La sainte couronne dite aussi couronne de saint Louis est une ancienne couronne-reliquaire utilisée ponctuellement pour certains sacres royaux français du . Conservée dans les armaria du trésor de l'abbaye de Saint-Denis jusqu'à sa destruction sous la Convention nationale, elle contenait des reliques de la Passion du Christ.
Histoire
Il existait à la fin du dans le trésor de Saint-Denis une couronne d'or fleurdelisée et gemmée qui était déjà réparée : sur au moins la moitié de sa circonférence, elle était doublée intérieurement d'une plaque métallique. Hervé Pinoteau suppose qu'elle fut créée au pour abriter une insigne relique et qu'elle fut remaniée à l'époque de Suger voire encore plus tard selon l'opinion de Danielle Gaborit-ChopinHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, p. 287.. Elle fut peut-être la couronne du banquet du sacre de Louis IX qu'il offrit à l'abbaye en 1261 en même temps que les couronnes de sacre de son grand-père, les couronnes de Charlemagne. Une analyse du style des bâtes et des fleurons indique une réalisation ou au moins une refonte partielle de la couronne à la fin du : deux fleurons en argent doré furent renforcés vers 1289-1290 par les orfèvres Gossoyn et Jean de Nanterre.
Au Moyen Âge, on appelait cette couronne reliquaire sainte couronne ou couronne d'épines puis on prit l'habitude de l'appeler couronne de Saint Louis à partir du milieu du . Elle servit pour le sacre de et celui d'Anne de Bretagne.
Cette couronne était portée en procession quand on célébrait l'obit ou la messe solennelle d'un roi. Déposée à l'autel des Saints Martyrs en compagnie d'autres reliques (Saint Clou, bras-reliquaire de saint Siméon), la couronne fut ensuite déposée sous l'Ancien Régime dans une armoire du trésor. Cette couronne fut essentiellement représentée sur deux tableaux : La Messe de Saint Gilles et La Vierge de la famille de Vic. La couronne fut transportée à Bourges auprès de Charles VII de 1434 à 1445 puis fut détruite entre avril et sur ordre de la Commission temporaire des arts de la Convention nationale :
Description vignette|Extrait d'une description détaillée de la couronne de saint Louis du 8 juin 1634. Cette couronne royale était réputée abriter une épine de la couronne du Christ et constituait avec le Saint Clou une des pièces principales du trésor de l'église. L'épine était placée sous un énorme cabochon qu'on nommait rubis, escarboucle ou hyacintheL'hyacinthe est une (dictionnaire de l'Académie, 9e éd.). C'est une variété de zircon., mais qui était sans doute un spinelle syrien ou un zircon de métriques. Les cheveux du Christ issus de l'oratoire de Philippe Auguste rejoignirent ensuite l'épine derrière la pierre. Jean II fit remanier le bonnet interne et les perles de la couronne par l'orfèvre Guillaume de Vaudetar à l'occasion de son sacre le 26 septembre 1350. D'après Suger, l'épine et le spinelle étaient un don de sur son lit de mort à l'abbaye de Saint-Denis lui venant de sa grand-mère Anne de Kiev. Le béryl émeraude (extrait dans les mines Habachtal, en Autriche) de 51,6 carats (larg. 30 x haut. 22 x prof. 8 mm) au centre de la fleur de lis centrale est de nos jours conservée au Muséum national d'histoire naturelle à Paris. On conserve de la couronne quelques descriptions anciennes, dont une de Thomas Platter en 1599 :
Une description des armaria du trésor se trouve ensuite dans Le Voyage de France, dressé pour la commodité des François et Estrangers (éd. 1685) :
Enfin la description du trésor en 1710 la mentionne brièvement :
Danielle Gaborit-Chopin la décrit ainsiHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, p. 293. : « Une couronne circulaire, d'un seul tenant, surmontée par quatre larges fleurs de lis aux extrémités renflées. Sur le bandeau, quatre grenats et quatre saphirs alternés étaient séparés par une paire d'émeraude ; sur chaque fleuron, deux grenats, une émeraude, et une topaze entouraient un saphir sauf sur le fleuron principal où une table rectangulaire d'émeraude était placée au centre, les pierres étaient serties dans des bâtes épaisses, entourée d'une moulure. Cent grosses perles étaient disséminées entre les pierres précieuses, fixées de bout par une tige verticale qui les traversaient de part en part ». Cette couronne pesait dont 4 pour pierres, perles et argent doré.
Notes et références
Bibliographie .
Annexes Articles connexes Couronne Regalia Regalia du royaume de France Monarchie française Saint Louis
Catégorie:Regalia du royaume de France Catégorie:Trésor de Saint-Denis Catégorie:Objet du pouvoir au Moyen Âge Catégorie:Objet en or Catégorie:Couronne