Les élections parlementaires italiennes de () se tiennent les dimanche et lundi , afin d'élire les et les de la VII législature de la Chambre des députés et du Sénat de la République.

Quelques semaines après avoir formé son cinquième gouvernement, le président du Conseil Aldo Moro remet sa démission en conséquence des fortes dissensions internes à la Démocratie chrétienne (DC). Le président Giovanni Leone prend alors la décision de dissoudre le Parlement un avant le terme naturel de la législature. Un scrutin est organisé un an avant l'échéance prévue.

Il est organisé dans un contexte de moindre influence de la puissante Démocratie chrétienne (DC), au pouvoir sans discontinuer depuis . Lors d'un référendum en , les électeurs ont rejeté à une large majorité l'abrogation de la loi sur le divorce, défendue par les démocrates chrétiens. Un an plus tard, lors des élections régionales de , le Parti communiste italien (PCI) obtient 33,5%, talonne la DC et s'impose dans sept régions sur 15, dont le Latium.

Si la Démocratie chrétienne remporte les élections parlementaires anticipées, elle stagne dans les deux chambres. C'est le Parti communiste qui apparaît comme le grand gagnant du scrutin : en progression de sept points, il parvient à capter pour la première fois plus du tiers des suffrages exprimés. Le taux de participation dépasse une nouvelle fois les 93 % et se trouve le plus élevé depuis .

Le président Leone confie à Giulio Andreotti le mandat de former un nouvel exécutif. Après un accord entre le secrétaire de la DC Benigno Zaccagnini et celui du PCI Enrico Berlinguer, Andreotti constitue un gouvernement minoritaire qui bénéficie de l'abstention des communistes au Parlement. Cette coopération est la première étape du cher à Moro et Berlinguer.

Contexte Les élections de 1972 : la stabilité de la DC, la poussée du MSI Aux élections parlementaires anticipées du , les premières à se tenir avant le terme de la législature depuis la proclamation de la République, la Démocratie chrétienne (DC) continue de dominer le paysage politique en réunissant 38,6 % des voix à la Chambre des députés et 38,1 % au Sénat de la République.

Elle devance très nettement le Parti communiste italien (PCI) d'Enrico Berlinguer, qui réunit 27,2 % des suffrages à la Chambre et 27,6 % au Sénat. Les communistes s'imposent dans leurs fiefs d'Émilie-Romagne, d'Ombrie et de Toscane, tandis que les démocrates chrétiens dominent le reste du pays, au nord comme au sud.

Troisième, le Parti socialiste italien (PSI) remporte 9,6 % des voix à la chambre basse et 10,7 % à la chambre haute. Il est talonné par le Mouvement social italien (MSI), qui double sa représentation parlementaire en totalisant 8,7 % des exprimés à la Chambre des députés et 9,2 % au Sénat de la République. La cinquième position revient au Parti social-démocrate italien (PSDI), qui obtient 5,1 % des suffrages à la Chambre des députés et 5,4 % au Sénat.

De la reconduction d'Andreotti au retour de Rumor 110px|vignette|gauche|Giulio Andreotti ne reste qu'un an au pouvoir. Président du Conseil des ministres sortant et figure de la DC, Giulio Andreotti reçoit du président de la République Giovanni Leone le mandat de former une majorité parlementaire. Il met alors sur pied une coalition qui associe la DC au PSDI et au Parti libéral italien (PLI), qui bénéficie du soutien sans participation du Parti républicain italien (PRI).

Renommé à la tête de l'exécutif, il devient le second et dernier chef du gouvernement à conserver ses responsabilités après des élections parlementaires. Lui et ses ministres prêtent serment le , presque deux mois après la tenue des élections.

Il remet sa démission le , après avoir perdu l'appui du PRI en raison de son projet de réforme télévisuelle. Le suivant, Mariano Rumor lui succède à la tête de son quatrième cabinet. À cette occasion, il assure la remise en place du qui rassemble la DC, le PSI, le PSDI et le PRI. Les républicains renoncent à leurs ministères le , ce qui amène à la formation du gouvernement Rumor , que le PRI soutient de l'extérieur.

Référendum sur le divorce de 1974 et régionales : la DC en recul 110px|vignette|Après Andreotti puis Rumor, c'est à Aldo Moro que Giovanni Leone fait appel pour diriger l'exécutif. Les et , l'Italie organise son premier depuis l'entrée en vigueur de la Constitution, visant à la suppression de la , rapidement connu comme le . La DC et le MSI font alors campagne pour le , afin que le texte disparaisse, tandis que les autres formations défendent le , donc le maintien de la loi. La participation atteint 87,7 % des inscrits et l'abrogation est rejetée à 59,3 %. Même des fiefs de la DC comme la Lombardie ou la Sicile votent majoritairement .

Les désaccords croissants entre la DC et le PSI amènent Rumor à renoncer le . Le chef de l'État confie alors au ministre des Affaires étrangères Aldo Moro le soin de trouver une nouvelle majorité. Il est assermenté près de deux mois plus tard, le . Seuls la Démocratie chrétienne et le Parti républicain siègent dans son quatrième cabinet, qui bénéficie du soutien sans participation du Parti socialiste et du Parti socialiste démocrate.

Aux élections régionales des et , la DC vire de nouveau en tête mais de très peu. Totalisant 35,3 % des voix et régionaux dans les 15 régions soumettant leur assemblée à renouvellement, elle est suivie de près par le PCI. Ce dernier réunit 33,5 % des suffrages et . Il arrive en tête dans sept régions, contre trois en . Il devance en effet le principal parti italien dans les Abruzzes, le Latium, la Ligurie et le Piémont, en plus de ses victoires habituelles en Émilie-Romagne, Ombrie et Toscane. Seules les Abruzzes conservent finalement leur président démocrate chrétien.

Des dissensions à la dissolution Le 31 décembre 1975, Francisco De Martin, secrétaire du parti socialiste italien, exige d'associer les communistes à la majorité au pouvoir"La démission de M. Moro éviterait au gouvernement d'être mis en minorité. Quatre mois de crise à Rome" par Robert Solé le 3 mai 1976 et le PSI finit par retirer son appui à Aldo Moro, qui doit démissionner le . Confirmé par Giovanni Leone, il constitue un exécutif minoritaire monocolore qui dispose du soutien sans participation du PSDI, et de l'abstention du PSI et du PRI. Si la motion du président du Conseil l'emporte de justesse face à la droite de la DC au congrès national le , le premier parti d'Italie est de plus en plus divisé, comme l'avait révèlé en 1974 le vote de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. Prenant acte de ces dissensions, Moro finit par remettre sa démission le . Le lendemain, le chef de l'État prononce la dissolution des chambres.

Mode de scrutin

Pour la Chambre des députés La Chambre des députés () est élue au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans.

Le territoire italien est divisé en , et la Vallée d'Aoste, qui n'élit qu'un représentant selon le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Il n'y a pas de seuil électoral.

Le jour du vote, chaque électeur choisit dans sa circonscription une liste de candidats, et peut émettre jusqu'à quatre votes de préférence. À l'issue du scrutin, les sièges sont répartis à la proportionnelle d'Impériali et attribués en priorité aux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix préférentielles.

Les sièges qui n'ont pas été attribués et les voix qui n'ont pas été utilisées sont ensuite rassemblés au niveau national et distribués à la proportionnelle de Hare entre les formations politiques qui ont obtenu un député de circonscription ou nationalement. Ces mandats de députés sont ensuite attribués, pour les partis qui en bénéficient, dans les circonscriptions où ils comptent le plus de votes résiduels.

N° Nom Provinces Électeurs Sièges Carte 1 Turin Turin, Novare, Verceil 38 325px 2 Coni Coni, Alexandrie, Asti 16 3 Gênes Gênes, Imperia, La Spezia, Savone 22 4 Milan Milan, Pavie 52 5 Côme Côme, Sondrio, Varèse 19 6 Brescia Brescia, Bergame 21 7 Mantoue Mantoue, Crémone 8 8 Trente Trente, Bolzano 9 9 Vérone Vérone, Padoue, Vicence, Rovigo 28 10 Venise Venise, Trévise 16 11 Udine Udine, Belluno, Gorizia, Pordenone 13 12 Bologne Bologne, Ferrare, Ravenne, Forlì-Cesena 27 13 Parme Parme, Modène, Piacenza, Reggio d'Émilie 19 14 Florence Florence, Pistoia 15 15 Pise Pise, Livourne, Lucques, Massa-Carrara 14 16 Sienne Sienne, Arezzo, Grosseto 9 17 Ancône Ancône, Pesaro et Urbino, Macerata, Ascoli Piceno 16 18 Pérouse Pérouse, Terni, Rieti 12 19 Rome Rome, Viterbe, Latina, Frosinone 55 20 L'Aquila L'Aquila, Pescara, Chieti, Teramo 14 21 Campobasso Campobasso, Isernia 4 22 Naples Naples, Caserte 39 23 Bénévent Bénévent, Avellino, Salerne 18 24 Bari Bari, Foggia 23 25 Lecce Lecce, Brindisi, Tarente 18 26 Potenza Potenza, Matera 8 27 Catanzaro Catanzaro, Cosenza, Reggio de Calabre 23 28 Catane Catane, Messine, Syracuse, Raguse, Enna 29 29 Palerme Palerme, Trapani, Agrigente, Caltanissetta 25 30 Cagliari Cagliari, Sassari, Nuoro, Oristano 16 31 Aoste Vallée d'Aoste 1 32 Trieste Trieste 3

Pour le Sénat de la République Le Sénat de la République () est élu au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans par les Italiens âgés d'au moins .

Le territoire italien est divisé en qui correspondent aux régions, et la Vallée d'Aoste, qui n'élit qu'un parlementaire selon le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Conformément à l'article 57 de la Constitution de , chaque région dispose d'au moins sept sénateurs, sauf le Molise qui en a deux. Il n'y a pas de seuil électoral.

Les circonscriptions sont divisées en un certain nombre de collèges électoraux (238 au total). Pour l'emporter dans un collège, un candidat doit réunir un nombre de suffrages équivalent à 65 % des votants au moins. Pour les collèges où ce seuil n'est pas atteint (313 sur 315 en ), les voix de chaque candidat sont regroupées par parti, au niveau régional, et les sièges à pourvoir sont distribués à la proportionnelle d'Hondt. Les mandats sont attribués, pour chaque parti, aux candidats ayant le plus fort quotient individuel (qui correspond au ratio entre les suffrages obtenus et le nombre de votants dans les différents collèges électoraux).

N° Nom/Région Électeurs Sièges Carte 1 Piémont 25 325px 2 Vallée d'Aoste 1 3 Lombardie 48 4 Trentin-Haut-Adige 7 5 Vénétie 23 6 Frioul-Vénétie Julienne 7 7 Ligurie 10 8 Émilie-Romagne 22 9 Toscane 20 10 Ombrie 7 11 Marches 8 12 Latium 27 13 Abruzzes 7 14 Molise 2 15 Campanie 29 16 Pouilles 20 17 Basilicate 7 18 Calabre 11 19 Sicile 26 20 Sardaigne 8

Campagne Principales forces politiques Parti Idéologie Secrétaire Démocratie chrétienneDemocrazia Cristiana CentreDémocratie chrétienne, antifascisme, anticommunisme Benigno Zaccagnini Parti communiste italienPartito Comunista Italiano GaucheCommunisme, eurocommunisme, marxisme-léninisme Enrico Berlinguer Parti socialiste italienPartito Socialista Italiano GaucheSocialisme, réformisme, marxisme Francesco De Martino Mouvement social italien – Droite nationaleMovimento Sociale Italiano - Destra Nazionale Extrême droiteNéofascisme, nationalisme, anticommunisme Giorgio Almirante Parti social-démocrate italienPartito Socialista Democratico Italiano Centre gaucheSocial-démocratie, socialisme Giuseppe Saragat Parti libéral italienPartito Liberale Italiano Centre droitLibéralisme, libérisme Valerio Zanone

Résultats Chambre des députés Parti Suffrages Sièges Voix % Députés +/- Démocratie chrétienne (DC) 38,71 262 4 Parti communiste italien (PCI) 34,37 228 49 Parti socialiste italien (PSI) 9,64 57 4 Mouvement social italien - Droite nationale (MSI-DN) 6,10 35 21 Parti social-démocrate italien (PSDI) 3,38 15 14 Parti républicain italien (PRI) 3,09 14 1 Démocratie prolétarienne (DP) 1,52 6 6 Parti libéral italien (PLI) 1,31 5 15 Parti radical (PR) 1,07 4 4 Autres 0,81 4 Votes valides 97,23 Votes blancs et nuls 2,77 Total 100,00 630 Abstention 6,61 Inscrits / participation 93,39

Sénat de la République