien.
Variété des œuvres exposées Le Louvre couvre une chronologie et une aire géographique étendues, depuis l'Antiquité jusqu'à 1848 et de l'Europe occidentale jusqu'à l'Iran, via la Grèce, l'Égypte et le Proche-Orient. Selon le récolement achevé en 2014, les collections comptaient . La somme des nombres d'œuvres indiquées pour les différents départements dans ce document est toutefois de seulement. réparties alors en huit départements : « Antiquités égyptiennes » (), « Antiquités orientales » (), « Antiquités grecques, étrusques et romaines » (), « Arts de l'Islam » (), « Peintures » (), Sculptures (), « Objets d'art » () et « Arts graphiques » (), augmentés de la « collection Rothschild » () et de la « Chalcographie » (). En 2022 a été créé le neuvième département « Arts de Byzance et des Chrétientés en Orient ». sont répertoriées, avec leur notice, dans la base Collections., qui a succédé à la base Atlas.
Les œuvres du musée sont de nature variée : peintures, sculptures, dessins, céramiques, objets archéologiques, objets d'art de divers matériaux, entre autres. Parmi les pièces les plus célèbres se trouvent le Code de Hammurabi, la Vénus de Milo, La Joconde de Léonard de Vinci, La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix ou la Victoire de Samothrace restaurée en 2014.
Histoire du palais du Louvre
vignette|La cour Napoléon et la pyramide de Ieoh Ming Pei, au crépuscule.
L'origine du Louvre est un château fort, construit par le roi Philippe Auguste en 1190, qui occupe originellement le quart sud-ouest de l'actuelle Cour carrée. La forteresse constituait un quadrilatère d'environ 70 à de côté, entouré de fossés, flanqué de tours et possédant deux entrées, au centre duquel se trouve un puissant donjon, la Grosse tour du Louvre. L'une de ses principales missions est alors la surveillance de la partie aval de la Seine, l'une des voies traditionnelles empruntées lors des invasions et razzias depuis l'époque des Vikings. Au , Charles V le Sage fait du château une résidence royale.
En 1546, commence la transformation de la forteresse en palais : il fait abattre la partie ouest de l'enceinte médiévale, qu'il fait remplacer par une aile de style Renaissance érigée par Pierre Lescot. Ces travaux se poursuivent sous le règne d' : la partie sud de l'enceinte du « vieux Louvre » est à son tour démolie pour elle aussi laisser place à une aile Renaissance.
En 1594, décide d'unir le palais du Louvre au palais des Tuileries construit par Catherine de Médicis : c'est le « Grand Dessein », dont la première étape est la Grande Galerie, qui longe la Seine sur .
Sous le règne de et , l'ancienne cour de la Renaissance quadruple de taille et devient la Cour carrée, édifiée par les architectes Lemercier puis Le Vau, et donne au palais sa nouvelle façade : la Colonnade du Louvre. La décoration et l'aménagement du palais sont alors dirigés par des peintres comme Poussin, Romanelli et . Mais tout ceci est brutalement interrompu lorsque choisit Versailles comme centre du pouvoir et résidence royale en 1678.
Le Louvre reste alors longtemps tel quel. Ce n'est qu'au que de nouveaux projets, menés notamment par Gabriel et Soufflot, viennent continuer le « Grand Dessein ». Un de ces nouveaux projets est celui de transformer le Louvre en musée. Il prend naissance sous , mais n'aboutira véritablement qu'avec la Révolution. Le « Grand Dessein » est achevé par Napoléon III en 1857 : une aile en symétrie de la Grande Galerie est édifiée le long de la rue de Rivoli et termine enfin la réunion aux Tuileries. Cependant, après la Commune de Paris de 1871 et l'incendie puis la destruction du palais des Tuileries, le Louvre trouve sa forme actuelle, ouverte sur le jardin des Tuileries.
À la fin du , sous le président de la République François Mitterrand, la pyramide du Louvre de l'architecte Ieoh Ming Pei est inaugurée en 1989, après la construction du premier Louvre.
En 2025, face à la vétusté de certains bâtiments, des mesures de réhabilitation sont annoncées par Emmanuel Macron, notamment la création d'une nouvelle « grande entrée ».. La durée des travaux est estimée à 10-15 ans.. Un concours international d'architecture est lancé le 27 juin 2025..
Histoire du musée thumb|
Origines de la collection et du musée Collection de la Couronne Premières collections royales et princières À partir de et de ses frères Louis d'Anjou, roi de Naples et de Sicile, Jean, duc de Berry et Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, va se développer un goût du luxe qui les conduit à faire à de nombreux artistes des commandes de livres enluminés, d'étoffes et de pièces d'orfèvrerie.
Les œuvres ayant appartenu à ces princes ont pour la plupart été données à des institutions religieuses après leur mort. Elles ne sont entrées au musée du Louvre que par des achats de collectionneurs ou les saisies révolutionnaires.
a acquis les premiers tableaux italiens de la collection de la Couronne. Léonard de Vinci lui a fait parvenir une Madone en 1507, qui a disparu. Il est peut-être le premier propriétaire de la Vierge aux Rochers. Le tableau de Fra Bartolomeo, Noli me tangere, est probablement celui que Domenico Perini a acheté en 1506 avec une Nativité, perdue, et qui ont été envoyés en FranceSous la direction de Sylvie Béguin, Le florentin au Louvre, , Éditions de la Réunion des Musées nationaux (collection Les dossiers du département des peintures, ), Paris, 1982..
François et le premier cabinet de tableaux est le premier roi de France à constituer un « cabinet de tableaux », c'est-à-dire une collection de peintures de chevalet non liées à la décoration des demeures royales et pouvant être exposées indépendammentMartine Witkowski, François Ier amateur d'art : les collections royales dans la première moitié du , thèse de doctorat en histoire de l'art sous la direction d'Antoine Schnapper, Université Paris-Sorbonne, 1994, 2 vol.. Ayant réussi à faire venir Léonard de Vinci en France en 1516, le roi achète du vivant de l'artiste, en 1518 - Léonard de Vinci meurt le 2 mai 1519 - les tableaux que celui-ci possédait, à son élève Salai. :
Les cheminements de deux tableaux après la mort de l'artiste, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne et Saint Jean Baptiste, ont été discutés. Pour le premier, les historiens de l'art ont écrit qu'il a été acheté par le cardinal de Richelieu en 1629 et offert à Louis XIII vers 1636-1639, mais Bernard Jestaz a montré qu'il a bien été acheté par François . Le second a été donné à Charles , roi d'Angleterre, par Roger du Plessis de Liancourt, puis acheté par Jabach qui l'a vendu à Louis XIV en 1662.. Des récits signalent un tableau représentant Léda qui a disparu, probablement détruit, ainsi que l’Enlèvement de ProserpineLaure Fagnart, Léonard de Vinci en France : collections et collectionneurs : , Rome, L'Erma di Bretschneider, 2009, 401 p. ..
Grâce à des conseillers artistiques comme Battista della Palla, Giovan Battista Puccini et Pietro Aretino, le roi fait venir d'Italie d'autres artistes pour assurer la décoration de ses châteaux, en particulier le château de Fontainebleau où est créée la première école de Fontainebleau. C'est grâce à l'intervention de Puccini qu'Andrea del Sarto vient en France en 1518 où d'après Giorgio Vasari il réalise de nombreux tableaux, aujourd'hui disparus pour la plupart, avant son retour à Florence en 1520.
Les tableaux conservés dans l'appartement des Bains, sous la galerie du château de Fontainebleau, ont souffert de l'humidité.
Le roi fait aussi acheter des tableaux. Connaissant son goût pour l'art italien, la papauté et les principautés italiennes lui offrent des œuvres d'art, comme les sculptures des esclaves de Michel-Ange offertes par Roberto Strozzi..
D'Henri à Henri vignette|
Les troubles religieux qui commencent à apparaître à la fin du règne du roi vont limiter les achats d'œuvres d'art. Cette période est surtout marquée par la construction de nouveaux châteaux et palais, comme le début de la transformation du château du Louvre en palais. L'essentiel des tableaux entrés dans la collection de la couronne sont des portraits de François Clouet et son école ou de Corneille de Lyon.
Henri et Marie de Médicis pendant la minorité de Louis Il faut attendre la fin des guerres de religion avec Henri pour voir la reprise de l'achat de tableaux et le développement d'une seconde école de Fontainebleau. Le roi a fait construire la Grande Galerie du palais du Louvre reliant la Petite galerie construite par au palais des Tuileries construit par Catherine de Médicis et il prévoit d'y loger des artistes travaillant pour lui. En 1608, il nomme « garde des tableaux » le peintre Jean de Hoey, petit-fils de Lucas de Leyde, pour « les peintures des vieux tableaux de Sa Majesté au château de Fontainebleau, tant pour rétablir ceux qui sont gastez, peints à l'huile sur bois ou sur toile, ensemble pour nettoyer les bordures des autres tableaux à fresque des chambres, salles, galeries, cabinets d'iceluy château ». À sa mort, en 1615, la charge passe à son fils Claude (1585-1660), puis à son petit-fils Jacques de Hoey, qui a suivi les tableaux de Fontainebleau quand ils ont été installés au palais du Louvre, et qui est garde du cabinet des peintures du Louvre entre 1618 et 1623. On connaît les œuvres se trouvant au château de Fontainebleau par le témoignage, en 1625, de Cassiano dal Pozzo et celui du père Pierre Dan qui, en 1642, a écrit Trésors des merveilles de la maison royale de Fontainebleau..