Charles Le Ray de Chaumont, marquis de Saint-Paul, né le à Paris et mort le à Paris, est un philanthrope et homme politique français.
Maire de la ville de Chécy, délégué cantonal puis conseiller général du canton d'Orléans-Nord-Est, fondateur et président de l'association amicale des anciens combattants 1870-1871, président de la société des sauveteurs médaillés du Loiret, président de la société de secours mutuels de Chécy, membre honoraire de la société générale de secours mutuels et de retraites d'Orléans, membre fondateur du Dîner de la Loire, membre du comité du Cercle agricole de Paris, membre de la société des agriculteurs de France, membre du conseil d'administration du jardin d'acclimatation, président du comité des habitations ouvrières à bon marché d'Orléans, membre du comité de patronage des habitations à bon marché et de la prévoyance sociale du Loiret, vice-président, pour l'arrondissement d'Orléans, de la Ligue de défense contre la tuberculose dans le département du Loiret, vice-président de la société d'horticulture d'Orléans et du Loiret, entre autres fonctions.
Biographie
Fils de James Le Ray de Chaumont, marquis de Saint-Paul, lui-même petit-fils de Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont, et de Louise Jenny de ValoriJoseph Rousse, Notes sur les familles Le Ray de La Clartais et Le Ray du Fumet, 1893, Charles Le Ray de Chaumont naît à Paris le sous le régime de la monarchie de Juillet du Royaume de France.
Se fondant sur les lettres patentes du roi Louis XIV portant érection en marquisat pour la terre de Saint-Paul et , son grand-père maternel, Henri Zozime, Marquis de Valori d'Estilly, , pour lui et la descendance issue de son mariage avec Jenny de Valori, sa femme, à l'exclusion des enfants d'un autre lit. Il est ainsi le dernier Marquis de Saint-Paul.
Il épouse, le , à Paris, Marie Charlotte Diane Feydeau de BrouArchives de Paris (V4E 822)Marie Charlotte Diane Feydeau de Brou est la fille de Charles Eugène Feydeau de Brou, Marquis de Brou, et de Eugénie Aglaé Adèle Sapey. avec laquelle il n'aura pas d'enfantLe mariage est célébré en présence de Pierre Armand Jean Vincent Hippolyte, Marquis de Gouvello de Keriaval, son grand-oncle paternel, de Charles, Marquis de Valori de Rustechelli, son oncle maternel, de Charles Léon, Comte Feydeau de Brou, chef d'escadron d'état-major, chevalier de la légion d'honneur, oncle paternel de l'épouse, et de René Henri de la Croix, autre oncle maternel de l'épouse..
Il est promu, le , capitaine du bataillon du régiment de garde mobile du Loiret puis participe à la campagne du Siège de Paris au cours de la guerre franco-allemande de 1870.
Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le , en sa qualité de capitaine à la garde mobile militaire du Loiret.
Il semble qu'il ait acquis, en 1879, un hôtel particulier situé dans le arrondissement de Paris, au 3 de la rue Roquépine, qui restera connu comme l'hôtel de Saint-Paul.
Il meurt au cours de la Troisième République, pendant la Première Guerre mondiale, le , à 20 heures, à son domicile situé dans le huitième arrondissement de Paris, au 5 de l'avenue MatignonArchives de Paris (8D 151)..
Carrière politique
Conservateur, il devient actionnaire du journal L'Express du Loiret : journal de l'union conservatrice, créé en 1883 et absorbé, le , par Le Courrier de la campagne.
Il adhère, en 1899, à la Ligue de la patrie française.
Mandat de maire et de conseiller municipal
En application des dispositions de la loi du portant dissolution des commissions municipales et précisant l'exercice des fonctions de maire, adjoint et présidents de bureau électoraux, les conseils municipaux procèdent aux premières élections municipales de la République, le suivant.
Il est ainsi élu maire de Chécy.
Les élections municipales organisées le n'ont pas pour conséquence le remplacement des maires et ne donnent lieu à aucune nouvelle investiture. Il conserve donc son mandat à la mairie de Chécy.
Au premier tour de scrutin des élections municipales du , sur 513 votants, à Chécy, département du Loiret, il est élu en tête de la liste conservatrice, par 332 voix, avec trois conservateurs. Dix républicains sont par ailleurs élus et il y a deux ballottages, intégrant ainsi le conseil municipal de la commune.
Aux élections municipales du 10 mai 1896, il est réélu, au premier tour de scrutin, maire de Chécy. Trois candidats de sa liste sont par ailleurs élus, le conseil municipal se composant dès lors de onze membres de la liste du Marquis de Saint-Paul et de cinq membres de la liste du maire sortant, Monsieur Dufour.
En tant que maire de Chécy, il organise dans sa commune, une conférence sur la tuberculose donnée par le docteur Fauchon, médecin-adjoint libre à l'Hôtel-Dieu d'Orléans.
Aux élections municipales du 8 mai 1904, la mairie de Chécy, dans le Loiret, connaît deux ballottages, l'élection d'un libéral et d'un radical, le conseil municipal comprenant neuf radicaux et sept libéraux dont le Marquis de Saint-Paul qui obtient, au premier tour de scrutin, sur 509 votants, 309 voix, arrivant ainsi le premier de tous les conseillers élus.
Mandat de conseiller général (1890-1907)
Élections cantonales d'octobre 1871
Récemment élu maire de Chécy et nommé président de la commission cantonale, il présente sa candidature aux élections cantonales du , pour le canton d'Orléans-Nord-Est, en tant que candidat libéral conservateur. Le périodique Le Journal du Loiret publie, dans son édition du , sa profession de foi :
Mes chers concitoyens,
Je viens solliciter l'honneur de vous représenter au Conseil général. J'ai pensé qu'au moment où la France inaugurait un régime nouveau, il était du devoir des hommes jeunes et que rien n'attachait au régime déchu de mettre au service de leur patrie toute leur activité et tout leur dévouement. Élevé au milieu de vous, j'ai appris de bonne heure à connaître les besoins et les ressources de notre pays et je vous demande aujourd'hui de me permettre de me consacrer à la défense de vos intérêts. En administration et en politique, ce que je veux, je l'ai toujours voulu. C'est la France gouvernée par la volonté même du pays, expriment dans une assemblée librement élue. C'est une sage décentralisation, s'appuyant sur les libertés communales et cantonales et auxquelles nous aspirons depuis si longtemps. C'est, en un mot, un gouvernement assez fort par lui-même pour braver tous les complots et les révolutions ou les surprises des aventuriers. Je terminerai en protestant de mes sympathies pour le drapeau sous lequel j'ai eu l'honneur de combattre au Siège de Paris, avec les enfants du Loiret. Veuillez agréer, mes chers concitoyens, l'assurance de mon entier dévouement.
Ne recueillant pas le suffrage espéré, au premier tour de scrutin, crédité de 359 voix, contre 874 à Désiré Brouard, maire de Saint-Jean-de-Braye et conseiller sortant, et 706 à Rémi Boucher de Molandon, vice-président de la société archéologique d'Orléans, propriétaire et conseiller municipal de Chécy, sur 2057 votants pour 3516 inscrits, il fait part, par courrier adressé à la presse locale en date du suivant, du désistement de sa candidature.
Élections cantonales de novembre 1877
Fort d'une notoriété acquise, dans son canton, par les services rendus notamment à Chécy, Vemimbert, Bou, Marigny et Boigny, et par ses fonctions de délégué cantonal qui lui ont permis de s'occuper plus spécialement des intérêts de l'Instruction publique, il présente, à nouveau, sa candidature, sous l'étiquette conservatrice. Comme six ans auparavant, il est opposé au conseiller sortant, Désiré Brouard, et au conservateur, Rémi Boucher de Molandon, conseiller municipal de Chécy.
Malgré une très forte percée, il s'incline face à Brouard, n'ayant recueilli que 873 voix, contre 1353 au conseiller sortant, 420 à Boucher de Molandon et 79 au Sieur Dervaux, sur 2751 suffrages exprimés pour 3594 inscrits.
Il est nommé conseiller général du canton d'Orléans-Nord-Est, le , en remplacement de Monsieur Brouard, décédé.
Dès sa séance d'investiture, il propose deux motions, qui seront par ailleurs approuvées, la première concernant la modification des tarifs de pénétration de la compagnie des chemins de fer, la seconde relative à l'établissement d'une halte au lieu-dit le Godet, entre Saint-Jean de Braye et Chécy, sur la ligne d'Orléans à Gien. Il profite de cette séance pour attirer l'attention du Préfet du Loiret sur la situation désastreuse dans laquelle se trouvent les communes du canton nord-est et particulièrement celles de Chécy et de Saint-Jean de Braye dont les vignes ont été complètement gelées, la nuit précédente, et qui ont ainsi perdu toutes leurs récoltes.
Le , il est nommé à la commission des finances du Conseil général. Il est renouvelé, par voie du sort, à cette commission, en séance du .
Au cours de ce mandat, il œuvre pour un accès facilité aux transports par des motions visant à l'abaissement des tarifs de transport de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans, à l'établissement, par la Compagnie des chemins de fer d'Orléans, d'emplacements pouvant servir d'entrepôts aux marchandises reçues ou à expédier par les producteurs ou les commerçants, à l'agrandissement de la Manufacture des tabacs d'Orléans.
La Commission d'administration prie le Conseil général du département du Loiret, réuni en séance du , d'adopter le principe du vœu de Monsieur le Marquis de Saint-Paul relatif à la suppression des octrois.
À la première séance de la session de du Conseil général du Loiret, il dépose un vœu tendant à la distribution gratuite, par la pépinière du département, de plants de vignes greffés, à l'abaissement du prix des plans vendus aux viticulteurs et au vote d'un crédit spécial pour pouvoir continuer les distributions gratuites.
Élections cantonales de juillet 1895
Il est réélu, dès le premier tour de scrutin des élections cantonales, le , pour le canton d'Orléans nord-est, ayant recueilli 2767 voix contre 1296 à Émile Rabourdin-Grivot, Maire d'Orléans, sur 4115 suffrages exprimés pour 5215 inscrits.
Il participe, en sa qualité de Conseiller général, au Congrès international d'assistance publique et de bienfaisance privée relatives aux malades, infirmes, incurables et vieillards, qui se tient, du au , en marge de l'Exposition universelle de 1900.
Élections cantonales de juillet 1901
Il est réélu, dès le premier tour de scrutin, le , au Conseil général du Loiret, pour le canton d'Orléans nord-est, par 2026 voix sur 4 415 inscrits, contre 546 voix à Monsieur Richard.
À la session ordinaire du mois d' du Conseil général, il fait partie de la commission départementale ainsi que de la commission d'administration.
En séance du , il soumet au Conseil général un vœu visant au vote d'une subvention de 250 francs qui doit être versée à la souscription générale ouverte en faveur des sinistrés de Courrières. Toujours soucieux de la mobilité dans son canton, il propose, la même année, une motion visant à l'extension du tramway d'Orléans jusqu'à Bionne.
En la session ordinaire d', il est nommé membre suppléant de la commission chargée de procéder aux adjudications de produits et de travaux départementaux.
Élections cantonales de juillet 1907
Son état de santé ne le permettant pas, il ne brigue pas un nouveau mandat au Conseil général du Loiret. Ainsi, le , Louis Gallouédec lui succède, comme Conseiller général pour le canton nord-est d’Orléans.
Ses vues sur le Parlement