Léon-Joseph Suenens (Leo Jozef Suenens en flamand), né à Ixelles le et mort à Bruxelles le , est un cardinal belge de l'Église catholique romaine, primat de Belgique, de Malines, de Malines-Bruxelles (1961-1979). Il a un rôle majeur lors du concile Vatican II dont il est un des quatre modérateurs.
Éléments biographiques Jeunesse Léon Joseph Suenens est né à Ixelles le , enfant unique de Jean-Baptiste Suenens, négociant en bière, et de Jeanne Janssens. Il a 4 ans seulement lorsqu'il perd son père âgé de 30 ans à peine. Il effectue ses études secondaires à l'Institut Sainte-Marie à Schaerbeek d'où il sort en 1921..
Après le grand séminaire de Malines, il poursuit ses études au Collège pontifical belge à Rome où il obtient le diplôme de docteur en philosophie et en théologie ainsi qu'un baccalauréat en droit canon.
Prêtre Le , à 23 ans, Léon Joseph Suenens, incardiné à l'archidiocèse de Malines, est ordonné prêtre par le cardinal Joseph-Ernest Van Roey en la cathédrale Saint-Rombaut à Malines. Il est alors successivement professeur à l'Institut Sainte-Marie de Schaerbeek en 1929, au Petit séminaire de Malines où il enseigne la philosophie en 1930 et au grand séminaire Saint-Joseph de Malines en 1935..
Évêque Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est nommé le vice-recteur de l'université catholique de Louvain. Il en assure le rectorat à partir du lorsque le recteur effectif, Honoré Van Waeyenbergh est arrêté par les Allemands, jusqu'à sa libération en . Entretemps, il a été nommé chanoine honoraire du chapitre métropolitain et, en 1941, camérier secret du pape Pie XII.
Le , il est nommé évêque in partibus d' à 41 ans et devient évêque auxiliaire du cardinal Joseph-Ernest Van Roey. À cette même date, il est nommé vicaire général de l'archevêché de Malines. Il reçoit le sacre épiscopal le en l'église métropolitaine. Une des attributions du vicaire général est la censure de livres touchant au dogme et aux sacrements à l'exception du mariage. Il devient président de Pax Christi et des Légions de Marie, du Centre catholique pour la radio et la télévision et de la Commission interdiocésaine de presse. Sa devise d'évêque est « In spiritu sancto ».
Pendant de nombreuses années, il travaille avec sa proche collaboratrice, Veronica O’Brien, missionnaire irlandaise des Légions de Marie sur le continent européen. Celle-ci lui apporte notamment sa connaissance parfaite du latin au cours du concile Vatican II. Il est également un fervent artisan de sa vision charismatique du catholicisme.. C'est via Veronica O'Brien que Suenens a joué un rôle dans le mariage du roi Baudouin de Belgique et de Fabiola de Mora y Aragón en 1960. Au fil des années, le célibat d’un roi qui vivait toujours au domicile paternel était devenu une affaire d’État. Suenens évoque cette question avec Veronica O'Brien. Celle-ci se met à la recherche de la candidate idéale et organise la rencontre du roi Baudouin de Belgique et de Fabiola de Mora y Aragón.. Le cardinal Suenens relatera par la suite les circonstances de leur rencontre dans un livre sur le roi Baudouin « Le roi Baudouin, une vie qui vous parle ».
En 1961, l'archidiocèse de Malines se subdivise et il devient, à la mort de son prédécesseur, le de Malines-Bruxelles à 57 ans. Sans cette subdivision, il serait devenu le de Malines.
Cardinal Créé cardinal par le pape Jean XXIII lors du consistoire du avec le titre de cardinal-prêtre de Saint-Pierre-aux-Liens, il joue un rôle prépondérant au concile Vatican II dont il est un des quatre modérateurs nommés par le pape Paul VI (). Proche de Paul VI, il est membre de la Commission centrale préparatoire, de la Commission de coordination et du Secrétariat pour les questions extraordinaires du Concile.
Le modérateur Suenens a, plus que personne, justifié le terme qui désignait sa fonction. Car il eut continuellement à lutter sur deux fronts, et contre ceux qui entendaient bloquer toutes les écluses entre l’Église et la modernité, et contre ceux qui à l’inverse voulaient qu’on fît sauter toutes les vannes ..
Paul VI demande également au cardinal Suenens d'être le relais entre l'Église catholique et le Renouveau charismatique catholique (RCC) nouvelle mouvance encore difficile à cadrer au sein de l'Église catholique.
En 1976, il reçoit le prix Templeton.
Il démissionne de son poste d’archevêque de Malines-Bruxelles en , à 75 ans, selon la règle, et Godfried Danneels est désigné par le pape Jean-Paul II pour lui succéder en .
En 1982, la faculté de théologie catholique. de l'université de Wurtzbourg (Julius-Maximilians-Universität Würzburg) lui décerne un doctorat honoris causa ..
En 1991, il publie Souvenirs et espérances, auquel l'Académie française décerne le grand prix de la francophonie, présenté lors d'un discours de Maurice Druon, secrétaire perpétuel.
thumb|La sépulture de Léon-Joseph Suenens dans le caveau des archevêques de la cathédrale de Malines.
Il meurt à la clinique Saint-Jean à Bruxelles le , à près de 92 ans. Son corps repose dans le caveau des archevêques sous le chœur de la cathédrale Saint-Rombaut de Malines.
Succession apostolique Léon-Joseph Suenens a ordonné les évêques suivants. : Évêque , O.S.C. (1955) Évêque Jules-Victor Daem (1962) Évêque Léonce Albert Van Peteghem (1964) Cardinal Joseph-Léon Cardijn (1965) Évêque (1965) Archevêque Jean Jadot (1968) Archevêque Henri Lemaître (1969) Évêque Jean Huard (1977) Cardinal Godfried Danneels (1977)
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