Claude Servan-Schreiber, née Claude Sadoc le à Tours, est une écrivaine et journaliste française.
Biographie Famille et formation Après son enfance passée à Shanghai (Chine) sous occupation japonaise puis sa scolarité au Lycée français de New York, elle étudie à Sciences Po dont elle sort diplômée en 1959. Elle s'oriente vers le journalisme .
En 1957, elle épouse le journaliste Jean-Louis Servan-Schreiber. Ils ont quatre enfants. Depuis la fin des années 1970, elle forme un couple avec la sociologue et femme politique Françoise Gaspard, qu'elle épouse en 2013.
Journaliste de presse économique et féministe En 1959, elle entre comme journaliste aux Echos. Puis, associé d'abord au lancement, ensuite à la publication de L'Express (1964) et L'Expansion(1969), son parcours s'inscrit dans la grande période du développement de la presse magazine en France. Entre 1968 et 1975, Claude Servan-Schreiber collabore également à l'hebdomadaire Elle alors dirigé par Hélène gordon-Lazareff. Elle traite de ce sujet en détail dans ses mémoires intitulées Une femme dans son siècle (Le Seuil, 2025)
Elle s'enthousiasme pour le féminisme américain en 1970, lors d'un séjour d'études à l'université de Stanford. Elle devient peu après correspondante en Europe du journal féministe américain fondé par Gloria Steinem. En 1978, aidée par Benoîte Groult, elle crée le journal F Magazine. Les deux fondatrices du mensuel veulent renouveler la presse féminine en proposant un magazine sur les femmes à mi-chemin entre revue féministe et magazine féminin. Le mensuel, malgré une diffusion substantielle (entre ) ne trouve pas son équilibre financier à cause d'un nombre insuffisant de pages de publicité, et disparaît en 1982.
Parité en politique À la fin des années 1980, Claude Servan-Schreiber, tout en continuant à écrire pour de nombreux journaux, entreprend des recherches universitaires sur la sous-représentation des femmes dans les instances politiques élues et les gouvernements. Avec d'autres, notamment des fonctionnaires du Conseil européen (Strasbourg) et de la Communauté européenne (Bruxelles), elle réfléchit au moyen d'inciter, ou éventuellement d'obliger les partis politiques à ne plus privilégier les hommes quand ils désignent leurs candidats aux élections législatives, régionales, locales ou européennes. En France, les quotas parfois pratiqués de 10 ou 20% de candidatures féminines s'étant révélés inefficaces, elle cherche à approfondir la notion de parité en politique, c'est-à-dire l'égalité arithmétique des deux genres dans les assemblées élues. Elle publie en 1992, avec Françoise Gaspard et Anne Le Gall Au pouvoir citoyennes ! Liberté, Égalité, Parité. Cet ouvrage théorise le concept et introduit la parité dans le débat public en France. Claude Servan-Schreiber s'engage alors dans le réseau Femmes pour la parité composé d'une centaine de femmes à Paris, qui fait paraître le dans le quotidien Le Monde, un Manifeste des 577 pour la Parité signé par des intellectuels, quelques politiques, des inconnus hommes et femmes en nombre égal ; c'est la première opération paritaire destinée à l'opinion publique (cf. Janine Mossuz-Lavau, « Histoire et enjeux de la loi sur la parité », Revue Projet, )
En 1995, elle anime avec Colette Kreder et Françoise Gaspard le réseau Demain la parité qui réunit dans un but commun les principales associations féminines de France ayant au total deux millions d'adhérentes. Elle publie simultanément, pendant cinq ans, une lettre d'information destinée aux décideurs politiques et aux médias Parité-Infos. L'idée de parité imposée par la loi donne lieu à de nombreuses controverses mais aboutit à une réforme constitutionnelle en 1999 et à l'adoption des premières lois sur la parité.
Engagement féministe À partir de 1972, Claude Servan-Schreiber milite pour l'élargissement de l'accès à la contraception (à l'époque très limité) et la dépénalisation de l'avortement notamment au sein de l'association Choisir la cause des femmes où elle est en charge, au sein du secrétariat national collectif, du suivi des permanences. Après avoir publié dans l'hebdomadaire Elle un article personnel sur une IVG pratiquée (pour des raisons médicales) en Suisse, sujet qui bafouait la législation de l'époque (article 317 de la loi de 1920 interdisant toute publicité ou propagande concernant l'avortement) sans avoir été poursuivie, elle témoigne lors du procès de Bobigny. Son intervention porte sur l'impunité que lui vaut son appartenance à une classe sociale privilégiée contrairement aux femmes pauvres que poursuit systématiquement la police et que la justice condamne à de lourdes peines. Par ses articles, elle contribue, dans les années suivantes, à populariser auprès du grand public la nécessité d'adopter des pratiques nouvelles, bénéfiques aux femmes, telles que l'utilisation de l'anesthésie péridurale pour faciliter l'accouchement, anesthésie jusque-là réservée en France, sauf cas exceptionnels, à d'autres interventions chirurgicales.
En couple avec Françoise Gaspard depuis leur rencontre à Téhéran (lors d'un voyage destiné à apporter le soutien de féministes internationales aux femmes menacées par le nouveau régime islamiste - cf. Valentine Faure, 1979 Les illusions perdues des féministes occidentales, M le magazine du Monde, 17 décembre 2022), elle contribue à donner de la visibilité à l'homosexualité féminineet à la légitimité du mariage entre deux personnes de même sexe.
Autre engagement C'est en tant que femme divorcée, homosexuelle, partisane de la contraception et de l'interruption volontaire de grossesse, du mariage pour tous, du droit à l'euthanasie pour éviter des souffrances inutiles, qu'elle quitte en 2024 l'Église catholique dont les prises de position s'opposent à celles qui lui sont le plus chères. Elle signifie son apostasie directement au Vatican par courrier postal, les archives de la paroisse de son baptême à Shanghai en 1938 ayant disparu. Le nombre considérable d'ecclésiastiques coupables de pédocriminalité et l'absence ou la faiblesse des sanctions prises à leur égard par la hiérarchie catholique pendant des années renforcent son souhait de ne plus appartenir à la même église. Les propos tenus par le Pape François à Bruxelles, en 2024, traitant les médecins pratiquants les IVG de "tueurs à gages" expliquent le caractère irrévocable de sa décision.
Publications Ouvrages . . . . . Une femme dans son siècle, Le Seuil, 362 p.
Traductions
Distinctions Le , Claude Servan-Schreiber est nommée au grade de chevalière dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de .. Elle est faite chevalière de l'ordre le , promue au grade d'officière le au titre de ..
Pour approfondir Articles connexes Parité Loi tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Journaliste française du XXe siècle Catégorie:Journaliste française du XXIe siècle Catégorie:Collaborateur de L'Express Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 2001 Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 2015 Catégorie:Féministe française du XXe siècle Catégorie:Personnalité de Choisir la cause des femmes Catégorie:Personnalité du secteur des médias ayant fait état publiquement de son homosexualité Catégorie:Conjoint de personnalité politique Catégorie:Naissance en juillet 1937 Catégorie:Naissance à Tours Catégorie:Auteur publié par les éditions du Seuil Catégorie:Auteur publié par les éditions Albin Michel Catégorie:Auteur publié par les éditions Flammarion