Montjean-sur-Loire est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, devenue le une commune déléguée de la commune nouvelle de Mauges-sur-Loire.
En 1956, Montjean a changé de nom pour devenir Montjean-sur-Loire.
La commune possède un important passé minier lié à l'exploitation du bassin houiller de Basse Loire.
Géographie Localisation Commune du Nord des Mauges, Montjean-sur-Loire est située à l'ouest du département de Maine-et-Loire sur la rive gauche de la LoireIGN, Géoportail Montjean-sur-Loire, consulté le 11 mai 2014., approximativement dans un triangle formé par les villes de Angers, Nantes et Cholet. Ses paysages sont constitués de coteaux de vignes et de vergers.
Géologie et relief
La commune repose sur le bassin houiller de Basse Loire..
Hydrographie Le module (ou débit moyen interannuel) de la Loire observé à la station de Montjean, site qui précède celui d'Angers, placé juste en amont, est estimé à approximativement . Au niveau de l'ancienne commune du Maine-et-Loire, le cours ligérien, affecté d'un régime très fluctuant, s'écoule à raison de en saison estivale, pour en saison hivernale..
Climat
Toponymie et héraldique Toponymie Le Montjean est devenu Montjean-sur-LoireInsee, Code officiel géographique - Modifications des communes de Maine-et-Loire, consultées le 24 juin 2012..
Héraldique
Histoire Préhistoire et Antiquité Nous n'avons aucun témoignage de la présence d'hommes préhistoriques à l'exception de la trace de deux haches de pierre et une de bronze.
La trace écrite la plus ancienne conservée aux archives départementales nous apprend que le château de Montjean-sur-Loire fut pris par Réginald prince normand. Il y fut assiégé puis chassé en 924.
Moyen Âge Le premier seigneur connu de Montjean est Albéric , mort en 1011, fidèle de Foulques Nerra. Pendant cinq siècles ses descendants guerroient auprès des grands, et au gré des alliances prennent la tête de fiefs importants tels Ussé, Sillé-le-Guillaume, Combourg, Cholet...
En 1493, François de Montjean fait construire à Bellevue un couvent pour les religieux de Saint-François (les cordeliers).
Ancien Régime Dernier du nom, René de Montjean hérite de la baronnie en 1515. Grand seigneur intrépide, mais aussi prodigue et joueur, il est blessé et fait prisonnier en 1525 à Pavie. En 1526, il épouse Philippe de Montespedon, dame de Beaupréau et de Chemillé, sans postérité.
Lieutenant-général en Piémont (1537), maréchal de France en 1538, il meurt en 1539. Sa sœur et héritière Anne de Montjean († 1562), veuve de Jean VII d'Acigné (vers 1490-1539) et mère de Jean VIII (vers 1525-1573), est la grand-mère de Judith d'Acigné (vers 1565-1598) qui épouse en 1579 le maréchal Charles II de Cossé (1550-1621). Montjean-sur-Loire appartient alors aux Cossé-Brissac. Les héritiers de François de Neuville, duc de Villeroy et fils de Marguerite de Cossé-Brissac, vendent en 1736 à Henri-François de Mailly de Viéville.
Un arrêt du conseil d'État du accorde la concession des mines de charbon de Montjean au seigneur, M. de Mailly, qui, en 1756, en confie l'exploitation à une association de mineurs belges. Le sous-sol de la commune recèle également de vastes bancs de calcaire et l'on trouve un four à chaux en activité dès 1411 au Croissement. Juste avant la Révolution, un Montjeannais, Jean-Jacques Clemenceau de la Lande, découvre le secret de la cuisson de la chaux avec du charbon de terre.
Époque contemporaine La Révolution française est plutôt bien accueillie car les mariniers, au gré de leurs péripéties, ont apporté les idées de liberté et d'égalité. Une garde républicaine de trois cents hommes est créée. Aux premiers jours du soulèvement vendéen, elle se porte contre les « insurgés » à La Pommeraye ; elle est repoussée, et le bourg occupé par les Vendéens jusqu'au ; les Républicains mettent le feu au château le 20. Le bourg est dévasté en 1794 ; la municipalité se réfugie dans l'île formée par la Loire et un de ses bras. Encore en 1801, un millier de réfugiés s'y sont rassemblés dans le pire dénuement. Dans la tourmente, la chétive paroisse de Châteaupanne disparaît, partagée entre Montjean (l'essentiel), La Pommeraye et Chalonnes-sur-Loire.
Au l'industrie des fours à chaux se développe en même temps que celle des mines de charbon. En 1813, 176 ouvriers sont employés aux mines.
vignette|« Voyage sur la Loire » (1830) : gravure de William Turner représentant Montjean-sur-Loire et son château en ruine. Une navigation intense est attestée en Loire depuis l'époque gallo-romaine. On estime qu'en 1838 bateaux, sans compter les bateaux à vapeur avec leurs innombrables passagers, passent chaque année devant Montjean - beaucoup s'y arrêtent. Les mariniers montjeannais ont leur part de ce trafic.
Le premier pont et la route qui conduit à la nationale 23 sont inaugurés en 1850, juste avant l'arrivée du chemin de fer sur l'autre rive. La levée de 12 km entre Montjean-sur-Loire et Saint-Florent-le-Vieil, qui protège l'agglomération et la vallée des crues de la Loire, vient aussi de s'achever. Les travaux commencés en 1784 ont été arrêtés par la Révolution et repris seulement vers 1845.
Le chemin de fer qui arrive vers 1850 capte ces transports de marchandises et de voyageurs. Cependant les mariniers montjeannais ne renoncent pas. Quand, en 1878, on envisage d'établir le quai en amont du pont, on constate que 89 bateaux (péniches) ont Montjean pour port d'attache. Ils sont encore une bonne soixantaine en 1900, qui, pour la plupart transportent la chaux vers la Bretagne en empruntant le canal de Nantes à Brest.
La production des mines de charbon s'élève à son apogée en 1891 à . Entre-temps, les mines provoquent la fortune ou la ruine de plusieurs sociétés. Dernière en date, la Société des Mines et Fours-à-chaux de la Basse-Loire que dirige Edmond Heusschen (maire 1874-1876) occupe près de 400 ouvriers en 1885 et l'on creuse à 220 mètres de profondeur. Vers 1875, 13 fours à chaux fonctionnent sur la commune. Mais la médiocre qualité du charbon, l'irrégularité des couches, condamnent l'exploitation qui arrête définitivement en 1892. Les fours à chaux de Châteaupanne poursuivent leur activité jusqu'en 1962.
En 1940, le pont saute pour retarder l'avancée allemande (certaines parties de l'ancien pont sont encore visibles quand le niveau du fleuve est faible). En quelques semaines, les occupants en reconstruisent un sur pilotis, que viennent bombarder les forteresses américaines (les B 17) le , lendemain du débarquement en Normandie. La Queue de l'île et le Rivage sont gravement touchés et, sous les ruines, on dénombre 5 morts et plusieurs blessés. Le pont est reconstruit en 1948-1949.
La commune nouvelle de Mauges-sur-Loire naît le de la fusion des 11 communes de la communauté de communes., dont la création a été officialisée par arrêté préfectoral du ..
Politique et administration Administration municipale Administration actuelle Depuis le Montjean-sur-Loire constitue une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Mauges-sur-Loire et dispose d'un maire délégué.
Administration ancienne
Jumelages et partenariats En 2014, la commune de Montjean-sur-Loire est associée à celle de La Pommeraye, pour un jumelage avec les villes anglaises de : , , .. Ces jumelages de type coopération décentralisée, sur la thématique culture, tourisme et patrimoine, sont gérés par le comité de jumelage Montjean-sur-Loire - La PommerayeMairie de La Pommeraye, Comité de jumelage, consulté le 4 novembre 2014..
Ancienne situation administrative La commune est membre en 2015 de la communauté de communes du canton de Saint-Florent-le-VieilInsee, Composition de l'EPCI Canton de Saint-Florent-le-Vieil (244900726), consulté le 12 octobre 2013., elle-même membre du syndicat mixte Pays des Mauges. L'intercommunalité disparait à la création de la commune nouvelle.
Population et société Évolution démographique
Pyramide des âges La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (25,3 %) est en effet supérieur au taux national (21,8 %) et au taux départemental (21,4 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,7 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,9 %).
La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2008, la suivante : 48,3 % d’hommes (0 à 14 ans = 19,7 %, 15 à 29 ans = 18,8 %, 30 à 44 ans = 20,5 %, 45 à 59 ans = 19,3 %, plus de 60 ans = 21,7 %) ; 51,7 % de femmes (0 à 14 ans = 17,7 %, 15 à 29 ans = 15,9 %, 30 à 44 ans = 18,4 %, 45 à 59 ans = 19,4 %, plus de 60 ans = 28,6 %).
Vie locale
Économie Tissu économique Sur 187 établissements présents sur la commune à fin 2010, 11 % relevaient du secteur de l'agriculture (pour une moyenne de 17 % sur le département), 9 % du secteur de l'industrie, 9 % du secteur de la construction, 55 % de celui du commerce et des services et 17 % du secteur de l'administration et de la santéInsee, Statistiques locales du territoire de Montjean-sur-Loire (49), consultées le 28 avril 2013..
Tourisme Cap Loire, parc de découverte sur la batellerie de Loire (ouverture ). La Ligériade II, bateau croisière naviguant d'avril à novembre. Sentier intra-muros : découverte du patrimoine industriel et fluvial du village, à travers un parcours jalonné de 11 panneaux explicatifs. Le Fief des Cordeliers, ancien couvent des Cordeliers édifié en 1493, aujourd'hui établissement hôtelier privé.
De Fibres en Musique est un festival autour du travail du chanvre présenté chaque année le d'août à Montjean-sur-Loire.
On y trouve un office de tourisme, l'établissement Une autre Loire. Cet organisme couvre les trois communes de Montrevault-sur-Evre, Mauges-sur-Loire et Orée-d'Anjou..
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Bâtiments religieux : La chapelle Saint-Aubin, datant du , possède les caractères du roman angevin.. La chapelle Saint-Méen, érigée en 1887, fut un centre de pèlerinage assez important au début du . L'eau de sa source guérissait(?) de la gale. Elle est aujourd'hui en ruine et sa source est tarie. L'église Saint-Symphorien est bâtie (1858-1864) sur les ruines de l'ancien château. Elle est visible depuis la route nationale reliant Angers à Nantes. Le tombeau d'Edmond Heusschen, de forme pyramidale, se situe en dehors du cimetière. Bienfaiteur de la commune pour l'avoir rendue prospère dans les années 1850, cet ingénieur belge s'installa à Montjean 1854.
Châteaux et Villas : Au Moyen Âge, un château est construit sur le coteau et la ville est une place forte avec enceinte. Il est aménagé à la Renaissance par le Seigneur René de Montjean, Maréchal de France. L'édifice est incendié à la Révolution. On peut trouver les représentions du château sur les œuvres du peintre Turner. Le château en ruine est finalement détruit vers 1860 pour laisser place à l'actuelle église Saint Symphorien (1864). Au nord, subsistent encore les remparts qui plongent à pic dans le Vallon. C’est l’actuel panorama. Du quai des mariniers en passant par le bourg et jusqu’au plus haut du coteau, Montjean présente un certain nombre de maisons et villas qu’il convient de citer, toutes faisant partie intégrante du patrimoine commun. On peut citer en premier lieu Bellevue ancien couvent des Cordeliers (édifié en 1493) et la Perrière habitée par les officiers de la baronnie de Montjean au (laquelle villa apparaît aussi sur les œuvres de Turner), la Villa Margot visible depuis les quais, Le Vallon dans le bourg sur la place du même nom, la mairie (1878), la propriété du Plessis (fin XIXème) et L’Epinay (1903). Bellevue, ouvre ses portes au public depuis . La propriété, aujourd'hui nommée Le Fief des Cordeliers, a été totalement restaurée pour l'accueil en chambres d'hôtes et l'organisation de réceptions.