La rééducation des grands brulés est un processus intervenant auprès des grands brûlés afin qu'ils regagnent une vie normale.

, par un masseur-kinésithérapeute qui pratique les soins en hôpital, en centres de rééducation spécialisés, en ambulatoire puis par la suite en libéral.

Contexte et définitions La peau est le plus grand organe du corps humain, une brûlure correspond à une destruction totale ou partielle de la peau. C'est un épithélium pluristratifié kératinisé, composé de d'empilement de différentes couches : l'épiderme, la membrane basale, le derme et l'hypoderme. La gravité d’une brûlure est liée à son étendue, sa profondeur, sa localisation. La profondeur de la brûlure est déterminée selon la structure atteinte.

Selon le niveau de gravité de la brûlure, la prise en charge sera différente, cependant il faut allier plusieurs techniques pour atteindre une rééducation optimale de la personne. De plus, il faut avoir une approche pluridisciplinaire, c'est-à-dire, travailler en relation avec les chirurgiens, les infirmières, les ergothérapeutes notamment. Car la grande brûlure entraîne de nombreuses conséquences; vitales, physiques, mécaniques, fonctionnelles, psychologiques. L'objectif principal de la rééducation est le capital cutanée.

Étendue de la brûlure

La Règle des 9 de Wallace permet une approximation de la surface cutanée brûlée (SCB) : Tête = 9 % Tronc Face antérieure = 9 % x 2 Tronc Face postérieure = 9 % x 2 MSD = 9 % MSG = 9 % MID = 9 % x 2 MIG = 9 % x 2 Organes génitaux = 1 % Total = 100 %

Autres tables plus précises : Lund et Browder (réanimation).

Profondeur de la brûlure En fonction de différents facteurs tels que : température durée d'exposition épaisseur de la peau atteinte

Degrés de brûlure (superficiel) : Coup de soleil. Destruction de la couche cornée de l'épiderme (érythème, peau rouge douloureuse, léger œdème). La cicatrisation est spontanée en 4 à 5 jours. superficiel : Destruction de l'épiderme en totalité mais respect de la couche basale de Malpighi (phlyctène, peau rouge). La cicatrisation spontanée reste possible en . intermédiaire : Brûlure au milieu de la couche basale de Malpighi, détruit les sommets et respecte les vallées (phlyctène, peau blanche). Cicatrisation possible en 15 à 21 jours. profond : Destruction de la totalité de l'épiderme et d’une partie plus ou moins importante du derme (phlyctène, peau blanchâtre à brunâtre). La cicatrisation spontanée est encore possible à partir des glandes sébacées et sudoripares et surtout des follicules pileux mais longue (supérieure à ) et source de séquelles. (profond) : Destruction complète de toute l'épaisseur cutanée : épiderme et derme (escarre, lésion blanchâtre ou brunâtre, indurée, insensible). La cicatrisation spontanée est impossible (sauf si lésion très petite et cicatrisation à partir de la périphérie), risque de paralysie et de nécrose. L'inflammation est repérée grâce à des caractéristiques connues, rougeur, chaleur, douleur et œdème. Elle évolue au cours du temps, et possède différentes phases avec un pic inflammatoire qui survient entre ensuite survient le déclin inflammatoire.

Classification des cicatrices Il existe plusieurs types de cicatrices en cas de brûlures : Les cicatrices élargies Les cicatrices dyschromiques Les cicatrices rétractiles : correspondent le plus souvent à une rétraction cutanée ou à une bride Les cicatrices adhérentes : limitent la mobilité car elle est attachée au plan profond du derme Les cicatrices hypertrophiques : se caractérisent par l'augmentation de volume des cicatrices à cause d'un excès de prolifération cellulaire Les cicatrices chéloïdes : on observe aussi une augmentation de volume mais celui-ci déborde sur les tissus voisins vignette|Cicatrices chéloïdes

Le physiothérapeute intervient surtout dans le traitement des cicatrices hyperthrophiques et chéloïdiennes.

La rétraction est la multiplication pathologique de myofibroblastes, cela entraîne une avascularisation des tissus sous-jacent. Elles suivent la direction des lignes de tensions. Elles sont mises en évidence grâce au blanchissement de la peau.

Les raideurs sont des diminutions d'épaisseur et d'élasticité de la cicatrice.

Les adhérences correspondent à une fixation avec les tissus sous-jacent qui diminuent la mobilité de la peau. Elles sont mises en évidence par la difficulté à former un pli de peau.

Le prurit correspond à des démangeaisons intenses causées par l'inflammation principalement, le patient aura des sensations désagréables qui vont lui donner envie de se gratter.

Le principe HARA (Hypertrophie-Adhérences-Rétraction-Attraction), c'est l'évolution typique des cicatrices pathologiques sa compréhension permet d'établir les objectifs de la rééducation cutanée. Ces cicatrices sont dues à une inflammation longue et difficile, le derme cicatrise de manière anarchique et désordonné. cela aboutit à des séquelles fonctionnelles et esthétiques. Cependant les cicatrices ne sont pas forcément pathologiques, si le remaniement du derme se fait correctement, il n'y aura pas de problèmes associés à la cicatrisation. La maturation cicatricielle dure aussi longtemps que la réaction inflammatoire existe.

Buts de la kinésithérapie Les objectifs principaux sont maîtriser l'évolution des cicatrices (prévention et traitement), les rétractions et les raideurs; pour obtenir finalement un état esthétique, psychologique, fonctionnel et orthopédique se rapprochant au mieux de l'état de santé avant l'accident. Ainsi que retrouver une certaine qualité de peau au niveau de l'extensibilité, de l'élasticité et de la laxité. Mais aussi être infra-douloureux, puisque nous gardons en mémoire la douleur. Les objectifs tournent donc autour de deux principes : entretenir et restaurer les aptitudes fonctionnelles et maintenir l'autonomie de l'individu.

Le kinésithérapeute interviendra sur trois plans différents: respiratoire, orthopédique et cicatriciel.

Tout d'abord, le kinésithérapeute doit effectuer plusieurs bilans, pour comprendre les mécanismes cellulaires et leurs conséquences : Au niveau orthopédique, permet de retrouver une biomécanique articulaire et péri-articulaire. Il existe de nombreuses complications orthopédiques. Le bilan est réalisé dès l'arrivée du patient pendant quelques jours, les techniques consistent à faire des glissements, à repérer les déficits et à entretenir la mobilité; associé à un bilan analytique et fonctionnel. En parallèle et au fur et à mesure, le kinésithérapeute réalise des attelles de postures pour immobiliser les articulations. Ce bilan se fait pendant toutes les phases même au moment de la greffe s'il y en a une, en lien avec les mesures goniométriques des amplitudes articulaires et musculaires ainsi que l'extensibilité des muscles. Au niveau cicatriciel, la cicatrisation possède plusieurs phases, le kinésithérapeute n'intervient pas au début, il laisse la cicatrisation se faire pendant les premiers jours. Le praticien intervient principalement pour redonner de la mobilité aux tissus. Lorsque l'épidermisation est complète, la rééducation commence avec des mobilisations. On appelle ce bilan une évaluation cutanée-trophique-vasculaire qui met en lumière l'évolution des cicatrices, insistant sur la coloration, l'adhérence, la consistance et l'hypertrophie. Au niveau respiratoire, le kinésithérapeute procède à des bilans pluriquotidiens en auscultant le patient et en s'appuyant sur les radiographies pulmonaires. Le patient est ou non intubé, ainsi la prise en charge sera différente : instrumentale, non instrumentale et posturale. Les techniques non instrumentales consistent en de la kinésithérapie respiratoire active et passive donc du désencombrement des voies aériennes supérieures et inférieures principalement. Ici, les postures sont le fait de changer le patient de position, couché sur le dos, sur le ventre, sur le côté. Au niveau de l'état complet du patient, on englobe dans ce bilan, la douleur ressentie, les aptitudes fonctionnelles axées sur les capacités de la vie quotidienne, l'état des muscles.

La rééducation du brûlé se fait sur des techniques actives, c'est le patient qui est maître de sa rééducation; mais aussi passives, seul le praticien met en jeu ses muscles pour mobiliser le patient, celui-ci se laisse faire sans contracter par lui-même; selon l'état du patient.

Action du masseur-kinésithérapeute

Massothérapie

Le massage se fait sur prescription médicale. Il peut être manuel ou par l'intermédiaire d'utilisation d'appareils divers. Celui-ci a pour rôle de lutter contre les rétractions cutanées et d'accompagner la reconstruction tissulaire, ainsi qu'agir sur la souplesse de la peau.

Pour bien commencer, le masseur doit évaluer l'ampleur des lésions et leur état, de plus il doit faire attention aux zones d'hypertrophie. Il définira l'ampleur cutanée maximale. Et il doit regarder le niveau d'inflammation grâce au test de vitropression et au blanchissement de la peau par une mise en tension.

Cette technique se fait après épidémisation totale des zones à traiter, en outre, le praticien pourra appliquer une pommade hydratante.

Effleurage ou pression glissée superficielle : c'est un simple glissement de contact, sans intensité de pression qu'on s'associe à une caresse étant dans cette rééducation contre-indiqué jusqu'à l'épidémisation complète, puisque cette manœuvre a un effet de desquamage Pétrissage : notion de malaxage, on isole un volume de tissu cutanée ou musculaire et on lui fait subir des successions de pression et dépressions; les techniques de palpé-roulé doivent être faites prudemment et perpendiculaire à la tension cicatricielle, il faut impérativement suivre la circulation de retour veineux ou le sens des fibres musculaires, ces manœuvres ont une action défibrosante Frictions ou ponçage : il s'agit de glissement d'un plan anatomique sur un autre plan sous jacent; possède une action sur l'assouplissement des cicatrices en échauffant la zone massée et en créant une vasodilatation; se fait avec un ou plusieurs doigts lentement et en profondeur, cela libère les adhérences Étirements : technique de René Morice, cela consiste à exercer une légère pression soutenue dans la profondeur avec la pulpe des doigts de part et d'autre de la zone à traiter, en prévention de la rétraction Manœuvre de Wetterwald : elle consiste à former un pli de peau par une prise tridigitale et à le mobiliser en 4 temps Vacuomobilisation: utilisation d'une ventouse transparente qui forme un vide, pour faire un effet mécanique et circulatoire Entérologie : massage instrumentale, consiste à soulever la peau par aspiration, grâce à l'utilisation d'un appareil mécanique, Appareil LPG, Louis-Paul Guitet; doté des têtes de tailles variables avec deux rouleaux qui reproduisent la manœuvre de palper-rouler. Drainage lymphatique manuel pour lutter contre les œdèmes, se fait au début des séances. Test de la vitro pression : fait d'appuyer sur la zone cicatricielle avec un verre de montre permettant ainsi de chasser le sang, on regarde le temps de recoloration qui indique l'état de l'inflammation locale. Il y a différents niveaux, si c'est inférieur à 1 seconde c'est que l'inflammation est encore active et donc importante. C'est donc un indicateur pour savoir si on peut commencer la massothérapie ou non. Ultra-sons, ils ont des actions défibrosantes, antalgique et anti-inflammatoire et permet de rompre les adhérences.

En même temps que le massage, il faut hydrater régulièrement la peau avec des pommades pour favoriser l'assouplissement. Les autres techniques appartenant au massage classique comme les pressions glissées profondes, la pression statique, la vibration et la percussion sont contre-indiquées dans la rééducation des brûlés. L'intensité des manœuvres du massages varie selon la douleur du patient et le niveau d'évolution des cicatrices.

Contenir l’œdème et favoriser la cicatrisation