Lucien Blyau, né le à Everbeek et mort le à Gand, est un coureur cycliste belge.
De par son âge, Blyau voit courir de nombreux champions d'avant-guerre dans les années 1930 et est un fin connaisseur des palmarès. À partir de 1975 et jusqu'à la saison 2015 incluse, Blyau suit sur place les courses à étapes européennes, dans lesquelles il voit passer et ravitaille des générations entières de coureurs professionnels. Dans le milieu des coureurs cyclistes professionnels et des organisateurs de courses, il est connu comme supporter-suiveur exceptionnel surnommé Cola-man ou encore l'ami des coureurs. À l'instar de par exemple l'allemand Didi Senft, Blyau - plus discret - rejoint le cercle restreint de personnages hors norme qui font l'histoire de l'entourage du Tour de France.
Enfance et années de guerre
Lucien Blyau est l'aîné d'une fratrie de quatre enfants dans une famille paysanne de Brakel (Flandre-Orientale, Belgique). Passionné dès son plus jeune âge par le sport cycliste, il collectionne photos et coupures de presse des as de la petite reine. Son père, qui ne voit pas d'un bon œil cette passion, anéantit un jour cette collection. Sur ce, son fils Lucien lui rétorqud qu'il a peut-être brûlé ses papiers, mais que cela ne fait rien puisqu'il a de toute façon tout en tête.
Engagé volontaireLucien Blyau eût droit aux honneurs militaires à son enterrement le 20 août 2016, avec la présence dans l'église Saint-Joseph à Everbeek de près d'une douzaine de porteurs de drapeaux et l'exécution d'un salut au clairon militaire. dans la brigade Piron durant la deuxième guerre mondiale pour refouler l'occupant nazi, Lucien Blyau participe au sein du deuxième corps d'armée britannique et sous les ordres du général Montgomery notamment à la libération des Pays-Bas, ainsi qu'à la bataille des Ardennes.
Dans un incident avec du phosphore durant la guerre, il se brûle gravement mains et piedsInformations fournies oralement par la famille.
Carrière cycliste À partir de 1949, il court pour l'équipe Van Hauwaert-Dubonnet, renommée Van Hauwaert-Englebert l'année suivante. Une rotule cassée, résultant d'une chute et inopérable à l'époque, met un terme à sa carrière cycliste et à son rêve de courir lui-même le Tour de France. Un projet de contrat prêt à signer pour passer professionnel chez Peugeot existait au moment de la chute.
thumb|L'équipe cycliste belge Van Hauwaert-Dubonnet (1949)
Sa vie professionnelle se déroule entre les activités de l'entreprise agricole familiale et le travail dans une usine de Volkswagen. Dans les années 1960, il est de manière temporaire touché d'une mystérieuse paralysie des membres inférieurs, qu'il parvient finalement à surmonterLa sœur de Blyau affirme que, malgré sa paralysie partielle, Lucien n'hésitait pas à descendre seul les escaliers en rampant pour s'acquitter de sa tâche d'arrachage des mauvaises herbes dans le jardin.. Marié, Lucien Blyau a trois filles. Chez l'une d'entre elles, il suscite une vocation pour la participation à des courses cyclistes.
Suiveur du cyclisme professionnel À partir de son départ à la retraite, Lucien Blyau profite de sa liberté pour poursuivre sur place comme supporter les courses cyclistes professionnelles, avec comme prédilection les grandes courses à étapes (Tour de France, Tour d'Espagne, Critérium du Dauphiné Libéré, Tour de Suisse et Paris-Nice), mais également le Tour des Flandres et la « Classique des feuilles mortes » Paris-Tours.. Dans un véhicule qu'il a lui-même réaménagé en mobilhome, il suit au fil des années d'innombrables courses.
Lucien Blyau a l'habitude de présenter un drapeau de sa fabrique sur fond des couleurs de la Belgique avec le slogan en forme de jeu de mots « Crie! Qui? Le lion! » en hommage indirect aux exploits cyclistes de son compatriote Claude Criquielion. Cela retient l'attention de Robert Chapatte, étonné de voir encore un supporter de cet ancien coureur sur le bord des routes.
Porteur d'eau et bon samaritain du cyclisme mondial thumb|Andy Schleck vient de se ravitailler auprès de Lucien Blyau dans le Col des Rangiers (Jura) sur la étape Büren a.A. - Délemont du Tour de Suisse 2014. La photo, qui avait été offerte à Lucien Blyau, porte l'autographe dudit coureur. Avec sa compagne Marie-Thérèse Rousseau, il prend l'habitude de se poster à proximité du sommet de l'avant-dernière difficulté d'une étape ou d'un parcours. Sa présence en fin de course est une vue familière des coureurs, qui savent ainsi l'arrivée proche. À ses propres frais et « pour son plus grand plaisir », il distribue des canettes de boisson gazeuse caféinée et d'autres boissons, ce qui le lui vaut le surnom de Cola-man dans le peloton. Il est ainsi un point de ravitaillement non-officiel accepté par les coureurs. Il aurait distribué jusqu'à 60 boissons aux coureurs sur une étape de la VueltaL'éditeur Schortgen du livre en deux volumes l´Histoire du cyclisme luxembourgeois (parus respectivement en 2010 et 2011), des auteurs Henri Bressler et Fernand Thill spécialistes en la matière, utilisa ces mots dans la dédicace d'un jeu qui fut offert à Blyau..
Quatre décennies en tant que suiveur inofficiel sur les courses Jouissant d'une notoriété acquise dans le monde cycliste, Blyau compte parmi ses amis Fabian Cancellara, Robbie McEwen, Cadel Evans, Greg Van Avermaet ou encore Michael Matthews. Son absence pour raison de santé sur le Tour de France 2016 est remarquée. L'organisation du Tour de France lui fait parvenir dans sa dernière année de vie, en signe de reconnaissance, un badge distinctif l'assimilant aux suiveurs officiels de la compétition. L'autorisation de se stationner parmi les véhicules officiels s'il le souhaite lui était déjà acquise avant.
Mort Face à une maladie incurable qui s'était déclarée en début d'année, Lucien Blyau meurt le à Gand - date de son anniversaire.
Notes et références
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