Combrée est une ancienne commune française, située dans le Haut-Anjou, le département de Maine-et-Loire en région Pays de la Loire.

Probablement d'origine médiévale, la commune de Combrée est, pendant la Révolution, un haut lieu de la Chouannerie. Commune rurale, elle va voir son potentiel industriel se développer par l'émergence de l'exploitation ardoisière de Bel-Air dès la fin du , s'accompagnant d'un essor démographique qui va y créer le bourg de Bel-Air de Combrée. L'activité ardoisière périclitant, la commune peine à retenir ses habitants dans les années 1970 jusqu'à l'abandon de l'exploitation en 1982. L'Institution libre de Combrée, créée en 1810, permet à la commune d'accueillir sur son territoire plusieurs centaines d'enfants de niveau collège et lycée, jusqu'à la fermeture de l'établissement en 2005 pour des raisons économiques. Combrée reste aujourd'hui le second centre économique du canton de Pouancé, possédant sur son territoire plus d'une soixantaine d'entreprises.

Depuis le , le territoire appartient à la commune d'Ombrée d'Anjou..

Géographie Localisation La commune est située à à l'ouest de la sous-préfecture Segré, et à l'est à la même distance de Pouancé, le chef-lieu de canton.

Géologie et relief Combrée fait partie de l'unité paysagère du Segréen et plus particulièrement de la sous-unité paysagère du Pouancéen, qui se caractérise par un paysage vallonné, aux ondulations orientées d'est en ouest où le maillage bocager tend à se densifier au fur et à mesure que l'on descend dans les vallonsAtlas des paysages du Maine-et-Loire, 2003, Édition le Polygraphe, 164.. Sur le plan géologique, la commune se trouve sur un terrain schisteux, de formation silurienne provenant du massif armoricain.

Le territoire de Combrée s'étage le long d'une ligne de crête et descend dans les vallées de la Verzée et du Misengrain. Au nord, Bel-Air de Combrée et la forêt d'Ombrée s'alignent sur la partie culminante de l'unique ligne de crête traversant la commune, que suit la route départementale 775 depuis Pouancé. Bel-Air de Combrée se trouve à une centaine de mètres d'altitude par rapport au niveau de la mer. Le relief redescend ensuite, le bourg de Combrée s'élevant à environ , et fini par atteindre environ d'altitude dans la vallée..

Hydrographie La commune est traversée d'ouest en est par la Verzée, rejointe par plusieurs ruisseaux coulant le long de la dénivellation, du nord au sud. Parmi ceux-ci, le ruisseau de Gagné, qui forme le plan d'eau de Combrée. Plus à l'est, le ruisseau de Malaunay rejoint également la Verzée. Au nord, dans la forêt d'Ombrée, on trouve plusieurs points d'eau, correspondant aux anciens aménagements d'extraction d'ardoises. Le ruisseau du Misengrain sépare au nord, les communes de Combrée et Bouillé-Ménard.

Climat

La région du Haut-Anjou est caractéristique de la « douceur angevine »Douceur angevine.. Le climat du Maine-et-Loire étant un climat de transition entre le climat océanique de la côte atlantique et le climat continental de la TouraineComité départemental météorologique., les hivers y sont doux et les étés agréables. À l'arrivée des perturbations venant de l'océan, le Haut-Anjou et Combrée sont en deuxième ligne. Le nombre de jours avec précipitations y oscille entre 140 et 150 par an.

Transports Le réseau Anjou bus permet plusieurs arrêts sur les deux agglomérations qui composent la commune.

Urbanisme Morphologie urbaine La commune est composée de deux bourgs. Combrée constitue le bourg historique avec la mairie. Le bourg de Bel-Air de Combrée, appelé localement Bel-Air, est le bourg le plus peuplé, issu des anciennes ardoisières situées aux abords de la forêt d'Ombrée. Il est situé à au nord-est du bourg de Combrée.

Toponymie La première mention de la paroisse en 1072 la désigne sous le nom de Ecclesiam de Cumbreia. En 1125, elle est également mentionnée comme Aecclesiam Combreii et Ecclesia Combreii. En 1374, le nom évolue en Combreya. Selon Albert Dauzat, dans son ouvrage Les noms de lieux de la France, la dénomination de « Combrée » viendrait du celtique *comboros, qui signifiait « confluent »Célestin Port, Dictionnaire historique, géographie et biographique du Maine-et-Loire, 1996..

Histoire Symboles de la ville

Préhistoire et antiquité Une seule et unique hache en pierre a été retrouvée sur le territoire de la commune, témoignant du passage de populations préhistoriques. De la période antique, une quinzaine de monnaies seulement ont été retrouvées. C'est pourquoi la station de « Combaristum » sur la grande voie gallo-romaine d'Angers à Rennes d'après la table de Peutinger est aujourd'hui identifiée avec l'ancienne commune du Châtelais plus au nord, (fusionnée avec la commune nouvelle de Segré-en-Anjou Bleu) plutôt qu'avec Combrée. En effet, de nombreux vestiges gallo-romains et carolingiens y ont été retrouvés.

Moyen Âge L'église est mentionnée dès le , en 1072. Maurice de Vergonnes la tient en fief de la terre de Vern, et donne l'église à l'abbaye Saint-Serge d'Angers. Le fief relevait pour une partie de Pouancé, et pour l'autre de Candé.

Ancien régime Plusieurs épidémies, graves, sévissent en 1638 et 1639. Des forges commencent à s'installer dans la forêt d'Ombrée. En 1634, le montant de la taille s'élève à . Une compagnie de gabelle est installée avant la fin du . Une épidémie de dysenterie touche la commune en 1707. Au , pour , le montant de l'imposition s'élève à . Plusieurs moulins fonctionnent le long de la Verzée, et le produit est vendu à Pouancé, à Segré ou en Bretagne, malgré le peu d'entretien des chemins. On ne trouve à l'époque ni chirurgien, ni sage-femme. L'agriculture s'y développe facilement autour de la culture du seigle, de l'avoine, du blé noir et du lin.

Révolution

En 1790, Combrée devient chef-lieu d'un canton comprenant également Le Bourg-d'Iré, Vergonnes, Noëllet et Noyant-la-Gravoyère. Ce canton est supprimé en l'an III et est intégré au canton de Bouillé-Ménard. Le , entre de Combrée et des paroisses environnantes, opposés au tirage au sort de la levée en masse et armés de fusils, de piques et de bâtons, se dirigent vers le bourg où ils s'emparent de seize fusils, deux sabres et une douzaine de pistolets. Ils désarment les habitants patriotes et se dirigent vers Le Tremblay où ils passent la nuit. Le , les révoltés entrent à Loiré où ils décident de se diriger vers Ancenis où se trouvent d'autres insurgés. Alors qu'ils quittent le bourg, ils sont surpris par une troupe de 200 gardes nationaux. François Poilièvre, chef des révoltés, est grièvement blessé et capturé. La fusillade fait sept morts et deux blessés graves chez les insurgés contre trois ou quatre blessés républicains. Vingt-sept insurgés sont capturés, mais François Poilièvre et un autre décèdent de leurs blessures. Le 1er avril, les sont jugés par une commission militaire à Angers : trois sont graciés dont deux âgés de , les vingt-deux autres sont condamnés à être guillotinés le lendemain. Sur les vingt-deux guillotinés, quinze sont originaires de Combrée, quatre du Tremblay et trois de Bourg-d'IréAlain Racineux, À travers l'histoire de Pouancé, Yves Floch Éditeur, Mayenne, 1983, 95-100.

Essor et déclin de l'activité ardoisière

L'activité ardoisière commence dès les années 1840, où plusieurs carrières à ciel ouvert sont exploitées. En 1876, la « Société des ardoisières de la forêt » reprend ces exploitations. En 1896, la Commission des Ardoisières d'Angers s'y implante également et rachète totalement l'exploitation en 1908, dans l'idée de concurrencer la Société Ardoisière de l'Anjou implantée à Misengrain Association L'Ardoise : D'ardoise en minerai de fer, le Haut-Anjou minier et ses cités.. Le puits fait de profondeur en 1898, le puits en fait 160 en 1906. À cette date, on construit une cité ouvrière comprenant des logements, une église et une école. Celle-ci s'étale le long de la D 775 reliant Pouancé à Segré. La Première Guerre mondiale voit la mort de . Avant la Seconde Guerre mondiale, les carrières occupaient et produisait d'ardoises. La Seconde Guerre mondiale est responsable de la mort de . En 1942, un troisième puits est ouvert et fera de profondeur. Les puits 4, 5 et 6 seront par la suite forés avant la cessation d'activité en 1982.

La tradition d'extraction d'ardoise et de fer à Combrée remonte au moins au Moyen Âge, faisant partie du bassin de Segré-Nyoiseau / Noyant-Combrée, cœur du territoire de l’extraction minière fer et ardoise dans le Haut-AnjouD'ardoise en minerai de fer, le Haut-Anjou minier et ses cités, sur le site de l'association pour la promotion et la conservation du patrimoine minier et ardoisier du haut-Anjou.. Le Cher et la Loire à proximité ont considérablement contribué à l'extension de ces activités dès le sinon avant, comme indiqué par les registres des nombreux péages sur la LoireLa Loire – les peuples du fleuve, par Abel Poitrineau. pp. 63-86, La sarabande des frets. Éd. Horvath, Saint-Étienne, 1989. .

Politique et administration Administration municipale Administration actuelle Depuis le , Combrée constitue une commune déléguée au sein de la commune nouvelle d'Ombrée d'Anjou et dispose d'un maire délégué.

Administration ancienne Combrée est située dans le canton de Pouancé, arrondissement de Segré, dans le département de Maine-et-Loire. La commune comptant moins de , son conseil municipal est constitué de 23 élus.

Intercommunalité La commune adhère, comme les autres communes du canton de Pouancé, à un syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVM) créé en 1966. Celui-ci devient la communauté de communes de la région de Pouancé-Combrée en 1995..

Population et société Démographie Évolution démographique Dans son Dictionnaire Historique, Géographique et Biographique de Maine-et-Loire, Célestin Port livre le compte de la population de Combrée sous l'Ancien Régime. La population est exprimée en « feux », c'est-à-dire en foyer de famille. Pour estimer le nombre d'habitants, il faut appliquer un coefficient multiplicateur de 5. Entre 1720 et 1726, la paroisse comptait , pour .

Pyramide des âges La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (28,1 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (21 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,4 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante : 46,6 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,6 %, 15 à 29 ans = 18,1 %, 30 à 44 ans = 18,6 %, 45 à 59 ans = 19,7 %, plus de 60 ans = 23 %) ; 53,4 % de femmes (0 à 14 ans = 19 %, 15 à 29 ans = 14 %, 30 à 44 ans = 17,9 %, 45 à 59 ans = 16,7 %, plus de 60 ans = 32,5 %).

Enseignement Combrée possède une école publique située au bourg de Bel-Air de Combrée, le Groupe scolaire public Jules Aligand (anciennement nommé : Groupe scolaire public de l'Ombrée) qui accueille sur neuf classes un total de 233 élèves.. Deux écoles privées se situent sur la commune, l'école privée St François, qui accueille 80 élèves du cycle élémentaire., et l'école privée Notre-Dame des Ardoisières, qui possède deux classes.. La commune a également mise en place une garderie périscolaire. Avant 2005, les élèves pouvaient rejoindre le collège-lycée de l'Institution libre de Combrée. Depuis sa fermeture en 2005., les collèges les plus proches se trouvent à Pouancé ou Segré et les lycées se situent à Segré.

En 1810 est fondée l'Institution libre de Combrée par Drouet, curé de Combrée et ancien collaborateur de Mongazon à Beaupréau. Depuis la fermeture de l'Institution Libre de Combrée, un Établissement public d'insertion de la Défense occupe les locaux, pouvant accueillir jusqu'à 75 jeunes..

Manifestations culturelles et festivités Feux de la Saint-Jean : fin juin autour du plan d'eau.

Santé