Siméon fils de Clopas (Συμεὼν ὁ τοῦ Κλωπᾶ), Shiméon ou Simon, parfois orthographié Siméon fils de Cléophas (mort crucifié en 107/108Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. , publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, ..Dans la version latine de la Chronique ecclésiastique un auteur qui est probablement Jérôme de Stridon a ajouté des indications chronologiques à la liste des évêques. Selon l'une d'entre elles, Siméon serait mort crucifié la dixième année consulaire du règne de Trajan, ce qui correspond à 107/108 ( Mimouni). D'autres historiens comme Marie-Françoise Baslez situent sa mort vers 115-117 durant la Révolte des exilés Juifs, dans la même répression qu'Ignace d'Antioche, car Eusèbe de Césarée écrit que cette exécution eut lieu lors du .), fut le deuxième chef de l'Église de Jérusalem après la chute de Jérusalem, d'environ 73 jusqu'à sa mort. Le précédent dirigeant connu du mouvement est Jacques le Juste mort vers 61/62 et dont Flavius Josèphe mentionne la condamnation, puis la lapidation. La tradition catholique retient que l'apôtre Simon-Kephas (Simon-Pierre) aurait lui aussi exercé cette fonction, sans que l'on puisse déterminer si cela a eu lieu avant ou après Jacques le Juste. Toutefois, l'apôtre Pierre ne figure dans aucune liste ecclésiastique antique, qui toutes donnent Jacques comme premier évêque de Jérusalem et Siméon de Clopas comme deuxièmeFrançois Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, .. La prééminence de Jacques est confirmée par les épîtres de Paul et les Actes des Apôtres, ainsi que plusieurs autres sources chrétiennes antiquesPierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus, Albin Michel, 2003, ..

Eusèbe de Césarée le dit « cousin germain de Jésus », fils de Clopas (Hist. eccl. 4, 22, 4), celui-ci étant selon lui le frère de Joseph, le « père » de Jésus, dans un passage qui est une citation de l'historien Hégésippe (Hist. eccl. 3, 11, 32)Armand Puig i Tàrrech, Jesus: An Uncommon Journey : Studies on the Historical Jesus, et la note à la même page.. Siméon paraît donc être l'un des cousins de Jésus, et de ses autres frères dont Jacques le Juste, auquel il a succédé à la tête de la communauté nazôréenne (judéo-chrétienne). On ne sait si sa mère est Marie la femme de Clopas et donc s'il est le frère de Jacques le Mineur et de Joset mentionnés dans les évangiles, ou s'il est seulement leur demi-frère (par leur père: Clopas).

Un texte attribué à Hippolyte de Rome indique que Siméon de Clopas aurait lui aussi été surnommé « le Zélote », tout comme les apôtres Jude et Simon. Sur cette base, certains auteurs modernes émettent l'hypothèse qu'il ait pu être le « frère » de Jésus appelé Simon le Zélote. Toutefois, aucun auteur ne semble faire cette supposition dans les premiers siècles du christianisme, malgré les nombreux débats concernant les « frères » de Jésus qui ont lieu à partir du et lorsque cette identification semble apparaître au , celle-ci est contestée.

C'est un saint chrétien aussi bien dans les Églises orientales qu'occidentales.

Éléments biographiques Épiphane de Salamine mentionne plus complètement qu'Eusèbe de Césarée la notice d'Hégésippe de Jérusalem racontant la lapidation de Jacques le Juste.. Selon cette notice, Siméon qui aurait assisté à l'exécution de son cousin était

Cousin germain de Jésus Siméon ou Shimeon est le fils de Clopas (parfois orthographié Cléopas dans les Constitutions apostoliques en latinSimon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. , publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, .) selon les sources chrétiennes dont le plus ancien témoin figure dans des citations d'Hégésippe () effectuées par Eusèbe de CésaréeEusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 3, 11, 1 ; 3, 32, 6; 3, 22, 1 ; 4, 5, 3 ; 4, 22, 1.François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, .. Clopas est un frère de Joseph, le « père » de Jésus (Hist. eccl. 3, 11, 1)Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus, Albin Michel, 2003, .. Bien qu'il soit seulement mentionné qu'il est le fils de Clopas, la plupart des critiques estiment que sa mère était Marie, une demi-sœur de Marie la mère de Jésus qui est mentionnée dans les évangiles comme l'une des trois Marie au pied de la croix de Jésus, sous le nom de dans l'évangile selon Jean et de dans les évangiles attribués à Marc et à Matthieu, Siméon n'étant pas cité comme un de ses fils car probablement né après la crucifixion de Jésus. Pour François Blanchetière, Siméon est donc à double titre ( Hégésippe). C'est aussi un cousin germain des apôtres Jean et Jacques de Zébédée, puisque Marie Salomé, la mère des fils de Zébédée, est la troisième fille que Anna, la grand-mère de Jésus, a eue avec son troisième mari Salomé, parfois orthographié Salomas.

Comme ses cousins Jésus et Jacques le Juste, Siméon est un Juif circoncis, comme le sont les quinze évêques de Jérusalem avant que tous les Juifs en soient expulsés, après l'échec de la Révolte de Bar KokhbaSimon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. , publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, . (vers 135).

Témoin de l'exécution de Jacques le Juste

Le premier chef de l'Église primitive est un frère de Jésus doublement cousin de Siméon appelé Jacques le Juste. Il a été exécuté par lapidation en 61/62 sur ordre du grand prêtre Ananius ben Anân . Cette exécution intervient, alors que depuis plusieurs années, .

Bien que l'exécution de Jacques soit mentionnée par de nombreuses sources chrétiennes transmises par Eusèbe de CésaréeEusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, , 1, 4-5 ; [témoignage originaire de Clément d'Alexandrie ; II, 23, 4-18, témoignage originaire d'Hégésippe (œuvre perdue)] ou indépendantes de lui », il existe essentiellement deux versions de cette exécution. L'une est fournie par Flavius Josèphe au livre de ses Antiquités judaïquesFlavius Josèphe, Antiquités judaïques , § 197-203., l'autre provient d'un écrit d'Hégésippe de Jérusalem, transmis plus ou moins complètement par Clément d'Alexandrie (, 23, 4-18), Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, , 1, 4-5) ou Épiphane de Salamine (Panarion 29.6.3).

Selon la version de Josèphe « Ananius, qui appartient au courant sadducéen, a sans doute pensé rendre service à Rome en supprimant Jacques, car il a dû estimer qu'il est alors sous influence des Zélotes — son initiative a été mal appréciée, et lui a valu d'être destitué de sa charge de grand prêtre. » à la demande du nouveau procurateur romain sitôt entré en fonction. Pierre-Antoine Bernheim se pose la question : « qui était donc Jacques », dans la société de Jérusalem ? En effet, si cette exécution provoque le renvoi du Grand-Prêtre aussi puissant qu'Anan, appartenant à une famille qui compta huit Grands prêtres en 60 ans et qui venait à peine d'être nommé, cela ne signifie-t-il pas que Jacques était un personnage important, bénéficiant d'alliés puissants à Jérusalem. ?

« L'exécution de Jacques montre l'influence du mouvement nazaréen à cette époque, et sa perception comme un danger par les autorités du Temple de Jérusalem qui sont saducéennes. »

La version d'Hégésippe

Selon Étienne Nodet, Jérôme de Stridon, Épiphane de Salamine mentionne plus complètement qu'Eusèbe de Césarée la notice d'Hégésippe de Jérusalem racontant la lapidation de Jacques le Juste. Il

Survivant de la révolte Au cours de la révolte juive (66-70), il aurait abandonné Jérusalem avec une partie de la communauté nazaréenne de la ville pour se réfugier à Pella (vers 68), ce qui aurait permis son retour après sa chute et la destruction du Temple (août 70). Toutefois, l'historicité de cette migration à Pella est contestéeSimon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, .. D'autres historiens voient dans l'exécution de Jacques le Juste en 61/62, l'origine de cette fuite, qui est donc située par ceux qui admettent son existence entre 62 et 70. Vers 73, Simon a été placé à la tête de la qehila ou d'une des communautés nazaréennes de Jérusalem. Certains critiques estiment que la plupart des membres de l'église de Jérusalem ont péri pendant la prise de la ville et que seuls ceux réfugiés à Pella ont reconstitué la communauté dont Siméon était le dirigeantPierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus, Albin Michel, 2003, .. La communauté judéo-chrétienne qui se reconstitue alors ne retrouve ni la prééminence, ni le prestige qui avaient été les siens avant la guerre.

« Évêque » de Jérusalem Les Pères de l'Église, lui donne le titre de deuxième évêque (episkopos) de Jérusalem, succédant à Jacques le Juste, (voir l'article frères de Jésus). Siméon aurait été choisi, . Ce qui conduit certains critiques à parler d'une sorte de « Califat » ou de succession dynastiqueEn particulier Von Campenhausen, cité par François Blanchetière, , .. François Blanchetière estime qu'on

Il n'y a pas lieu de donner au terme episkopos (surveillant) un sens trop précis pour l'époque considéréeSimon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. , publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, .. Sa compréhension avec le sens d'évêque est anachronique. Il faut le comprendre avec le sens qu'il a dans certaines lettres de Paul de Tarse (1 Tm 3, 2; Tt 1,7) ; La critique estime généralement que la charge depiskopos dans les communautés chrétiennes a dû correspondre à celle du mebaqer (inspecteur) pour le mouvement du Yahad décrit dans certains Manuscrits de la mer Morte. Celui-ci

Juif hérétique Des quelque quarante années pendant lesquelles Siméon a dirigé la communauté de Jérusalem, nous ne savons quasiment rien, sinon que c'est vraisemblablement durant ce dernier quart du que s'élargit la rupture entre les Nazôréens (notsrim en hébreu, les juifs chrétiensSimon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, .) et le mouvement des rabbins en formation dans l'Académie de YabnehSimon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, ., notamment avec une nouvelle rédaction de la Birkat haMinim contenant une malédiction à l'égard des hérétiques (minim) parmi lesquels les Nazôréens sont inclusSimon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, ..