L'ivraie, Lolium, ou encore anciennement ZizanieDictionnaire universel de la langue française, avec la prononciation, les étymologies, un relevé critique et raisonné des fautes échapées aux écrivains les plus célèberes, etc, Claude-Marie Gattel, , Éditions Chateauvieux, 1838, Universität Gent, est un genre de poacées (graminée) soit sauvage, soit cultivée comme plante fourragère. Elle est originaire des régions tempérées chaudes d'Eurasie. Certaines espèces sont considérées comme des adventices.
Il existe une trentaine d'espèces du genre Lolium, appelé en anglais , d'où le terme de « ray-gras » ou « » sous lequel sont désignées en français les espèces le plus couramment cultivées.
Les principales espèces cultivées sont les suivantes : Lolium multiflorum, ivraie multiflore ou ray-grass d'Italie , Lolium perenne, ivraie vivace ou ray-grass anglais.
Longtemps, l'ivraie enivrante, Lolium temulentum, a été prise comme la seule espèce d'ivraie dont les graines étaient toxiques à hautes doses, induisant à faible dose des effets comparables à l'ivresse. Or la découverte d'un champignon endophyte, vivant en parfaite symbiose avec Lolium / Lolium temulentum, par P. GuérinSur la Présence d'un Champignon dans l'Ivraie (Lolium temulentum L.). Par M. P. Guérin Journal de botanique, année, no. 15-16, - 16 août 1898, . Gallica fut confirmée en tant qu'infection artificielle et fait régulièrement l'objet d'études approfondiesContribution à l'étude de l'ivraie enivrante Lolium temulentum L., Irmgard Katz, Ed. Beyer & Söhne, Langensalza, 1949, Pruefschrift/Dissertation Zürich, Ergot Alkaloids Produced by Endophytic Fungi of the Genus Epichloë, Philippe Guerre, Toxins (Basel) 2015 March; 7(3): 773–790. Published online 2015 March 6, .
Étymologie et références historiques « Ivraie » vient du latin vulgaire ebriaca herba, de ebriacus, "ivre", reflétant les propriétés enivrantes attribuées à la plante, tandis que « zizanie » vient du grec , « ivraie, mauvaise herbe. », un mot d'origine sumérienne (zizán, "blé"). L'ivraie est documentée tant dans des sites archéologiques que dans les textes anciens (comme illustration dans la parabole du bon grain et de l'ivraie dans l'Évangile)Lire aussi "Le pain des Romains à l'apogée de l'Empire. Bilan entomo- et botano-archéologique", article de Danielle Gourevitch, in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Année 2005, Vol. 149, Numéro 1, . Les graines de l'ivraie enivrante (appelée aussi herbe d'ivrogne) étaient souvent infestées par un champignon, Neotyphodium coenophialum (proche de l'ergot du seigle) qui produit des alcaloïdes toxiques, notamment la témuline, causant des vertiges lorsque la consommation de farine se trouve mêlée à cette plante.
Au , en Grèce antique, Théophraste indique ., et au Livre IV de l'ouvrage, le compare à l', « riz. ». Une loi de taxation des grains promulguée à Athènes en -374/-373 dispose que le blé et l’orge devront être « exempts d’ivraie ». Il compare les écorces - celle de l'ivraie est formée d'une seule couche. ; il dit plus loin que de grosses pluies peuvent changer le blé et l'orge en ivraie..
Virgile signale qu'elle abonde dans les champs et conseille au laboureur de se défaire de la « malheureuse (stérile) ivraie » (infelix lolium)Géorgiques, I, 154.
Galien confirme les vicissitudes épisodiques Galien, VI, 553 Kühn - Lire aussi : « Quand l’année a pris un mauvais tour, l’ivraie pousse à foison dans le blé, et comme les paysans négligent de l’éliminer soigneusement au moyen de cribles spéciaux, vu la faible quantité totale de blé récolté, et les boulangers pareillement pour la même raison, aussitôt bien des gens souffrent de maux de tête ».
L'ivraie est la « mauvaise herbe » utilisée dans la parabole du bon grain et de l'ivraie au chapitre 13 de l'Évangile de Matthieu pour décrire ce que le diable sème. Cette parabole donne en français l'expression « Séparer le bon grain de l'ivraie », de même que : « semer la zizanie » (le texte de l'évangile en grec utilise le mot zizanion pour l'ivraie).
Une loi romaine réprime et interdit expressément de semer de l'ivraie dans le champ d'un ennemi (Digeste de Justinien, livre IX, tit 2, loi 27 alinéa 14). Cela témoigne que cette pratique de destruction devait être répandue. La parabole de l'Évangile fait donc référence à une situation connue des auditeurs du monde romain antique pour illustrer par analogie un message spirituel.
Caractères généraux du genre Lolium Les ivraies sont des plantes herbacées généralement annuelles ou bisannuelles.
Génétique L'ivraie est naturellement diploïde avec 2n = 14. Elle est génétiquement proche du genre Festuca qui regroupe au moins trois cents espèces de poacées.
Distribution Ces plantes sont originaires des régions tempérées chaudes : Europe, Afrique du Nord, Asie occidentale et sous-continent indien. Les espèces cultivées ont été naturalisées dans toutes les régions tempérées du monde : elles réclament en général un climat doux, ensoleillé et relativement humide.
Liste des espèces Le genre Lolium comprend les vingt-huit espèces suivantes selon :
Les espèces de Lolium sont très proches et s'hybrident facilement entre elles. Certaines peuvent s'hybrider également avec des espèces du genre Festuca.
Utilisation Plusieurs espèces ont une certaine importance en agriculture et horticulture, soit comme plantes fourragères, soit comme plantes à gazons d'agrément. Certaines sont aussi des mauvaises herbes, notamment adventices du blé et du lin.
La surface des terrains de tennis « gazonnés » est parfois constituée d'ivraie, notamment à Wimbledon.
Dans la littérature et la culture populaire « À vouloir l'ivraie, on saccage le blé », proverbe peut-être inspiré par la parabole du bon grain et de l'ivraie dans les Évangiles (Matthieu 13:24-30). « Ma doctrine est en danger, l’ivraie veut passer pour bon grain » (F. Nietzsche dans Ainsi parla Zarathoustra, deuxième partie, l’enfant au miroir).
La mort de Daphnis aurait (selon « Ménalque et Mopsos », églogue 5 des Bucoliques de Virgile) entraîné l'infécondité de l'ivraie à la suite du retrait de Pales et d'Apollon des champs, après que « le destin eut ravi » le légendaire berger.
Calendrier Le du mois de thermidor du calendrier républicain / révolutionnaire français est dénommé « jour de l’ivraie »Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, ., généralement chaque 22 juillet du calendrier grégorien.
Synonymes Les genres suivants sont synonymes de Lolium selon :
Notes et références
Annexes
Articles connexes Glossaire de botanique Toxicité des graminées
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Graminée fourragère Catégorie:Genre de Poaceae (nom vernaculaire) Catégorie:Pooideae Catégorie:Taxon décrit en 1753