Bernard Pivot est un journaliste français, écrivain, critique littéraire, animateur et producteur d'émissions culturelles télévisées, né le à Lyon et mort le à Neuilly-sur-Seine.
D'abord journaliste au Figaro littéraire, qu'il quitte en 1974 après avoir été rédacteur en chef, Bernard Pivot fonde le magazine Lire. Il lance à la télévision l'émission littéraire Apostrophes, qu'il présente de 1975 à 1990 et qui reste la référence en matière de culture à la télévision. Il anime ensuite l'émission Bouillon de culture de 1991 à 2001, et crée des championnats d'orthographe et des dictées qui remportent un immense succès populaire.
Bernard Pivot est élu en 2004 à l'académie Goncourt, dont il est le président de 2014 à 2019.
Biographie Jeunesse et études Claude Bernard Pivot, dit Bernard Pivot, naît le à l'hôpital de la Croix-Rousse.. Il est le fils de Charles Pivot (1909-1999), originaire de Saint-Symphorien-de-Lay, et de Marie-Louise Dumas (1912-1989), originaire de Quincié-en-Beaujolais.. Ses parents sont épiciers lyonnais et demeurent rue de Bonnel dans le .. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père est prisonnier de guerre en Allemagne. Sa mère se réfugie dans la maison familiale, à Quincié-en-Beaujolais, où Bernard est scolarisé. De son propre aveu, il lit en particulier un dictionnaireFrance inter - Émission Grand bien vous fasse le 16/03/2018 au Salon du livre. et déclare à ce sujet : ..
Au retour de son père Charles Pivot en 1945, sa famille regagne Lyon, s'installe avenue du Maréchal-Foch dans le et reprend son commerce. À l'âge de dix ans, Bernard est placé au pensionnat religieux Saint-Louis. Il se passionne pour le sport, ce qui fait « oublier » à ses maîtres sa médiocrité dans les autres matières, à l'exception du français et de l'histoire. Élève au lycée Ampère, puis étudiant en droit à l'université de Lyon, Bernard s'inscrit ensuite à Paris au Centre de formation des journalistes (CFJ) en 1955. Il en sort vice-major de sa promotion en 1957..
Carrière Presse écrite Après un stage au Progrès, à Lyon, Bernard Pivot se forme au journalisme économique pendant un an, puis entre au Figaro littéraire en 1958. En 1971, l'hebdomadaire disparaît et Bernard Pivot devient chef de service au Figaro.
Il quitte le journal en 1974 lorsque Jean d'Ormesson en devient directeur général. Jean-Louis Servan-Schreiber lui propose alors un projet de magazine, qui débouche un an plus tard sur la création de Lire.
Entre 1974 et 1977, il anime une chronique dans l'hebdomadaire Le Point. De 1992 à 2022, il est chroniqueur, d'abord humoristique puis littéraire, au Journal du dimanche.. Il utilise, pour ses chroniques gastronomiques, les noms de plume et ..
Radio De 1970 à 1973, Bernard Pivot tient une chronique quotidienne mi-sérieuse, mi-comique sur Europe 1. Il travaille également pour la station RTL durant les années 1980.
Télévision Bernard Pivot apparaît pour la première fois à la télévision le , pour parler de Johnny Hallyday et de Sylvie Vartan. En 1968, il est invité par Jean Prasteau dans l'émission À la vitrine du libraire pour parler de critique littéraire.
À partir d', il produit et anime l'émission Ouvrez les guillemets, diffusée sur la première chaîne de l'ORTF.
Apostrophes L'année suivante, l'ORTF éclate et l'animateur lance l'émission Apostrophes sur Antenne 2, qu'il rejoint à la demande de Jacqueline Baudrier, sur les conseils d'Yves Berger, de Pierre-Jean RemyL'Effet Pivot, de Édouard Brasey, 1987.. et de Marcel Jullian, le président de la chaîne. L'émission est diffusée en direct chaque vendredi soir à à partir du . Durant , Pivot débat avec plusieurs invités. Il est parfois reçu par des écrivains auxquels il consacre une émission spéciale, comme Albert Cohen, Marguerite Yourcenar, Marguerite Duras, Georges Simenon et Alexandre Soljenitsyne. Apostrophes rassemble jusqu'à deux millions de téléspectateurs, stimule les ventes de livres et devient le « magazine littéraire de référence » de la télévision.
vignette|gauche|Bernard Pivot en 1986, aux côtés de son ancien collègue Dominique Baudis, devenu maire de Toulouse.
L'émission est récompensée par le 7 d'or du meilleur magazine culturel ou artistique en 1985 et 1987. Bernard Pivot reçoit lui-même le du meilleur animateur et du meilleur producteur de télévision en 1985, puis celui du meilleur animateur de débats en 1987. Même s'il animera par la suite d'autres programmes culturels rencontrant du succès, Apostrophes restera son succès le plus célèbre..
Après et la diffusion de la dernière émission d'Apostrophes le , un entretien entre Bernard Pivot et Pierre Nora paraît dans la revue Le Débat.
En , Bernard Pivot est critiqué pour son attitude dans l'émission Apostrophes du , lors de laquelle il interroge d'un ton badin l'écrivain Gabriel Matzneff, qu'il qualifie, au milieu de l'hilarité générale, de et de . Matzneff, invité pour son livre Mes amours décomposés, se vante dans ce livre de pratiques pédophiles, notamment de . Denise Bombardier, écrivaine québécoise invitée à l'émission, est alors la seule à protester et à dénoncer l’écrivain.
Après la mise en ligne par l'Ina de la vidéo de l’émission, Bernard Pivot déclare qu'à cette époque . Face à la polémique qui enfle, il déclare quelques jours plus tard qu’il n’a pas eu les mots qu’il fallait, ajoutant : .....
Bouillon de culture À partir du , sur Antenne 2 (devenue France 2 en ), Bernard Pivot présente Bouillon de culture, qui traite de l'actualité littéraire, mais aussi de cinéma, de théâtre, etc. Diffusée à , l'émission est suivie par plus d'un million de téléspectateurs. Elle est récompensée par le 7 d'or du meilleur magazine culturel en 1995. Par la suite, le programme connait une forte baisse d'audience. En , son arrêt provoque l'émoi dans le monde de l'édition et des médias. Le Journal du dimanche consacre alors un numéro spécial à Bernard Pivot. En , soit quatre mois après son arrêt, Bouillon de culture reçoit un deuxième 7 d'or (celui de la meilleure émission culturelle).
Championnats d'orthographe et autres émissions En 1985, il crée et présente les Championnats de France d'orthographe, puis les Championnats du monde d'orthographe, renommés les Dicos d'or. Il coanime l'émission avec Catherine Matausch, puis Florence Klein. La dernière édition a lieu sur France 3 en . Ces championnats, qui remportent un immense succès populaire, sont généralement composés de questionnaires sur la langue française et l'orthographe, suivis par une dictée (écrite par la linguiste Micheline Sommant pour les demi-finales et par Bernard Pivot pour la finale).
De à , il s'ouvre à la rencontre d'étrangers qui ont choisi d'ajouter la culture et la langue françaises à leur culture d'origine. Cette émission, intitulée Double je, est diffusée une fois par mois sur France 2 le dimanche soir. Il y recevra notamment la reine Margrethe du Danemark, traductrice avec son mari du roman de Simone de Beauvoir Tous les hommes sont mortels.
En , il coanime avec Laurence Boccolini et Jean-Pierre Foucault l'émission Français, la Grande interro !, consacrée à la langue française et diffusée en première partie de soirée sur TF1..
Membre du jury de prix littéraires Bernard Pivot fait partie du jury du prix Interallié. Élu en 2002, il succède à Jean Couvreur, mort l'année précédente.
En , il est élu à l'académie Goncourt.
En , l'écrivaine Edmonde Charles-Roux lui cède la présidence de l'académie. C'est en sa qualité de président de cette académie qu'il évoque dans un message posté sur le réseau social Twitter, en (pendant la campagne de l'élection présidentielle), le nouveau verbe « macroniser » qu'il évoque à la manière d'un mot du dictionnaire..
Le , il annonce que, « pour retrouver un libre et plein usage de son temps, à 84 ans », il quitte l'académie Goncourt, qu'il a pacifiée, moralisée et notamment libérée de la tutelle des grands éditeurs, le suivant et qu'il en sera dès lors membre d'honneur..
Auteur En 1959, son roman L’Amour en vogue est édité chez Calmann-Lévy.
En 2006, Plon publie son Dictionnaire amoureux du vin qui connaît un grand succès. Il est réédité en 2013 dans une version illustrée. vignette|Bernard Pivot, le 20 novembre 2008 à Paris. vignette|redresse|Bernard Pivot et André Rossinot lors du salon Le Livre sur la place 2018 à Nancy. Bernard Pivot évoque son parcours dans un abécédaire biographique, Les mots de ma vie, paru chez Albin Michel en 2011.
L'année suivante, NiL Éditions publie son autobiographie romancée, intitulée Oui, mais quelle est la question ?. Le livre met en scène le personnage d'Adam Hitch, un journaliste atteint de « questionnite ».
À partir de 2012, avec Souvenirs d'un gratteur de têtes, puis, en 2015, Au secours ! Les mots m'ont mangé, Bernard Pivot lit sur scène les textes de ses auteurs préférés et les siens.
En 2013, Les tweets sont des chats, un recueil de ses aphorismes sur Twitter, où il compte jusqu'à 1 million de followers, paraît chez Albin Michel.
En 2018, avec sa fille Cécile Pivot, il écrit à quatre mains Lire !, où ils confrontent leurs expériences de lecteurs..
En 2021, il publie ...mais la vie continue. Écrit à la première personne, le narrateur, un éditeur à la retraite de 82 ans, y fait notamment part de ses réflexions sur la décrépitude physique et la mortBernard Pivot, ... Mais la vie continue, Albin Michel, 2021, 222 pages..
Autres activités Bernard Pivot est conseiller municipal de la commune de Quincié-en-Beaujolais de 1977 à 1983..
Bernard Pivot entre au conseil de surveillance du groupe Express-Expansion en 2005. Il en assure la vice-présidence. Il est membre du conseil d'administration de la fondation du Crédit agricole - Pays de France, présidée par Yves Barsalou en 2007.
En , Bernard Pivot crée le Comité de défense du beaujolais, avec son ami journaliste et chroniqueur gastronomique Périco Légasse, afin de protéger un . Depuis le millésime 2009, la cave de Quincié-en-Beaujolais produit la cuvée Bernard-Pivot en AOP beaujolais-villages. Le journaliste, propriétaire d'un hectare de vignes, est adhérent de la cave.
En 2015, il est le « président d'honneur » du Salon international du livre de Québec.
En 2018, il compte près d’un million d’abonnés sur le réseau de microblog Twitter, qu'il considère comme une « école de la concision »..
Le football Bernard Pivot est un supporter de l'équipe de football de l'Association sportive de Saint-Étienne (ASSE). Il confiait dans les années 80 : . Sa passion pour le football est née vers dès l’âge de 9-10 ans. Il a commencé à jouer au Football Club Saint-Louis, et a fait partie de l’équipe du lycée Ampère à Lyon. Son père lui a transmis cette passion et il confie à ce sujet : .
Salif Keita fait également partie de ses deux joueurs préférés, et son meilleur souvenir est le match retour Saint-Étienne-Kiev le ... Le football lui a également permis d'avoir une échappatoire, car avec ses deux émissions emblématiques, il est resté confiné chez lui pendant quinze ans pour lire près de quinze livres par semaine.. Il publie en 1980 Le Football en vert.
Dernières années et mort Lorsqu'il quitte l'académie Goncourt en 2019, Bernard Pivot déclare : Selon Jérôme Béglé du Point, il était alors déjà touché par la maladie..
Le , Le Journal du dimanche annonce que l'ancien animateur serait hospitalisé depuis plus d'un mois et qu'il serait très affaibli.. Le , dans une interview qu'il donne au même journal, il annonce se retirer de la vie publique car « le mal [l]’a frappé à la tête, siège du cerveau et de la parole » et qu'il a « démissionné du Goncourt pour laisser [sa] place à un écrivain plus jeune »..
Le , après des mois de lutte contre un cancer. du rectum, Bernard Pivot meurt à Neuilly-sur-Seine, le lendemain de son ..
Le , ses obsèques se déroulent dans l'église Saint-Pierre de Quincié-en-Beaujolais, près de Lyon, où il repose dans la même tombe que ses parents..