Louis Charles Bonaventure Alfred Bruneau, né à Paris le et mort dans la même ville le , est un compositeur et chef d'orchestre français. Il joua un rôle déterminant pour introduire le réalisme sur la scène lyrique française, adaptant le naturalisme d'Émile Zola à la musique.

Biographie Alfred Bruneau naît le à Paris, au de Strasbourg dans l’ancien Archives en ligne de Paris, fichiers de l'état civil reconstitué, cote V3E/N 347, vue 44/51, de Louis Bonaventure Alfred Bruneau et d'Anne Amélie Brelay.

Il entre en 1873 au Conservatoire de Paris, où il étudie le violoncelle avec Auguste-Joseph Franchomme, l'harmonie avec Augustin Savard et la composition avec Jules Massenet. Il joue pour les concerts Pasdeloup et commence bientôt à composer, écrivant une cantate, Geneviève de Paris, qui lui permet de remporter le second prix de Rome en 1881.

Alors domicilié chez son père au 31 rue Fortuny, il se marie le avec Philippine Isabelle Cheilley (née à Neuilly le ) à la mairie du de Paris.

Il mène une carrière de critique musical au Gil Blas (1892-1895), puis au Figaro et au Matin.

Le 29 septembre 1903, à la demande d'Alexandrine Zola et Maurice Le Blond, il prend la parole au premier pèlerinage littéraire de Médan, organisé en hommage à Émile Zola, un an après la disparition de l'écrivain.

En 1903 et 1904, il est le premier chef à l'Opéra-Comique.

En 1905 il est nommé membre du Conseil supérieur du Conservatoire de Paris, place qu'il occupera jusqu'à son décès. En il 1909 devient inspecteur de l'instruction musicale à la place d'Ernest Reyer.

Il fait des tournées en Russie, en Angleterre, en Espagne et aux Pays-Bas, au cours desquelles il dirige ses œuvres.

Après avoir vécu au 11 bis rue Viète dans le , au 122 rue de la Boëtie dans le et au 10 rue de la Pompe de 1910 à 1924, il réside toujours dans le mais au 27 rue Vital lorsqu'il décède dans une clinique au 166 rue de l'Université le .

Œuvres En 1884, il fit jouer son Ouverture héroïque, suivie par la symphonie chorale Léda (1884) et le poème symphonique La Belle au bois dormant (1886) puis, en 1887, par son premier opéra, Kérim.

L'année suivante, Bruneau fit la connaissance d'Émile Zola ; les deux hommes entamèrent une amitié et une collaboration qui allaient durer près de quinze ans, jusqu'à la mort de l'écrivain. En 1891, Bruneau compose un opéra intitulé Le Rêve, inspiré du roman de Zola Le Rêve. Dans les années suivantes, Zola lui fournit le sujet de plusieurs ouvrages, tel L'Attaque du moulin (1893), et écrit lui-même le livret de Messidor (1897) et de L'Ouragan (1901) ainsi que de L'Enfant roi (1905).

Parmi d'autres opéras inspirés par Zola figurent le drame lyrique en un acte Lazare (1903, sur le poème éponyme représenté en 1896 à Londres puis en 1907 à Amsterdam, recréé en 1994 par Jacques Mercier), La Faute de l'abbé Mouret (« avec une importante musique de scène », donné pour la réouverture du Théâtre de l'Odéon en 1906.), Naïs Micoulin (1907) et Les Quatre Journées (1916).

D’autres opéras de Bruneau sont inspirés d'Andersen, (Le Jardin de Paris, 1923) et de Victor Hugo (Angelo, tyran de Padoue, 1928). Ses pièces pour orchestre révèlent l'influence de Richard Wagner.

Ses autres œuvres comprennent un Requiem (1888), des pièces instrumentales ainsi que de nombreuses mélodies dont les Lieds de France et Chansons à danser sur des poèmes de Catulle Mendès.

Son livre de souvenirs, À l'ombre d'un grand cœur (1931), évoque son amitié et sa collaboration fructueuse avec Émile Zola.

En 1911 Bruneau hérita de sa tante, Leblois, des domaine et logis de Villermat à Beaussais-Vitré (Deux-Sèvres), acquis en 1835 par sa belle-famille, où il aurait composé en buvant les infusions des feuilles d'un vieux tilleul ; il échangea ce bien en 1923 avec Alexandre Sabourin et Alcide Gilbert, fermiers de la famille depuis trois siècles.

Autres œuvres thumb|200px|Messidor, acte I, mesure 136 : voix et réduction d'orchestre pour piano. Le Roi Candaule, en collaboration avec Maurice Donnay, comédie lyrique en quatre actes, représentée pour la première fois, le à l'Opéra-Comique 1923 Le jardin du paradis, livret de R.de Flers et G.A. De Caillavet, musique d'Alfred Bruneau, création à l'opéra de Paris le 31 octobre 1923 En 1912, "Les Bacchantes", ballet en deux actes et trois tableaux, d'après Euripide, poème de MM. Félix Naquet et Alfred Bruneau, musique d'Alfred Bruneau, décors Georges Mouveau.

Discographie La nuit de mai, double album enregistré par Cyrille Dubois (ténor), Jeff Cohen (piano) et leurs partenaires (Salamandre 2020) avec La nuit de mai (Musset, 1886) ; Chants antiques (André Chénier, 1927) ; Plein Air (Théophile Gauthier, 1932) ; deux poèmes de Jean Richepin (Un miracle, Soirée) ainsi que des pièces instrumentales : Prélude de L'Enfant Roi (1902) ; trois Romances composées en 1886 (pour violon ; alto ; quatuor de clarinettes) ; Fantaisie pour cor (1901) et Deux morceaux de genre pour violoncelle et piano (1877). Nocturne ; Nuit d'été ; Soirée, par Mario Hacquard (baryton) et Claude Collet (piano) pour Aliénor (2013) Requiem (enregistré par Frédéric Morlot) Requiem ; Lazare. Orchestre national d'Île-de-France direction Jacques Mercier RCA BMG Messidor, ouverture du quatrième acte : La légende de l'or ; Naïs Micoulin, prélude ; L'Attaque du Moulin, suite d'orchestre, orchestre philharmonique de Rhénanie Palatinat, direction James Lockhart, Patrimoine Naxos. L'Attaque du moulin (drame lyrique en quatre actes) avec Jane Rolland, Hélène Bouvier, Yvette Darras, Fernand Faniard, Charles Cambon, Lucien Lovano. Orchestre anonyme dirigé par Eugène Bigot. Paris 1952. 2 CD Malibran. Messidor, avec Jane Rolland, Charles Cambon, Louis Rialland, Yvonne Corcke, Lucien Lovano. Orchestre anonyme dirigé par Albert Wolff. Paris, 1948. 2 CD Malibran MR 639.

Correspondance thumb|right|Sépulture au cimetière des Batignolles. Alfred Bruneau : un compositeur au cœur de la bataille naturaliste. Lettres à Étienne Destranges. Paris-Nantes (1891-1915), rassemblées, présentées et annotées par Jean-Christophe Branger, Paris, Champion, 2003 Alfred Bruneau et Gustave Charpentier : une amitié indestructible et tendre : correspondances inédites (sous la direction de Sylvie Douche et Jean-Christophe Branger). Paris, Université de Paris-Sorbonne, coll. « Observatoire musical français », série « Correspondances, entretiens, souvenirs » , 2004. 120 p., .

Distinctions Bruneau est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1895, puis promu officier en 1904 et enfin commandeur en 1919, ainsi que commandeur de l'ordre de Saint-Charles. Il fut également élu en 1925 à l'Académie des beaux-arts où il succéda à Gabriel Fauré.

Hommages vignette|Plaque à Paris. Une rue de Paris porte son nom, dans le (à noter qu'il vécut entre 1910 et 1924 au 10 rue de la Pompe, dans le même quartier. Une plaque lui rend hommage) ; Une rue de Niort (Deux-Sèvres) porte son nom ; Une avenue porte son nom à La Baule-Escoublac (Loire-Atlantique).

Notes et références

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