En France, un médecin est un professionnel de la santé habilité à exercer la médecine après obtention d'un diplôme d'État de docteur en médecine. Il peut exercer à l’hôpital, avoir une activité libérale ou travailler dans d'autres structures (industrie pharmaceutique, administration, médias…). En France, les médecins sont soumis au code de déontologie médicale, contenu dans le Code de la santé publique..

Le médecin est souvent appelé docteur dans le langage familier, en référence à son titre universitaire ; le terme toubib, qui désigne un médecin dans le langage familier voire courant dans une partie de la francophonie, vient pour sa part de l'arabe طبيب tabīb, « médecin ».

Un étudiant en médecine français obtient le statut de médecin après avoir validé l'ensemble de ses examens des 6 premières années de médecine (anciennement validation du Certificat de Synthèse Clinique et Thérapeutique autorisant l'inscription aux Épreuves classantes nationales.). Il possède, dans ce cas, un statut particulier, où, il n'est pas encore docteur, ni même interne, mais il peut se voir attribué le poste de FFI (Faisant Fonction d'Interne) en attendant le début de son internat. Il peut prescrire mais uniquement dans une structure hospitalière public et sous la responsabilité d'un docteur en médecine.

Accès à la profession Études en France

La principale voie d'accès à la profession est celle des études de médecine suivies en France, qui se concluent par la délivrance du diplôme d'État de docteur en médecine.

Études à l'étranger Dans le cadre de l'Union européenne, les ressortissants des différents pays de l'Union, dès lors qu'ils sont légalement autorisés à exercer la profession de médecin dans leur pays de résidence, peuvent également l'exercer en France.

Dans tous les autres cas, l'accès à la profession passe par une autorisation individuelle délivrée par le ministère chargé de la Santé, après avis d'une commission. Le nombre maximum de personnes pouvant exercer la médecine dans ce cadre est fixé annuellement ; toutefois les réfugiés et apatrides ne sont pas soumis à cette limite.

Types d’exercice Médecins hospitaliers

Plusieurs types de médecins peuvent travailler à l’hôpital, en dehors des internes, étudiants en , et qui ont le droit de prescrire et d'entreprendre des actes thérapeutiques ou diagnostiques.

Personnel permanent Les professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH) et maîtres de conférences des universités - praticiens hospitaliers (MCU-PH) sont les enseignants-chercheurs d'une UFR de médecine. Ils assurent la triple mission des CHU, le soin, la recherche, l’enseignement. Ils assurent aussi bien l’enseignement des sciences fondamentales, que des sciences biocliniques ou de la pathologie. Ils accèdent à ces fonctions par des titres universitaires complémentaires au cursus médical (anciennement maîtrise, DEA, doctorat), et le plus souvent après un Clinicat. Les postes d'enseignants de médecine sont directement attribués aux UFR de médecine par l'État, sans passage par les instances de l'université de tutelle (article 32 de la loi Savary, aujourd'hui art. L.713-4 du code de l'éducation). Les praticiens hospitaliers, ou PH, ainsi que les praticiens des hôpitaux à temps partiel, sont recrutés par un concours national et bénéficient d'un statut leur offrant une garantie d'emploi. Ils constituent la charpente du corps médical dans les centres hospitaliers généraux. Les praticiens associés contractuels, ou PAC : il s’agit d’un contrat à durée indéterminée mais de statut hybride, . Le médecin doit dans un premier temps passer un concours national théorique et sur titres. Ce statut est essentiellement destiné à fournir un statut moins précaire aux médecins étrangers mais doit fusionner à terme avec celui de praticien hospitalier.

Rémunération et statut Les médecins hospitaliers sont rémunérés en fonction de leur ancienneté et de leur catégorie, mais jamais en fonction de leur spécialité. Contrairement aux autres membres du personnel de l'hôpital, ils n'ont pas le statut d'agent de la fonction publique hospitalière. Les enseignants-chercheurs hospitaliers sont fonctionnaires de l'État. Les autres ont un statut particulier de praticien hospitalier, proche de celui de la fonction publique. Toutefois, ils s'en distinguent notamment en s'émancipant de la hiérarchie administrative nécessaire à l'indépendance de la profession.

Fonctions particulières Certains praticiens peuvent être nommés chefs de service ou, depuis la réforme de 2005, responsables de pôles : ils sont nommés pour une durée déterminée (cinq ans en règle générale) par la commission médicale d’établissement. Ils n’ont pas de droits particuliers ni de rémunération supérieure. Ils sont chargés d’un certain nombre de tâches administratives, en plus de leur mission de soins. Cela explique une certaine désaffection pour cette fonction, notamment dans les centres hospitaliers non universitaires.

Statuts temporaires Les chefs de clinique-assistants, ou CCA : il s’agit d’un contrat à durée déterminée (le plus souvent de deux à quatre ans) dans un service hospitalo-universitaire et suit l’Internat. Le médecin a une activité de soins mais également d’enseignement et/ou de recherche. Le premier contrat est de deux ans, renouvelables deux fois pour un an. On parle de clinicat. Les assistants hospitalo-universitaires, ou AHU : il s’agit de l’équivalent des chefs de clinique-assistants dans les spécialités non-cliniques, comme la radiologie, l’anatomo-pathologie, la biologie médicale, la médecine nucléaire… Les praticiens hospitalo-universitaires ou PHU sont recrutés par un concours national sur titres et travaux. Ils sont à mi-temps soignants et à mi-temps enseignants et/ou chercheurs. Ils ont un contrat de huit ans. Les assistants : il s’agit d’un contrat à durée déterminée (quelques années) et constitue essentiellement un post-internat où le médecin peut parfaire ses connaissances. Les vacataires : ces médecins travaillent par vacations d’une demi-journée. La rémunération est faible et le statut précaire (fin de contrat sans indemnités). Les postes sont occupés soit en attente d’un poste plus stable, soit de manière à conserver une activité hospitalière tout en exerçant une activité libérale (médecin « en ville »). Nombre de médecins libéraux conservent une ou plusieurs vacations hebdomadaires, soit pour utiliser des plateaux techniques ou des appareillages sophistiqués qu'ils ne peuvent acquérir en cabinet, soit pour bénéficier de l'apport formateur que constitue le travail collectif dans un établissement hospitalier. Les faisant fonction d'interne, ou FFI : médecins ou pharmaciens (ou étudiants dans ces domaines), le plus souvent diplômés étrangers, qui assument la fonction d'interne dans des services de CHU déficitaires, contre une rémunération faible, et la possibilité d'avoir un diplôme (attestation de formation spécialisée) décerné par une université, qui n'autorise pas l'exercice de la spécialité en France.

Médecins libéraux Il s’agit communément des médecins installés dans un cabinet de consultation.

Convention avec la Sécurité sociale En France, les médecins libéraux sont, par défaut, dits « conventionnés », c’est-à-dire que leurs prestations sont remboursées par la sécurité sociale suivant un tarif fixé. Les médecins « non conventionnés » sont l’exception, leurs honoraires ne sont remboursés qu'à un taux symbolique. Ils sont minoritaires (seulement 939 en 2017)..

Secteurs Ils peuvent être de secteur avec des honoraires fixés lors d’une négociation avec les caisses d’assurance maladie (il s’agit de la convention).

Le « secteur avec droit à Dépassement Permanent » (DP) est un secteur en voie de disparition, qui était réservé uniquement pour les médecins avec qualités particulières (notoriété exceptionnelle, agrégation). Ces médecins pratiquent des honoraires libres, et les patients sont remboursés sur la base du tarif de la Sécurité Sociale.

Ils peuvent être également de secteur , c’est-à-dire à honoraires libres, dont une partie est remboursée (tarif sécurité sociale), l'autre partie correspond au dépassement d'honoraires. Le secteur II est accessible aux anciens chefs de clinique des hôpitaux ou anciens assistants des hôpitaux.

Le secteur correspond au secteur hors convention.

Revenus Le revenu global d'activité des médecins libéraux provient de leurs honoraires, possiblement remboursés en partie ou totalité par l'assurance maladie obligatoire (AMO) suivant leur secteur, desquels sont déduites les charges professionnelles occasionnées par leur exercice (locaux, matériel, personnel) et leurs propres cotisations sociales personnelles (maladie, vieillesse, prévoyance).

À ces revenus d'activité libérale, peuvent s'ajouter des salaires, pour ceux qui ont une activité salariée en parallèle, hospitalière ou non. Ce mode mixte d’exercice concernait en 2005 près de 20 % des omnipraticiens et 42 % des spécialistes ayant une activité libérale..

+ Revenu d’activité moyen des médecins non exclusivement salariés en 2005.

Tous praticiens Exercice libéral exclusif Exercice mixte (salarié + libéral)

Revenus nets Effectif Revenus nets Revenus nets Part du salaire Effectifs

Spécialistes /mois 46 579 /mois /mois 37 % 42 %

Omnipraticiens (Médecin généraliste) /mois 56 498 /mois /mois 24 % 19 %

Ensemble des médecins /mois 103 077 /mois /mois 33 % 30 %

Sur la période 2002-2008, les revenus libéraux des médecins ont augmenté en moyenne de 1,0 %/an en euros constants, soit environ 3,0 % en euros courants. La hiérarchie s'est peu modifiée sur la période même si on note une croissance notable des revenus des anesthésistes, ophtalmologues et pneumologues. Seuls les revenus des radiologues ont légèrement décru de 0,4 %/an, par ailleurs au sommet du palmarès, et ceux des dermatologues de 1,0 %.. Ces revenus sont augmentés par les possibles revenus salariaux, comme décrit plus haut.

+ Revenu libéral des médecins par spécialité en 2008 et croissance depuis 2002.

Spécialité Revenu net annuel Revenu net mensuel Croissance annuelle moyenne en euros courants Croissance annuelle moyenne en euros constants

Radiologue

1,6 % -0,4 %

Anesthésiste

5,0 % 3,0 %

Ophtalmologue

4,7 % 2,7 %

Chirurgiens

3,1 % 1,1 %

Cardiologue

2,6 % 0,6 %

Stomatologue

2,7 % 0,7 %

Gastro-entérologue

3,5 % 1,5 %

ORL

2,9 % 0,9 %

Gynécologue

2,8 % 0,8 %

Pneumologue

4,3 % 2,3 %

Rhumatologue

3,7 % 1,7 %

Omnipraticien

2,6 % 0,6 %

Pédiatre

2,8 % 0,8 %

Dermatologue

1,0 % -1,0 %

Psychiatre

1,5 % 0,5 %

Ensemble

3,0 % 1,0 %

Une étude INSEE de 2015 sur la base des revenus de 2011, montre également une répartition assez inégale des rémunérations des praticiens, selon leur secteur d'activité ou leur sexe, ainsi qu'une distribution assez vaste entre , et déciles..

+ Revenus des médecins ayant une activité libérale en 2011.

Revenu d’activité moyen net annuel Distribution du revenu d’activité net annuel

Ensemble Hommes Femmes Secteur 1 Secteur 2 D1 () D5 (médiane) D9 ()

Spécialistes /mois /mois /mois /mois /mois /mois /mois /mois

Omnipraticiens (Médecin généraliste) /mois /mois /mois /mois /mois /mois /mois /mois

Ensemble des médecins /mois /mois /mois /mois /mois /mois /mois /mois

Pratique de groupe Les médecins libéraux peuvent pratiquer en groupe suivant plusieurs modalités : contrats d'exercice en commun ; sociétés de mise en commun des moyens d'exercice de la profession ; sociétés d'exercice en commun : société civile professionnelle, société d'exercice libéral.

Quelle que soit la modalité, la relation médecin/malade reste fixe (séparation des patientèles) et l'indépendance professionnelle doit être préservée. Dans les deux premiers cas, le partage d'honoraires est interdit, dans le troisième, il est obligatoire suivant une répartition fixée par la loi.