Iakov Boutkov (en russe : Яков Петрович Бутков) (1815 -1820-1821 (?), Gouvernement de Saratov — , Saint-Pétersbourg) est un écrivain russe.
Biographie Boutkov est né dans une famille bourgeoise. Il ne reçut pas de formation scolaire régulière, mais ses études personnelles lui ont permis d'atteindre un niveau élevé en matière littéraire. Au début des années 1840, il se rend à pied dans la capitale, s'y installe et commence à publier petit à petit dans la presse. Bientôt, il est en mesure de trouver du travail dans le domaine littéraire et attire l'attention d'un éditeur-rédacteur de talent de la revue Annales de la Patrie : Andreï Kraïevsky, qui publie ses articles dans sa revue.
Quand Boutkov est appelé au service militaire, comme il n'est pas privilégié par une exemption, il doit s'exécuter. Mais Kraïevsky réussit à l'exempter de la conscription malgré tout en rachetant celle-ci en échange du statut de pigiste dans sa revue. Pauvre, sans relations, timide de nature, Boutkov s'astreint à cette servitude pour dette vis-à-vis de son éditeur et se comporte à son égard avec respect comme on le ferait pour un protecteurВТ-РБС|Бутков, Яков Петрович|В. Ф..
Il vit dans la pauvreté et la faim, porte des guenilles, il tombe malade et meurt à l'hôpital Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Pétersbourg, le , quasi oublié de tous.
Apprenant sa mort, Fiodor Dostoïevski dépeint Boutkov sous les traits de Vassia Choumkov dans son récit Un cœur faible, et aussi dans Le Double (Goliadkine), Le Rêve de l'oncle dans son roman Humiliés et offensés, et il écrit à son frère de Sibérie :
Œuvre L'œuvre de I. P. Boutkov occupe une place importante dans la littérature de l’« école naturaliste », des années 1840 en Russie.
Le thème principal de ses œuvres est celui de la lutte du petit citoyen, pauvre, pour résoudre ses besoins matériels, dans la vie bureaucratique de la capitale. Les scènes typiques de ses récits sont des piteuses auberges, des bureaux de marchands, des études d'huissiers, où les petits tremblent devant les employés, les fonctionnaires, les greffiers. Boutkov écrit dans un langage expressif précis et tendu.
Le début de l'activité littéraire de Boutkov a été marqué par le recueil Les attiques de Saint-Pétersbourg (1845-1846).
Vissarion Belinski reconnaît les talents de Boutkov :
Certains de ses contemporains, en particulier Faddeï Boulgarine, ont placé ses talents au dessus de ceux de Nicolas Gogol dans Le Manteau ou Dostoïevski dans Les Pauvres Gens.
Boutkov était un prolétaire et mourut dans la misère, sans que ses talents aient été reconnus comme il le méritait. Mais il était doué d'un bel esprit d'observation au sein de « la littérature humanitaire », de « la ligne philanthropique »Ettore Lo Gatto, Histoire de la littérature russe des origines à nos jours, édition Desclée De Brouwer, 1965, .
Parlant du développement de la littérature Vissarion Belinski écrit encore : Le talent de Boutkov qui lui a permis d'exprimer si clairement sa sympathie vive et sincère pour le peuple démuni est l'une des preuves de la richesse de la littérature russe, de son aspiration permanente à s'intéresser aux profondeurs de la vie des gens.
Articles connexes Un cœur faible Le Double
Titres Les attiques de Saint-Pétersbourg Avertissement sur les attiques de Saint-Pétersbourg L'honnête homme Lentotchka L'homme respectable Bitka Un couple particulier Nouvel an Un homme sombre Perspective Nevski ou le voyage de Nestor Zaletaev (1848) Une étrange affaire (1849) Une bonne place Cent roubles Idylle de la steppe (1856)
Références
Bibliographie Alexandre Miliokov, Rencontres et connaissances littéraires. — St-Petersbourg., 1890. Hodgson P. From Gogol to Dostoevsky: Jakov Butkov, A Reluctant Naturalist in the 1840′s. -- Munich, 1976
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