Le Musée de la Résistance et de la Déportation du Gers est un musée qui existe depuis 1954. Il avait été inauguré à son emplacement initial en 1975, rue Pagodéoutès à Auch en France. Il a déménagé dans de nouveau locaux, place des Carmélites à Auch et a été inauguré à cet emplacement le
On y trouve de nombreuses pièces et de grandes collections d'objets de la Seconde Guerre mondiale.
L'origine du musée gauche|vignette|Plaque d'inauguration de l'ancien musée, photographié.Fonds Labéjean André Bord, ministre des Anciens combattants, inaugure le musée Départemental de la résistance et de la déportation du Gers à Auch le . Ce musée a été créé grâce à trois anciens résistants qui, dès 1954, ont cherché tous objets ou documents en rapport avec la résistance ou la déportation. Parfois c’était un sacrifice pour les détenteurs de s’en séparer.
Ce musée se situe en sous-sol rappelant le combat souterrain des résistants. Il comporte plus de 700 pièces qui sont réparties sur des tableaux muraux ou sous vitrine. Les tenues ont été mises sur des mannequins en bois pour que les visiteurs puissent les observer.. Des tableaux retracent l’histoire de la Résistance gersoise.
Le parcours du musée s’effectue de façon chronologique depuis l’alerte de 1938 à la reconquête du sol national.
En 1994, l'Association du Musée de la Résistance et de la Déportation du Gers est créée. L'objectif est de pérenniser le souvenir du combat de la résistance dans le département et d'enrichir les collections. Le musée porte les noms de Guy Labédan, Léontine Bordes et Sarah Silber en hommage à ces personnes et leur rôle durant la Seconde Guerre mondiale (respectivement résistant et historien contributeur du musée, résistante déportée et enfant juive déportée à Auschwitz)..
Il a déménagé dans ses nouveaux murs le ..
La Résistance à Auch pendant la Seconde Guerre mondiale gauche|vignette|Carte de la Résistance dans le Gers. Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), de nombreuses villes en France montraient un mouvement de résistance. Auch fait partie de ces villes qui ont résisté contre l'occupation allemande.
Lorsque le , l'Allemagne nazie envahit la France et les territoires voisins. Le , le gouvernement, désemparé, se replie sur Bordeaux. C'est l'exode vers le sud qui débute.
Le , la France, qui se trouve anéantie, signe l'Armistice et va, par la suite, être coupée en deux zones délimitées par une ligne de démarcation qui va séparer la zone libre où va s'exercer l'autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands. Le Gers faisait partie de la zone libre.
Le premier noyau de la résistance à Auch voit le jour fin . La résistance dans le Gers sera plus forte lors de l'occupation allemande qui débutera le et qui se terminera le .
Le Gers a connu des camps de détention et d'internement qui étaient destinés aux étrangers notamment à Cazaubon, à L'Isle-Jourdain, à Montferran-Saves, à Masseube (Camp de Masseube, dont sont prisonniers notamment des Juifs allemands et des exilés républicains espagnols.) et à Montestruc-sur-Gers.
Comme tous les résistants en France, les résistants d'Auch ont subi la répression. Darnand avait d'ailleurs créé une des tâches de la milice en , qui aidait les Allemands, la Gestapo ou encore la Feldgendarmerie dans ce qu'on appelle la « chasse aux résistants ». Les résistants étaient très souvent exposés aux dénonciations. L'Hôtel de France à Auch servait de siège pour la Feldgendarmerie.
Les États-Unis ont apporté une aide aux résistants, notamment via des aviateurs américains qui ont atterri dans plusieurs endroits dans le Gers, principalement à Auch. L'Angleterre a participé intensivement à l'aide pour la résistance, notamment dans le Gers via des parachutages d'armes, le plus souvent, qui avaient lieu exclusivement les nuits de pleine lune. D'ailleurs, les résistants disposaient de "postes récepteurs de messages" dont les messages étaient souvent ceux du Général Charles de Gaulle, provenant de la radio anglaise: la "BBC".
La fin de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance pour les Gersois s'est fait durant la bataille de L'Isle-Jourdain, du 19 au . Les Gersois se sont libérés seuls.
Les figures de la résistance dans le Gers vignette|Ernest Vila à gauche et Jean Bourrec à droite. Durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes étaient impliquées dans la résistance, notamment dans le Gers, à Auch, où quatre personnalités importantes de l'époque consacraient leur temps pour le bien du pays et la défense de leurs idées.
La résistance à Auch s'organisait sous l'impulsion de Fernand Mauroux, un négociant, Ernest Vila., un instituteur, Georges Daubèze, un vétérinaire et Jean Bourrec., un professeur adjoint. Par la suite, ils ont recruté Mouchet, Villanova, Tourné, Lloret, Sempé, Montaubéry et Massat. Leur action principale était la lecture et la distribution du journal clandestin « Liberté ».
Des lettres « V », signe de protestation par les résistants, étaient tracées à la craie dans la ville, sur les boites aux lettres, poubelles et édifices publics. La nuit précédant la venue du général Laure, secrétaire général du chef d’État, de nouveaux « V » furent tracés, cette fois-ci au goudron, sur les balises de la N.124 par l'équipe des résistants auscitains.
Plus tard, Daubèze obtenait un contact avec un réseau de résistance de Toulouse et était chargé d'organiser la réception d'un parachutage aux environs d'Auch. Mais il fut arrêté le par la police de Vichy et condamné à un an de prison.
Fin 1941, le mouvement « Liberté » devenait « Combat ».
Durant l'année de 1942, le cercle de résistance s'élargissait et des postes de responsabilités étaient attribués sous la responsabilité de Villanova.
Un embryon de l'Armée secrète (A.S) fut formé petit à petit.
Il y avait de plus en plus de graffitis dans les rues qui affirmaient une opposition au régime dirigé par le maréchal Pétain. vignette|Fernand Mauroux à gauche et Georges Daubèze à droite. Un attentat à l'explosif fut commis par des résistants auscitains dans la nuit du 28 et contre le siège du Parti populaire français, pronazi. Cet attentat entraîna l'arrestation de l'industriel Fernand Mauroux et son incarcération.
Au printemps 1943, les M.U.R.( Mouvements unis de la Résistance) sont pris en main par Jean Bourrec. Ils sont composés de « Combat » (largement majoritaire) et d’autres mouvements comme « Libération ».
À leur tête, se trouvait Ernest Vila, un responsable de l’organisation qui était désigné dans les cantons. Il avait la charge de distribuer les journaux clandestins.
De nombreux tracts et graffitis apparaissaient et prenaient une place importante dans la résistante qui se trouvait de plus en plus présente.
En , les imprimeurs du journal clandestin s'installaient à Auch et imprimaient le célèbre « Chant des Partisans » qui se trouvait être une autre forme de résistance.
Le , le personnel de l'imprimerie « La libération » fut arrêté et déporté.
Le 9 et , les auscitains Jean Bourrec et Georges Daubèze ont été arrêtés avec d’autres habitants.
De nombreuses personnes se sont battues pour le régime et certaines ont réussi à arriver jusqu'au bout tandis que d'autres ont été arrêtées ou tuées malgré leur courage.
Le Maquis de Meilhan
vignette|345x345px|Photographie prise au musée de la Résistance à Auch, dans la section réservée au maquis de Meilhan. gauche|vignette|Photographie prise au musée de la Résistance à Auch, dans la section réservée au maquis de Meilhan Le musée de la Résistance à Auch contient une partie consacrée au maquis de Meilhan.
Ce monument se trouve sur les collines de Meilhan, de Villefranche d'Astarac et de Gaujan dans le Gers. Né en à Arrouède et commandé pendant la Seconde Guerre mondiale par le docteur Raynaud, ce lieu fut utilisé par les résistants français qui combattaient l'occupation allemande dans le Gers. Sa principale activité est le sabotage.
On promet le à ce groupe, en manque de munitions et pourvu seulement d'armes légères, l'arrivée d'un parachutage imminent américain d'armes lourdes mais celui-ci arrivera trop tard. Le au soir, le peu d'armes qu'ils avaient sont mises dans des camions pour faire mouvement le lendemain. Seulement, le maquis a été repéré par les Allemands et le , un détachement de la Wehrmacht de 150 hommes du bataillon de grenadiers allemands venu de Lannemezan encercle le maquis. Les 76 maquisards français, désarmés et démunis, succombent majoritairement sous les balles allemandes : seuls 17 d'entre-eux réussirent à s'échapper par le Sud, 3 autres ont été faits prisonniers et fusillés à Lannemezan. C'est un bilan très lourd pour un combat qui n'a duré guère plus de deux heures.
Trois ans plus tard, le , quatre hommes considérés comme responsables de ce carnage comparaissent à Toulouse devant le Tribunal militaire. Ces hommes, commandants de compagnie ou de section, ont été dénoncés par des prisonniers allemands qui avaient participé au combat de Meilhan.
Chaque année, le premier dimanche de juillet, a lieu la commémoration du souvenir au maquis de Meilhan. Ce maquis a été réalisé et conçu par les architectes Hébrard, Lefèbvre et Bienvenu ainsi que des sculpteurs et l'entreprise Chamayou de Tarbes (Hautes-Pyrénées). L'inauguration a eu lieu le .
Libération d'Auch L'année 1944 est bien, pour l'Europe occupée, l'année des plus grands espoirs. Grâce à l'action des différentes armées alliées ainsi qu'à l'aide qui leur est apportée par les mouvements et les maquis de la résistance, l'Allemagne nazie recule sur tous les fronts et son renversement semble proche..
À partir du , s’engagent des actions de sabotage. Mais la réaction de la Wehrmacht, la III° armée du Reich, ne tarde pas et les résistants subissent de lourdes pertes, comme à Castelnau-sur-l’Auvignon, en , où de nombreux résistants français et espagnols tombent sous les balles allemandes. Le , le maquis de Meilhan est décimé par une attaque. À partir de 1944, il s’agit, pour la résistance, de préparer le débarquement puis de le soutenir. Au printemps 1944, la question qui se pose est de savoir s’il faut engager les combats contre l’ennemi ou attendre l’intervention alliée. La résistance s’organise alors en bataillons pour préparer le débarquement.
Au sud du département se met en place le Bataillon Soulès. Joseph Nastuzzi, qui vit dans la ferme de ses parents à Leboulin, rejoint l'un des camps du Corps franc Pommies à Bajonette. « C'est là que nous avons été équipés avec des armes provenant des parachutages anglais. J'étais dans une section dotée d'un mortier et d'une mitrailleuse lourde. », dit-il. Le , les Allemands quittent la ville. Ils ont été stoppés à L'Isle-Jourdain et ramenés à Auch le .
Souffrances politiques et raciales durant la Seconde Guerre mondiale à Auch A partir de 1938, le système concentrationnaire nazi prend une plus grande dimension. Après les premiers camps comme Dachau (créé en 1933), d'autres camps de concentration et d'extermination sont créés. Flossenburg en Autriche, Stutthof et Auschwitz en Pologne, Theresienstadt en Tchécoslovaquie, le Struthof en France. Sous l'autorité et le contrôle des S.S., tous essaiment en Kommandos comme une véritable toile concentrationnaire. Aux détenus allemands, autrichiens et tchèques s'ajoutent des hommes et des femmes de toute l'Europe.. vignette|506x506px|Carte d'une partie de l'Europe (Pologne, France...) avec les camps de concentration et extermination lors de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)