Les élections parlementaires italiennes de () se tiennent les dimanche et lundi , afin d'élire les et les de la V législature de la Chambre des députés et du Sénat de la République.
Ce scrutin intervient au terme naturel de la IV législature, marquée par une certaine stabilité puisque seuls deux présidents du Conseil se succèdent, dont Aldo Moro qui exercera la direction du gouvernement pendant plus de quatre ans et demi. Il gouverne avec l'appui du , qui associe la Démocratie chrétienne (DC) au Parti socialiste italien (PSI), au Parti social-démocrate italien (PSDI) et au Parti républicain italien (PRI).
Le scrutin de est marqué par une remontée de la DC, qui échoue cependant à repasser la barre des 40 %, et une nouvelle poussée du Parti communiste italien (PCI). En revanche, avec moins de 15 % des voix le nouveau Parti socialiste unifié (PSU), qui réunit le PSI et le PSDI, subit un net échec. Il le doit notamment au Parti socialiste italien d'unité prolétarienne (PSIUP), scission de gauche du PSI qui devance le Mouvement social italien (MSI).
Après que Mariano Rumor a échoué à remettre sur pied une majorité de centre gauche, le président Giuseppe Saragat en appelle à Giovanni Leone, qui reconstitue à la fin du mois de un cabinet minoritaire dans l'attente de la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale.
Contexte : la DC cale Aux élections parlementaires des et , la Démocratie chrétienne (DC) subit un revers. Premier parti d'Italie avec 38,3 % des voix à la Chambre des députés et 34,9 % au Sénat de la République, elle passe pour la première sous le seuil des 40 % depuis la proclamation de la République.
Elle est suivie par le Parti communiste italien (PCI), qui totalise 25,3 % des suffrages exprimés à la Chambre et 23,5 % au Sénat. À l'exception du FDP en , jamais le PCI n'était parvenu à capter le vote d'un électeur sur quatre au cours des élections parlementaires. Il s'impose ainsi dans deux nouvelles Régions en plus de sa victoire habituelle en Émilie-Romagne. Le Parti socialiste italien (PSI) reste la troisième force de la scène politique en réunissant 13,8 % à la chambre basse et 14 % à la chambre haute.
Les plus petits partis enregistrent tous une percée importante. La plus forte poussée du scrutin revient au Parti libéral italien (PLI), qui parvient à obtenir 7 % des voix à la Chambre des députés et 7,5 % au Sénat de la République, augmentant sa représentation parlementaire de , soit une progression de 176 % de son nombre d'élus. Avec 6,1 % des suffrages exprimés à la Chambre et 6,3 % au Sénat, le Parti social-démocrate italien (PSDI) est lui aussi en hausse puisqu'il parvient à doubler la taille de ses deux groupes parlementaires. Il devance de peu le Mouvement social italien (MSI), qui remporte 5,1 % à la chambre basse et 5,2 % à la chambre haute, ce qui lui permet de multiplier par deux son nombre de sénateurs.
Six mois de pouvoir de Giovanni Leone 110px|vignette|gauche|Giovanni Leone gouverne en attendant une coalition de centre gauche. À l'ouverture de la IV législature le , le député démocrate chrétien de Naples Giovanni Leone est réélu président de la Chambre des députés par favorables au premier tour, contre 138 au député communiste de Palerme Girolamo Li Causi et blancs. En parallèle, le sénateur à vie indépendant Cesare Merzagora est réélu président du Sénat de la République par en sa faveur et blancs. Il est alors le premier sénateur non-élu à exercer la présidence de la chambre haute du Parlement italien.
Le , le président de la République Antonio Segni donne au secrétaire de la DC et ancien ministre Aldo Moro mandat pour former le nouveau gouvernement, et celui-ci annonce son objectif de constituer une majorité de centre gauche avec le PSI, le PSDI et le Parti républicain italien (PRI).. Après que le Parti socialiste a finalement renoncé à soutenir une telle formule, Moro renonce à sa mission au bout de trois semaines, le ..
Dès le lendemain, il confie un mandat exploratoire à Giovanni Leone, dont l'objectif est alors de constituer un gouvernement minoritaire monocolore de transition, bénéficiant du soutien sans participation du PSDI et du PRI, et de l'abstention du PSI.. Il présente son cabinet uniquement formé de ministres issus de la DC trois jours plus tard, le .. Renonçant à présider la Chambre des députés, il est remplacé dans cette fonction par le vice-président Brunetto Bucciarelli-Ducci, élu le avec favorables.
Après moins de cinq mois de pouvoir, il remet sa démission à Antonio Segni le , afin de permettre la désignation d'un nouveau président du Conseil et la constitution d'une majorité de centre gauche..
La longévité d'Aldo Moro vignette|110px|Aldo Moro gouverne plus de quatre ans avec l'appui du centre gauche. À peins six jours plus tard, le président de la République confie à Aldo Moro le mandat de constituer un nouvel exécutif.. Il parvient à conclure un accord de majorité avec le Parti socialiste, le Parti socialiste démocrate et le Parti républicain le . et son premier gouvernement est assermenté le .. Il marque la première participation du PSI à un exécutif depuis la proclamation de la République et la première collaboration de celui-ci avec le PSDI depuis leur scission en . Cette première conduit d'ailleurs à une scission de la gauche du parti, qui forme le Parti socialiste italien d'unité prolétarienne (PSIUP), qui rassemble et .
Le cabinet remet sa démission dès le , après avoir été mis en minorité lors de l'examen d'un chapitre du projet de loi de finances. Une semaine après, le chef de l'État demande au président du Conseil démissionnaire de reconstituer une équipe ministérielle.. Le gouvernement Moro prête serment un peu moins d'un mois après la crise ministérielle, le ..
Le , alors qu'il s'entretient avec Moro et Saragat, le président de la République est victime d'un accident vasculaire cérébral.. Il est remplacé à titre provisoire par le président du Sénat Cesare Merzagora trois jours plus tard, en application de l'article 86 de la Constitution.. Alors que l'empêchement du chef de l'État dure depuis près de quatre mois, il annonce le qu'il se démet de ses fonctions avec effet immédiat.. Le président de la Chambre des députés Brunetto Bucciarelli-Ducci convoque alors le collège électoral au palais Montecitorio le .
L'élection présidentielle oppose initialement Giovanni Leone de la DC, Umberto Terracini du PCI et Giuseppe Saragat du PSDI. À partir du , une alternative apparaît chez les démocrates chrétiens en la personne d'Amintore Fanfani et au , Saragat se retire. Le voit Pietro Nenni postuler et deux tours plus tard, l'hypothèse Fanfani s'estompe. Leone renonce au et Nenni reste seul candidat sans atteindre la majorité requise. Alors que Saragat fait son retour au , le vice-président du Conseil renonce au , permettant l'élection du ministre des Affaires étrangères avec 67,1 % des suffrages exprimés le . Il est assermenté dès le lendemain et devient alors le premier socialiste à s'installer au palais du Quirinal.
Le gouvernement démissionne le après avoir perdu un vote sur une réforme scolaire.. À peine quatre jours plus tard, le président du Conseil est invité par le chef de l'État à constituer un troisième exécutif.. Il est le premier depuis Alcide De Gasperi à tenter de former trois cabinets consécutifs. Alors que les quatre partis de la majorité sortante s'accordent sur un nouveau pacte de coalition dès le ., Moro renonce à son mandat exploratoire deux jours après.. Le président Saragat lui demande toutefois le de sonder ses partenaires avant de confier un nouveau mandat exploratoire.. Finalement le , le président de la République donne à nouveau au président du Conseil sortant la mission de mettre sur un pied un nouvel exécutif.. Le gouvernement Moro , dernier de la législature, prête serment une semaine plus tard..
Mode de scrutin
Pour la Chambre des députés La Chambre des députés () est élue au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans.
Le territoire italien est divisé en , et la Vallée d'Aoste, qui n'élit qu'un représentant selon le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Il n'y a pas de seuil électoral.
Le jour du vote, chaque électeur choisit dans sa circonscription une liste de candidats, et peut émettre jusqu'à quatre votes de préférence. À l'issue du scrutin, les sièges sont répartis à la proportionnelle d'Impériali et attribués en priorité aux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix préférentielles.
Les sièges qui n'ont pas été attribués et les voix qui n'ont pas été utilisées sont ensuite rassemblés au niveau national et distribués à la proportionnelle de Hare entre les formations politiques qui ont obtenu un député de circonscription ou nationalement. Ces mandats de députés sont ensuite attribués, pour les partis qui en bénéficient, dans les circonscriptions où ils comptent le plus de votes résiduels.
N° Nom Provinces Électeurs Sièges Carte 1 Turin Turin, Novare, Verceil 32 325px 2 Coni Coni, Alexandrie, Asti 15 3 Gênes Gênes, Imperia, La Spezia, Savone 22 4 Milan Milan, Pavie 47 5 Côme Côme, Sondrio, Varèse 17 6 Brescia Brescia, Bergame 20 7 Mantoue Mantoue, Crémone 9 8 Trente Trente, Bolzano 9 9 Vérone Vérone, Padoue, Vicence, Rovigo 28 10 Venise Venise, Trévise 18 11 Udine Udine, Belluno, Gorizia, Pordenone 15 12 Bologne Bologne, Ferrare, Ravenne, Forlì-Cesena 25 13 Parme Parme, Modène, Piacenza, Reggio d'Émilie 20 14 Florence Florence, Pistoia 16 15 Pise Pise, Livourne, Lucques, Massa-Carrara 15 16 Sienne Sienne, Arezzo, Grosseto 9 17 Ancône Ancône, Pesaro et Urbino, Macerata, Ascoli Piceno 17 18 Pérouse Pérouse, Terni, Rieti 13 19 Rome Rome, Viterbe, Latina, Frosinone 47 20 L'Aquila L'Aquila, Pescara, Chieti, Teramo 15 21 Campobasso Campobasso 5 22 Naples Naples, Caserte 38 23 Bénévent Bénévent, Avellino, Salerne 21 24 Bari Bari, Foggia 23 25 Lecce Lecce, Brindisi, Tarente 19 26 Potenza Potenza, Matera 8 27 Catanzaro Catanzaro, Cosenza, Reggio de Calabre 26 28 Catane Catane, Messine, Syracuse, Raguse, Enna 29 29 Palerme Palerme, Trapani, Agrigente, Caltanissetta 29 30 Cagliari Cagliari, Sassari, Nuoro 19 31 Aoste Vallée d'Aoste 1 32 Trieste Trieste 3
Pour le Sénat de la République Le Sénat de la République () est élu au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans par les Italiens âgés d'au moins .
Le territoire italien est divisé en qui correspondent aux régions, et la Vallée d'Aoste, qui n'élit qu'un parlementaire selon le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Conformément à l'article 57 de la Constitution de , chaque région dispose d'au moins sept sénateurs, sauf le Molise qui en a deux. Il n'y a pas de seuil électoral.
Les circonscriptions sont divisées en un certain nombre de collèges électoraux (238 au total). Pour l'emporter dans un collège, un candidat doit réunir un nombre de suffrages équivalent à 65 % des votants au moins. Pour les collèges où ce seuil n'est pas atteint (312 sur 315 en ), les voix de chaque candidat sont regroupées par parti, au niveau régional, et les sièges à pourvoir sont distribués à la proportionnelle d'Hondt. Les mandats sont attribués, pour chaque parti, aux candidats ayant le plus fort quotient individuel (qui correspond au ratio entre les suffrages obtenus et le nombre de votants dans les différents collèges électoraux).
N° Nom/Région Électeurs Sièges Carte 1 Piémont 24 325px 2 Vallée d'Aoste 1 3 Lombardie 45 4 Trentin-Haut-Adige 7 5 Vénétie 23 6 Frioul-Vénétie Julienne 7 7 Ligurie 11 8 Émilie-Romagne 22 9 Toscane 20 10 Ombrie 7 11 Marches 8 12 Latium 24 13 Abruzzes 7 14 Molise 2 15 Campanie 29 16 Pouilles 21 17 Basilicate 7 18 Calabre 12 19 Sicile 29 20 Sardaigne 9
Campagne Principales forces politiques