thumb|right|Carte montrant la division de l’Empire romain entre les quatre tétraques.
La Legio Herculia (litt. : légion consacrée à Hercule)Le nombre (indiqué par un chiffre romain) porté par une légion peut prêter à confusion. Sous la République, les légions étaient formées en hiver pour la campagne d’été et dissoutes à la fin de celle-ci ; leur numérotation correspondait à leur ordre de formation. Une même légion pouvait ainsi porter un numéro d’ordre différent d’une année à l’autre. Les nombres de à étaient réservés aux légions commandées par les consuls. Sous l’empire, les empereurs numérotèrent à partir d' « » les légions qu’ils levèrent. Toutefois, cet usage souffrit de nombreuses exceptions. Ainsi, Auguste lui-même hérita de légions portant déjà un numéro d’ordre qu’elles conservèrent. Vespasien donna aux légions qu’il créa des numéros d’ordre de légions déjà dissoutes. La première légion de Trajan porta le numéro , car 29 légions existaient déjà. Il pouvait donc arriver, à l’époque républicaine, qu’existassent simultanément deux légions portant le même numéro d’ordre. C’est pourquoi s’y ajouta un cognomen ou qualificatif indiquant (1) ou bien l’origine des légionnaires (Italica = originaires d’Italie), (2) un peuple vaincu par cette légion (Parthica = victoire sur les Parthes), (3) le nom de l’empereur ou de sa gens (famille ancestrale), soit qu’elle ait été recrutée par cet empereur, soit comme marque de faveur (Galliena, Flavia), (3) une qualité particulière de cette légion (Pia fidelis = loyale et fidèle). Le qualificatif de « Gemina » désignait une légion reconstituée à partir de deux légions ou plus dont les effectifs avaient été réduits au combat (Adkins (1994), ). fut une légion de l’armée romaine, créée par Dioclétien (ayant régné de 284 à 305) pour la protection de la province de Pannonie seconde.
Histoire de la légion
thumb|right|Les deux provinces de Pannonie au .
thumb|right|Les quatre provinces de Pannonie après la réforme de Dioclétien.
Au début de son règne en 293, Dioclétien procéda à des réformes en profondeur de l’administration et de la défense de l’empire. Après avoir créé la tétrarchie, système de gouvernement où chacun des deux Augustes (Dioclétien et Maximien) était secondé par deux Césars (Galère et Constance), il subdivisa les provinces devenues trop vastes pour être administrées adéquatement, faisant passer leur nombre à plus de cent et créa une structure régionale regroupant celles-ci en douze diocèses Williams (1997), .Bunson (1994), « Diocese », ; « Tetrarchy », ..
Il réorganisa également l’armée, créant pour chaque tétrarque une armée mobile (comitatenses), alors qu’un système de fortifications (limes) établi le long de la frontière était gardé par des unités permanentes (limitanei). Tout en conservant les 39 légions déjà existantes, mais dont nombre n’étaient pratiquement plus que l’ombre d’elles-mêmes, il leva au moins 14 nouvelles légions dont celle-ciBunson (1994), « Diocletian », .. On vit également apparaître de nouvelles unités auxiliaires regroupant, sous de nouvelles dénominations, diverses unités à vocation spécialisée. Ainsi, au fort dit Castra ad Herculem, dans le coude du Danube, fut cantonnée l’unité Auxilia Herculensia regroupant des troupes de choc et des cavaliers dalmatesToth (2009), ..
C’est dans le cadre de cette réorganisation et à la veille de la nomination de leurs successeurs que se déroula une conférence sous la présidence des deux Augustes, le Dalmate Dioclétien et le Pannonien Maximien à Carnutum (aujourd’hui Petronell-Bad Deutsch-Altenburg) qui vit la division des provinces de Pannonie supérieure et Pannonie inférieure en quatre :
Pannonia prima, au nord-ouest, capitale : Savaria ou Sabaria (aujourd’hui Szombathely, en Hongrie)Wolfram (2005), . Notitia dignitatum, occ. , 23–25. ;
Pannonia Valeria, au centre, capitale : Soipianae (aujourd’hui Pécs, en Hongrie) ;
Pannonia Sava, au sud-ouest, capitale : Siscia (aujourd’hui Sisak, en Croatie) ;
Pannonia secunda au sud-est, capitale : Sirmium (aujourd’hui Srmeska Mitrovica, en Serbie).
Deux légions furent alors crééesLa date précise de leur création est inconnue. pour la protection de la province de Pannonia secunda : la Legio Iovia et la Legio Herculia. Le cognomen (surnom) de la légion faisait référence à Hercule, dieu de la mythologie auquel Maximien aimait se comparer et qui assistait Jupiter, divinité en l’honneur de laquelle la légion avait été surnommée, divinité tutélaire de Dioclétien. Les surnoms des deux légions montraient ainsi qu’elles avaient été créées de concert à l’image des deux Augustes.
À titre de limitanei (garde-frontière), la légion fut stationnée à Teutoburgium (aujourd’hui Vukovar, en Croatie) où, avec la Legio Flavia (à Singidunum) et la Iovia (à Castellum Bononia), elle avait pour tâche de protéger la capitale, Sirmium Ritterling (1925), .. La présence de la légion est attestée dans la région par de nombreuses inscriptions, entre autres à Mursa (Osijek, en Croatie)CIL, 3, 3754., Bononia (Banostor, en Serbie), Cerevic et Ad Militare (Batina, extrême nord-ouest de la Croatie actuelle)CIL, 3, 10665.. Cette dernière inscription permet de dater son passage en 307CIL, 1964, 226.. En fonction de cette date, l’historien hongrois Péter Kovác a émis l’hypothèse que la forteresse Ad Militare ait pu être le premier endroit où la légion fut stationnéeKovác (2004), ..
Selon la Notitia Dignitatum, recension rédigée vers 400On doit toutefois consulter la Notitia Dignitatum avec prudence, car diverses mises à jour, surtout en ce qui concerne l’armée de l’empire d’Occident, ont été faites de façon partielle et conduisent à des invraisemblances., la Sexta Herculea faisait alors partie des forces du Dux Pannoniae . Cinq cohortes, le gros de la légion, étaient stationnées sous les ordres d’un préfet à Aureo monte (« La Montagne d’or », aujourd’hui Smederevo, en Serbie). Un autre préfet commandait une unité à Teutiburgium, alors qu’à Castellum Onagrinum un troisième préfet commandait un détachement conjoint de la Legio Herculia et de la Legio IoviaNotitia Dignitatum Occ. ..
Ni l’emblème de la légion, ni l’insigne distinctif de son bouclier ne sont parvenus jusqu’à nous.
Notes et références Notes
Références Pour les références CIL, se référer à Clauss/Slaby dans la bibliographie.
Voir aussi Bibliographie Sources primaires Auteur inconnu. Notitia dignitatum. Accedunt notitia urbis Constantinopolitanae et laterculi provinciarum. Compilée par Otto Seeck, Berlin, Weidmann, 1876, réédité sans altération chez Minerva, Frankfurt am Main, 1962.
Sources secondaires Bunson, Matthew. Encyclopedia of the Roman Empire. New York, FactsOnFile, 1994 . Carrié, Jean-Michel et Aline Rousselle, L'Empire romain en mutation : des Sévères à Constantin, 192-337, Paris, Éditions du Seuil, 1999 . . Clauss/Slaby. Epigraphik-Datenbank Clauss / Slaby (EDCS), sur db.edcs.eu. Kovác, Péter. “The Late Roman Army in Pannonia” (dans) Acta antiqua Academiae Scientiarum Hungaricae 44/, Budapest, 2004, . Emil Ritterling, “Legio ( Iovia)” (dans) Paulys Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft (RE). Band , 2, Stuttgart, 1925. Tóth, Endre. « Die spätrömische Militärarchitektur in Transdanubien » (dans) Archaeologiai Értesitő. 134, Budapest 2009. Wolfram, Herwig. Salzburg – Bayern – Österreich. Die Conversio Bagoariorum et Carantanorum und die Quellen ihrer Zeit. Oldenbourg Verlag, Wien 1995 .
Articles connexes Légion romaine - Liste des légions romaines Pannonie Legio V Iovia Dioclétien Tétrarchie
Liens externes
Lendering, Jona. “Legio Herculia”, sur livius.org. “Legio Iovia”, sur imperiumromanum.com, traduction en allemand du précédent.
06, Herculia Catégorie:Dioclétien Catégorie:Unité ou formation militaire créée au IIIe siècle