Venceslas est une tragédie de l'écrivain français Jean de Rotrou créée en 1647. Présentée comme une tragi-comédie dans sa première éditionJean Rotrou, Le Véritable Saint Genest, édition présentée par Emmanuelle Hénin et François Bonfils, GF Flammarion, 1999, pp. 9-10., elle fait partie des chefs-d'œuvre de l'auteur.
Historique Quatre ans après Cinna de Pierre Corneille, la pièce réintroduit le thème de la clémence du souverainHélène E. Bilis, Passing Judgment, University of Toronto Press, 2016, p. 133., en l'occurrence celle du roi de Pologne qui donne son nom à la pièce.
Inspiration Venceslas (1647) est au premier chef une imitation de No hay ser padre siendo rey de Rojas Zorrilla, et d’un certain nombre d’autres pièces, parmi lesquelles La hermosa Alfreda de Lope de Vega, Le Cid de Corneille, et la Piedad en la justicia de Guillén de Castro contribuent à la construction de l’intrigue. Rotrou réutilise également une de ses propres pièces, Don Bernard de Cabrère (1646), qui est à son tour une adaptation d’une comedia de Mira de Amescua..
Sujet L’intrigue de la pièce repose sur une rivalité amoureuse fraternelle, un meurtre par méprise commis dans l'obscurité, et le dilemme moral d’un roi déchiré entre son devoir de justice et son amour paternel..
Personnages Venceslas, roi de Pologne. Ladislas, son fils, prince. Alexandre, infant. Féderic, duc de Courlande et favori. Octave, gouverneur de Varsovie. Cassandre, duchesse de Cunisberg. Théodore , infante. Léonor, suivante de Théodore. Gardes.
Trame Les deux fils du vieux roi Venceslas de Pologne, le prince héritier Ladislas et l'infant Alexandre, sont tous deux secrètement amoureux de la même femme : la duchesse Cassandre. Cependant, Cassandre n'aime qu'Alexandre et rejette catégoriquement les avances brutales de Ladislas, prince violent et impétueux. Parallèlement, Ladislas soupçonne à tort le favori du roi, Fédéric de Curlande, d'être son rival auprès de Cassandre. Rendu fou de jalousie, Ladislas s'introduit de nuit chez Cassandre avec l'intention de tuer celui qu'il croit être Fédéric. Profitant de l'obscurité, il poignarde mortellement l'homme qui se trouve dans la chambre de la duchesse.
Persuadé d'avoir éliminé le duc de Curlande, Ladislas revendique presque son geste au grand jour, mais au matin, Fédéric apparait bien vivant. Le souverain et la cour découvrent alors que l’homme assassiné dans le noir par Ladislas n'est autre que son propre frère, Alexandre. Venceslas condamne Ladislas à mort, comme l’y obligent les lois de l'État. Face à la mort imminente, Ladislas change radicalement de comportement : il accepte son châtiment avec noblesse et courage, ce qui émeut le peuple et la cour.
Pour sauver son fils sans violer la loi, le roi Venceslas utilise une subtile parade politique : il abdique et transmet immédiatement sa couronne à Ladislas. Devenu le nouveau roi de Pologne, Ladislas se retrouve investi du droit de grâce. Venceslas lui ordonne alors, au nom de son premier acte de souverain, de gracier son propre crime. Cassandre finit par fléchir et accepte de pardonner au nouveau monarque.
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